L'Alamblog

Accueil | Contre-feux, revue littéraire | Les espaces de l'édition indépendante

Mot-clé - Théo Varlet

Fil des billets - Fil des commentaires

mardi 13 septembre 2011

Pouvourville et l'opium

PouvPhyPsyOp.jpg



Comme promis, songeons un peu à Albert de Pouvourville.

Pour une fois.

Réédité par la formidable maison Kailash entre 1996 et 2004 (on se demande bien si elle est toujours active), cet auteur de la grande époque de la littérature coloniale française mérite un coup de projecteur. Ne serait-ce que pour L'Annam sanglant, L'Heure silencieuse (les rééditions avaient paru avec des préfaces de Xavier Legrand-Ferronnière), ou Le Cinquième Bonheur de 1911, recueil de nouvelles qu'il dédiait à Loti, Saint-Saens ou Farrère.

Aujourd'hui, aujourd'hui voici la couverture de Physique et psychique de l’opium, un ouvrage assez peu courant publié en 1925 sous le pseudonyme de Nguyen Te Duc Luat et dans le format 12,5x16,5 (ça n'est pas le seul nom dont Pouvourville fit usage, on le connait aussi sous le nom taoiste de Matgioi). La première partie du livre proposait un descriptif de la préparation de la drogue et des instruments de la fumerie, tandis que la seconde, c'était tentant, déployait une « théorie psychique de l’opium » doublée encore d'une « théorie psychologique ». Prenant sa place dans la filiation des Gautier, Baudelaire, Boissière ou Varlet, tenait de donner un panorama des états sensoriels provoqués par la drogue en restant le plus clinique possible, sans effet poétique.

Sur le même sujet, il n'en était pas à son coup d'essai puisqu'il avait déjà publié :

Matgioï L'Esprit des races jaunes. L'opium, sa pratique. Paris, édition de "l'Initiation", 1903, 56 p.

Comité des congrès coloniaux français. Congrès de 1908 à l'École des hautes études commerciales. L'Opium, conférence donnée le... 1er juin 1908, au siège du Congrès, Paris, au Secrétariat général du Comité, 1908, 30 p. Ce texte a été réédité en complément de la récente édition des Propos d'un intoxiqué de Jules Boissière (Paris, Zanzibar, 1995).

Pour souligner le fait que l'opium n'était pas seulement un sujet d'étude 'médicale' pour Matgioi-Pouvourville, voici un poème où l'on constatera qu'à l'instar d'un Théo Varlet, il n'était pas défavorable au néologisme.

L'Opium

Doux regret du matin, doux sourire du soir,
Indifférent du los et mépriseur des blâmes,
Opium doré, muet conseiller, amorçoir
De tous les raffinés plaisirs que nous aimâmes,

Directeur du savoir, du pouvoir, du vouloir,
Créateur de concepts, générateur de flammes,
Frère aîné du sommeil, père du nonchaloir,
Règle des sens, poison des cœurs, soutien des âmes,

Réconfort du songeur, espoir du continent,

Endormeur des soucis, bouche d'or des légendes,
Excitateur des doigts, titillateur des glandes,
Invisible empereur du rêve hallucinant,

Vin du cerveau contrit, pain de l'âme affamée,
Noir compagnon, baiser secret, maître immanent,
Viens, mon ami ; viens, ma maîtresse ; viens, fumée.



(Rimes chinoises, Paris, A. Lemerre, 1904, pp. 61-62)

mercredi 9 mars 2011

Théo Varlet légionnaire

VarletII.jpg



A L'initiative prise par notre confrère "Les Heures Nouvelles" de demander la croix de la Légion d'honneur pour notre collaborateur Théo Varlet, rencontre un accueil chaleureux. "Les Heures Nouvelles" publient dans leur dernier numéro la lettre suivante qui leur a été adressée par le célèbre écrivain Maurice Maeterlinck :
16 décembre 1932
Je croyais Théo Varlet, l'excellent poète, depuis longtemps légionnaire. Nul, mieux que lui, n'a mérité la Croix d'Honneur et je me joins de grand coeur à tous ceux qui demandent pour lui la réparation d'un oubli.
MAETERLINCK.



