L'Alamblog

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vendredi 24 mars 2017

Pour bien commencer la journée

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Un incipit pour bien commencer la journée ? Celui-ci d'Arno Schmidt, grand rénovateur de la prose, magistral triturateur de paragraphes, écrivain aussi désinvolte et insolent qu'il est de lecture délicieuse, bref, une sorte de génie (qui n'est pas sans rappeler Jean Paul). Voici l'entame La République des savants (19 ) :

22/06/2008 : Le dodu soleil pétant dans sa gaine promène, tel un faucheux, ses pattes de lumières sur le paysage.




Arno Schmidt La République des savants.Traduit par Martine Vallette, avec la collaboration de Jean-Claude Hémery. - Paris, Christian Bourgois, 2001, 224 pages, 14,48 €



jeudi 23 mars 2017

Nouvelle édition pour La Grande Vie !

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Le billet d'hier l'annonçait et depuis les interrogations pleuvent...

La curiosité reste un vilain défaut mais le Préfet maritime ne peut que céder en montrant ce que Nicolas Etienne, graphiste émérite de l'Arbre vengeur a concocté pour mettre en valeur le texte formidable de Jean-Pierre Martinet.

Puisque, oui, sous une nouvelle couverture "explicite", La Grande Vie de Jean-Pierre Martinet va reparaître !

Sous une nouvelle couverture donc et avec une nouvelle préface signée Denis Lavant, le comédien qui s'est merveilleusement saisi de ce texte, promenant le personnage d'Adolphe Marlaud jusqu'aux tréteaux d'Avignon.

Voici donc la nouvelle couverture du meilleur "feelgood book" de l'été.


Jean-Pierre Martinet La Grande Vie. Préface de Denis Lavant. - Talence, L'Arbre vengeur, 15 mai 2017.

mardi 21 mars 2017

Jean-Pierre Martinet et Edmond Lévy (1974)

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Quelques nouvelles de Jean-Pierre Martinet...

Tout d'abord L'Arbre vengeur a le privilège de produire très prochainement une nouvelle édition de La Grande Vie enrichie d'une préface de Denis Lavant.
On savait le comédien particulièrement attaché à ce texte grandiose, il le prouve.
Le livre intègrera la collection "L'Alambic" avec une toute nouvelle couverture conçue par Nicolas Etienne.


Ensuite, grâce à Stéphan Lévy-Kuentz, ressurgit un moment de la vie professionnelle de Jean-Pierre Martinet.
Le document n'est pas commun : en effet, dans les archives d'Edmond Lévy, réalisateur issu de l'IDHEC, comme Martinet lui-même, sommeillait le dossier de réalisation d'un opéra filmé Roméo et Juliette durant laquelle l'auteur de Jérôme servit d'assistant.

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En 1974, nous apprend encore Stéphan Lévy-Kuentz, Edmond Lévy (disparu en 1995) venait de passer de dix ans en tant que collaborateur artistique de Max-Pol Fouchet, qui venait d'être viré par Giscard à cause de son engagement communiste, au moment de la transformation de l'ORTF en SFP.

Pour Martinet, qu'il rencontre au début de la décennie 1970, c'est aussi le moment de la parution de La Somnolence dans "L'Accès", la collection de Pauvert.

C'est apparemment pour sortir Jean-Pierre Martinet d'un état dépressif chronique que Lévy l'appela sur diverses émissions télévisées. Mais les deux hommes échangent aussi littérature — Edmond Lévy a publié chez Gallimard en 1956, La Fin du premier jour. Une amitié se tisse et en 1978 Martinet propose à Lévy d'adapter Jérôme. Le projet n'aboutit pas.
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lundi 20 mars 2017

Autin-Grenier polyglotte

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Comme il nous manque, Pierre Autin-Grenier, et comme il nous revient... En pythie, presque.
De ces courts récits déjà publiés en 1996 dans la revue L'Arbre à paroles, voici une version quadrilingue, bel hommage.

Non, de nulle part en somme, il était simplement celui qui est, de toujours, parmi nous et qui jamais ne décevrait notre attente. Ainsi en avait décidé l'assemblé des femmes ; les plus vieux du village approuvèrent.
Un nuage se défait, s"évanouit un songe, de même il disparut...
A quelque temps de là nos marins, embarqués pourtant sur de bien fragiles esquifs, touchèrent à la réalité des îles. Ils en ramenèrent à profusion épices, étoffes, café, huile, ivoire et diamants. Une nouvelle alliance ainsi s'établit. Le solstice d'été décida du sort des barbares ; aux fêtes de la Saint-Jean la bonne fortune de nos armes défit la province de leur emprise. Alors les saisons et les heures retrouvèrent leur éclat d'autant.
C'est vérité q'une tout il faut ainsi, et aujourd'hui même personne ne peut retrancher ni ajouter à cela.




Pierre Autin-Grenier Légende de Zakhor. Version anglaise, italienne, allemande par Derek Munn, Fabio Scotto et Rüdiger Fischer. — Bruxelles, Les Carnets du dessert de lune, 113 pages, 13 €

dimanche 19 mars 2017

Fallait-il ?

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Avec son Je me souviens, Georges Perec nous l'a baillé belle.
Son truc formel faisait tellement crac boum hue qu'il a eu la plus prolifique progéniture qu'on puisse imaginer. Aujourd'hui encore, la tentation est forte de rejouer la partition dans une nouvelle tonalité. Ajoutez par exemple à la petite chanson de Perec l'Indignez-vous d'Hessel-la-Révolte (dit aussi Colère-Froide, Brise-Fer ou Geint-qu'un-coup) et vous obtenez Ce qu'il aurait fallu de Christophe Fourvel, soit un petit fascicule long comme une nouvelle vendu 5 € par L'Atelier contemporain.

L'avenir dira si ça a marché commercialement. Ce qui nous a paru, depuis notre île, c'est que le propos avait quelque chose de désarmé et d'un tantinet redondant avec les évidences répandues par toutes les conversations d'esprits "concernés". On prendrait ça, si l'on y prenait garde, pour une jérémiade. Oui, on aurait dû faire gaffe aux élus qui ont autorisé l'implantation des grande surfaces, et, oui, se méfier des publicitaires qui nous ruinent le monde, et des informaticiens qui fabriquent des systèmes dignes de 1984 sans y voir malice, des industriels qui ont fait des chimistes les pires malfaiteurs du siècle, et des architectes qui n'ont pas bien compris l'Homme et la Terre, etc.

En même temps, on en a un peu soupé d'avant, non ? Pour ceux qui l'ont vécu cet âge d'avant notre âge (cf. Eric Duboys, Les Terminaisons nerveuses, Montbéliard, La Clé à Molette, 2016), les cafés dont le zinc avait viré au formica puaient la clope et le pastaga, on était vieux à cinquante berges et on ne lisait quasiment aucun auteur africain, le cinéma iranien n'existait pas et les flics étaient bourriques tout pareil. Et on ne parle même pas de l'actualité littéraire et culturelle d'alors dont la grande et régulière vague sentait fort la marée, tout comme aujourd'hui.

