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mardi 17 mars 2015

Karin Boye dystope

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La femme dystope peu, généralement, or la Suédoise Karin Boye l'a fait, sans fard.
Karin Maria Boye était une poète et romancière suédoise née le 26 octobre 1900 à Göteborg.
Elle est notamment l'auteur de La Kallocaïne (1940), classique de la littérature dystopique traduit en français et plusieurs fois édité, dont une version de poche vient de paraître à l'enseigne des éditions Ombres.
Ce texte, remarquable à plusieurs points de vue, est l'une des pièces importantes du pessimiste XXe siècle — et il avait de quoi.
Roman qui constitue une étape entre Nous autres d’Ievgueni Zamiatine, Le Meilleur des mondes d'Aldous Huxley et le 1984 de Georges Orwell, La Kallocaïne dispose cependant d'une puissante originalité : on a rarement mis en évidence, et de cette manière, l'incommunicabilité des êtres dans le couple. Et ce, naturellement, en situant les personnages dans le cadre d'une dictature aussi grotesque et néfaste que les autres. Son personnage principal est un chimiste qui invente un sérum de vérité dont on imagine les effets redoutables en milieu totalitaire.
Socialiste et membre de la branche suédoise du groupe Clarté d'Henri Barbusse, Karin Boye avait été fortement ébranlée par un voyage en URSS en 1928, ceci expliquant probablement cela. Il faut ajouter que la jeune femme eut une jeune existence amoureuse troublée, étayée par une sensibilité particulièrement mystique. Elle est morte le 23 avril 1941 à la suite de l’absorption de somnifères lors d'une échappée solitaire sur le flanc de la colline voisine de sa résidence. Sa compagne se suicida neuf fois plus tard, peu après la mort de la femme que Karin Boye avait aimé sans espoir de longues années durant. Étrange parcours que celui de Karin Boye.
Remarquable legs que son roman rédigé au moment de partir.


Karin Boye La Kallocaïne, traduit du suédois par Marguerite Gay et Gert de Mautort. - Toulouse, Ombres, "Petite Bibliothèque Ombres", 256 pages, 12,50 €



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