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lundi 22 octobre 2012

Mieux que le Goncourt, le prix Apollinaire pour Valérie Rouzeau

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Depuis le temps que Valérie Rouzeau le méritait, c'est arrivé : elle est laurée par le jury du prix Apollinaire pour son superbe Vrouz qui a paru ce printemps aux éditions La Table ronde. Valérie Rouzeau nous offrait, souvenez-vous, un excellent entretien à l'occasion

Toutes nos félicitations des îles !


Valérie Rouzeau Vrouz. - Paris, La Table ronde, 200 pages, 16 €




vendredi 23 mars 2012

Valérie Rouzeau au micro (entretien)

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Vous l'avez sagement attendu, le voici : l'entretien inédit avec Valérie Rouzeau paraît ce jour sur les ondes de notre île à l'occasion de la parution de Vrouz, son nouveau recueil, composé cette fois de sonnets.
Les Alamblogonautes qui ont déjà eu l'occasion de lire ou d'entendre la poésie de Valérie Rouzeau savent déjà ce qu'elle a de particulier. Sa tonalité est unique et singulièrement attachante, comme son maniement de la langue est saisissant, à la fois ludique et grave, fruit d'une imprégnation constante par les littératures de tous âges. Et une fois encore, ses poèmes sont admirables.
Pour ne pas répéter ce que nous lui demandions naguère pour Le Matricule des Anges, d'autant que le dit Matricule lui consacre le dossier de son numéro de mars (elle est en couverture), l'Alamblog a choisi d'interroger Valérie Rouzeau sur des aspects terriblement secrets de sa vie.
Vous le méritez bien, chères alamblogonautes, chers alamblogonautes.
Tambours !
Entretien.