Contrairement à ce que laisse entendre le pénitent Christophe Fourvel, cet "avant" vicieux et dévoyé qui nous aurait conduit à un présent syphilitique n'est rien que le frère jumeau d'aujourd'hui. Un aujourd'hui dont il voit bien et immédiatement à quel point on aurait "fallu s'en méfier", si l'on ose dire. (Vous nous ferez le plaisir de ne pas croire que nous allons nous lancer dans la litanie des machins qui marchent de travers et qui vont avoir des conséquences sur la gueule du futur).

Allez, notre futur, tout de même, il ne date pas d'hier, notre futur ! Et il est fortiche le futur : il date à la fois d'il y a pas mal de temps et il date chaque jour d'aujourd'hui.
Tout est affaire d'allant.
C'est donc plutôt "Ce qu'il faut maintenant" que nous avons envie de lire. Ou mieux : Ce que nous allons faire désormais. Avec quelques grammes d'imagination et d'audace, ça aura de la gueule, vous allez voir. Et puis les jeunes vont filer un coup de main, c'est certain.


Christophe Fourvel Ce qu'il aurait fallu. — L'Atelier contemporain, 2017, 5 €

samedi 18 mars 2017

Le Visionnaire est en avance


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Le nouveau catalogue de la librairie Henri Vignes met opportunément en lumière un roman inachevé de F. Schiller dont la portée n'est pas aussi notoire qu'elle le devrait.
Son Visionnaire, roman de 1787-1789, littéralement "L'homme qui voit des esprits", parut par fragments dans La Thalie et fut d'abord traduit par Pitre-Chevalier (Paris, Maquet, 1840, 2 vol., 200 €) puis retraduit en français par Albert Béguin.
Ce dernier, cité par le catalogue Vignes éclairait explicitement les vertus novatrices de ce roman qui avait eu les suffrages des romantiques allemands : "Toute la composition du récit, les énigmes qui s'y nouent, les relations inattendues qui se découvraient entre des faits apparemment sans liaison, entre des personnages que l'on croyait étrangers les uns aux autres, rappelant moins les romans du XVIIIe siècle qu'ils n'annoncent les procédés du futur roman populaire.
En somme, au-delà des thématiques romantiques pures (Venise languissante et fétide, l'occultisme les rapports du pouvoir et de l'argent, l'illusion, la corruption et la droiture, Schiller devenait avec ce livre un précurseur du roman policier.

Je raconte une aventure qui paraîtra incroyable à beaucoup de gens, et dont j'ai été moi-même, en grand partie, témoin oculaire. (...)


Au même catalogue, cette lettre de Paul Gadenne à un ami écrivain du 28 février 1950 truffant un exemplaire de L'Avenue : "Il y a peut-être des désespoirs qui exaltent mais pas celui que produit la répétition des ennuis quotidiens. Quelques jours passés avec Yvonne chez une amie, au milieu des arbres, ont un peu apaisé mes nerfs, mais ce paradis éphémère n'a fait que souligner le contraste entre ce que la vie pourrait être et ce qu'elle est ! (...° Je n'imagine plus, pour combler l'intervalle, que des gestes excessifs. Et je sais que cela mène en prison (...)".

Au même catalogue :
Georges Henein Deux Effigies. - Le Caire, La Part du sable, 1953, 300 €

Tristan Derême Petits Poèmes. - Paris, Lecène et Oudin, 1913, 75 €

Marc Leclerc La Passion de notre Frère le Poilu. — Paris, Crès, 1916, 80 €

Tchikaya U Tam'si Feu de brousse. Poème parlé en 17 visions. - Paris, Caractères, 1957, 75 €

G.-L. Pesce La Navigation sous-marine. - Paris, Vuibert & Nony, 1906, 80 €

Friedrich von Schiller Le Visionnaire. Traduction d'Albert Béguin. Préface de Pierre Péju. — Paris, José Corti, 1996.

Paul Gadenne L'Avenue. — Paris, Julliard, 1949.



Librairie Henri Vignes
57, rue Saint Jacques
75005 Paris
Métro Cluny-Sorbonne, Saint-Michel ou Odéon


vendredi 17 mars 2017

Une exposition Michel Nedjar à Paris

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En parallèle de la grande rétrospective Michel Nedjar — intitulée Introspective — qui se tient à Lille jusqu'au mois de juin, la galerie Christian Berst présente depuis hier des pièces aux formats et d'époque variés
Une panoramique en quelque sorte où figurent de très belles pièces.
Pour tous ceux qui n'iraient pas à Lille, un réjouissant lot de consolation...




Galerie Christian Berst
Passage des Gravilliers
Paris
Métro Arts et Métiers

jeudi 16 mars 2017

Pour préparer les esprits

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Le Salon du livre s'annonce.



mardi 14 mars 2017

† John Stewart

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Le photographe John Stewart vient de nous quitter.
Né en 1919 à Londres, il avait assez d'énergie pour qu'on l'imagine bientôt centenaire.
Reprise d'un portrait publié par le Préfet maritime (1) dans le Matricule des anges en 2006.



