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vendredi, juin 18 2010

Free Software vs Open Source

Les concepts de « logiciels libres » (Free Software) et de « logiciels à sources ouvertes » (Open Source), souvent utilisés de manière interchangeable dans les médias, ne recouvrent pourtant pas la même réalité et ne peuvent donc pas être utilisés l’un pour l’autre.

D’un côté, l’expression « logiciel libre » – défendue par Richard Stallman et la fondation GNU – renvoie à une conception philosophique du développement logiciel et met l’accent sur les implications sociales et politiques du mouvement, au niveau de la société dans son ensemble. Le terme Free signifie surtout, dans ce contexte, « libre », la gratuité n’étant que l’une des conséquences de la liberté.

Les « logiciels à sources ouvertes » sont quant à eux promus depuis 1998 par l’Open Source Initiative (OSI), qui met surtout l’accent sur l’efficacité économique et technique du modèle des « sources ouvertes ».

Selon l’OSI, l’expression « open source » permet de lever toute ambiguïté sur la notion de gratuité, équivoque selon eux dans l’emploi du terme Free Software. Surtout, l’OSI a pu, en mettant l’accent sur l’idée d’efficacité économique, rallier à sa cause de grandes sociétés cotées en Bourse, telles que Red Hat ou IBM qui se sont engagées dans l’ouverture des codes sources de leurs logiciels.

Mais le succès rencontré par l’Open Source auprès des professionnels s’est traduit par l’affaiblissement du message politique, toujours porté par la Free Software Foundation, comme l’expliquent les biographes de Richard Stallman :

« Le message des promoteurs de l’Open Source était simple : tout ce dont vous avez besoin pour vendre le concept de logiciel libre, c’est de le rendre intéressant pour les entreprises. De leur point de vue, Stallman et le mouvement pour le logiciel libre étaient en lutte contre le marché, tandis qu’eux cherchaient à l’exploiter. Plutôt que de jouer les cancres bannis du lycée, ils préféraient jouer la carte de la popularité, accroissant leur pouvoir par la même occasion. Si ces méthodes servaient la cause de l’Open Source, les idéaux du logiciel libre étaient perdants. Tout ce qui avait été fait pour « répandre le bon tuyau » avait occulté la composante du message de départ la plus importante : la liberté comme enjeu éthique »

Sam Williams, Richard Stallman et Christophe Masutti, Richard Stallman et la révolution du logiciel libre. Une biographie autorisée, Framabook/Eyrolles, 2010, p. 244.