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jeudi 12 mai 2016

Les Français voyagent dans le temps

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La Belle Valence, par Théo VARLET et André BLANDIN. — Dernièrement, Antonin Seuhl, dans trois volumes de La République de Patati et Patata et H. Le Gentil, dans La Seconde Vie dit Chevalier, ont réveillé des gaillards armés de pied en cap de leur sommeil centenaire, pour les faire évoluer dans le monde moderne. C'est un peu le contraire que font aujourd'hui Théo Varlet et André Blandin, deux joyeux conteurs. Munis d'une nouvelle machine à explorer le temps, ils décollent du front tout un secteur, et le projettent en Espagne dans le passé, à l'époque saumâtre de l'Inquisition. Je vous propose de croire que cette occupation de Valence, (illisible) le jus, comme pourraient dire les poilus, singulièrement transplantés. C'est d'un (illisible)que irrésistible, avec des trésors de n(illisible) scientifiques et historiques qui n'ont l'air de rien, tellement ils sont habillement en(illisible) dans la blague. Encore un bon livre à ranger parmi quelques autres sur le rayon de (illisible) cafard ! (8 fr.).


Floréal, 5 mai 1923.

samedi 12 décembre 2015

Un bandeau peu commun

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vendredi 16 mai 2014

Rétropédalage : les couvertures du Roc d'or

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Théo Varlet Le Roc d'or. llustrations de Janserge. — Paris, les petits-fils de Plon et Nourrit, 1927, 251 pages.
Théo Varlet Le Roc d'or. Illustrations de Fresnoy. — Paris, les petits-fils de Plon et Nourrit, 1932, coll. "Aventures" (n° 12), 253 pages.
Théo Varlet Le Roc d'or. Postface d'Eric Dussert. — Paris, Le Serpent à Plumes, 1998, coll. "Motif", 273 pages.
Théo Varlet Le Roc d'or. Illustrations de Nicolas André. Présentation et bibliographie du Préfet maritime. — Paris, L'Arbre vengeur, 2014, coll. "L'Alambic" (n° 20).



Et la fameuse reliure de la collection cartonnée de Plon rocdor02.jpg

mardi 13 mai 2014

Dès vendredi, Le Roc d'or de Théo Varlet est en librairie (la presse en parle)

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Après l'article de Claude Aveline, ces deux nouvelles pièces d'archive relative au livre qui permit à Hergé de dessiner L’Étoile mystérieuse :


LE ROC D'OR, par Théo VARLET (Librairie Plon 10 fr.). Sous l'effort de la finance internationale et de la plus basse politique, la livre est montée à 460 francs. C'est l'effondrement du crédit de la France, la banqueroute, la ruine. Mais voici qu'une terrible nouvelle emplit le monde d'angoisse un formidable raz de marée bouleverse les côtes des cinq continents. Un navire qui devait partir pour le pôle Sud est réquisitionné par le gouvernement et chargé, malgré la gravité de la situation monétaire, d'aller reconnaître les causes du cataclysme une éruption volcanique en plein océan Atlantique, croit-on. Or cette île est un bolide composé d'or et de fer. L'équipage français y plante le drapeau national et une première cargaison du précieux minerai est ramenée à Cherbourg, non sans de dramatiques incidents. Les autres nations se concertent la S. D. N. siège en permanence. L'Allemagne intrigue et surprend, par un de ses espions, la cause de la subite richesse française. Sous le coup des convoitises déchaînées par ce prodigieux événement, la guerre est près d'éclater, quand subitement l'île s'effondre par quatre mille mètres de fond. La France a triomphé, le franc est revenu au pair.
Un bon roman d'aventures par le traducteur des principales œuvres de Stevenson qui est à la fois un grand voyageur, un fin poète et un excellent romancier.
J. L.