Le bushido du photographe

Elégant et costaud, John Stuart est un homme aussi sage que raffiné. Son visage de boxeur illuminé par des yeux d’enfant malicieux ne laisse guère ce qu’il a pu endurer. Pudeur et tact masquent chez lui une expérience terrible que la spiritualité orientale dont il est pétri et le code moral des samouraïs, le bushido qu’il a côtoyé de trop près, lui ont permis de surmonter.
Petit-fils de David Gestetner, l’inventeur de stencil, John Stewart est né en 1919 en Angleterre et a passé son enfance à Paris où il a suivi ses études au lycée Janson-de-Sailly. En 1939, il est en formation à la City lorsque la guerre éclate. Engagé, il se retrouve sur le Mount Vernon qui accoste le 13 janvier 1942 à Singapour, un mois avant la capitulation. C’est son premier pas vers l’horreur. Prisonnier avec les troupes britanniques, il subit d’abord l’ennui du camp où l’on s’ingénie à réinventer le briquet (à pied). « Certains se mettaient même à la lecture. » Il y rencontre Foujita de passage dans son curieux uniforme de peintre des armées japonaises (Tokyo l’avait réclamé aux Nazis). Ayant l’opportunité d’apprendre le japonais, John devient interprète, un rôle qui lui sauve la vie, celui d’intermédiaire indispensable entre les nouveaux maîtres et leurs victimes.
Car victimes il y a lorsque les volontaires anglais de la Force F partent en « wagon-riz » pour un camp lointain le 7 mai 1943. C’est un billet pour l’horreur : les Japonais les destinent à la construction de la ligne Siam-Birmanie, le « Chemin de fer de la mort » nécessaire à leur effort de guerre contre l’Inde. Le Mae Nam Kwae (le petit Kwaï), fut le théâtre de l’acharnement sadique de l’armée japonaise sur les prisonniers de guerre et les populations locales.
Pour John Stewart, c’est le début de trois ans et demi de captivité dans la jungle, sous la mousson qui tue, dans un air chargé de miasmes et d’humidité fétide. « Les éclairs silencieux d’un orage distant illuminaient la monstrueuse masse végétale qui nous engloutissait, tandis qu’une pluie battante et incessante noyait tout autre son. » Mais il y a pire… Au terme de son séjour au contact de la soldatesque nippone sujette aux coups de folie, il n’oubliera plus « le bruit des gourdins sur la chair et les os, les cris des coolies, l’horrible odeur de la maladie et l’insupportable témoignage de la cruauté de l’Homme. »
La « fourberie magistrale des Japonais », leur brutalité, leur sadisme atteignent des sommets au camp de Sonkurai. Décimés en outre par la maladie, fruit de la contagion et de la malnutrition, les soldats anglais succombent à la dysenterie, aux abcès, aux fièvres et au choléra qui tue comme le serpent-minute : « Le caporal en charge du bûcher ressentit les premières crampes à l’aube. Le soir son corps brûlait dans les flammes. »
Avant le Hollandais Loet Velmans (Retour à la rivière Kwaï, Phébus, 2005), John Stewart a choisi de revenir sur ses pas en 1979 pour retrouver les lieux de cette indéfectible horreur, affreusement riches de souvenirs funestes et sanglants, comme celui de ce prisonnier mal décapité qui survécut trop longtemps. Il remonte la rivière Kwaï jusqu’à ses affluents près de la frontière birmane et retrouve le fameux Col des trois pagodes. Kwaï n’est pas une page que l’on tourne aisément : en 1957 déjà, la 20th Century Fox l’avait engagé comme conseiller technique auprès de David Lean, le réalisateur du Pont de la rivière Kwaï, film tiré de la fiction de Pierre Boulle. Il vécut alors sur le tournage deux mois d’un ennui maussade. Indépendant cette fois, avec beaucoup d’humilité, une immense pudeur, et lorsque c’est possible avec humour, John Stewart a alors décrit le calvaire terrible de milliers d’hommes grâce à ses notes de 1943 dans Kwaï, deux voyages (1988), un livre aussi passionnant que son auteur est attachant.
La magie de John Stewart réside à l’évidence dans la dignité, les sourires à l’Homme et l’intelligence du monde. Sans forfanterie, grâce au précieux conseil d’un capitaine qui n’a pas survécu : « ne jamais perdre le sens de la vie, l’émerveillement d’être en vie » D’ailleurs, contre « Shikata ga naï koto » (l’inévitable), rien à faire, on ne peut qu’accepter son destin. Le sabre de l’élève officier Toyoyama qui siffla un jour au-dessus de sa tête aurait tout aussi bien pu la lui trancher. Depuis, le sage anglais ne connaît plus la peur.
De la Force F, Sonkurai est devenu le tombeau. Des mille six cents hommes qui s’y trouvèrent seuls cent quatre-vingt-deux d’entre eux regagnèrent l’Angleterre en 1945. Parmi eux, John Stewart qui reprend le fil de sa vie. De passage dans le sud de la France, il rencontre Henri Cartier-Bresson qui le pousse à devenir photographe. Ses portraits de Matisse, Braque et Picasso le lancent, il s’installe à New York où il devient un fameux photographe de mode pour Harper's Bazar ou Vogue, se consacrant à partir des années 1970 à son seul art. Ses natures mortes et ses portraits entrent dans les meilleures collections. Une rétrospective londonienne vient d’ailleurs de le saluer.
Que souhaiter désormais à John Stewart ? de la vie, il semble avoir tout eu… Quant à nous qui pouvons envier et craindre une si riche existence, nous nous souhaitons la chance de pouvoir visiter un jour une ample rétrospective de son œuvre photographique. Et notamment son célèbre portrait du boxeur Muhammad Ali (1977). Les institutions ne manquent pas qui de la photo d’art ont fait leur spécialité. A toutes fins utiles, indiquons leur qu’il reste un maître à présenter au public français.
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John Stewart Kwaï. Deux voyages. - Orléans, Nicolas Jenson, 2006.

(1) Précision aux amateurs trop emballés par les "communs" : le texte n'est pas libre de droit, il est ici gracieusement proposé à la lecture et ne pourra pas être utilisé (sur wikipédia, par exemple) sans l'autorisation de l'auteur.
Illustration du billet : © Christele Jacob, 2011.

lundi 13 mars 2017

Le Mauvais livre encadré

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Le Mauvais Livre n'appartient pas qu'à Jules Renard. Henry Céard en a également donné une leçon.



Henry Céard Le Mauvais livre et autres comédies. - Paris, Librairie Française, 1922.

Jules Renard Le Mauvais livre. - Talence, L'Arbre vengeur, 128 pages, 12 €

dimanche 12 mars 2017

L'Homme-livre a-t-il bon caractère ?

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Paul Lacroix (1806-1884), dit Bibliophile Jacob, avait-il un heureux caractère ?
Etait-il le "mythobiographe" que l'on devine ?
Avait-il eu, par ailleurs, une carrière fulgurante ?
Des facilités relationnelles ?
Des intuitions sûres ?
Une oeuvre romanesque à relire ?
Vous redécouvrirez Paul Lacroix et répondrez à ces énigmes grâce au nouveau numéro de la la revue Littératures coordonné par Magali Charreire et Marine La Bail. Il constitue les actes de la journée d'étude qui s'est tenue l'an dernier à la bibliothèque de l'Arsenal.
Voici la présentation des deux éditrices :

Paul Lacroix, dit « le bibliophile Jacob », fait partie des figures que l’on croise au détour des travaux sur le XIXe siècle, mais dont l’œuvre, la personnalité et le rôle dans le champ littéraire demeurent méconnus. Historien, érudit, bibliographe, romancier, conservateur à la bibliothèque de l’Arsenal durant plus de trente ans, il est l’un des plus éminents représentants de la polygraphie foisonnante qui caractérise le siècle, mettant à mal les frontières entre fiction et érudition.
Fruit d’un travail mené conjointement par des universitaires, littéraires et historiens, et des bibliothécaires, ce dossier a l’ambition de donner une image complète de ce personnage hors norme, montrant l’étendue et la diversité de ses activités. Il redonne à Paul Lacroix la place qu’il a occupée au sein des réseaux unissant le monde des lettres (ami de Nodier, Dumas, Balzac, Hugo, Janin…), celui de la librairie (collaboration avec les éditeurs Techener, Jouaust ou Renduel) et celui des bibliothèques publiques. L’écrivain, très peu étudié à ce jour, est au cœur de cette relecture. Car si l’homme attire de plus en plus l’attention, son œuvre de romancier et d’historien est restée dans l’ombre. Or elle éclaire ses activités de bibliophile et de conservateur, notamment par les enjeux complexes soulevés par sa « mythobiographie » auctoriale et le pseudonyme de « bibliophile Jacob », dont l’ambition et la réussite dépassent le cadre de la simple chronique du monde littéraire. Un choix de lettres inédites de Paul Lacroix, classées et annotées, et couvrant l’ensemble de sa carrière, complète ce dossier.


