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lundi 30 mars 2015

Les oranges et l'étron sec (Ernest Vaughan)

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Les oranges et l'étron (1) sec
Fable

Un vaisseau d'oranges chargé
En pleine mer fut submergé.
Tout périt, excepté les oranges légères
Qui, seules restent au niveau
De l'eau,
Gagnèrent en flottant des rives étrangères.
En disant seules, je dis trop :
Un intrus par hasard se trouvait avec elles :
C'était un étron sec, qui, je ne sais comment,
S'était aventuré sur l'humide élément.
Les habitants du lieu qu'abordèrent nos belles,
Tout en les recueillant avec beaucoup de soin,
Leur demandaient par quels moyens étranges
Elles avaient pu venir de si loin.
L'étron, oublié dans un coin,
Crut le moment venu de chanter ses louanges.
Aussi leur cria-t-il : " En fruits intelligents,
"Tout aussi bien que vous, mieux même, ô bonnes gens !
"Nous nageons, nous autres oranges."

Je connais plus d'un vaniteux
Qui, dans un cas pareil, n'aurait pas trouvé mieux.


(1) Je prie le lecteur de me tenir compte du soin que j'apporte à éviter les gros mots.



Ernest Vaughan (1841-1929) était un drôle de gaillard. Successivement journaliste, patron de presse jusqu'en 1903 puis administrateur civil (notamment de l'hôpital des Quinze-Vingt) jusqu'en 1919, il est avec Zola et Clemenceau le co-responsable de la publication de J'accuse ! dans L'Aurore qu'il dirigeait alors.
Fils d'ouvriers, Ernest Vaughan adhéra à l'Internationale en 1867 après avoir débuté comme apprenti. Dans sa vingtaine, il dirigeait déjà des usines à Rouen où il appliqua la doctrine proudhonienne et fut, dit-on, un directeur original. Et on ne peine curieusement pas à le croire.
Communard à trente ans, il vécut son exil à Bruxelles et, de retour à Paris, s'engagea dans la cohorte des journalistes. Il collabora à l'Intransigeant qu'il quitta durant l'Affaire pour fonder L'Aurore au sein duquel on sait qu'il commit avec Zola et Clemenceau le plus grand geste du journalisme français.
On notera à la lecture de ses vers de jeunesse, que le gaillard n'aura jamais manqué d'audace, ni d'humour dès lors qu'il s'agissait de bousculer le bourgeois.
Nous donnons pour conclure son bouquet final, qui n'en manque pas.


Épilogue

(épigraphe) Et des tiennes, tu sais ce que j'en saurai faire
Molière


Critiques constipés qui censurez mon livre,
Et, d'un air de dégoût froissant chaque feuillet,
Prétendez qu'il n'a pas la senteur de l’œillet,
Et qu'il est, tout au plus, bon à vendre à la livre,

Le public, avec moi, gaiment se moquera
De vous, de vos gros yeux à la croque-mitaine,
Puis nous vous renverrons au vers de la Fontaine :
"Mais tournez-vous, de grâce, et l'on vous répondra."

Je veux vous enseigner, - ai-je l'âme assez bonne ? -
L'emploi du blanc papier qu'enrichissent mes vers ;
Il vaut cent fois celui des organes divers
Auxquels l'homme insensé de plus en plus s'abonne.

Allez trouver Fleurant, peignez-lui votre mal,
Parlez-lui du dépôt que vous ne pouvez rendre,
Bien que vous ayez su depuis longtemps comprendre
Que l'engrais le meilleurs est l'engrais animal.

Il verra votre peinte, et sa main impeccable,
Moyennant quelques francs, au don d'un flacon nain,
Versera pour deux sous d'un remède bénin
Qui saura mettre un terme au mal qui vous accable.

Dans n'importe quel lieu, dès que vous l'aurez bu,
Rendez-vous, si pourtant le besoin vous y pousse.
Là, délicatement, de l'index et du pouce,
Lacérez mon recueil, et j'atteindrai mon but.

