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vendredi 3 avril 2015

Recours à la fiction

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Retour à la fiction, ou recours à la fiction, grâce à Olivier Hodasava dont les blogueries opiniâtres et aériennes ont cristallisé en un fort volume de voyages arrêtés.
Ca n'a rien que d'assez naturel : Olivier Hodasava est un rêveur, et, depuis tout petit sans doute, du genre à laisser planer son esprit dès lors qu'il voit une carte, un plan, un guide, un objet topométrique, à la manière de Peter Greenaway ou de Joseph Cornell. Alors pensez avec Google...
Son blog c'est Dreamlands Virtual Tour, son livre Éclats d'Amérique produit par feue la maison Inculte l'an dernier (on le trouve encore sans souci). Il y a enchâsse mille récits qu'il a imaginé à partir des images qu'il a collecté sur la toile. De l'infra-ordinaire et du probable, du possible hautement improbable, de la littérature en somme.
On ne s'étonnera pas d'apprendre qu'Olivier Hodasava est membre fondateur de l'Ouvroir de cartographie potentielle : rien de mieux que les royaumes de fantaisie et les topographies personnelles. André Dhôtel n'aurait pas contesté.



Olivier Hodasava Éclats d’Amérique (chronique d’un voyage virtuel). — Paris, Inculte, 2014, 488 pages, 16€

lundi 2 septembre 2013

Le Livre du trottoir (et autres lieux)

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Afin de poursuivre leur promenade, les lecteurs de l'Histoire de la merde de Dominique Laporte (Christian Bourgois, 1978 ; 1993 ; 2003) peuvent désormais se procurer Les Urbanités parisiennes au XVIIe siècle. Le Livre du trottoir de Daniel Vaillancourt qui, depuis l'érection du premier trottoir (sic) en 1608, au Pont Neuf, s'intéresse à la redéfinition de la rue, de ses matières et de l'être humain.

Paris redessine alors son urbanité, se délestant, virtuellement, de ses aspérités. Dans l’espace symbolique, le carrosse se substitue ainsi au cheval et aux piétons. Entre l’entrée d’Henri IV (1594), la nomination de Sully comme Grand Voyer (1599) et l’institution du Lieutenant général de Police (1667), Paris s’est enrichi de nouvelles figures. Prenant en compte les modifications de la rue, cet ouvrage interroge les relations entre les formes urbaines et les formes discursives, entre l’urbanitas, manière de dire et d’être, et l’urbanité, manière d’occuper et de penser l’espace des villes.


Chez le même éditeur, d'autres voyages en territoires à explorer :

Imager la Romancie. Dessins de Clément-Pierre Marillier pour Le Cabinet des fées et Les Voyages imaginaires (1785-1789) (580 pages, 50 €, 16 septembre 2013)

À la fin du XVIIIe siècle, les collections romanesques illustrées contribuent au grand inventaire patrimonial des objets de savoir et des genres littéraires. Les anthologies du Cabinet des fées et des Voyages imaginaires, éditées par Charles-Joseph Mayer et Charles-Georges-Thomas Garnier, s’accompagnent de planches commandées à Clément-Pierre Marillier (1740-1808). La production éclectique du dessinateur – des Illustres François à la Sainte Bible, de Dorat à Raynal, des Œuvres de Prévost aux romans troubadour du comte de Tressan – permet de retracer une tradition d’illustration moyenne à diffusion assez large. En regard de l’ambition historiographique et diachronique des préfaces, les tableaux gravés de Marillier, autre espace de médiation, révèlent une culture visuelle, tracent l’horizon du lecteur de féeries et de romans, reflètent et magnifient l’univers du souscripteur des volumes. Il s’agissait donc de tenter une approche plurielle du rapport privilégié que l’illustration entretient avec le texte dans les livres à gravures aux XVIIe et XVIIIe siècles, ainsi que de leur réception et de leur consommation. (...) un parcours d’émerveillement et un outil de travail. aux enjeux des fortunes que connaissait alors.

Le volume comprend une mise en contexte, un ensemble d’études thématiques et un catalogue complet des illustrations. Le corpus, inédit à ce jour dans son intégralité, comprend, outre cinq frontispices, un ensemble rare de 196 lavis originaux et plusieurs dessins non retenus.