Au sommaire :

L’ermitage mondain du bibliophile Jacob à l’Arsenal

Paul Lacroix : quel(s) bibliophile(s) derrière le masque ?, Marine Le Bail
Les dénonciations du Bibliophile Jacob, Éric Dussert et Laurent Portes
Vermeer à l’Arsenal : la bibliothèque-musée de Paul Lacroix, Magali Charreire
Paul Lacroix, un camarade du Petit Cénacle, Jérôme Doucet
Paul Lacroix, un conservateur de la bibliothèque de l’Arsenal ?, Rémi Verron
Le « tombeau littéraire » de Paul Lacroix à « la Bibliothèque, publique de Montpellier », Gilles Gudin de Vallerin

Paul Lacroix, le « roman-histoire » du XIXe siècle

Paul Lacroix, romancier de la Terreur : Le Chevalier de Chaville, Paul Kompanietz
Romans historiques et romans de mœurs chez le bibliophile Jacob, Aude Déruelle
Paul Lacroix et Sade : héritage et interrogations, Stéphane Fossard
Les « relations littéraires » entre Balzac et Paul Lacroix : « une simple histoire » ?, Lauren Bentolila-Fanon

Lettres inédites de Paul Lacroix, éditées par Magali Charreire et Marine Le Bail
L’aspirant-écrivain : lettres de jeunesse
Le « prolétaire des lettres » de la monarchie de Juillet
Le « bretteur » sous le Second Empire
Le conservateur et la Commune
La « convalescence du vieux bibliophile... »
Dernières années



Littératures, n° 75 - Paul Lacroix, « l’homme-livre » du XIXe siècle Presses universitaires de Toulouse Le Mirail 254 pages, 23 €

samedi 11 mars 2017

Les couvertures de notre siècle (23)

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Blaise Cendrars The Bloody Hand. Préface by Nicolas Beaupré. Translation by Graham macLachlan. — Pont-Aven, Vagamundo, 2017, 382 pages, 39 €.



vendredi 10 mars 2017

Fragments d'Ohl

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Enterré à compte d'auteur... et c'est papa qui paie, comme il a payé mon recueil d'enfant, mais cette fois je me tire moi-même à un seul et unique exemplaire hors commerce relié pleine peau, sous emboîtage ronce de noyer je ne voulais pas écrire "Enterré à compte... ... ronce de noyer " non ! écrire autour de "péter droit" je voulais, au rugby péter droit c'est foncer, s'enfoncer, forcer le passage, et perforer, culbuter, mettre à cul je t'en fiche ! au lieu de péter : Enterré à compte d'auteur... ... ronce de noyer !


Si je préfère de très loin la vie d'un auteur à son oeuvre, chez l'homme qui n'écrit pas j'aime les pense-bêtes, la berceuse griffonnée sur la facture de gaz, les coups de la partie de whist ascenseur au revers du portrait de famille, et même le cri tatoué sur l'épaule, même le mot d'excuse laissé à côté du corps, et voilà qu'on découvre ces vingt-six carnets au fond du coffre à linge, dans les jambes de vieux pantalons du suicidé, ils s'appellent "Ma vie", eh oui, le fameux "Ma vie" que vous connaissez, et ça me réjouit ce triomphe au box-office, parce que la veuve du suicidé est une brave femme, elle a entretenu le suicidé toute sa vie, que ce cossard de première catégorie lui rapporte à son tour de l'argent me semble un juste retour des choses.


Edolie Cristé a écrit "Drongo le roi des corbeaux", vrai ou faux ?


SI vous vous figurez que l'homme qui s'habille et peint tout en noir Pierre Soulages et l'homme qui s'habille et peint tout en blanc Paul Accables ne peuvent s'encadrer, vous vous fourrez le doigt dans l'oeil jusqu'au coude, ils sont en réalité comme cul et chemise, sans cesse ils se voient, chez Pierre, chez Paul, ils boivent force curaçao, peinturlurent les rebords de deux seaux de toilette, et face à face au milieu de l'atelier de Paul, de l'atelier de Pierre, tiennent séance le derrière nu à un doigt du seau, "Gagné !" fait Pierre, fait Paul, "Mais... j'ai pas touché !" fait Paul, fait Pierre, "T'as du vert aux fesses !" fait Pierre, fait Paul, parce que les deux grands artistes ont la même obsession sensuelle de la couleur verte, et nous tenons peut-être là un des secrets de leur amitié ineffable, et, qui sait, de leur génie.



Michel Ohl La Poule pond, suivi de Sonica mon lapin. Préface de Jean-Pierre Ohl. - Paris, La Table ronde, 128 pages, 15 €

jeudi 9 mars 2017

Le Capharnaüm de l'hétéroclite Ohl

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Tout le bordelais s'est mobilisé pour rendre hommage Michel Ohl. Aujourd'hui, nous saluons l'initiative des éditions Finitudes qui proposent dans le 7e cahier de leur revue Capharnaüm un florilège d'écrits de Michel Ohl.
Elles présentent ainsi le personnage :

Capharnaüm tente de rendre hommage à Michel Ohl, grand méconnu, voire inconnu, dont la légende ne cesse de planer sur les lettres depuis plus de quarante ans. Fou littéraire, pataphysicien, mystificateur, spécialiste de la littérature russe, amateur de rugby, on a souvent essayé de lui coller de belles étiquettes. Rien à faire. Et sa mort en 2014 n’a rien arrangé. À travers des textes, des lettres, un entretien, et quelques délires littéraires dont il avait le secret, nous avons tenté une approche discrète du bonhomme. Mais il reste insaisissable.