Car vous la sentirez, ma vertu souveraine,
Et vous voudrez alors m'élever des autels ;
Calme, j'accueillerai votre encens, ô mortels !
En conservant des dieux la majesté sereine.

Enfin, libres d'esprit et légers d'abdomen,
Devant mes vers, honteux d'avoir pu les proscrire,
Vous irez au libraire et vous ferez inscrire
Pour un autre exemplaire ou pour plusieurs. - Amen !



Ernest Vaughan Du neuf et du vieux, contes et mélanges. Première série. Étrennes aux délicats. - Rouen, impr. de D. Brière et fils, 1866


L'illustration du billet est issue des ''Joyeusetés de Frère Jean'' que nous empruntons au blog d'Olivier Bogros.


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dimanche 29 mars 2015

Le timbre Pasteur (André Lebey)

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Le Timbre Pasteur

Il n'est personne personne qui n'admire profondément Pasteur, mais cela n'a rien à voir avec le timbre qui porte son nom. Nous sommes même en droit de nous étonner que personne, ni à la Chambre, ni au Sénat, ni ailleurs, nul part, n'ait protesté contre la substitution d'une effigie personnelle à celle, collective, de la République. Pourquoi ce tour de passe-passe sournois ? Quelle figure moins heureuse, moins légitime, toute autre, prépare, demain, celle du grand savant ? Enfin, ce timbre est affreux. C'est là-dessus, principalement, que nous entendons insister. Le désordre, l'incompétence, la sottise qui président aux décisions des services du gouvernement atteint des proportions qui ne peuvent, qui ne doivent plus être tolérées.
Doit-on rappeler pour mémoire ce qu'est la gravure typographique ainsi que le mode de tirage qu'elle comporte ? Il nous le paraît, et que ce fut rarement aussi opportun. Une leçon utile, qui ne sera peut-être pas perdue— nous avons encore des illusions optimistes — en résultera, au moins pour quelques-unis. Un député. à court d'interpellation, pourrait s'en servir et faire le reste.
Au point de vue populaire, tous les cachets, qu'ils soient gravés sur métal, sur bois, ou obtenus par montage, comme les timbres en caoutchouc, sont d'ordre typographique, Ils donnent une épreuve en encrant le cachet sur un tampon imprégné d'encre appropriée. etc. L'impression des journaux quotidiens est faite typographiquement au moyen de cylindres qui roulent sur un papier sans fin. C'est donc, toujours, le même principe. D'ailleurs la plupart d'entre nous ont vu fonctionner ces étonnantes machines dont l'ingéniosité et la perfection confinent aux dernières limites, semble-t-il, du progrès mécanique.
Ceci pour dire que dans les pays civilisés, les résultats de l'impression typographique ont pénétré jusque dans les villages, sur les chantiers épars, partout où les travaux de quelque importance nécessitent la présence du plus petit service de documentation. Envisager tous les cas particuliers dans lesquels on utilise ce mode d'impression serait s'exposer a une nomenclature énorme forcément incomplète. De même, chercher tous les moyens mis en oeuvre pour obtenir une gravure, un cliché propre à l'impression typographique conduirait trop loin. Les impressions brûlées pour marquer les bois sont d'ordre typographique ; également la dorure sur bois, cuir, étoffe, dont l'or est fixé par l'albumine que le fer à dorer, convenablement chauffé, vient coaguler. Mais on a si peu développé chez nous des facultés d'observation, la curiosité des choses courantes, que nombre de gens instruits sont fort loin de se douter des mystères de production des objets qu'ils ont couramment sur leur personne, autour d'eux, dans leur intérieur.