Quelle est la dernière fois que vous avez fait du vélo ?
Je ne me souviens pas…sauf que ce vélo s’appelait Grabinoulor, d’après Pierre Albert-Birot : illusion qu’il pouvait me faire voyager dans l’espace et le temps comme le héros éponyme et double du poète drôlement épique ! Mais le vélo à Paris, car c’était à Paris, ne me convient pas bien, je déteste les bagnoles et il y en a partout, beaucoup trop, et elles vous frôlent de près en plus de vous gêner dans votre effort pour respirer pas trop mal, par exemple s’agissant de monter la rue Saint-Jacques…
Pourquoi le 22 vous est-il aussi important ?
Je suis née un 22 mais ce n’est pas la seule raison ! Ce 22 m’est devenu fétiche quand j’ai lu le texte de Benjamin Péret, Le Déshonneur des poètes, où il narre son emprisonnement par les nazis en la prison de Rennes en mai 1940 et une vision qu’il a eue alors, à savoir qu’il serait libéré un 22, ce qui eut lieu, le 22 juillet 1940, contre une rançon de mille francs. Le texte évoque par ailleurs ce « chiffre » comme étant très populaire, notamment auprès des enfants : crié, il avertissait d’un danger imminent. Depuis, je glane les 22 dans tous les coins et j’ai je crois la matière d’une anthologie mais je ne suis pas sûre que ce soit très intéressant, puis je n’ai pas envie de cesser ma collection maintenant, je trouve des 22 partout !
Quelle est la plus belle carte postale que vous avez reçue ?
« Le monde est encore énorme » signé Tomaž Šalamun, poète slovène et international, l’un des plus grands à mes yeux, c’était en juin dernier et envoyé de Chine… au recto, l’énormité d’une montagne sur fond de ciel très bleu.
Desnos est-il fondamental ?
Oui, c’est mon premier poète, celui des cours élémentaires de l’école primaire ! Et je ne l’ai jamais perdu de vue si je puis dire, toujours lu et relu, découvert, redécouvert. Éternellement surprenant, inépuisable. Son prénom est aussi celui de mon dictionnaire de prédilection, et j’en joue dans quelques poèmes ! Robert est un ami…
Quelles expressions vous enchantent ?
« dès le potron-minet » ; « petit poisson deviendra grand… » ; « si ça continue faudra que ça cesse » ; « life begins at forty » ; « je te kiffe trop grave » (surtout si c’est Fabrice (qui se prénomme Robert) Luchini qui le dit !) ; « pas de bras, pas de chocolat » ; « c’est celui qui le dit qui l’est »…Mais ce qui m’enchante finalement c’est surtout de revisiter le proverbe ou le dicton, parce qu’au fond en elles-mêmes les expressions toutes faites m’enquiquinent plus qu’elles ne m’enchantent (« quand il y a de la vie, il y a de l’espoir », par exemple, ce genre de formules m’exaspère).
De la terre à la lune, il y a quoi ?
Une suspension poétique.
Entre un berlingot et une pêche, où va votre appétit ?
Ni l’un ni l’autre, je suis un bec salé. Un petit fromage de chèvre sec de chavignol je préfère ! Mais parmi les quelques fruits que j’aime il y a… les pêches ! C’est aussi le fruit de l’amour chez l’Alfred Prufrock de TS Eliot, que recueillera Ted Hughes dans ses Birthday Letters quelques décennies plus tard : la pêche, tel le fruit défendu, du péché ! (jeu de mots intraduisible alas !)
Le meilleur trajet en train ?
D’un entrepôt de nettoyage vers Pantin aux environs de la gare de l’Est à Paris, avec John Giorno, tous les deux serrés avec nos sacs à dos dans la locomotive d’un adorable cheminot et ce en toute illégalité : nous avions vu « Charleville » sur les vitres du train sans vérifier la voie, nous bavardions, j’emmenais John à Tinqueux près de Reims lire ou plutôt danser ses poèmes et nous nous sommes retrouvés « in the middle of nowhere », dixit le plus jeune gars de la Beat Generation alors on tour en France ! Ce voyage fut possible quand j’ai expliqué qui était John, j’ai nommé Andy Warhol et ce nom a fait tilt au conducteur de la loco, « les petites marylin ? », c’est ainsi qu’on a ensemble accompli ce bref mais fabuleux voyage, d’une loco tu domines le paysage comme de la cabine d’un gros camion, John était ravi, le cheminot le regardait avec des étoiles dans les yeux, et pour moi qui accompagnais John et lui servais d’interprète j’étais certes tout aussi ravie mais je dois dire également soulagée : on nous attendait en Champagne (« fucking bubbles ») !