L'hétéroclite Ohl — plutôt que fou littéraire — fut de fait un original forcené de très grande ampleur, un excentrique dont les lectures avaient de quoi faire pâlir un sorbonnagre. La finesse de ses analyses, comparaisons, démonstrations se devine du reste aisément dans la plupart de ses écrits dont les pages recueillies pour qu'elles ne se dispersent pas définitivement dans la mer des folios nous convient aujourd'hui à de saines et mémorielles agapes.
Oh n'était pas le zaporogue banal.
Issues des revues Jours de lettres (1995, 1996), de correspondances à Gérard Bourgadier, éditeur, Angelo Rinaldi, dont il moque la leçon de grammaire dévoyée, l'ensemble est politiquement drôle. On y lit aussi des lettres à Denis Mollat, le libraire, à Pierre Assouline, qui ne se relève pas du manuscrit qu'Ohl lui a fait parvenir, au journal Sud-Ouest (une pétition réclamant le retour du cachet postal" signée par Henri Emmanuelli et Bernard Cantat, qui n'en manquent pas), à Patrick Volpilhac de l'Agence régionale pour l'écrit et le livre (Arpel), à un éditeur pour lui proposer un projet d'uchronie concernant Mai 1968 (avec titres et descriptifs des opus potentiels : Mai l'homme âne, Mai Nil Montant, Mai de Sein, ou Mai sage, etc.), ainsi que le fameux Boobook, nain des éditions Galimart de Bérénice Constans. Perle rare, le copieux entretien final entre Michel Ohl et son ami Dominique Noguès (et non Noguez) finira de convaincre le dubitatif.
Ce morceau particulièrement roboratif avait paru dans le numéro unique de la revue photocopiée qui remporte le meilleur titre de revue du monde : Le nom de la revue intitulée Dieu seul le sait.
Pour se convaincre que lire Michel Ohl est la médecine qu'il vous fait, ce constat qu'il fit et qui ne peut qu'emporter l'adhésion, en particulier au milieu de la semaine :

L'art est création !



Capharnaüm, n° 7 (mars 2017)
96 pages, 13, 50 €


mercredi 8 mars 2017

Sonica d'Ohl

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Michel Ohl toujours, n'est-ce pas délicieux ?
% Cette fois avec un inédit posthume, La Poule pond qui ne dépare pas la bibliographie ohlienne.
Son frère Jean-Pierre en donne quelques clés dans son informée préface.

Michel Ohl, dès l’adolescence, fréquente Rigaut, Cravan, Artaud et autres Crevel, trouvant chez ces magnifiques "suicidés de la société" l’estampille de son propre désespoir. De Rigaut, surtout, on sent l’influence dans Sonica mon lapin, son premier livre, recueil de micro-récits pataphysiques ponctués d’aphorismes narquois.
Certes, des motifs émergent, qui pourraient servir de fil d’Ariane dans cet univers labyrinthique – le ricanement de la mort, les souvenirs d’enfance et leurs ambiguïtés, la prolifération à la fois hilarante et inquiétante du langage, le jeu sans fin des références –, mais voici qu’une moulinette ubuesque malaxe tout ceci, et le recrache au visage du lecteur !

La poule pond, le dernier recueil de Michel Ohl, peut à bon droit passer pour un viatique, un Baedeker pour le pays d’Ohl. Les figures habituelles y sont, non pas simplifiées, mais épurées par une exigence de clarté particulière, comme si l’auteur avait voulu préparer le travail du lecteur, l’aider à extraire la pépite de la gangue – après tout, "La poule pond", dans sa grandiose et parfaite simplicité, n’est-elle pas "la plus belle phrase de France" ? Les similitudes entre "Sonica mon lapin" et "La poule pond" restent cependant significatives : au "rira seul qui rira le dernier" du jeune "antipoète" répond "le rire exquis, le crâne rire ininterrompu" du sexagénaire qui sent peut-être venir la mort. En écrivant La poule pond, Michel Ohl se tient "au bord du rire et de la mort mêlés dans l’onde noire comme le tapioca et les crêtes de coq dans le consommé impérial."
On n'a pas fini de lire et de relire Michel Ohl. S'il le faut, nous ajouterons aux quelques billets de cette semaine, des extraits dignes d'attirer le lecteur ému...


Michel Ohl La Poule pond, suivi de Sonica mon lapin. Préface de Jean-Pierre Ohl. - Paris, La Table ronde, 128 pages, 15 €

mardi 7 mars 2017

Ohl empoché

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La famille Ohl est au programme cette semaine. Il faut vous y faire.
Plusieurs billets leur seront consacrés.
Pour Jean-Pierre (Ohl), c'est un nouveau roman attendu chez Gallimard ainsi que la version poche de M. Dick en Petite Vermillon à la Table ronde. Les amateurs de Charles Dickens vont se régaler, comme tous les amateurs de récits à coulisses, diablement vivants et pleins d'ironies sorties avec un air pince-sans-rire. On a toujours dit que Jean-Pierre Ohl était le plus britannique des frères Ohl.
Michel (Ohl) était, on le sait ici à l'Alamblog, le plus zaporogue des deux, le plus échevelé et, dès lors qu'il avait un crayon en main, le plus jusqu'au-boutiste. Car, sachons-le bien, c'est tout de même Michel Ohl qui a inventé le "mastaraglu"...
Explications :

C’est par pur altruisme que Michel Ohl a rejoint le groupe des écrivains imaginatifs débordants, et s’est laissé classer dans ce club informel des gens d’esprit avec ses pairs Maurice Roche, Jean-Pierre Verheggen, Alphonse Allais, Raymond Queneau, Boris Vian, Alfred Jarry et quelques moralistes carabinés du genre de Félix Fénéon. Ajoutez à cela son goût personnel pour les collages à usage épistolaire, vous avez le portrait de l’original bravant les conventions d’un monde codifié qui n’apprécie rien tant que le sérieux et la morgue. Dans ces pages où se percutent les notes de zinc, les détournements, les anagrammes, les calembours, les anecdotes, les récits de rêves fous et ses méditations de lecteur frénétique, ces pages où résonne le «mastaraglu», la langue des morts de son invention, on retrouve toute la jubilation et toute la déflagration de la littérature en marche.



Michel Ohl Petites Scènes de la vie en papier. Anthologie établie par Dominique Nogués et Jean-Pierre Ohl. Préface du Préfet maritime. - Paris, La Table ronde, 256 pages, 8,70 €

lundi 6 mars 2017

Une semaine qui mastaraglote

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Cette semaine, Michel Ohl sera à l'honneur.
C'est tout à fait réjouissant, vous allez voir. Certes, il faut dire Feu Michel Ohl.
Mais on ne s'y habitue pas.
Et puis qu'il a inventé le mastaraglu, la langue des morts et des squelettes, il serait de bon goût qu'il nous fasse savoir comment dire tout ça.
En attendant, trois éditions à la Table ronde et chez Finitude vont vous procurer de quoi constater que la vie est pleine de choses délectables.
A suivre donc...


dimanche 5 mars 2017

La Bande publicitaire s'élabore

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Dans l'une des "Lettres à Roxane" (petit courrier littéraire express), chronique non signée mais assez bien renseignée sur la vie littéraire parisienne, nous apprenons un autre développement de la publicité éditoriale. Cette fois, il ne s'agit pas de la 3D mais bien du bandeau participatif.
C'est plus que nouveau, c'est alors complètement inédit.
Les libraires reprendront récemment l'idée, certains allant même jusqu'à tartiner des pages destinées à cacher les couvertures des livres qu'ils vantent...


