Le cas Calibre
Par L'édition avec éditeurs le lundi, mars 19 2007, 09:21 - Discussion - Lien permanent
Depuis un an, les présentations du projet « Calibre » se sont succédées un peu partout en France. Le 12 janvier 2007 la société Calibre SAS a été officiellement créée (lire la présentation sur le site du Syndicat national de l'édition, SNE)... S'il semble que les libraires sont favorables au projet (il a reçu le soutien du Syndicat de la librairie française, SLF), celui-ci a suscité un fort rejet au sein de ce qu'il est convenu d'appeler la « petite » édition mais il semble qu'aucunes des critiques émises n'aient, au bout du compte, été prises en compte. Il suffit pour s'en convaincre de lire la position écrite du groupement Éditer en haute Provence datée du 4 avril 2006.
Affaire à suivre, donc (et à relier avec la pétition initiée par l'Atelier du gué)...
Forcalquier, le 4 avril 2006
Éditer en haute Provence découvre avec étonnement et interrogation le projet Calibre, « outil de distribution des ouvrages d’éditeurs (de petite) taille », présenté conjointement par le ministère de la Culture et le Syndicat national de l’édition.
La région Provence Alpes Côte d’Azur, deuxième région de France par l’activité éditoriale, compte au moins trois associations professionnelles d’éditeurs (Éditeurs sans frontières, Jedi PACA et Éditer en haute Provence) : aucune des trois n’a été consultée pour la définition de ce projet. L’absence de toute consultation nous a été confirmée par nos collègues éditeurs, provinciaux comme parisiens, et même par certains de nos correspondants du ministère de la Culture.
Trois aspects essentiels du projet Calibre ne changent pas, voire aggravent la situation actuelle des relations entre éditeurs et libraires :
- l’acheminement des livres vers Paris reste aux frais de l’éditeur basé en province ;
- l’absence de stock chez Calibre ;
- le règlement des éditeurs à 90 jours.
D’ores et déjà, deux initiatives de distribution par des éditeurs indépendants ont mûri dans notre région. La première fonctionne déjà à Gap et la seconde doit voir le jour à Manosque, sous forme de GIE. Le projet Calibre n’en tient pas compte.
Ce projet peut certes révéler une prise de conscience de nos réalités par les institutions, mais aussi une volonté de quelques acteurs du Syndicat national de l’édition de nous imposer un outil visant à nous « calibrer » aux besoins du marché.
Un outil commun de distribution ne sera pour nous acceptable que si les premiers concernés – les petits éditeurs indépendants – en définissent le projet économique et commercial en concertation avec les libraires et s’ils en ont la maîtrise juridique : structure coopérative, GIE…
Cet outil gagnera également en transparence, en efficacité et en proximité de nos entreprises, s’il est décentralisé et structuré en plusieurs plateformes régionales ou interrégionales.
Nous appelons à la redéfinition complète de ce projet dans le cadre d’une réelle concertation. C’est dans cette perspective que nous diffusons cette prise de position à nos confrères et à l’ensemble de nos partenaires publics et privés.
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