Synthèse des premières Rencontres de l'édition indépendante
Par L'édition avec éditeurs le jeudi, juin 21 2007, 08:42 - Discussion - Lien permanent
Initiées par l’association Éditer en haute Provence et soutenues par les collectivités locales (Communauté de communes du pays de Forcalquier, reconnue comme « pôle d’excellence rural sur le livre et l’écriture », Conseil général des Alpes-de-Haute-Provence) et régionales (Région PACA, Agence régionale du livre) et le programme européen Leader+, ces rencontres ont réuni une centaine de professionnels du livre : éditeurs et associations d’éditeurs, libraires, bibliothécaires, agences régionales du livre, auteurs...
La conférence ouverte au public donnée jeudi 31 mai par André Schiffrin, auteur de L’Édition sans éditeurs (La Fabrique) et éditeur à New York (The New Press) a attiré une centaines de personnes supplémentaires à Lurs. De ce point de vue, les rencontres, dont la préparation avait été confiée à Samuel Autexier (revue Marginales) ont été un succès.
Dans son article paru la semaine suivante dans Livres hebdo, Catherine Andreucci, présente à Lurs, a surtout souligné le fait que « les éditeurs (...) ont échoué à créer une représentation de l’édition indépendante. » En effet, la matinée de synthèse des rencontres s'ouvrait sur les difficultés à « s’accorder sur le terme d’indépendance et à trouver des solutions collectives aux problèmes que posent la concentration éditoriale » elle se concluait sur l'existence « de nombreuses initiatives, des micro-solutions émanant de contacts interpersonnels et interprofessionnels, mais aussi la volonté politique de plusieurs régions. » Et cela alors même que « le Syndicat national de l’édition (SNE) n’est pas (...) représentatif de l’édition indépendante et que des initiatives comme la pétition pour le soutien de l’édition indépendante (par un tarif postal préférentiel pour le livre) initiée par l’Atelier du Gué a réuni plus de 6000 signataires. »
D'autre part, la participation de libraires, comme celle de biblothécaires, aux rencontres ont permis de mettre en évidence le constat que c’est toute la chaîne du livre – des auteurs aux lecteurs – qui est fragilisée par l’hyper-concentration de l’édition, des médias et des réseaux de diffusion et de distribution. C’est pourquoi la question à l’ordre du jour est probablement plus celle d’organisations et d’intiatives inter-professionnelles, transversales, que celle de la mise en place de structures « néo-corporatistes » par corps de métiers. Ainsi de la « Coordination des indépendants du livre » issue de la pétition sur les tarifs postaux.
De ce point de vue également, les rencontres se sont révélées fertiles en propositions... Tout d’abord, il a été souligné l’efficacité des structures associatives régionales et/ou spécialisées entre petits éditeurs, qui peuvent également bénéficier d’un appui utile des collectivités locales (mutualisation de moyens, création de sites web communs, représentations communes dans les salons et manifestations, etc.) Il a également été proposé d’organiser des échanges entre associations d’éditeurs et de libraires – que ce soit pour renforcer la visibilité des petits éditeurs, simplifier la vie (la gestion de multiples références) des libraires, et apprendre mutuellement à connaître les métiers – et les contraintes – des uns et des autres. Toujours dans cette optique, il a été envisagé d’ouvrir les formations professionnelles en direction d’une meilleure connaissance de toute la chaîne du livre (stages croisés). On a également proposé de mettre en place des bases de données libraires-éditeurs qui permettraient de mieux répertorier l’offre éditoriale et les possibilités de diffusion. Enfin, on a parlé de mettre en place des «couveuses d’entreprises» qui permettraient aux jeunes éditeurs et libraires de bénéficier d’une formation en lien avec les plus anciens et de facilités d’installation propsées par les collectivités locales.
Des initiatives de ce type existent déjà (cf. par ex. Lekti-écriture. com). Il faut les renforcer et les multiplier. Enfin, la plupart des participants ont souhaité voir se répéter ce type de rencontres, qui permettent de réfléchir ensemble et de tisser des réseaux de coopération. Plus largement, certains ont souhaité aller vers des États généraux du livre, considérant que les enjeux soulevés à Lurs dépassent largement les seuls professionnels du livre.
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