Pas bête du tout cette idée qui consiste à faire établir par le lecteur la bande publicitaire « destinée à définir » et à faire vendre les romans nouveaux.
Parce que, avant de définir, il faut bien avoir lu... et acheté...
Le résultat paraît acquis d'avance ! Comme c'est à "Christiane de Saigon", premier roman de notre excellent confrère Louis Roubaud que s'applique la méthode nouvelle, nous ne pouvons que lui souhaiter plein succès.


Cyrano, 6 novembre 1932.

Louis Roubaud Christiane de Saïgon, récit. - Paris, B. Grasset, 1932, 221 p.

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Il faut noter que Christiane de Saïgon est alors cité parmi les possibles Goncourt de l'année 1932 avec... Les Loups de Guy Mazeline et un certain Louis-Ferdinand Céline...
Pour le coup et la coïncidence, nous nous saisissons de la figure de l'excellent Louis Roubaud (1884-1941), grand reporter de la grande époque des grands stylistes de la profession, profession qui, il faut le noter, temps à renouer avec cette excellente école du reportage.
Les éditions L'Eveilleur ont rendu à la lecture son enquêtes de 1932 sur Démons et déments, c'est-à-dire sa visite aux asiles.
Après Dickens, et quelques autres (anthologie en préparation), après les séjours plus durables d'André Baillon et Marc Stéphane, Louis Roubaud ausculté une nouvelle facette de l'enfermement. Il avait alors déjà vu le bagne, les maisons de redressement et pas mal de bouges à filles... Sans parler des boîtes des quartiers excentriques, comme on disait alors.


Louis Roubaud Démons et Déments. - L'Eveilleur, 165 pages, 18 €

samedi 4 mars 2017

Les leçons de Rouletabille

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Excellente initiative des éditions Amadava qui, après l'exposition consacrée à Gaston Leroux par la BnF, s'occupent de faire jaillir des archives Francis Lacassin déposée à l'Imec des pièces intéressantes du père de Rouletabille.
Et en l'occurence, outre Le Dîner des bustes, nouvelle de première qualité bien connue, un excellent point de vue sur le journalisme à propos du "rouletabillisme" de son temps. C'est lors d'une conférence que Leroux, assez fier de ses intrépidités — qui confinaient parfois à la fraude, en particulier par l'usage de fausses identités —, raconta comment le nouveau journaliste de son temps, le Rouletabille donc, n'attendait pas que lui tombe toute cuite la circulaire ou le poulet, le petit bleu ou l'indiscrétion : il allait les chercher, les provoquant même. Il était fini le temps des avocats de Paris-chroniqueurs assis dans les brasseries des grands boulevards...

Rouletabille, c'est le journalisme moderne, le globe-trotter de la nouvelle, l'infatigable mémorialiste de cette époque formidable héroïque et incohérente qui a tout changé, tout bousculé, tout transformé, la Presse comme le reste du monde, et qui a mis au premier plan le Mouvement.

CQFD.
Quelques anecdotes amusantes viennent compléter le tableau. Leroux n'avait pas besoin d'internet pour faire le buzz.



Gaston Leroux Le Dîner des bustes, suivi de Conférence sur Rouletabille. — Caen, Amadava (7 impasse Dumont 14000 Caen), coll. "Romanex", 103 pages, 9 €

vendredi 3 mars 2017

Petite Bibliographie lacunaire des éditions O. Zeluck

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La maison d'Oreste Zeluck n'est pas la plus fameuse. On peine à trouver des informations à son sujet. On sait quelle fut domiciliée à Paris ou à Aix-en-Provence, et qu'elle a publié des tas de choses curieuses.
Une collection "Connaissance et renaissance du monde" partagée avec Labor et Fides (Genève) a pu être remarquée, comme ces Cahiers de politique nationale, sous le patronage de l'Institut des études américaines du Comité France-Amérique, dirigés par M. Gabriel Louis-Jaray (1878-1954). Leur lieu d'édition a également beaucoup varié, ainsi que celui de leur impression, entre Paris, Clermont, Lyoy, Aix, etc. Les co-éditeurs se sont également succédés (Lardanchet, Spes, Spif, Plon, O. Zeluck (à Aix-en-Provence), etc.
Bref, une maison à redécouvrir....


Catalogue lacunaire

Anton Ivanovič Denikin Brest-Litovsk Брестъ - Литовскъ. - Парижъ, О. Zeluk, 1933, 51 p.

Adriana Castelnuovo Tedesco Récits de mondes lointains. Traduit par Mina Vallette. Illustrations de P. Bernardini. - Paris, La Presse française et étrangère-O. Zeluck, 1935, 174 p.

P. de Vallières Honneur et fidélité. Histoire des Suisses au service étranger. - O. Zeluck, 1940, 774 p.

Edouard Bénès La Démocratie aujourd'hui et demain. - Paris, La Presse française et étrangère-O. Zeluck, 1944, 274 p.

W. Bowen Saveurs : essai d'analyse de quelques-unes des plus chères saveurs de la vie. - Paris, La Presse française et étrangère-O. Zeluck, 1944, 316 p.

Rodolphe Brock Trois fois vingt-quatre heures. - Paris, La Presse française et étrangère-O. Zeluck, 1944, 146 p.

Hélène Gisiger Tobio, la grande aventure. Illustrations de André Huguenin.guerr- Neuchâtel-Paris, Éditions de la Baconnière-O. Zeluck, 1944, 143 p.

Collectif Gabriel Hanotaux. Préface de M. le Maréchal Pétain. - Aix-les-Bains-Royat, Les Amis de Gabriel Hanotaux-La Presse Française et étrangèreè-O.Zeluck Editeur- Institut des Etudes Américaines, 1943, 80 pp., couverture illustrée par Matisse rempliée, lithographies et illustrations par F.-J. Beer. Textes de L. Madelin, H. Bordeaux, Duc de Broglie, Duc de la Force, Louis Gillet, Amiral Lacaze, Paul Valery, Général Weygand, l'ambassadeur Charles-Roux, Géneral Gouraud, A. Lefranc, F. Roz, Baron Seillière, Baron d'Anthouard, S. Bussy, G. L. Jaray. 1175 exemplaires sur papier filigrané navarre.

ZeluckCollierdfatal.jpg François Béar‎Collier Fatal.‎ Ed. O. Zeluck, Editeur / La Presse Française et Etrangère, 1944, 221 p.

Rodolphe Brock‎Trois Fois Vingt-Quatre Heures‎‎. - La Presse Française et Etrangère-O. Zeluck, 1944, 1946 p.

Jean Buhler Nord Sud Est Ouest. - Paris, La Presse française et étrangère-O. Zeluck, 1944, 173 p.