La Revue Hebdomadaire (n° 14, 2 avril 1927).


et, last but worst, l’inénarrable abbé Beethléem dans ses hautes oeuvres :

Dans Le Roc d'or, Théo Varlet résout d'une manière originale et fort inattendue la crise financière dont souffre notre patrie. Juste au moment pi^iicc, c'est à dire quand tout semble perdu, il fait tomber du ciel, sous forme de bolide, un énorme roc d'or et de fer. Son sommet émerge au dessus des flots de l'Atlantique et forme une île nouvelle. Un navire français, I' « Erebus II », la découvre le premier et son capitaine y plante le drapeau tricolore. II fait plus, il garde le secret et rentre à Cherbourg avec une cargaison de pépites d'une valeur de huit milliards or. D'autres bateaux parlent à leur tour et reviennent chargés. C'est le salut : le franc remonte brusquement, atteint et dépasse le pair.
Cependant la S. D. N. se préoccupe de l'attribution de celte île nouvelle ; l'Allemagne qui, par ses espions et grâce à une « indiscrétion amoureuse », a découvert le fameux secret, menace la. France d'une nouvelle guerre, ses avions vont prendre leur vol. Mais voici que l'île s'effrite et s'effondre soudain dans la mer. Une seconde fois, la France est sauvée.
Sujet de brûlante actualité que l'auteur traite de façon très personnelle. Il y fait rentrer toutes sortes de questions, politiques et scientifiques : l'astronomie, la cosmogonie, la T. S. F., l'aviation, le péril jaune, etc. Il chante un hymne ému à la science, à la richesse, au « dieu or », au « dieu spéculation », au « grand cosmos », et cela, sur un ton qui trahit une arrière-pensée matérialiste et païenne. Par exemple, il appelle la Bourse « le tabernacle du monde » et les banques, les « coeurs sacrés de Paris. » « Les hommes en y pénétrant, ajoute-t-il, ont plus de piété vraie que dans les basiliques : croyants et incroyants s'y réunissent en une dévotion commune, celle de la richesse », etc.
Nous ne parlons pas du style, qui abonde en néologismes. Nous nous réduisons au point de vue moral et nous soulignons les réserves que nous avons faites : les lecteurs sont avertis.


Revue des Lectures (15 mai 1927).


Théo Varlet Le Roc d'or. Préface du Préfet maritime. - Talence, l'Arbre vengeur. 304 pages, 14,50 € Bientôt chez vous !

dimanche 4 mai 2014

Claude Aveline loue le Roc d'or (1927)

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En attendant la parution, le 15 mai prochain, du Roc d'or de Théo Varlet, voici ce qu'en disait bienveillamment Claude Aveline en mai 1927 dans la Chronique des lettres françaises :


LE ROC D'OR, par Théo Varlet (Plon)
Après avoir traduit L"'Île au trésor", de Stevenson, M. Théo Varlet crée lui-même l'île-trésor : il nous raconte la découverte d'un bolide énorme, qui chut du ciel pour le plus grand bien du franc et la mortification de la livre, grimpée jusqu'à 450. Les romanciers aiment ainsi de mettre leur patrie en danger, ou d'accroître celui qu'elle court, afin de pouvoir la délivrer aec plus d'éclat. Il faut avouer que la manière de M. Varlet est bien attachante. On admet facilement le secours céleste, on suit avec curiosité le déroulement des réactions et des troubles qu'il engendre. Naturellement l'Allemagne est mêlée au récit, et il y a un professeur espion de première force, qui utilise le microphone (...), le docteur Marquin, homme d'esprit, dont le mérite est de se trouver sur le bateau qui découvre le roc d'or, et de relate un récit passionnant auquel son amour ajouter une note nécessaire.
L'auteur du "Démon dans l'âme" et de "La Belle Valence", n'a pas cru déchoir en sacriifant au roman d'aventures, et il a eu raison. Près du roman psychologique, celui-ci possède un rôle précieux : de délassement, de repos. A la manière des films où le nombre des péripéties nous fait mieux goûter la mollesse et l'immobilité de notre fauteuil, le roman d'aventures nous donne, sans porter atteinte au calme de notre esprit, un spectacle enchanté.
Claude Aveline




Théo Varlet Le Roc d'or. Préface du Préfet maritime. — Talence, L'Arbre vengeur, 2014.

vendredi 2 mai 2014

Entre vos mains... Le Roc d'or !