L'Esprit français, 10 février 1933, p. 254

samedi 5 mars 2011

Régis Messac et Théo Varlet

quinzinzinzili11.jpg


Oyez !
La onzième livraison de Quinzinzinzili est partiellement consacrée à Théo Varlet.
On y retrouve avec bonheur le bel article d'André Billy dans Femme de France ou l'étude de Varlet sur Stevenson et Flaubert. En prime : un échangé de Varlet et de Messac "a propos des verres grossissants chez les anciens" (Les Primaires, juin et octobre 1936).

Une belle occasion de signaler que paraîtra un jour prochain un ouvrage plein d'informations inédites sur la fin de Théo Varlet. Nous ne manquerons pas de vous en informer.

Au même sommaire : Frankenstein et les hommes fabriqués, vus par Régis Messac



Quinzinzinzili, revue de la Société des amis de Régis Messac
Automne 2010, n° 11
amis@regis-messac.fr

mardi 30 novembre 2010

Une autre couverture de Willy

WillyEtherVarlet.jpg



Pour faire suite au coloré billet de Livrenblog où viennent d'être réunies de très belles couvertures de livres de Willy, celle-ci, d'un livre largement rédigé par Théo Varlet.

Nous en reparlerons sans doute...

lundi 31 mai 2010

Théo Varlet ironiste ?

VarletII.jpg



Réponse du poète, passablement ironique, à une enquête littéraire un peu rebattue



A mon avis, « l'expression la plus juste des aspirations littéraires contemporaines », c'est la mienne.
La forme poétique adoptée dans mes oeuvres est évidemment a seule légitime.
Quant à déterminer la catégorie où il urge de classer l'art que j'emploie, c'est l'affaire de la critique.
A cet effet, je vous expédie mon récent volume « Notations » (1).
J'ignore si.l'on y doit trouver plus de passion que de raison, ou plus de science que de mystique intuition. Mais j'estime que le « renouveau occidental » inauguré par mon avènement poétique, procède d'une synthèse congrue de ces diverses tendances. Et ceci a été implicitement démontré par la. critique, qui rappela, à propos de mes « Notes de Poèmes » (2), tous les grands noms littéraires du XIXe siècle, depuis Leconte de Lisle et Hérédia, jusqu'à Laforgue, Sorbière (3), Eckoud (4) et Huysmans, inclusivement.
Théo Varlet




La Jeune Champagne, août 1906, n° 41, pp. 219-220.



Notes de l'éditeur
(1) Notations, Lille, éditions du Beffroi, 1906.
(2) Sic pour Notes et Poèmes, id., ibid., 1905.
(3) Re-sic pour Corbière (Tristan).
(4) Re-re-sic pour Eekhoud (Georges).

mercredi 26 mai 2010

Jean Aicard inédit

Aicard.Jean.couv.jpg



Je baise tes pieds nus, charmante Fantaisie,
Tes pieds roses & nus qui n’ont jamais marché ;
J’aime l’air frémissant par tes ailes touché,
Sœur cadette de la divine poésie.


(Jean Aicard, Les Apaisements)



Si l'on faisait dans la littérature-spectacle, on commencerait ce billet en rappelant comment le jeune Rimbal ponctua, un jour, la fin des vers que récitait Jean Aicard. C'était bien dans la manière du sale gosse et cela nous permet de signaler que Jean Aicard, écraivain délectable (qui n'a pas lu Maurin des Maures ?) avait une généreuse particularité : il était réputé pour son talent de diseur de poèmes et semblait capable de captiver un auditoire avec n'importe quel texte.

Mais ce n'est pas là la seule particularité d'Aicard.

Avec Alphonse Daudet et Paul Arène, il formait le trio qui sut célébrer aux confins du siècle dernier leur "petite patrie", la Provence. Et Aicard le fit si bien qu'il finit par en décrocher un pompon de l'Académie française qu'il avait longuement souhaité. Ensuite, comme de bien entendu, on perdit le fil de son oeuvre après son décès, en mai 1921.

