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Mot-clé - Victor Hugo

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mercredi 24 janvier 2018

On va tout savoir (le Panthéon et ses hôtes)

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Bruno Fuligni, qui fouille depuis longtemps déjà les archives de l'Etat et quelques-unes de ses institutions, s'est endormi un soir de fête bien arrosée à l'intérieur du Panthéon.
Il s'est endormi et il s'est réveillé, mais il se demande toujours s'il a rêvé ou s'il a bien assisté à la sarabande des grands endormis qui y sont panthéonisés.
Sa nuit, il l'a passée en compagnie des figures coffrées dans l'ancienne église. Elles s'animent dans la solitude de la nuit et, tournant en rond, débattent de leurs vieux démons.
Le cicerone qui fait à Fuligni son tour du propriétaire est l'Affreux lui-même, Claude-Ambroise Regnier (1746-1814), le premier duc de Massa, grand-juge et ministre de la Justice de Napoléon Ier de 1802 à 1813, spécialiste de l'adaptation politique, auteur de la circulaire interdisant les mariages mixtes et lointain aïeul de Bastien-Thierry (le dernier fusillé de la Ve République). Il nous présente ses congénères et nous permet d'assister à quelques règlements de compte idéologiques. Hugo et Schoelcher piquent du nez lorsqu'on leur rappelle leurs discours pro-coloniaux. Ce rappel à l'ordre et au document historique est délicieusement utile.
Le vade-mecum d'une visite au Panthéon.
Entre ici, Vérité...


Bruno Fuligni L'Affreux du Panthéon. - Paris, La Table ronde, 2018, 139 pages, 7,10 €

lundi 18 avril 2016

La littérature à trou

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Le 30 novembre 1829, Charles Dovalle est mort, tué lors d'un duel absurde comme il s'en déroulait de temps en temps parce qu'un article n'avait pas eu l'heur de plaire. Dans le cas présent, c'est Mira-Brunet, le directeur du Théâtre des Variétés qui tua le jeune homme de lettres par balle en 1829 à Paris pour un mauvais calembour et dans des circonstances un peu scabreuses.
Mal reçu par Mira en son théâtre, Dovalle s'était autorisé une pique en écrivant que le directeur des Variétés ne serait jamais un "Mira beau". L'autre, qui était laid, le prit fort mal et bien qu'il eut été blessé le premier à l'épaule par l'épée de Dovalle (qui n'avait pourtant jamais tiré), imposa la poursuite du duel, mais au pistolet cette fois. Dovalle y laissa la vie.
Là où l'anecdote prend un accent terrible, c'est lorsque les amis du défunt trouvèrent dans son portefeuille traversé par le projectile un papier plié où figurait le brouillon de son poème en cours, le dernier. Naturellement, ils publièrent un recueil posthume de ses écrits poétiques, auxquels Victor Hugo donna une préface avec Charles Louvet. Puis, un peu plus tard, Edouard Fournier repris le poème dans ses mémoires au moment de donner de Dovalle un souvenir.
Ne lésinons pas sur l'importance de ce livre, Le Sylphe puisque c'est là que Victor Hugo donna sa définition du romantisme. Né en 1807 à Montreuil-Bellay (49), Dovalle aura eu un vie fort courte. Dans ses écrits pour le Trilby ou le Journal Rose, il avait parfois pris le pseudonyme de Mlle Pauline A.



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Charles Dovalle Le Sylphe, poésies de feu Ch. Dovalle, précédées d'une notice par M. Louvet, et d'une préface par Victor Hugo. - (Paris), Ladvocat, Palais-Royal, 1830, XXIV-224 p.



jeudi 6 novembre 2014

Tohu-bohu, par Clodion Bauquier

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Tohu-Bohu

I
Horripilé par l'écumoire
Inextricable des étoiles,
Tohu-bohy, dit le pauvre homme,
Harmonie, songe l'astronome.

II
Bousculée par l'orge atroce
Des traits et coups de James Joyce,
Tohy-bohu, dit la paresse,
Richesse, pense la sagesse.

III
Perdue dans la sonore nuit
De l'ambigu Paul Valéry,
Tohu-bohu, dit l'indigence,
Arrangement, l'intelligence.

IV
Submergé par le flot des mots
Et rimes de Victor Hugo,
Tohu-bohu, dit l'esprit trouble,
Clarté, celui qui l'ordre y trouve.