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Il arrive !!!




mardi 4 février 2014

Les écrivains et la crise (un point de vue de 1934)

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Les "Sept", chroniqueurs collectifs se prêtant la plume donnaient dans l'hebdomadaire catholique Sept, le 23 novembre 1934 un papier sur les conditions économiques de l'activité d'écrivain après l'appel à l'aide lancé par les Amis de Théo Varlet.

Au-dessus d'un encart publicitaire sur la Fonderie de cloches de Bagnolet (sic), la situation de l'industrie éditoriale, papetière et littéraire était évoquée dans les circonstances que l'on connait : une crise du prix du papier doublée de la Crise majuscule, doublée d'une floraison étonnamment vivace de nouveaux titres de presse, hebdomadaires notamment.

Dans le même numéro, François Mauriac donne "Les Forçats du repos" en page une, un texte sur les chômage.

Si tu es gai...



L'Écrivain et la crise


Il y aurait pas mal d'hypocrisie a penser et à dire que l'activité littéraire est rigoureusement indépendante des circonstances économiques dans lesquelles elle se trouve. Les théoriciens de la tour d'ivoire auront beau faire : ventre affamé n'a pas d'oreilles, mais il n'a pas davantage de plume !
La période de prospérité a correspondu à une inflation littéraire dont on a bien souvent dénoncé les périls. La crise s' est accompagnée d'une crise littéraire, tendant à diminuer la production. Par quel mécanisme? C'est ce que nous essaierons de voir.
L'écrivain est, c'est une vérité première, dans la dépendance de son public, s'il vit de sa plume ou s'il tire d'elle un supplément de traitement, dans le cas du « second métier ». Si le public achète moins de livres, l'écrivain voit ses droits d'auteur diminuer. C'est ce qui s'est passé pour la majorité des écrivains, contemporains dont aucun ne fait plus les recettes de 1927 ou 1928. Les maisons d'édition, qui sont souvent des organismes fragiles (sauf quelques très vieilles et solides affaires) donnent des signes de malaise et quelquefois meurent. Les revues paient plus ou moins, les journaux eux-mêmes peuvent connaître la gêne.
Il est bien certain que les conséquences d'un tel phénomène ne sont pas à dédaigner. Évidemment les vedettes des devantures, les gloires de la librairie, ne seront pas éliminées parce que la crise sévit : mais les « seconde zone » peuvent très bien subir des éclipses. On cite le cas de jeunes auteurs qui, vers 1927, jetaient beaucoup d'éclat et qui, aujourd'hui, ne trouvent même plus à se faire publier. Les éditeurs ne peuvent plus, en nos temps amers, se permettre la dangereuse fantaisie de payer des auteurs pour ne pas vendre leurs livres.
Certains cas peuvent même être tout à fait pénibles. Récemment un appel a été reproduit dans maints journaux en faveur d'un écrivain de talent, mais qui n'a jamais pu s'inscrire au premier plan de l'actualité, Théo Varlet. Malade, cet auteur n' arrive plus à payer sa vie avec sa plume. On en sait pas mal d'autres, ayant d'ordinaire dépassé la cinquantaine, qui sont dans un cas analogue.
Les conditions économiques ont eu d'autres conséquences. Le développement des hebdomadaires en est une. Dans un journal comme Sept, comme Candide ou Marianne, on trouve la matière d'un livre à 12 francs. Et cela pour 10 à 15 sous. On a fait des enquêtes pour savoir si l'hebdomadaire nuisait au livre.
La question, pour nous, est évidente. Quand un lecteur a acheté trois ou quatre hebdomadaires (c'est courant), il n'a guère le temps d'acquérir et de lire un livre. Cela modifie du tout au tout les conditions même de la production littéraire, et on voit les plus grands auteurs donner leurs livres dans les hebdomadaires : Maurois publie Byron à Candide, Mauriac va donner un roman à Gringoire.
D'autre part, la crise économique a fait se multiplier tes collections à prix réduit qui publient parfois de l'inédit, plus souvent des rééditions de succès. Il est courant, disent les libraires, de voir des clients qui n'achètent plus que des livres à 3 fr. 50 ou 6 francs; préférant attendre un an ou deux pour connaître tel ouvrage: plutôt que de l'acquérir au prix fort.