Trop confiants dans l'Immortalité de nos Immortels, on n'y alla pas voir très tôt, mais il reste des amateurs inspirés qui dégustent ses écrits avec plaisir, et communiquent celui-ci, conséquemment, d'enthousiasme. Depuis la parution de Maurin des Maures en 1908 pourtant, les régulières rééditions de ce livre et de sa suite, L'Illustre Maurin, auraient pu attirer l'attention plus fermement. Car il faut voir ce qu'Aicard a dépensé de belle encre pour célébrer son pays.

Un recueil vient à point nommé fournir des nouvelles qui n'ont point perdu de leur fraîcheur : "Jacqueline", tout d'abord, un très bel inédit retrouvé en Californie. Dominique Amann nous en parle :

Fort du succès de librairie de ses Jeunes Croyances, Jean Aicard voulut probablement s’essayer aussi à la prose et il paraît avoir remis un manuscrit à l’éditeur parisien Champion. Toujours est-il que cette histoire intitulée Jacqueline et datée « Toulon, Septembre 67 » n’a jamais été publiée mais fut précieusement conservée par Édouard Champion… et échoua dans la boutique d’un antiquaire de Los Angeles chez qui j’ai retrouvé cet autographe totalement inconnu de Jean Aicard !

Dans ses contes, il y a aussi des histoires de pâtres, des joueurs de flûte, des savetiers besogneux et la "Gueuse des marais", ainsi que "L'immortelle" qui narre le destin navrant du trop timide capitaine du Meyfret. Enfin, un "Discours sur les ruines de Solliès-Ville" nous attire l'oeil. C'est justement à Solliès-Pont, de la commune de Solliès-Ville, qu'était installé Théo Varlet à la fin de sa vie. Jean Aicard ayant été un temps l'édile de Solliès entre 1919 et sa mort, on ne peut s'empêcher de penser que Jean Aicard et Théo Varlet se sont croisés. Forcément.

Et qu'un amateur d'Aicard a trouvé ici ou là une aimable correspondance...

On peut rêver.



Jean Aicard Contes et légendes de Provence. Edition présentée par Dominique Amann. - Marseille, éditions Gaussen, 208 pages, 20 €


Rappel : Jean Aicard Maurin des Maures. Préface de Jean-Claude Izzo (Phébus, 2002, 9,90 €)

vendredi 5 février 2010

Pour Théo Varlet (Gérardot de Sermoise)

VarletII.jpg



Point trop réputé, Gérardot de Sermoise était un poète de l’avant-guerre, disciple de Fernand Mazade, actif revuiste, et auteur d’une petite poignée de livres. Dans Le Coeur, il a tracé de curieuses épitaphes d’auteurs morts ou vivants et laissé un poème à Théo Varlet que nous livrons ici à titre documentaire.
Gérardot de Sermoise a également rédigé les notices biographiques de l‘Anthologie de la poésie française. Les modernes (Paris-London, Librairie Hachette, 1929) de l’Anglaois Malcolm McLaren, ami et traducteur de Théo Varlet.


Issue de ses “Epitaphes de quelques vivants”, voici celle


De Théo Varlet

Homme de verve et de puissance,
Fier trouvère et gai troubadour,
Il a, dans un rythmique amour,
Dédoublé l’ivoirine tour
Et joint la Flandre à la Provence.

Et ce poème à Varlet dédié :

Pour Théo Varlet


Cassis.

La vague qui se hausse où plongent les falaises
Jette au crépuscule un éclair d’argent.
Faut-il partir avant qu’aux derniers feux se taisent
Les choeurs d’oiseaux blancs qui vont tournoyant ?

Nous ne reverrons pas le gouffre des Armoises,
Non plus que le bois vers quoi j’ai cueilli,
Parmi les câpriers, deux bouquets de framboises :
Nos lèvres ensemble en ont défailli.

Regagnons les sentiers masqués de chèvrefeuille,
Parés de silence et de buissons roux.
Pourquoi t’arrêtes-tu ? Le mirage s’endeuille :
La plaine avec moi glisse à tes genoux.