Clodion Bauquier Maxula-Radès. Contrastes et Nivellements. Consultations gratuites. Comme-ça. (Poèmes). (Dessins à la plume par l'auteur). - Paris, Revue modernes des arts et de la vie, 1937, p. 174.

jeudi 19 juin 2014

Jean-Marc Vernoy et le souvenir

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Ainsi, nous vous l’annoncions, Jean-Marc Vernoy vient de publier sous la marque Balland un roman vif et court au sujet de la langue et de l'étrangeté qu'elle revêt parfois.
Sur Le Bout de la langue, son narrateur, professeur d'université à la retraite et vieil homo débandant, a une expression que rien ne lui permet d'expliciter, ni les dictionnaires, ni les lexiques, ni l'oeuvre de Victor Hugo dont il est spécialiste... Rien.
Et pourtant "Sécule à Pampam" est une expression qui lui vient en langue, si l'on peut dire, et l'entête au moment où l'éloignement de l'alma mater lui donne à la fois plus de liberté et moins d'utilité sociale. Il lui reste bien quelque préface à écrire, quelques conférences à pondre, peut-être une biographie à écrire, mais non, c'est ce sacré "sécule" qui l'obsède.
Il ne servirai à rien d'en dire plus, sinon que Jean-Marc Vernoy se sert de ce qu'il sait de la vie de faculté pour nous en brosser et les usages et le mobilier. D'ailleurs l'essentiel est ailleurs : il est probablement même en dehors du livre, dans cette rêverie qu'il impose après lecture à tous ceux qui sentent bien, ou se souviennent, que les choses parfois n'ont aucun sens. Ou bien qu'elles auraient dû en avoir plus, mais les destins absurdes sont de toutes les couleurs, comme les souvenirs, d'autant que la communication peut s'avérer au moment ultime très amèrement farceuse.


Jean-Marc Vernoy Le Bout de la langue. - Paris, Balland, 91 pages, 14,90 €



mercredi 11 décembre 2013

Bagarres à Bercy, Hugo en bibliographie, Fallet à la dédicace, etc. (vrac de nouvelles)

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Le 23 décembre prochain sera projeté le film d'Henri Calef Bagarres, d'après le roman de Jean Proal et dans une adaptation d'André Beucler. C'est du reste ses amis qui nous en informent. Rare événement, nous disent-ils, puisqu'il n'existe en France, qu'une seule copie 35mm de ce film détenue par la Cinémathèque. Le film sera projeté à 17 heures. Drame psychologique interprété par Maria Casarès, Roger Pigaut et Jean Murat, il avait été tourné à Nice en mars 1948 dans les studios de la Victorine. "Un film âpre et sensuel" nous prévient-on...

Cinémathèque française
51 rue de Bercy
75012 Paris
Mo Bercy.

Un grand ouvrage consacré aux éditions des oeuvres de Victor Hugo publiées entre 1819 et 1851 parîat à la libraire Jérôme Doucet. Voilà qui se salue, d'autant qu'il paraît en même temps qu'un superbe deuxième catalogue à prix marqués relié, superbe.

Librairie Jérôme Doucet
3 rue de Choisy
94140 Alfortville
06 18 32 60 72

Les éditions Le Grand Os publient Le Citron métabolique de Laurent Albarracin, avec des dessins de Karine Marco. Nous ne l'avons pas lu, mais la couverture nous a plu. Voilà. (74 pages 9 €).

