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mardi 26 septembre 2017

Les Utopies accessibles d'Erik Olin Wright

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Utopies réelles et transformation sociale post-capitaliste

A l'occasion de la publication d'Utopies réelles, le livre remarquable et remarqué d'Erik Olin Wright, sociologue américain spécialiste des classes sociales et des inégalités, une discussion publique autour de l’ouvrage est organisée au Lieu-Dit (6 rue Sorbier, 75020 Paris) le lundi 2 octobre à partir de 19 heures, en présence de l'auteur et avec Thomas Coutrot, Michel Lallement. Le débat sera animé par Laurent Jeanpierre.


Pourquoi et comment sortir du capitalisme ? Quelles sont les alternatives d’ores et déjà présentes ? Peut-on, doit-on réinventer les socialismes par des réalisations concrètes ? Avec quels outils, quelles formes d’action, quelles institutions ? Telles sont les vastes questions, solidaires les unes des autres, auxquelles répond ce livre original et magistral, synthèse d’une enquête internationale et collective de plusieurs années sur les théories les plus actuelles de l’émancipation ainsi que sur de nombreux projets vivants de transformation radicale, ou plus graduelle, déjà observables dans les domaines sociaux, économiques et politiques.




Erik Olin Wright Utopies réalisables. - Paris, Éditions La Découverte, 2017, Collection « L’horizon des possibles », 613 pages, 28 €


dimanche 31 août 2014

Utopies du siècle dernier

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Il y a bien longtemps que l'Alamblog aurait dû vous signaler ce livre. Et puis il se l'est calé dans la pile des livres particulièrement délectables, ceux qu'on retourne voir de temps à autres avec la même attente et le même plaisir... Bon, le Préfet maritime dans un sursaut de clairvoyance comme il en connaît parfois s'est aperçu que son attitude vis-à-vis de ces ouvrages délicieux était singulièrement égoïste, il a dérogé à ses habitudes et vous présente enfin ce panorama des utopies du siècle dernier rédigé, et ça n'est pas sans sel, par le co-créateur de la série Louis La Brocante Jacques Crouzet... Comme si les utopies, finalement, faisaient partie de ces vieillies choses héritées des siècles précédents et rapetassées encore et toujours par des idéalistes - ou non - à des fins parfois mal maîtrisées.

Le XXe siècle a été celui des utopistes, ces hommes qui veulent refaire le monde et rendre les hommes heureux. Les menaces que font courir à l’humanité les guerres et le progrès technique les conduisent à imaginer des contre-sociétés harmonieuses, des villes idéales, des communautés égalitaires, une langue universelle. Conçus par des personnalités charismatiques, il arrive que ces rêves deviennent réalité, pour disparaître le plus souvent avec leurs créateurs. Il arrive aussi qu’ils se transforment en cauchemars, sous la conduite de mégalomanes aux idées délirantes.


Voilà ce que nous dit l'auteur et son panorama a l'avantage d'être à la fois varié et inattendu en certains points. Une bonne révision et des découvertes, le rêve pour faire le point sur ce rêve de l'humanité, justement, qui tente inlassablement d'améliorer les choses avec ses moyens, parfois dérisoires, parfois démesurés, parfois grotesques et contre nature, et en mettant en œuvre des gestes esthétiques parfois grandioses, parfois déments.
Une excellente synthèse doublé d'un voyage au pays des idées — ce qui n'exclue par les incursions amazoniennes ou sahariennes.

Projets utopiques présentés
Monte Verita et Henry Œdenkoven (1875-1935)
Shantidas et Lanza del Vasto (1901-1981)
L'amour de Sion et A. D. Gordon (1856-1922)
Auroville et Mirra Alfassa (1878-1973)
La langue de Babel et Louis Lazare Zamenhof (1859-1917)
Les enfants de Joséphine Baker (1906-1975)
Les frères Villas Boas
Taizé et Roger Schutz (1915-2005)
Les cités radieuses de Le Corbusier (1887-1965)
La New Babylon de Constant Nieuwenhuys (1920-2005)
Broadrace City de Frank Lloyd Wright (1867-1959)
Brasilia d'Oscar Niemeyer (1907-2012)
Les sables de Jacques Lebaudy (1868-1919)
La Germania d'Albert Speer (1905-1981)
Les Hommes-singes staliniens d'Ilya Ivanovich Ivanoc (1870-1932)
Fordlandia de l'autocrate Henry Ford (1863-1947)



Jacques Rouzet C'est quand, le bonheur ? - Utopistes, utopies au XXe siècle, des frères Villas Bôas à Joséphine Baker, l'histoire de ceux qui ont voulu changer le monde, 352 p.-16 p. h.-t., 22 €

mercredi 14 août 2013

Une utopie de la communication



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Malgré l'espace vide, difficile de s'inscrire en faux...