Tu dis qu’une clarté, là-bas, vient d’apparaître
Au pide du coteau couronné de pins ?
Feu clame d’amitié. C’est à cette fenêtre
Que Théo Varlet nous tendra les mains.

Gérardot de Sermoise





Gérardot de Sermoise Le Coeur. Avec un poème de Fernand Mazade. - Paris, Librairie de France, 1929, pp. 128 et 31-32.

mercredi 21 octobre 2009

Stevenson et Flaubert : Un parallèle à vérifier (Théo Varlet, 1927)

VarletII.jpg



Un récent billet de Livrenblog nous a remis en mémoire certaine coupure qui dormait, plombée, en nos soutes.
Pour l’avoir lu avec plaisir naguère, il nous a paru du dernier urgent de rendre à Théo Varlet, à Flaubert et à Stevenson, ainsi qu’à René Dumesnil — lequel signalait dans Les Marges (n° 159-160, sept.-oct. 1927) l’article de Théo Varlet —, leurs fastes et leur gloire.



Lire la suite...

mercredi 7 octobre 2009

Les orgies de James S. Lee

opiomane.jpg Couverture illustrée d’une image du film The Dividend (USA, 1916)



En 1935, paraissait à Londres un curieux ouvrage intitulé The Underworld of the East. Being eighteen years’ actual experiences of the underworlds, drug haunts, and jungles of India, China, and the Malay Archipelago. With plates (London, Sampson Low & Co. IX-278 p.). C’est, à l’évidence, l’un des plus extraordinaires documents que l’on puisse imaginer, doublé d’un récit de voyage singulier. Et même très singulier. William Burroughs ne s’y est pas trompé qui le tenait pour un maître-livre.

Et c’est en effet un classique de la littérature de voyage que cet Underworld of the East, et, malgré sa curieuse absence du panoramique l‘Opium : histoire d’un paradis infernal de Mary Hodgson (Le Seuil, 1999), un authentique grand livre de la « drug literature ». Il n’avait encore jamais été traduit en français.

L’Anglais James S. Lee (1872-?) aura attendu l’âge de 62 ans pour publier le récit scabreux de ses voyages “à thème” durant lesquels la chasse au tigre ou la défense contre les Dacoïts ne furent pas les occupations les plus récurrentes, et de loin… De fait, dl’Inde en Malaisie, de Shanghai au Brésil, des beuglants portuaires aux jungles tropicales, et des lupanars aux fumeries d’opium discrètes, notre gentleman-junkie a laissé un testament surprenant.

Le titre anglais de son ouvrage, que l’on pourrait traduire par Les Bas-Fonds de l’Asie, ne laisse aucune ambiguïté sur le sujet principal de l’opus rédigé par un ingénieur mécanicien, spécialisé dans les mines et le chemin de fer, qui, de 1895 à 1915, n’a cessé de s’enquérir des produits hallucinants, procédant dans la description de leurs effets avec le même soin que Théo Varlet dans son essai. Concoctant à l’aide de son laboratoire portatif toutes sortes de poudres et mélanges liquides, il profita des plantes inédites que lui offrait une nature pléthorique afin de ne pas se limiter au tout-venant de la stupéfaction. James S. Lee raconte ainsi avoir découvert à Sumatra une plante spécifique dont les décoctions lui auraient permis d’obtenir ce qu’il nomme un “élixir de vie”, souverain, bénéfique et, malheureusement, resté secret…

Il faut dire, à la décharge de cet aventurier de l’intraveineuse, que la loi britannique n’autorisait alors plus les drogues. Mais notre petit chimiste amateur avait ses réserves et, après avoir perdu sa compagne par overdose, avait assez d’expériences pour se détacher des substances. C’est du moins ce qu’il rapporte, tout en admettant avoir conservé jusqu’au soir de sa vie, à cause des piqûres, un torse et des bras bleus.

Entre deux shoots, James S. Lee, qui prétend avoir contrôlé parfaitement son rapport aux drogues - au point de parvenir à consommer tout à la fois, le même jour, opium, morphine, cocaïne et haschisch - et à se sevrer lorsque cela était nécessaire, trouve dans ses souvenirs les plus remarquables, de quoi nous traîner dans les rues louches de Shangaï, dans la jungle auprès du Mangeur d’hommes et d’exposer ainsi un tableau assez personnel, et apparemment crédible, des colons et des populations locales du Commonwealth victorien rayonnant des années 1900.