Dans le domaine des arts, c'est encore pire. L'artiste est socialement un enfant gâté s'il est peintre ; il est envisagé portant beau, réalisant son idéal dans une tenue irréprochable. S'il est sculpteur, véritablement sculpteur s'entend, c'est-à-dire s'il se double d'un tailleur de pierre, il commence à perdre toute considération. Pire encore s'il est forgeron, où il faut bien se plier aux moyens pénibles et lents qu'impose la matière, car toutes les matières ont leurs lois particulières qui sont également implacables comme le savaient et les pratiquaient les maîtres de la Renaissance. Les compositions rationnelles relèvent de l'expérience et ne sauraient être obtenues que par une sorte de lutte avec les matériaux : les difficultés qu'elles entraînent constituent la meilleure, comme la plus rude. des éducations. Or les très rares artistes qui ont eu le courage de persévérer en voulant garder la tradition: sont, en général, considérés comme des parents pauvres. Les seuls connaisseur capables de voir la différence de leur production sont, d'autre part, peu nombreux.
Serait-ce le motif qui a porté à s'adresser pour le nouveau timbre, dit timbre Pasteur, à un autre artiste qu'un graveur qualifié ? Vraiment, on en arrive à se demander comment un travail si clair, si précis, qui relève de la gravure typographique sur bois ou métal a été confié à un graveur en médailles.
Floréal devrait ouvrir une enquête à ce sujet. Elle serait instructive, et, pour ma modeste part, je serais bien curieux des réponses qui nous seraient faites. Ce n'est pas, en tout cas j'imagine, du fait que la précédente vignette de la Semeuse avait été commandée à O. Roty, le graveur de pièces d'argent d'avant-guerre. M. Prud'homme modèle ses médailles à une dimension variable de 20 à 30 cm de diamètre dont il est fait galvanoplastiquement, ou par la fonte, une reproduction qui, montée sur une machine panthographique, dite machine à réduire, donnera une reproduction sur acier au. diamètre désiré. Cette épreuve sur acier, après trempe, sera enfermée dans de l'acier recuit au moyen du balancier pour obtenir par mouillage les coins, ou matrices, qui, après travaux mécaniques et trempe, permettront de frapper encore au balancier, les épreuves de bronze, d'argent, d'or ou les alliages que l'on voudra. La machine à réduire donne entre les mains de mécaniciens expérimentés des résultats qui limitent à la retouche de légers accidents nécessités par le remplacement d'une fraise cassée, ou s'étant émoussée en cours d'exécution, reprise qu'exécute lui-même l'ouvrier mécanicien. Aussi, dans la gravure en médaille proprement dite, la gravure directe a-t-elle totalement. disparu. On ne grave plus. A notre connaissance, un seul artiste pratique exclusivement.
Mais la gravure sur bois n'est pas disparue — elle est même en plein essor — pas plus que la gravure sur cuivre, et, enfin, les artistes capables de réaliser typographiquement de leurs mains, soit sur bois, soit sur métal, un beau portrait de Pasteur existent. Ils sont là. Pourquoi les ignore-t-on volontairement ?
Pourquoi, - je répète une question précédente, elle est capitale, - pour quel motif peu saisissable s'est-on adressé à un artiste qui, sans doute, a dû s'en remettre (comme ce fut le cas pour Roty) à un collaborateur afin de traduire typographiquement le dessin qu'il aura fourni ?
J'avoue que je me le demande.
Serions-nous à une époque où, d'une part, la science pénètre les choses, restées mystérieuses jusqu'ici et où, de l'autre, la connaissance des artistes les plus qualifiés, au nombre desquels il s'en trouve qui se placent au sommet de l'art contemporain, et qui se produisent dans les divers salons « au titre de graveurs » serait ignorée des dirigeants officiels au point qu'ils sont systématiquement négligés quand, — trop rarement d'ailleurs, à mon gré - l'occasion se présente d'avoir recours à leur talent ?
J'avoue que je le crains. Le timbre Pasteur en fournit la preuve.

André Lebey


Floréal, 4 août 1923.

samedi 28 mars 2015

Petite Bibliographie lacunaire des éditions Henry Goulet

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Henry Goulet, libraire installé dans les années 1922-1923 au 5, rue Lemercier (XVIIe), lança une maison d'édition sans doute modeste, mais remarquable. Installée à partir de 1926 au 6 rue de Milan, elle donna une fameuse série de bibliographies, à laquelle l'éditeur contribua lui-même d'un opus.