Boris Lavreniev L'Avenir est à nous. - Paris, La Presse française et étrangère-O. Zeluck, 1944, 206 p.

Prouty Stella Dallas. - Paris, La Presse française et étrangère-O. Zeluck, 1944, 270 p.

Pernette Chaponnière Vingt Noëls pour les enfants. - Paris, La Presse française et étrangère-O. Zeluck, 1945, 46 p.

Collectif Picart le doux, par Yvanhoe Rambosson, Gustave Kahn, Francis Carco... (et al.). - Paris, Zeluck, 1945, 104 p.

Collectif Paul Valéry, essais et témoignages inédits (Henri Mondor, Edmond Jaloux, Marcel Raymond, Louis Bolle, Pierre Beausire, Daniel Simond, Georges Gattaui, Gino Cassina, Jacques Mervanton, Th. Spoerri, Marc Eigeldinger, René Kaech, C. Mavromichalis, Rolin Wavre, CHarly Guyot, Pierre Thevenaz, Jean Starobinski, J.-M. Nussbaum, Mawx Rychner, Gilbert Trolliet). - Paris, La Presse française et étrangère-Oreste Zeluch, 1945.

Marc Eigeldinger Poésie et tendances. De l’angélisme poétique, Valéry, Supervielle, Jouve, Saint John Perse, Aragon, etc. - Paris, La Presse Française et Etrangère-Oreste Zeluck, 1945, 124 pages.

ZeluckGhettoFlammes.jpgO. Grégoire Le Ghetto en flammes. La lutte des juifs contre les nazis. - Paris, La Presse française et étrangère-O. Zeluck, 1945.

O. Grégoire Le Général De Gaulle vous parle. Pages d'histoire juin 1940-décembre 1944. - Paris, La Presse française et étrangère-O. Zeluck, 1945, 332 p.

AAAAAHugoPecopin.jpgVictor Hugo La Légende du Beau Pécopin. - Paris, La Presse française et étrangère-O. Zeluck, 1945, 331 p.

Gabriel Louis Jaray Tableu de l'Allemagne et de la Pologne. - Paris, La Presse française et étrangère-O. Zeluck, 1945, 331 p.

René Leriche La Chirurgie à l'ordre de la vie. Introduction de Joachim Beer. - Paris, La Presse française et étrangère-O. Zeluck, 1945.

A. Markoff La Russie d'aujourdhui. - Paris, La Presse française et étrangère-O. Zeluck, 1945

ZeluckHonorable.jpgJohn P. Marquand ‎L'Honorable H.M. Pulham. Paris,‎ O. Zeluck-La Presse Française et Etrangère, 1945, 425 p.

Boris Nicolsky Le Peuple russe, sa carrière historique. - Paris, La Presse française et étrangère-O. Zeluck, 1945, 368 p.

Jean Picarbee La Philosophie au village. - Paris, La Presse française et étrangère-O. Zeluck, 1945

Wilhelm Röpke La Crise de notre temps. - Paris, La Presse française et étrangère-O. Zeluck, 1945, 327 p.

ZeluckSilone.jpgIgnazio Silone ‎Le Grain sous la neige‎. - Paris, Oreste Zeluck, 1945, 466 p.

Constantin Simonov La Russie en guerre, récits. - Paris, La Presse française et étrangère-O. Zeluck, 1945, 244 p.

Stelling-Michaud Les Partis politiques et la guerre. Grande-Bretagne, Etats-Unis, France, Italie, Allemagne, URSS, Danemark, Finlande, Hongrie. - Paris, La Presse française et étrangère-O. Zeluck, 1945.

Alexandre Vallotton Deux impérialismes : Napoléon, Hitler. - Paris, La Presse française et étrangère-O. Zeluck, 1945, 222 p.

ZeluckMasque.jpgClaude Varennes‎ ‎‎Sous le masque d'Arsène Lupin‎‎. - Paris, La Presse Française et Etrangère-O. Zeluck, 1945, 152 p.

J. Wolf-Machoel La Réadaptation d la jeunesse et des déracinés de guerre. - Paris, La Presse française et étrangère-O. Zeluck, 1945, 187 p.

ZeluckBolleCauchemar.jpgJacques Bolle La Poésie du cauchemar. - Paris, O. Zeluck, 1946, 191 p.

F. Bustinza-Lachiondo Les antibiotiques antimicrobiens et la péniciliine. - Paris, La Presse française et étrangère-O. Zeluck, 1946, 286 p.

Marcel Raymond Paul Valéry et la tentation de l'esprit. - Paris, La Presse française et étrangère-O. Zeluck, 1945, 176 p.

AAABunin1946.jpgI. A. BuninTemnye Allei. - Paris, La Presse Française et Etrangère, Zeluck, Paris Parizh, 1946, 324 p.

Comte Galeazzo Ciano Journal politique, 1939-1943.. - Paris, La Presse française et étrangère-O. Zeluck, 1946, 2 volumes, 330 + 299p.

Lionel Curtis Fédération ou guerre. - Paris, La Presse française et étrangère-O. Zeluck, 1946.

Emmanuel Eydoux Abraham l'Hébreu et Samuel le voyant (trois épopées biblioques. - Paris, La Presse française et étrangère-O. Zeluck, 1946.

Leonid Grossmann Balzac en Russie. - Paris, La Presse française et étrangère-O. Zeluck, 1946.

Alexandre Schick Le Mariage de Pouchkine. - Paris, La Presse française et étrangère-O. Zeluck, 1946, 122 p.

Henri Tanner Le Mauvais Oeil. - Paris, La Presse française et étrangère-O. Zeluck, 1946.

crimeideOzeluck.jpgJean Valbraux Le Crime idéal. - Paris, O. Zeluck, 1946.

ZeluckContesSuisses.jpgHélène Zeluck (prés.) ‎Contes suisses pour enfants‎. - Paris, O. Zeluck 1946, 90p.

Nicolas Lahovary ‎Les Peuples européens, leur passé ethnologique et leurs parentés réciproques d'après les dernières recherches sanguines et anthropologiques‎. Préface du professeur Eugène Pittard. - Neuchâtel-Paris, Éditions de la Baconnière-O. Zeluck, 1946, 688 p.

Jacques-Henri Pirenne ‎La Sainte-Alliance Texte imprimé, organisation européenne de la paix mondiale. Tome 1. Les Traités de Paix, 1814-1815. Préface de Maurice Bourquin.. - Neuchâtel-Paris, Éditions de la Baconnière ; Paris, O. Zeluck, 1946, XVI-287 p., coll. "L'Évolution du monde et des idées".

Alexei Tolstoï ‎Drôles de Gens. - Paris,‎ La Presse Française et Etrangère, Oreste Zeluck, Editeur, 1946, 1 volume in-8 de 237 pp

Louis Cazamian Symbolisme et poésie. L'exemple anglais. - Paris, La Presse française et étrangère-O. Zeluck, 1947, 252 p.