Règlement de l'Opéra, avec des nottes historiques. — A Utopie, chez THomas Morus, 1743. (Merci à Louis qui nous a retrouvé ce que notre fumeuse mémoire nous avait fait perdre)

lundi 1 juillet 2013

† Raymond Trousson (1936-2013)

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Raymond Trousson nous a quittés le 25 juin dernier. Il était né le 11 juin 1936.
% Spécialiste du siècle des Lumières, Raymond Trousson a publié beaucoup, en particulier sur les utopies, mais aussi, plus largement, sur les lettres belges de langue française. Sa bibliographie est consultable ici
Un texte d'hommage de Jean-Daniel Candaux a circulé que nous reprenons ici.


Nous sommes dans le deuil: Raymond Trousson s’est éteint dans l’hôpital de Bruxelles oû il était soigné depuis plusieurs semaines. Avec lui disparaît un des meilleurs connaisseurs du dix-huitième siècle et l’un des plus grands spécialistes de la vie et de la pensée de Jean-Jacques Rousseau.
Raymond Trousson avait une force de travail peu commune. Durant plus d’un demi-siècle, tout au long de sa brillante carrière à l’Université libre de Bruxelles et de ses prestations au sein de l’Académie royale de langue et de littérature françaises, il a publié sans relâche des ouvrages, des éditions, des recueils de valeur, se montrant à l’aise non seulement avec les grands auteurs du siècle des Lumières, mais également avec leurs émules immédiats et leurs plus lointains successeurs : Louis-Sébastien Mercier, Bernardin de Saint-Pierre, Isabelle de Charrière, Grétry, Lamartine, Stendhal, Victor Hugo, Balzac, Michelet, Anatole France...
Il ne craignait pas de faire également oeuvre de défricheur, consacrant à la fois une étude biographique et une édition de textes à des auteurs appréciés seulement de quelques fins connaisseurs tels Antoine-Vincent Arnault ou Jean-Guillaume Viennet.
Cette envergure cosmopolite s’accommodait fort bien de l’intérêt (voire de l’amour) qu’il portait à son pays, la Belgique, dont il ne cessa de mettre en valeur les meilleurs têtes littéraires, éditant Charles De Coster, Georges Eekhoud, Iwan Gilkin ; consacrant des travaux souvent importants à Michel De Ghelderode, à Charles De Coster encore, à Robert Frickx, à Charles Van Lerberghe.
Mais je crois ne pas trahir la confiance que m’avait faite Raymond Trousson en disant que la Suisse était devenue en quelque sorte sa seconde patrie. Son premier grand livre, le "Thème de Prométhée dans la littérature française" avait été publié chez Droz en 1964. Une quinzaine d’années plus tard, Raymond Trousson rencontrait Michel Slatkine, devenait son ami pour la vie, mettait ses multiples compétences , ses relations et ses talents d’organisateur au service de la maison Champion, qui connut alors un second âge d’or. En ces mêmes années, Raymond Trousson se prit véritablement de passion pour JJR, lui consacrant des dizaines de travaux, devenant membre à vie de notre Société, se liant d’autre part, et d’une amitié également indéfectible, au grand rousseauiste de Neuchâtel, Frédéric Eigeldinger, signant avec lui en 1996 et 1998 ces ouvrages incontournables que sont le "Dictionnaire" et la "Chronologie" de JJR et couronnant son engagement au service du «citoyen de Genève (et communier de Couvet)» en mettant sur pied avec l’ami neuchâtelois et en publiant chez Slatkine une nouvelle édition des oeuvres de JJR, édition véritablement complète puisque les lettres de JJR cette fois-ci n’en étaient pas écartées et qui fut présentée au public dans la maison natale de JJR le jour même de l’anniversaire du 28 juin. La Suisse sut reconnaître la valeur de cet engagement et Raymond Trousson reçut en 2010 le doctorat honoris causa de l’Université de Neuchâtel.
Raymond Trousson avait été invité à prendre la parole, de Brest à Bergame, dans tous les colloques de l’année du tricentenaire. Il réussit à remplir brillamment ses engagements jusqu’à la fin du mois d’août quand une chute stupide, dans sa rue, le priva soudain de sa mobilité et déclencha bientôt une série fatale d’accidents de santé de plus en plus graves. Il a veillé jusqu’au matin de son décès à la correction des dernières épreuves de quelques ouvrages qu’il avait sous presse et il est mort en philosophe.
Son souvenir ne nous quittera pas.
Jean-Daniel Candaux

mercredi 21 septembre 2011

On va en causer : Les utopies russes, par Jean-Baptiste Para


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