Et un nouvelle édition de De l’institution du prince (1606) de Jean Héroard, par Bernard Teyssandier (300 p., 24 €)

Auteur d’un traité sur les os du cheval paru en 1599, Jean Héroard (1551-1628) est chargé par Henri IV de la santé du dauphin dès le 27 septembre 1601, jour de la naissance de l’enfant au château de Fontainebleau. Le médecin s’acquitte scrupuleusement de sa tâche jusqu’en 1628, comme en témoigne le volumineux Journal qu’il rédige jour après jour durant près de trente ans. De l’institution du prince constitue le pendant public de cette somme monumentale, du moins pour la période allant de 1601 à 1608. En six matinées, sous forme de six promenades, Héroard dresse le portrait idéalisé du futur Louis XIII en exposant ses vues en matière d’enseignement. Fort de son expérience de praticien, il revendique un statut de pédagogue. Le caractère personnel et intime de la relation entre le maître et le disciple, obéissant au modèle de la direction spirituelle, module déjà dans ce texte la sensibilité éducative qui se retrouvera chez Fénelon à la fin du siècle.




Daniel Vaillancourt Les Urbanités parisiennes au XVIIe siècle. Le Livre du trottoir. - Paris, Hermann, Collection "République des Lettres", 326 pages, 28 €


mercredi 26 septembre 2007

Marc Malfant, libraire au Scalaire

malfant.jpg De la ‘pataphysique à spirale, c’est normal.

Que l’on ne nous dise pas que la réédition toute prochaine du Quinzinzinzili de Régis Messac nous tend la perche. Que non. Il y a des semaines et même des mois que ce billet mitonne. Pour autant, il est vrai que la toute prochaine réédition du Quinzinzinzili n’est pas pour rien dans le fait que ce billet sorte enfin des ateliers de l’Alamblog. Quand il faut, il faut. Et quand c’est l’heure, c’est l’heure. Pour le Scalaire, c’est donc l’heure. Dont acte.
D’autant qu’il s’agit pour nous de réparer une lacune profonde. Jugez-en plutôt : après avoir vécu à Lyon et régions circonvoisines pendant près d’une moitié de notre existence, et après avoir depuis plus de quinze ans “écumé” notre compte en banque chez de nombreux marchands de produits culturels anciens, nous n’avions jamais croisé la route de Marc Malfant. Un comble ? une hérésie ? une étourderie ? Allez savoir.
Nous fîmes donc une grande découverte lorsque nous eûmes entre les mains les catalogues à sa marque qui le classent parmi les libraires d’anciens dont on a besoin. Sont pas si nombreux. Ces catalogues où se dégottent La République des animaux d’henri Million (1850), la Nouvelle Carte d’Europe, une rareté d’Edmond About (1860), le fameux Ignis du comte de Chousy, des cabèteries, des fourriérismes, Mon voyage au pays des chimères (1875) du Lyonnais Antonin Rondelet habituellement plus discret, mais encore le catalogue de la vente de la Succession de Madame Roussel (mars 1912), la maman de Raymond, mais encore une plaquette intitulée Escroc où se donnent quelques vérités de l’encyclopédie Da Costa, et mille autres livres appétissants sont du genre à nous consumer des heures… Sans compter que les notices sont nourries et même savantes.

malfant_cat.jpgVoici déjà la liste des catalogues qui vous ouvrira l’estomac :

  • Publications internes du collège de ‘pataphysique et du Cymbalum Pataphysicum (192 notices, nombreuses illustrations n et couleurs, 10 euros).
  • Surréalisme & Marcel Duchamp (154 notices, ill., 5 euros)
  • Littérature conjecturale I. Anticipation ancienne (XVIII-XXe siècles), voyages imaginaires, utopies, uchronies, fins du monde (142 livres, ill., 5 euros)
  • Littérature conjecturale II. Anticipation ancienne (XIXe-XXe siècles), imagination scientifique, utopies, guerres futures (199 livres, ill., 5 euros)
  • Littérature conjecturale III. Anticipation ancienne (XIXe-XXe siècles), voyages imaginaires, utopies, livres pour la jeunesse, livres d’Albert Robida (199 livres, ill., 5 euros)
  • Littérature conjecturale IV. Utopistes et réformateurs sociaux (126 livres, ill., 5 euros)
  • Littérature conjecturale V. Fous littéraires et savants fous.



Complément nécessaire à l’encyclopédie de Versins, nous vous recommandons tout particulièment le libraire et son adresse. Parce qu’en somme, si l’on cherche à se procurer des publications hors normes, voire étranges, commençons par frapper au Scalaire. Sûr qu’il y aura moyen de faire affaire.


Librairie du Scalaire
Marc Malfant
10, rue des Farges 69005 Lyon
04 78 36 76 82
librairieduscalaire—-orange.fr (idem).
(Les réveillés auront deviné où placer l’arobase).