Daniel Clouzot La Revanche de la forêt. Ill. de Darwint - Paris, La Presse française et étrangère-O. Zeluck, 1947, 28 p. Album séparé d'un récit qui fait partie de la série "Les Contes du ver luisant"

Collectif ‎L'Esprit européen. Textes in-extenso des conférences et des entretiens organisés par les Rencontres internationales de Genève, 1946. - Paris-Neuchâtel, O. Zeluck-Editions de la Baconière, 1947, 358 p.

Benito Pérez Galdós ‎Nazarin, récit traduit de l'espagnol par Antoinette de Montmollin. Préface de Ventura Gassol. - Neuchâtel-Paris, Éditions de la Baconnière-O. Zeluck, 1947, 231 p.

Collectif (André Siegfried. Nicolas Berdiaeff. Emmanuel Mounier. Eugenio d'Ors. Siddheswarananda. Marcel Prenant) __ ‎Progrès technique et progrès moral, textes in-extenso des conférences et des entretiens organisés par les Rencontres internationales de Genève, 1947. Neuchâtel-Paris Editions de la Baconnière-O. Zeluck, 1948, 488 p. coll. "Histoire et société d'aujourd'hui"

Julian Huxley ‎L'Homme, cet être unique, essais. Traduction de Jules Castier. - Paris-Neuchâtel, O. Zeluck-Editions de la Baconnière, 1947, 372 p. coll. "Histoire et société d'aujourd'hui".

Rom Landau Sexe, vie moderne et spiritualité. Traduit de l'anglais - Paris, La Presse française et étrangère-O. Zeluck, 1948

Mat Mariâ ‎Stihotvoreniâ, poèmy, misterii. Vospominaniâ ob areste i lagere v Ravensbrûk. (S. B. Pilenko, D. E. Skobcova i I. N. Vebster. Vvedenie D. E. Skobcova Mатъ Мария. Стихотворения, поэмы, мистерии. Воспоминания об аресте и лагере в Равенсбрюк. С. Б. Пиленко, Д. Е. Скобцова и И. Н. Вебстер. Введение Д. Е. Скобцова). - Paris, La Presse française et étrangère-Oreste Zeluck, 1947, 168 p.

Walter Stucki ''‎La fin du régime de Vichy. - Neuchâtel-Paris, Editions de la Baconnière-O. Zeluck, 1947, 255 p. coll. "Histoire et société d'aujourd'hui"

AAAAATangCent.jpg(T'ang) Cent quatrains des T'ang, traduits du chinois par Lo Ta-Kang. Préface de Stanislas Fumet. Avec dix reproductions de peinture ancienne du Palais Impérial de Pékin, et en fac-similé une lettre de Louis Laloy. - Paris, O. Zeluck, 1947, 236 p.

Collectif Progrès technique et progrès moral. Textes in-extenso des conférences et des entretiens organisés par les Rencontres internationales de Genève, 1947. - Paris-Neuchatel, O. Zeluck-Editions de la Bacconière, 1948, 488 p. "Histoire et société d'aujourd'hui".

Friedrich Dessayer L'Energie atomique et ses applications. - Paris, La Presse française et étrangère-O. Zeluck, 1948.

Georges Rigassi Le Prix du bonheur, esquisse d'un art de vivre avec préface du général Guisan. - Genève-Paris, Éditions Labor et fides-O. Zeluck, 1948, 255 p., coll. "Bâtir le foyer".

Hélène Gisiger Les Trésors du nain Rap. Illustrations de Jacques Courvoisier. - Paris, O. Zeluck, 1948, 125 p.

Collectif Débat sur l'art contemporain. Texte des conférences et des entretiens organisés par les Rencontres internationales de Genève, 1948. - Paris-Neuchâtel, O. Zeluck-Editions de la Baconnière, 1949, 413 p.

Collectif (René Grousset. Karl Barth. R. P. Maydieu. P. Masson-Oursel. Maxime Leroy. Henri Lefebvre, etc.) Pour un nouvel humanisme, textes des conférences et des entretiens organisés par les Rencontres internationales de Genève, 1949. - Neuchâtel-Paris, Editions de la Baconnière-O. Zeluck ; (Genève : Impr. de "la Tribune de Genève"), 1949, 398 p. Coll. "Histoire et société d'aujourd'hui".

Général J. W. Stiweell L'Aventure chinoise, 1941-1944. - O. Zeluck, 1949, 330 p.

Collectif Débat sur l'art contemporain (Jean Cassou, Ansermet, Maulnier, FOuchet, Portmann, Vittorini, Morgan, Marcel). - Paris, La Presse française et étrangère-O. Zeluck, 1950, 408 p.

Nicolas Iorga Histoire du peuple français. - Paris, La Presse française et étrangère-O. Zeluck, 1950, 415 p.

Eytan Teddy Neguev, l'héroïque naissance de l'Etat d'Israël.... - Neuchâtel-Paris, Editions de la Baconnière-O. Zeluck, 1950, 246 p. coll. "Histoire et société d'aujourd'hui".

Pierre-Henri Simon L'Homme en procès. Malraux, Sartre, Camus, Saint-Exupéry. - Paris, La Presse française et étrangère-O. Zeluck, 1950, 154 pa.

Alexandra Orme Soldats russes d'après nature. Histoire vraie d'un village hongrois occupé. - Paris, Oreste Zeluck, 1958.


ZeluckFruits.jpg Fernand‎ ‎Page Cultures fruitières commerciales‎ . - Oreste Zeluck éditeur-La presse française et étrangère, s. d., 22te4 pages, ouvrage illustré de 200 figures dessinées d'après nature par l'auteur ; jaquette et cartonnage éditeur.

Autre titre à dater
S. Duriline Alexandre Dumas en Russie. - La Presse française et étrangère-Oreste Zeluck éditeur.

Edmond Privat Sagesse de l'Orient au-delà des religions. - Paris, La Presse française et étrangère-O. Zeluck, s. d.

G. Schreiber A l'école de l'an 40. - Paris, O. Zeluck, s. d. (1940 ?), p.

Anatole Chichko L'Epoque tumultueuse, roman historique. - Paris, La Presse française et étrangère-O. Zeluck, s. d.

Colonel R. Jaquillard La Chasse aux espions en Suisse. - Paris, La Presse française et étrangère-O. Zeluck, s. d.

Collectif Ils rendaient la vie. Recueil d'ssais et de récits par des Médecins-majors soviétques.. - Paris, La Presse française et étrangère-O. Zeluck, s. d.

Franco Arese La Politique africaine des Etats-Unis. - Paris, La Presse française et étrangère-O. Zeluck, s. d., 64 p.

S. Duriline Alexandre Dumas père en Russie. - Paris, La Presse française et étrangère-O. Zeluck.



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