Faut-il ajouter encore une recrudescence du commerce des bouquins d'occasion ? Tel libraire des boulevards nous avouait que la moitié de son chiffre d'affaires est fait ainsi ! Livres achetés à d'anciens propriétaires, à des critiques qui s'en débarrassent, ou encore à des éditeurs en faillite. Là encore, concurrence sérieuse pour l'écrivain.
Si la situation est devenue difficile pour l'écrivain de métier dont le nom est déjà connu, que dire alors du débutant ? Là peut-être réside le plus grave danger. L'influence de la crise sur les lettres se manifeste surtout par le refus quasi systématique qu'oppose l'éditeur au nouveau venu. La maison Grasset, une de celles qui ont le plus heureusement assumé le rôle de « découverte », s'est targuée, il y a peu de temps, de n'avoir, cette année, publié qu'un seul débutant (1). II est certain que les jeunes ont, ces temps-ci, une peine extrême à se faire connaître. Les hebdomadaires de grand tirage leur sont fermés; les revues, pour lutter contre ces concurrents nouveaux, veulent des sommaires éclatants truffés de noms illustres; les éditeurs ne. consentent à publier que celui qui a déjà fait ses preuves. Cercle vicieux.
Nous ne disons pas qu'un manuscrit de jeune doive, aujourd'hui, demeurer fatalement inédit. Il se trouvera bien un lecteur de maison d'édition pour le repérer et l'imposer. Mais ce cas est tragique pour ceux dont le talent n'est pas encore venu à totale maturation et qui ont besoin qu'on leur fasse confiance. Ils n'ont qu'à écrire, pour eux, en attendant d'avoir fait un chef-d' œuvre ! me dit-on. — C' est ignorer totalement les conditions dans lesquelles s'élabore une œuvre littéraire, les exigences spéciales de l'écrivain qui a besoin d'être soutenu par l'amitié d'un public, et que, sauf cas exceptionnel, la solitude totale. stérilise. Cette "guérison sévère" dont M. Marin a parlé, elle est très vraie : mais ce sont, là comme partout, les jeunes qui en font les frais.
Nos lecteurs nous en voudront-ils si nous disons un mot de l'écrivain catholique ? Sa situation n'est pas meilleure que celle de ses confrères. L'écrivain catholique qui se limite à la presse « catholique » a très peu de tribunes à sa disposition. Et des tribunes qui — sauf une exception illustre — sont loin de permettre les grands effets de voix de la presse demi-catholique. D'autre part, les éditeurs purement catholiques ont, en général, peu de portée sur le grand public : ils ont leur public, magnifiquement fidèle, mais qui forme un îlot bien défini: Certains, comme Desclée-de Brouwer tentent de s'étendre au grand public sans rien abandonner de leur caractère catholique : c'est un beau dessein, et qui rendrait service à maints écrivains. Quant aux éditeurs non-catholiques, même s'ils ont des collections qui bénéficient de tous les imprimatur du monde, ils ne peuvent préserver leurs auteurs de certains voisinages parfois gênants.
Il y a là un problème, très certain, très important, les catholiques de France constituent un public : ils n'ont pas encore leurs moyens d'expression parfaitement adéquats. Nos lecteurs savent assez que Sept a été créé précisément pour leur fournir ce moyen d'expression. Mais tout notre effort ne peut pas suffire, à lui seul.
L'écrivain chrétien est en droit de compter sur les lecteurs chrétiens, le journal sur les amis de sa foi. Quand une revue comme Le Correspondant, qui a représenté, dans la grande famille catholique, une nuance importante, vient à disparaître parce que la crise la secoue implacablement, c'est une perte pour l'expression chrétienne tout entière. Il ne s'agit pas pour nous de jeter des exclusives (sauf sur des auteurs et des publications qui offensent notre foi ou la morale) : mais il s'agit de nous unir tous dans un même effort, afin de soutenir les nôtres, ceux qui font entendre notre voix.