Éditions Le Grand Os
24 rue Raymond IV
F - 31000 Toulouse

Une foule de belles choses sur le catalogue à prix marqués de la librairie Lonjon, et en particulier un très bel ensemble d'envois de René Fallet :
Au Beau Rivage. Denoël, 1970, in-8 br 212p, EO, SP, envoi à l’animateur de Campus qui a notamment interviewé Brassens « Pour l’atroce Michel Lancelot, en souvenir des Suburb’s Swallows, des vrais insouciants ( ?) » 100 €
Au Beau Rivage. Denoël, 1970, in-8 br 212p, EO, SP, spirituel envoi à l’écrivain Louis Calaferte « Au zinc du Beau Rivage, Louis Calaferte videra 4 ou 5 encriers de déménageur avec son René Fallet » 100 €
1590 Banlieue sud-est Domat, 1947, in-8 br 383p, EO de son premier livre. Caricature de l’auteur par Géa Augsbourg en 4° de couv, rarissime envoi autographe signé « Pour Monsieur E.H. Crisinel, en hommage d’un jeune, de la part de Géa Augsbourg » 120 €
1593 Charleston Denoël, 1967, in-12 br 221p, EO, SP, prière d’insérer, envoi autographe signé « Pour l’ami Paul Chwat roi du cornet, sa clarinette préférée ». 80 €
1602 La fleur et la souris. Domat, 1948, in-12 br 253p, EO de son second livre, rare envoi autographe signé « en sincère hommage à La Table Ronde" frontispice qui manque souvent et de la bande annonce. Il faut rappeler que Fallet a débuté dans le cinéma comme clapman sur le film Premières Armes de René Wheeler avec Julien Carette et Paul Frankeur., 100 €
1603 La Fleur et la souris. Domat, 1948, in-12 br 253p, EO de son second livre, bel et rare envoi autographe signé daté d’octobre 1949 « Pour mon pote Gaston Laine le crack des cracks et le roi du décor avec le meilleur souvenir d’un petit copain du film "Premières Armes" », bien complet de l’énigmatique frontispice qui manque souvent et de la bande annonce. Il faut rappeler que Fallet a débuté dans le cinéma comme clapman sur le film Premières Armes de René Wheeler avec Julien Carette et Paul Frankeur. 120 €
1605 La Soupe aux choux. Denoël, 1980, in-8 br 236p, jaquette, couverture de Blachon, le roman commence par ces mots « Au village, sans prétention, il n’y avait plus rien… » 11 €
1607 La Soupe aux choux. Denoël, 1980, in-8 br 236p, EO, jaquette, couverture de Blachon, spirituel envoi autographe signé « Pour Michèle et Philippe, A la mère Brazier ! Au maître-queue, leur vieux gâte-sauces » 80 €
1611 Le Beaujolais nouveau est arrivé. Denoël, 1975, in-8 br 238p, EO, jaquette, envoi drôle « Pour Monsieur Lionnait amateur de livres avec les amitiés d’un amateur de litres ». 80 €
1612 Le Beaujolais nouveau est arrivé. Denoël, 1975, in-8 br 238p, EO, jaquette, bel envoi « Pour Michèle et Philippe en souvenir des caniveaux que nous fréquentâmes, les bis es et les hoquets de leur bien oublié ! ». 90 €
1614 Le Braconnier de Dieu. Denoël, 1973, in-8 br 239p, EO, bel envoi autographe signé « Pour Solange Troubadour qui garde aux sons de la vielle (ou de la viole) les petits monstres de Lionel, avec mes félicitations et mes amitiés » 80 €

Librairie Valérie et Bernard Lonjon
Librairie Bookinet-A la venvole
CR 100 - Le Rebaut bas - 34500 Béziers
06-11-21-83-37

vendredi 28 octobre 2011

Philothée O'Neddy

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Théophile Dondey n'est pas, à l'instar d'Auguste Vard ou de Marc Michel, le plus notoire des Petits Romantiques. Et cependant, il a, lui, contrairement à M. Michel, publié ses écrits en volume de son vivant. Très peu sans doute, trop peu certainement.
Si l'on trouve l'essentiel de son oeuvre en ligne sur Gallica, il est un peu plus compliqué de voir de ses propres yeux ses originales, parfois disséminées dans la presse et les périodiques de l'époque, comme "L'escarcelle et la rapière" à lire dans l'anthologique Routier des provinces (Toulouse, 1841). A plus forte raison de les collecter. C'est pourtant cet exploit qu'a réalisé un jeune libraire, Jérôme Doucet.
Il en a conçu un premier catalogue à prix marqué tout à fait épatant, et très complet. Il faut de la patience et un instinct de sioux pour retrouver des écrits publiés dans des journaux du XIXe siècle, comme on peut l'imaginer.
Théophile Dondey, mieux connu sous son pseudonyme anagrammatique de Philothée O'Neddy (1811-1875), influence inavouée de Charles Baudelaire, n'aura pas été poète pour rien. Ses lecteurs le savent et vous allez le découvrir aussi. Le curieux de son histoire réside dans ce rêve qu'il fit en 1833 où naquit la prémonition de son oubli littéraire, oubli qu'il contribua naturellement a accentué après la mort de sa amante. Cette disparition le conduisit à cesser d'écrire durant dix ans... Puis il reprit la plume ; et produisit des proses et de poèmes que sa sœur fit imprimer après sa mort.
O'Neddy aura surtout été lu ces dernières années dans l’édition qu’a procurée Plein Chant en 1993 de sa fameuse Lettre inédite de Philothée O'Neddy sur le groupe littéraire romantique dit des Bousingots initialement publiée par Pincebourde en 1875. Le groupe des Théophile Gautier, Gérard de Nerval, Auguste Maquet, Petrus Borel dont il fut avec Nerval et Louis Boulanger l’un des amis les plus constants, trouvait là un éclairage important, doublé d'un correctif au double article de Charles Asselineau qui, dans le Boulevard, fut le premier à rappeler la figure de Dondey en 1862. Sa présence dans le "Camp des Tartares" de Pétrus Borel rend son explication très importante.