Henry GouletBlaise Pascal. - Essai de bibliographie.‎ ‎Paris, Les Nouvelles Littéraires, 1923, 1 plaquette in-12 carré, brochée, 32 p. Essai bibliographique revu et augmenté extrait du numéro 36 des Nouvelles littéraires.
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Le catalogue de la maison Henry Goulet se compose d'un bloc principal et d'ouvrages variés, pour ne pas dire hétéroclites souvent imprimés à Abbeville chez Paillart. L'essentiel reposait sur La Fiche bibliographique française, publication périodique rédigée et publiée par Hector Talvart - future part du binôme Talvart & Place, qui furent parmi les ultimes bibliographies français de longue haleine. Ces "Fiches" parurent entre 1922 et 1931 à La Rochelle, grâce aux bons soins de F. Pijollet en successifs in-8 oblong et constituent les éléments repris à partir de 1928 sous le titre de "Bibliographie des auteurs modernes de langue française dont la nouvelles éditions J.-M. Place portent vaillamment le flambeau.
Vint aussi la collection "Âmes et Choses" qui porta elle aussi des titres à postérité.

Catalogue

Comte Arnauld Doria Héros obscurs. Préface du général Marchand. 18 dessins et bandeaux de E. L. Cousyn. - Paris, Henry Goulet, 1923, 171 p.

J.-H. Volbertal Ermenonville. Ses Sites, Ses Curiosités, Son histoire. - Paris, Henry Goulet, 1923, 180 p.

Marc Chauvaud Le Calvaire de Marthe Quinquinet, précédé d'une lettre. Préface de Maurice Genevoix. - Paris, H. Goulet, 1924, 130 p.

A. Dolonne L'Autoguerison par l'Autosuggestion. Méthode de psychothérapie. - Paris, H. Goulet, 1924, 128 p.

Collection "Âmes et Choses"
Maurice Barrès Quelques lettres politiques inédites, présentées par J. Caplain. - Paris, H. Goulet, 1924, 29 p. Coll. "Âmes et choses" (n° 1).
Pierre Bonardi Madame la Critique. Essai impartial suivi de quelques citations savoureuses. - Paris, Henry Goulet, 1924, 55 p. Coll. "Âmes et choses" (n° 2).
Robert Salomon Cheveux longs et idées courtes. Essai de psychologie partiale et déplaisante. - Paris, H. Goulet, 1924, 47 p. Coll. "Âmes et choses" (n° 3).
Claude Aveline 'Ah ! Pauvre fol'. Lorsque Candide fut parti. Avec une lettre de Pierre Mille servant d'épilogue. - Paris, Henry Goule, 1924, 38 p. Coll. "Âmes et choses" (n° 4).
Henry Decoin Le Sport, Monsieur... Avec une lettre-préface de Henri Desgrange. - Paris, Henri Goulet, 1924, 60 p. Coll. "Âmes et choses" (n° 5).
Henry Champly Bobard, Chambard et Cie. Petit guide du promeneur dans la ménagerie burlesque d'aujourd'hui. - Paris, Henry Goulet, 1924, 55 p. Coll. "Âmes et choses" (n° 6).
Jean Lorrain Quelques lettres curieuses et inédites, présentées par J. F. Louis Merlet. – Paris, Henry Goulet, 1925, 54 p. Coll. "Âmes et choses" (n° 7).