Pouvez-vous citer un livre dans lequel apparaissent des pivoines ?
Chez Philippe Jaccottet assurément, mais précisément dans quel livre je ne sais pas, certainement dans plusieurs. Oh et chez Maximine aussi.
Un livre avec une île plaisante ?
Je n’ai pas lu Jules Verne (ou si peu) et là, rien ne me vient… Je dois saturer de trop d’années en Île-de-France…
Quelle différence entre Barbapoux (Jean-Pierre Verheggen) et Mérinos (Henri Simon Faure) ?
Il s’agit là d’un sujet de thèse ! Je préciserais que Barbapoux ne fut point invité à Montfroc par une charmante admiratrice à l’issue d’une lecture publique mémorable tandis que Mérinos, si. J’y étais. Je veux dire : j’ai entendu des mes oreilles entendu l’invite lancée au moustachu lyrique. L’autre, comme son nom l’indique est barbu et ressemble au Père Noël même en plein mois de juillet. Il est plus rigolo et moins ronchon mais belge, et qui croirait que les meilleurs poètes français sont belges ?! Ah mais je les aime tous les deux quant à moi !
De l'enthousiasme ou de la sérénité, que préférez-vous ?
Je ne préfère pas, suis simplement à peu près incapable de sérénité…
Quel est le sommaire du prochain numéro de Dans la lune ?
Très sommaire ! on est suspendus entre terre et lune comme précisé plus haut… À suivre, j’ai vu Michel Fréard récemment, on envisage une sorte de nouvelle pléïade sur la toile mais rien n’est sûr, d’autant que pour ce qui me concerne, je n’ai pas le goût de la lecture sur écran…
Les passages piétons qui font "bip bip" vous paraissent-ils propices à égayer la ville ?
Non non, il faut virer les autos !
Quelle est la taille idéale pour un pavé (urbain) selon vous ?
Celle de La Gana de Fred Deux – récemment réédité par Georges Monti dans la collection de poche de ses éditions du Temps Qu’il Fait.
Quelle traduction passionnante avez-vous en cours ?
Je traduis une anthologie de poèmes de Susan Wicks, je voudrais lui faire la surprise d’une réussite comme elle a fait pour mon Pas revoir : Sue est poète et romancière, nouvelliste aussi, et j’ai l’immense chance qu’elle ait traduit ce livre et d’autres de mes poèmes ensuite pour des festivals internationaux. La traduction me passionne mais aussi me fait un peu mal, souvent j’envisage d’arrêter….
Marine en bois ou marine en métal ?
Sardine à l’huile.
Pouvez-vous citer un acteur ou une actrice du cinéma muet qui vous plaît ?
George O’Brien, pour L’Aurore de Murnau : il ressemble à Ted Hughes, ou plutôt Ted Hughes le grand poète anglais « couronné » qui n’était pas né au moment du film lui ressemble physiquement beaucoup - mais sinon je dis Charlie Chaplin sans réserve !
Quelle est la scie (au sens de chanson) qui vous déplaît le moins, finalement ?
Je ne connaissais pas le terme de « scie » dans le sens de « chanson » ! et suis incapable de répondre à cette question mais peut-être « Le petit bal perdu », interprétée par Bourvil, parmi les belles et bonnes scies qui ne font surtout pas scier !
Avez-vous toujours avec vous un harmonica ?
Non, juste une petite cuillère avec mes crayons et stylos dans ma trousse, mais ça ne donne rien de terrible en percussion même façon castagnettes, il faudrait une seconde petite cuillère.
Quelles sont, selon vous, les vertus du géranium ?
Lierre ou pas lierre ? that is the question !
En matière de fromage, vous penchez pour lequel ?
Là il faut franchement m’apporter un plateau ! J’aime autant le crottin de chèvre sec (mais je l’ai dit) que le fromage blanc avec de l’échalote ou de la ciboulette par exemple. Aussi j’apprécie la cervelle de canut ! Et les trous du gruyère.
Dans votre salon, un sémaphore ou une taupe ?
Un petit crapaud. Mais encore faudrait-il que j’aie un salon ! que j’eusse ! (un salon)
Quel coin de campagne préférez-vous ?
Le canard colvert.
Quel signe typographique vous paraît le plus aimable ?
L’esperluette : on dirait un petit bonhomme prêt à offrir une fleur, en plus de créer du « liant » sémantique puisque c’est comme un « et » qu’on aurait dessiné…