Les Sept

Sept, l'hebdomadaire du temps présent, vendredi 23 novembre 1934.

(1) Il y a cependant une maison qui a publié une vingtaine de débutants; mais c'est pour des raisons que nous ne pouvons pas exposer ici en détail et qui ne constituent qu'une exception, à demi heureuse au surplus.

Illustration du billet : Arrestation de manifestants contre le chômage, 1932 (détail)

samedi 1 février 2014

Le Roc d'or de Théo Varlet bientôt en librairie !

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Si Roc d'or a laissé un grand souvenir aux turfistes de l'Indochine des années 1936-1937 — ce cheval finissait souvent placé —, on est en droit de se demander si son propriétaire avait nommé ou non le cheval en référence au roman de Théo Varlet. Son succès d'estime justifie diablement cette hypothèse.
Pour l'heure, et avant d'éclaircir cette énigme sans importance, sachez, heureux mortels, qu'une nouvelle édition de ce grand roman d'aventures sera très prochainement sous presse.
Voilà qui réjouit, d'autant qu'une couverture somptueuse et colorée nous met l'eau à la bouche...


On en a parlé (en 1927) :

Après avoir traduit L'Île au trésor, de Stevenson, M. Théo Varlet crée lui-même l'île-trésor : il nous raconte la découverte d'un bolide énorme, qui chut du ciel pour le plus grand bien du franc et la mortification de la livre, grimpée jusqu'à 450. Les romanciers aiment ainsi de mettre leur patrie en danger, ou d'accroître celui qu'elle court, afin de pouvoir la délivrer avec plus d'éclat. Il faut avouer que la manière de M. Varlet est bien attachante. On admet facilement le secours céleste, on suite avec curiosité le déroulement des réactions et des troubles qu'il engendre. Naturellement l'Allemagne est mêlée au récit, et il y a un professeur espion de première force, qui utilise le microphone et se suicide lorsqu'il et découvert. Il y a la fille du professeur, qui n'est pas sa ville, parce que la mère eut le bon goût de tromper celui-ci : et par conséquent la jeune et belle Frédérique sera digne du héros, le docteur Marquin, homme d'esprit, dont le mérite est de se trouver sur le bateau qui découvre le roc d'or, et de relater un récit passionnant, auquel son amour ajouter une note nécessaire.
L'auteur du Démon dans l'âme et de La belle Valence, n'a pas cru déchoir en sacrifiant au roman d'aventures, et il a eu raison. Près du roman psychologique, celui-ci possède un rôle précieux : de délassement, de repos. A la manière des films où le nombre des péripéties nous fait mieux goûter la mollesse et l'immobilité de noter fauteuil, le roman d'aventures nous donne, sans porter atteinte au calme de notre esprit, un spectacle enchanté.

Claude Aveline



Chronique des lettres françaises, mai 1927, p. 422-423)


Théo Varlet Le Roc d'or. Préface du Préfet maritime. - Talence, l'Arbre vengeur. Bientôt sous presse !

lundi 24 juin 2013

Paris-Calenques (retour d'Arène)

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Oh, qu'elles étaient jolies les nouvelles de monsieur Arène !
% Elles avaient le format des contes, ou plutôt des chroniques qu'il écrivait dans la presse parisienne, qui se régalait des régionalismes hauts en couleurs, pour se remémorer son lointain pays de Provence sans doute alors qu'il faisait l'homme de lettres à Paris. Et ses chroniques, elles sentaient si bon le romarin, et elles sonnaient si fort qu'on entendait les cigalous en les lisant... En faisant souffler la tramontane, les chroniques d'Arène remplacent généreusement le soleil qui nous fait défaut depuis trop longtemps (on le lui rappellera à ce globe présomptueux, et s'il croit qu'on va encore lui sacrifier des tas de vierges, il se met la fusée dans l’œil !).