« Assez longtemps, immobile et les bras croisés sur le seuil de ma case de paria, j’ai contemplé, dans une oisive admiration, les adolescentes murailles de la Babel artistique et morale que l’élite des intelligences de notre âge a entrepris d’édifier. (…) La poésie possède enfin une cité, un royaume où elle peut déployer à l’aise ses deux natures : — sa nature humaine, qui est l’art, sa nature divine qui est la passion. »

AJoutons encore pour vous plaire que, influencé par Borel, qui signe nombre des incipits de Feu & Flammes (1833), dénonçant ainsi la connivence, O'Neddy fut aussi un Hugolâtre total et un anti-bourgeois déterminé.

Que je l'aime ce nom, saint dans tous les langages,
Ce nom terrible, écrit sur le char des orages,
Ce nom, beau de puissance et d'immortalité,
Qui fait pleurer les rois dans leur alcove immonde,
Que nous verrons un jour le seul culte du monde,
Ce nom de bronze, Liberté !...




Pour en savoir plus : Philothée O’Neddy, un brigand de la pensée, présenté par Jean-Luc Faivre. - Alfortville, Librairie Jérôme Doucet (3, rue de Choisy, 94140). librairie.doucet--me.com
Oneddy.jpg Philothée O'Neddy par Jehan Duseigneur, le portraitiste de la bande du Camp des Tartares.

vendredi 1 juillet 2011

Victor Hugo par Louis Lemercier de Neuville

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A voir sur Gallica...




dimanche 23 juillet 2006

Le "Pressbook" de Jean Richepin

Pour avoir commandé à la librairie La Poussière du temps, à Paris, la livraison inaugurale des Livrets du Mandarin en parfait état, qu’il cherchait vainement depuis une paire de lustres (ouais !!!), Le Préfet maritime a eu le plaisir de recevoir, en outre, le catalogue n° 9 de ladite librairie.
Point vierge du tout, celui-là propose un lot de 59 items relatifs à Jean Richepin (1849-1926), l’auteur de La Chanson des Gueux (Librairie illustrée, 1876), des Morts bizarres, étonnant recueil de nouvelles maintes fois réédité (Decaux, 1876 ; (…) ; PJO, 1981 ; L’Arbre vengeur, 2005), des Caresses (Georges Decaux, 1877), de La Glu (Maurice Dreyfous, 1881), des Blasphèmes (Maurice Dreyfous, 1884), des Braves Gens (idem, 1886), de Flamboche, roman parisien (Charpentier et Fasquelle, 1895), ou encore de Labigasse, roman magique (Fasquelle-Charpentier, 1900), etc…

Parmi les ouvrages en vente, quelques lots autographes, dont un manuscrit de huit pages consacré aux notes marginales que tous, peu ou prou, nous fourrons dans les livres qui nous passionnent (“Marginalons”), un autre de cinq feuillets intitulé “Vieux Carnets”, une lettre et quelques volumes avec envoi, dont l’un est dédicacé à Jacques Richepin, le fils de Jean R., poète lui aussi.
Surtout, on y découvre l’existence d’un étonnant dossier de presse constitué en septembre 1897 par Paul Beuve, à l’intention de l’auteur. Une très belle démonstration d’amitié.
Peu réputé, Paul Beuve, auteur d’une Iconographie de Willette (C. Bosse, 1909), s’est fait en nom en réunissant une importante collection d’objets et d’imagerie populaire relative à Victor Hugo (Paul Beuve et Henri Daragon, Victor Hugo par le bibelot, le populaire, l’annonce, la chanson, H. Daragon, 1902, coll. “L’Histoire par le bibelot”).
Paul Beuve avait, c’est certain, la collectionnite aigüe, mais efficace.


La Poussière du temps, 16, rue de Tournon, 75006 Paris. 01 43 26 49 54. ptemps@club-internet.fr