Gaston Picard Nos écrivains vus par eux-mêmes. - Paris, Henry Goulet, 1925. Au sommaire : Albert-Jean, A. Arnoux, Aurel, Jacques Bainville, Marcel Barrière, Gérard Bayer, Nicolas BEauduin, Marcel Berger, Albert de Bersaucourt, Pierre Billotey, Binet-Valmer, Pierre Bonardi, Jean de Bonnefor, Rodolphe Bringer, Paul Brulat, Henry Champly, Henriette Charasson, John Charpentier, Raymond Clauzel, Henry Clouard, Curnonsky, Léon Deffoux, Maurice Dekobra, Lucie Delarue-Mardrus, Joseph Delteil, Tristan Derême, Charles Derennes, Fernand DIvoire, Roland Dorgelès, René-Louis Doyon, Renée Dunan, Auguste Dupouy, Henri Duvernois, J. Ernest-Charles, Lucien Fabre, Louise Faure-Favier, Louis-Jean Finot, Edmond Fleg, Pascal Forthuny, Georges Fourest, Léon Frapié, Michel Georges-Michel, José Germain, Jean de Gourmont, Fernand Gregh, Emile Henriot, F. Jean-Desthieux, René Johannet, Gustave Kahn, Henry Kistemaeckers, André Lamandé, Pierre La Mazière, Marius-Ary Leblond, Louis Léon-Martin, Pau Lévy, André Lichtenberger, Pierre Loewel, René Maran, Victor Marguerite, Eugène Marsan, Louis Martin-Chauffier, Camille Mauclair, Georges Maurevert, Maurice Verne, Victor-Emile Michel, Pierre Mille, Marcel Millet, Henry de Montherlant, Louis Payen, Ernest Perochon, Ernest Prévost, Jean Psichari, Paul Reboux, Maurice Renard, Emile RIpert, J.-H. Rosny aîné, Jean Royère, Paul Reboux, Saint-Georges de Bouhélier, Saint-Pol-Roux, Guillot de Saix, Alphonse Séché, Edmond Sée, Nicolas Ségur, Ernest Seillière, Albert t'Serstevens, André Thérive, Louis Thomas, Ernest Tisserand, Louis de Gonzague Truc, Fernand Vandérem, Clément Vautel, Robert Veyssié, Francis Vele-Griffin, Maurice de Waleffe, Emile Zavie.

Émile Lauvrière La Tragédie d'un peuple. Histoire du peuple acadien de ses origines à nos jours. Avec 88 illustrations, dont 22 cartes. - Paris, H. Goulet, 2 vol.

GouletDAMON.jpgLouis Damon Nos parlementaires. - Paris, Henry Goulet, 1925, 317 p.

B. Laloue Les Amants d'Egypte, roman. - Paris, H. Goulet, 1925, 219 p.

GouletMeunierJugePaix.jpgHenri Meunier Le Juge de paix. Avant-propos de Me Henri Robert. - Paris, H. Goulet, 1925, 121 p., fig. par Henri Guilac.

Pierre Paraf Pensées et Poèmes inédits de Victor Hugo. - Paris, Henry Goulet, 1925, 60 pages. Reproductions de lettres.‎ ‎Sur-titre : "Quarante ans après 1885-1925" .‎

Raymond Plion et René Virard La Douche écossaise. Préface de Gaston Picard. - Paris, H. Goulet, 1925, 127 p.

Régis Régina Amour et Amours. - Paris, Henry Goulet, (1925), 124 p. ill de bois d'A Margat.

Max Bonnafous (dir.) Le Scrutin d'arrondissement et la politique. Préface de M. Alexandre Varenne, gouverneur de l'Indo-Chine. - Paris, Henry Goulet, 1926, 169 p. "Bibliothèque d'éducation économique, politique et sociale" (n° 1).


GouletChaumel.jpgAlfred Chaumel Les Blancs jouent et gagnent (Pochades congolaises). — Paris, Henry Goulet, 1926, 192 pages.

Lucas de Presoulan (auteur présumé) Les Vrais mémoires de Cécile de Volanges. Rectifications et suite aux Liaisons dangereuses. - Paris, H. Goulet, 1926, 2 vol. (XIX-133, 161 p.).

Louis Damon Ministres et ministrables. - Paris, Henry Goulet, 1926, 295 p.