Comme nous évoquions il y a quelque temps la figure de Mistral,, nous est parvenue une utile édition des nouvelles de Paul Arène qui n'était plus disponible depuis lurette, malgré la diffusion phénoménale de l'opus au cours du siècle dernier. - D'autant qu'Arène, ne l'oublions jamais, n'est pas un minus habens : il est l'un des trois rédacteurs des Lettres mon moulin de la fabrique Daudet & Cie. En cette année de capitalerie marseillaise, il fait bon saluer le Sud, ses Provençaux et nos rêves anciens.
Paul Arène, c'est un nom doux à l'oreille. il a des senteurs de Provence, mais aussi de salle de classe en hiver quand, au froid, on se réchauffait l'esprit à ses pages bienvenues. L'auteur de La Chèvre d'or (Sgap, 1888) et même de Paris ingénu (Charpentier, 1882), ne manquait pas d'esprit, comme vous pouvez vous en apercevoir dans cette lettre publiée par son ami Anatole France (Le Temps, 15 février 1891, p. 2).

Paris, 11 février 1891.
Mon cher ami,
Je comptais vous rencontrer l'autre jour pour conférer sur une affaire d'importance.
Il n'y a pas de Tellier qui tienne, et Homère n'est pas un imbécile. Homère n'eût jamais imaginé qu'on pût prendre une rame pour une aile de moulin a vent lesquels moulins à vent n'existaient pas d'ailleurs au temps d'Homère.
En Provence et ceci prouve que vous devriez y venir pour être tout à fait Grec en Provence, après la moisson, nous jetons le blé au van avec des pelles qui, en effet, ressemblent pas mal à des rames.
Il est donc naturel que des populations montagnardes, ne connaissant ni la mer, ni les choses de la mer, aient pris pour nos pelles à vanner pour la rame qu'Ulysse portait sur le dos. Il est doux d'illuminer Homère à travers les brouillards des commentateurs ingénus. D'ailleurs, c'est à Mistral que revient l'honneur de la contribution. >Nous trouvâmes la chose en riant comme des paysans, un jour que nous récitions l'Odyssée sous les cyprès noirs de Mailanne.
Les dieux vous tiennent en joie !

Votre,

Paul Arène

Mais bast ! Il n'y a pas que l'exactitude historique chez Arène et dans ses nouvelles, il y a aussi un peu de Paris, des personnages impayables de cette ville à martyrs, et puis son ami Léon Cladel, l'abbé Gribouri (mais oui !), un dieu païen embêté par la maréchaussée — il préfigure sans doute "Le Dernier Satyre" de Théo Varlet —, un certain Barjavel, des bas-bleus, des raccourcis délicieux, du "hatchich" (mais si), un propos sur la langue de bois des critiques littéraires et cent choses que l'on voudrait citer ici. Surtout, il y a sa natale Sisteron, des zinzins et des zinzinières, la mer...

"Des myriades de cigales, mises en gaieté par la chaleur du jour, s'égosillaient sur les arbres poudreux de la route, se taisant un moment ua passage de la voiture pour recommencer aussitôt de plus belle et rattraper le temps perdu."

Pour ne pas perdre tout à fait le sens de l'été, le livre qu'il vous faut dès à présent. D'ailleurs,

"Ferréol s'était tu, un peu rouge. Une orange tomba, on entendit la mer chanter."






Paul Arène Vers la calenque. Récits d'un Provençal. — Marseille, Gaussen, 224 pages, 20 €

jeudi 28 février 2013

Théo Varlet, lecteur de Mistral

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Bien que je vive depuis trois ans sur les côtes méditerranéennes je connais trop peu le provençal surtout littéraire — pour en juger correctement l’œuvre textuelle de F. Mistral. Ceci n'est donc pas une réponse à votre enquête, mais un simple témoignage de ma haute admiration poétique envers l'auteur de "Mireille" et de "Calendal" (je n'ai pas lu ses autres œuvres), où je retrouve, sous leur version française, mon amour magnifié et multiplié de la divine Provence, un de mes pays d'élection.
Théo Varlet




Les Marches de Provence, 1re année, n° 4, mai 1912, p. 145.

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