En livrant son observation de ce monde colonial appelé à disparaître, Les Tribulations d’un opiomane analysent assez précisément les conditions de vie des uns et des autres et, c’est inévitablement le trait d’un technicien, les conditions de production. Restent aussi de limpides récits de visions opiacées, des anecdotes délectables et, plus rarement, un coq-à-l’âne philosophique mièvre ou barré. Pour autant, rien ne disqualifie ce livre, surtout pas ces glissades qui témoignent peut-être des lassitudes d’un esprit éprouvé. Au fond, James S. Lee pourrait bien rester le plus grand consommateur de drogues connus pour ses écrits, juste derrière Quincey.

Il serait dommage de passer à côté de ce livre singulier. A lire sans délai, adoncque, ou à noter dans un coin pour ne pas l’oublier.


NB : L’Alamblog est preneur des scans des douze planches que contenait l’édition originale anglaise d‘Underword of the East, espérant y trouver (notamment) un portrait de James S. Lee. Une image semble avoir été réutilisée par Mary Hogdson et en rabat de la présente édition, mais sans mention de source, nous empêchant, de ce fait, de vous livrer son image.


James S. Lee Les Tribulations d’un opiomane (Underworld of the East), traduit de l’anglais par Sophie Azuelos. Préface de Mike Jay. Postface de Patrick Boman. - Paris, Intervalles, 328 pages, 19 euros

dimanche 27 septembre 2009

De l'aventure avec Théo Varlet

rOCDoRvARLET.jpg



LE ROC D’OR, par Théo VARLET. — Plon, éditeur

L’action du roman de Théo Varlet, basée sur la lutte épique engagée pour le redressement du franc contre l’assaut des devises étrangères, semble donc emprunter, en quelque sorte, son actualité à la situation tragique de ces dernières années.
La livre anglaise est montée hypothétiquement à 460 francs. Au plus fort de la crise ’ I où se débat le crédit de la France victorieuse, mais meurtrie, l’or sauveur tombe du ciel au milieu de l’Atlantique sous la forme d’un monstrueux bolide, qu’un navire étranger pense d’abord être un surgissement sous-marin d’origine volcanique. Dans le plus grand mystère, 1’« Erebus II » (1) qui devait partir pour le pôle sud sous les ordres du commandant Barcot (2), frété par le banquier Rivier, est réquisitionné, dirigé vers l’île énigmatique qui se trouve être une mine d’or et de fer. Une première cargaison est ramenée à Cherbourg, non sans de dramatiques incidents. Des croiseurs et des cargos sont d’office expédiés au placer lointain, où le drapeau de la France flotte et, au milieu d’un tumulte qui agite à la fois la rue, la politique et la Bourse, le franc remonte, regagne le pair, dépasse la livre sterling. La chose lie va pas, on le conçoit, sans lutte. La Société des Nations hésite à reconnaître le droit de la France, premier occupant. L’Allemagne intrigue et l’un de ses plus dangereux agents, innocemment secondé par sa fille, vierge sage, vouée à la science pure, surprend le secret du prodigieux revirement, essaye de le combattre par tous les moyens, y compris l’émission . de faux billets de banque, Les convoitises rivales s’agitent, se concertent, s’arment. On est à la veille d’une nouvelle guerre mondiale. Subitement, l’île”, enchantée s’effondre, entraînant ses trésors dans un fond de quatre mille mètres. Imagination débordante qui rend la lecture très attachante. (sic)

Dorine



L’Africain, 15 avril 1932, p. 5

Notes de l’éditeur :
1. Erebus II : du nom du HMS Erebus, construit en 1826, qui portait l’expédition James Clark Ross en 1841 lors de la découverte Mount Erebus, volcan de l’île de Ross (Antarticque).
2. Barcot : référence, et hommage, à l’explorateur français Jean-Baptiste Charcot.

- page 2 de 4 -