Gouletduquesnebonheur.jpgRobert Duquesne Pour le bonheur. — Paris, Henry Goulet, 1926, 309 pages.

GOuletSuffragettes.jpgSuzanne Grinberg Historique du mouvement suffragiste depuis 1848. - Paris, Henry Goulet, 1926, 213 p. "Bibliothèque d'éducation économique, politique et sociale (n° 2).

Hector Talvart Réflexions morales sur la mode, l'amour et l'épiderme des femmes. Aquarelle-frontispice de Louis Suire. - Paris, H. Goulet, 1926, 112 pages tirées en 2 tons sur papier Madagascar de Lafuma, par les soins de Jean Foucher, maître imprimeur à La Rochelle.

Hector Talvart Billets à Corentine sur diverses manières de jouir et de souffrir. Avec 8 gravures originales sur bois et au burin, par Gabriel Charlopeau. - Paris, H. Goulet, 1927, non paginé, fig.

Claude WinzLa Part du feu. — Paris, Henry Goulet, 1926, 196 pages.

GouletSouffleur.jpgJulien Pavie et Robert Cayla Ces messieurs les auteurs. Par le trou du souffleur. Croquis de Julien Pavie, présentés par Robert Cayla. - Paris, Henry Goulet, s. d. (1927), 10 ff. n. ch., 34 pl.

vendredi 27 mars 2015

Râle d'Arthus Sigré

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Râle

Madame la Mort, je frappe à votre porte :
J'ai laissé, là-bas, au tournant, mon escorte
De misères. Ouvrez-moi, Madame, ouvrez.

De beaux séraphins noirs qui m'ont rencontré
M'ont dit que chez vous on ne souffrait jamais,
Que des fleurs, prises à d'admirables Mai,
Exhalent avec des douceurs de caresse
D'étranges et puissants parfums, chargés d'ivresses
Et de rêves, en des sommeils éternels,
Sans que jamais une vision charnelle
Se présente à l'albe couche de Madame.

Le vent va souffler ma très mignonne flamme
De vitalité : j'ai peur, j'ai froid dans l'âme,
Déclouez l'huis du mur, un tout petit peu :
Les choses m'ont tant déchiré que je peux,
Frêle, me glisser par le moindre interstice,
Ouvrez-moi Madame la Mort.
Ma nourrice
— Aux jours très lointains d'enfance où tout est charme —
Me ferma son sein, et je n'eus que mes larmes
A boire.
Et j'ai poussé comme un pissenlit
Dans l'ombre des fossés.
% Au printemps, joli
Comme un enfant encadré de tresses blondes,
Au printemps, qui tend ses bras vierges au monde,
Dans une soif incroyable de jouir,
Nulle ne me fit l'aumône d'un sourire ;
Et, quand j'ai dit mon angoisse et mes tourments,
Les Hommes-Frères ont ri, férocement
Bêtes.
Et ce fut toujours comme cela.
C'est pourquoi, Madame la Mort, je suis là,
— Me détournant de vie qui se détourna —
Pour venir, courbé comme fleur sous l'été,
M'endormir pesamment, des éternités
Nombreuses, et des éternités encore,
En vos bras de marbre, Madame la Mort.


Arthus Sigré Zézaiements. — Ambert, impr. de Migeon, 1896, 36 pages.


Arthus Sigré n'a pas cassé la baraque avec ses poèmes. On le retrouve néanmoins avec un "Triptyque" dans la Jeunesse nouvelle (Lyon), n° 2, 2 janvier 1897 et ses Zézaiements lui ont valu des lignes ambigües un mois plus tôt dans les prestigieuses Annales politiques et littéraires :

Les Zézaiements, d'ARTHUS SIGRÉ. — Trop modeste, un auteur s'accusant de zézayer ! Zézayer est un vilain défaut de langage. Et M. Sigré ne nous en paraît pas affligé. Mettons qu'il « bégaie » — gentiment déjà — ses poétiques « Zézaiements ».