Valérie Rouzeau Vrouz. - Paris, La Table ronde, 200 pages, 16 €

jeudi 23 février 2012

Un entretien inédit !

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Prochainement sur l'Alamblog, un entretien inédit avec Valérie Rouzeau, à l'occasion de la parution de son nouveau recueil très attendu à l'enseigne des éditions La Table ronde.



jeudi 7 juillet 2011

Yves Martin et Valérie Rouzeau

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Voilà bien un sommaire pour nous plaire : un seul numéro de la revue Décharge propose — accrochez-vous — un recueil inédit d'Yves Martin et un dossier consacré à Valérie Rouzeau, avec un bel entretien.

Que demande le peuple ?

Les neufs poèmes inédits d'Yves Martin restaient manuscrits dans un cahier scolaire datés du Brunoy, septembre-octobre 1992, titré Le Mûrissoir.
Cet ensemble, rédigé dans une clinique lors de l'un des nombreux séjours hospitaliers que le poète eut à subir, faisait partie des archives de l'éditeur Guy Chambelland.

En voici quelques vers :

La douleur: une concierge
qui entrouvre ses rideaux.
Plus le pas et grave, plus ils bougent
L'entrée sent la musette, les cantines,
le pommeau de la rampe doit ouvrir
une paroi secrète. Au sous-sol,
la piquette des martyrs.



Dans la même livraison, un cahier photos de Sabine Weiss, les peintures de Nikos Engonopoulos, des poèmes de Jean-Paul Klee, six poètes allemands traduits par Rüdiger Fischer, des poèmes italiens de Jean-Louis Jacquier-Roux, des chroniques, etc.


Décharge (n° 150, juin 2011), 130 pages, 6 €
Illustration de couverture par Nikos Engonopoulos.
c/o Jacques Morin 4, rue de la Boucherie 89240 Egleny
decharge-revue@wanadoo.fr


A signaler également, l'entretien d'Yves Martin avec Léo Malet dans Garde à vue d'Alfred Eibel (voir l'Alamblog du 5 juillet dernier)

lundi 21 juin 2010

Rodtchenko pour les angströms

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Notez dans votre agenda le vernissage Jeudi 8 juillet 2010 (à partir de 18 heures) de l'exposition des illustrations photographiques d'Alexandre Rodtchenko réalisées en 1926 pour le livre "Animaux à Mimer". Ce livre, superbe production des éditions Memo est la parfaite illustration des qualités de cette maison qui a développé la rare et belle spécialité de la réédition d'ouvrages pour enfants du siècle dernier.
Jetez un oeil à leur catalogue et vous n'aurez plus de cesse que de posséder ces trésors... On y trouve des Russes, évidemment, mais aussi Pierre Leroy, Claude Cahun, etc, des latinos, des Anglais, etc.
Un pur bonheur, vous dit-on.
Et ce Rodtchenko présente la particularité d'être équipé d'une planche à découper. pour fabriquer soit même les animaux imaginés et photographiés par l'artiste.

(...) suite de petites saynètes comment Viana, Katia jouent avec d'autres enfants à se transformer en toutes sortes d'animaux à partir de vêtements ou d'ustensiles à portée de main. Ce livre à jouer incite les enfants à "contrefaire" des animaux mais aussi à les faire eux-mêmes en papier à partir de formes très simples à assembler.



C'est l'origami avant l'origami, ou... le jouet en bois sans bois de la jeune et pénurique Russie soviétique.




Exposition : PCF-4e
19 rue Pont Louis-Philippe
75004 Paris

Alexandre Rodtchenko et Serge Tetriakov Animaux à mimer. Edition bilingue inédite. Traduction d'Odile Belkeddar et Valérie Rouzeau. - Nantes, éditions MeMo, 2010, coll. "Les Trois Ours", pages, 32 €

dimanche 31 janvier 2010

La 18e Lune

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Superbe 18e livraison de Dans la Lune, la revue de Valérie Rouzeau et du Centre culturel de Tinqueux : un sommaire délectable, un graphisme épatant.
Avec beaucoup d'à-propos, Fanette Mellier s'est chargée de décliner sur papier noir la lune en formes et en couleurs, tandis que tiennent la plume Christian "Ténébros" Bachelin, e. e. cummimngs, Jacques Demarcq, Jean-Pierre Georges, Pascal Commère et Marc Monchois, nouvelle arrivant listeur.

Au clair de la lune, et au milieu d'une nuée de zozios, La chandelle de cette revue est assurément bien entretenue.

Pour vous, alamblogonautes, cet incipit dont vous devinerez, ô gourmets, l'auteur :

Le ventre de l'ogre était une immense forêt noire autour d'un caillou blanc.




Dans la lune