(22 novembre 1896, p. 333).

jeudi 26 mars 2015

Quatre catalogues charmants

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Quatre très beaux catalogues à prix marqués paraissent ces jours.
Celui de la librairie Julien Mannoni comprend en particulier huit photographies originales de Calvino, Foucault, Braudel, et André Dhôtel qui avaient paru dans Le Magazine littéraire. Elles sont signées Bruno de Monès.

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A la librairie Pages Volantes de très beaux ouvrages illustrés, et en particulier des abécédaires, des alphabets et des ouvrages publicitaires.

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Chez les Amazones de Chantal Bigot, une liste variée nommée "Clémence" où se fréquentent Beaux-Arts - Féminisme - Histoire - Littérature - Voyages & Varia (à demander à la libraire).

Et enfin, chez Patrick Fréchet de la poésie concrète/sonore/visuelle pleines de mots, de signes et de silences. C'était l'époque.

On en profite pour annoncer que nous parlerons très prochainement de la correspondance Noël Arnaud/François Caradec que Patrick Fréchet vient de faire paraître.


Julien Mannoni livres anciens
83 bd de Magenta – 75010 Paris
(33) 1 48 24 13 55
des.livres.autour@gmail.com

Librairie Pages Volantes
7,Rue Auguste Bartholdi - 75015 Paris
01 40 59 88 46
librairiepagesvolantes@orange.fr

Chantal Bigot – Librairie Les Amazones
68, rue Bonaparte 75006 – PARIS
(33) 01 40 46 08 37
lib.lesamazones@gmail.com

Librairie Patrick Fréchet
Le Pradel
12270 St André de Najac
+33 (0)6 87 09 31 64
librairie.frechet@gmail.com

mercredi 25 mars 2015

Un conférence sur Michel Ohl

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Dominique Noguès, agrégé de Lettres (à ne pas confondre avec Dominique Noguez, le normalien agrégé de philosophie) donnera en fin d'après-midi une conférence intitulée "Michel Ohl, la course de la plume (années 2000)"

Au tournant du siècle, Michel Ohl annonce qu’il cesse d’écrire, mais entreprend secrètement de remplir d’une plume appliquée des cahiers d’écolier (plusieurs dizaines) de marque Le Conquérant, sans s’autoriser ni ratures ni repentir. Il appelle cela « parler ». On s’interrogera sur ce qui l’a conduit à cette expérience d’improvisation et sur ce qu’elle a produit.


Mercredi 25 mars à 17h30
Maison des sciences de l'Homme d'Aquitaine (MSHA, salle 3)
Centre d'Etudes des Cultures d'Aquitaine et d'Europe du Sud (CECAES-EA TELEM)
Université Bordeaux-Montaigne, Domaine Universitaire, 10, Esplanade des Antilles, Tram B arrêt Montaigne Montesquieu)



NB L'image illustrant ce billet a été empruntée au film réalisé le 29 octobre 2009 et intitulé Rêves d'avant la mort.


mardi 24 mars 2015

Couleurs de Bonnard, notes de Terrasse

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L'exposition Pierre Bonnard qui vient de démarrer au musée d'Orsay se complète opportunément d'une publication et d'une vente colossale, en tout cas historique, celle de la collection du petit-fils de son beau-frère Claude Terrasse (lequel avait épousé sa soeur Andrée), fils de l'historien d'art Charles Terrasse qui fut de ses neveux tant aimés.

Dispersée le 29 mars prochain à Fontainebleau, cette collection proprement stupéfiante nous provient en droite ligne de ce temps enfui où Bonnard côtoyait la Revue blanche et le Grand-Lemps, Alfred Jarry et les îles de Lérins, sous forme de toiles, parfois inachevées, de portraits familiaux, de croquis, d'albums, de photographiques fruits de Kodak, de manuscrits et de livres, en particulier L'Ubu roi en édition originale annotée par Claude Terrasse en vue de la préparation de sa musique et comportant un portrait d'Ubu en poire par Alfred Jarry lui-même, le Petit solfège illustré de Claude Terrasse qui est l'un des premiers livres illustrés par Bonnard en 1893 (on trouve aussi ses travaux pour Léopold Chauveau ou Claude Anet), des éditions d'Ambroise Vollard, etc.

Passée cette pléthorique avalanche de pièces, restent la déjà ancienne édition en fac-similé des carnets de Bonnard par Ides et Calendes (2006) en deux coffrets de trois livres, et ces notes sur la peinture réunies en volume selon le manuscrit que Bonnard avait laissé mis au net. On y lit ses interrogations et ses doutes, son souci de la lumière dans les couleurs, ses pensées sur son art :

J'espère que ma peinture tiendra, sans craquelures. Je voudrais arriver devant les jeunes peintres de l'an 2000 avec des ailes de papillon.


C'est chose faite. Un truc dont ne pourra pas se vanter Mondrian...

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Pierre Bonnard Observations sur la peinture. Préface d'Alain Lévêque. Introduction d'Antoine Terrasse. — Strasbourg, L'Atelier contemporain-François-Marie Deyrolle éditeur, 69 pages, 15 €

Catalogue de la vente de la collection Antoine Terrasse. Experts Michel Maket et Raphaël Maket, Alain Nicolas, Anne Lamort. - Fontainebleau, Osenat, dimanche 29 mars 2015.

lundi 23 mars 2015

Victoire ?

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Le nouveau Grand Jeu de l'Alamblog est clos : il fallait reconnaître ce personnage portraituré pour remporter la palme, en substance l'étrange roman de Jean Streff, Théorème de l'assassinat
Quelqu'un aurait-il gagné ce lot mirifique ?
Il faut reconnaître que la difficulté était grande de reconnaître Francisque Monnet, peintre et écrivain, dont Livroscope, après l'Alamblog, va donner des nouvelles prochainement sous les espèces de son grand livre, son Histoire au-dessus du crocodile, que d'aucuns ne pourront s'empêcher de relier au Gordon Pym d'Edgar Poe.

De fait, le jeu est resté sans conquérante ni conquérant, et le lot reste sans hébergement... Voilà le plus triste. A suivre.

dimanche 22 mars 2015

Anti-pub

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A la vitrine d'une librairie, avec leurs bandes-annonces en couleurs, les nouveautés faisaient elles-mêmes leur propre article :
Rogaton illisible... La dernière œuvre du vieil écrivain gâteux, Pas un seul exemplaire vendu à ce jour... Les poèmes les plus maniérés, les plus indigestes d'Erwin Râle.
— Incroyable, ai-je fait ahuri. Et on achète ça ?
— Pourquoi diable on ne les achèterait pas ?
— Et on les lit ?
— Chez vous, on ne lit pas de choses de ce genre, peut-être ?




Dezsö Kosztolanyi « La ville franche » in Le Traducteur cleptomane et autres histoires. Traduit du Hongrois par Adam Peter et Maurice Regnaut. Préface Paul-Jean Franceschini. Postface d'Adam Peter. — Paris, Alinéa, 1985 ; P., Viviane Hamy, 1994, 7 €



Illustration du billet : fragment de "Homeless" d'Efroimson Illya Yakovlevich (1913-1992).

samedi 21 mars 2015

Vladimir Charov à Paris

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Ce jour, au salon du livre de Paris, Vladimir Charov.
Il présentera également son nouveau roman, "Retour en Egypte" demain à 14 heures.
Ce livre, Возвращение в Египет (2013), a obtenu le Prix Booker russe.
Rappel


Bibliographie

Les Répétitions, traduction de Paul Lequesne. - Paris, Solin-Actes Sud, 1999, 310 p. 22, 56 €

Avant et pendant, traduction de Véronique Patte. - Paris, Phébus, 2005, 305 p., 20 €

La Vieille Petite Fille, traduction de Paul Lequesne. - Paris, Balland-L'Esprit des Péninsules, 2008, 620 pages, 24,90 €

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