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vendredi 14 octobre 2016

Gothique colonial

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Matthew Gregory Lewis (1775-1818) n'est pas l'auteur du seul Moine dont Artaud tira des merveilles. Il est aussi celui de L'Anaconda, une nouvelle parue en 1808 dans les Romantic Tales, traduite une première fois en 1822 par la baronne de Sénevas (Alexandrine Dodun de Keroman) pour le compte de la veuve Renard (l'édition de 1822).
Ce récit rapidement mené raconte comment le serpent vert et jaune sema la panique dans la propriété d'Asie — on est à côté de Colombo — d'un riche planteur anglais. Après l'abus de douves de châteaux obscurs entourés de forêts sombres, de souterrains humides, de monastères sans humanité et de caves surpeuplées d'insectes et de surmulots, ce texte scelle l'irruption du monstre dans le roman gothique.
Et en forêt tropicale, s'il vous plaît. La luxuriance a de la mâchoire.
La critique britannique a bien voulu voir dans ce conte un assaut contre l'impérialisme paternaliste britannique (le patron meurt des conséquences de l'absorption de l'haleine viciée du bestial, mais oui, signe que Lewis n'avait pas fait de longues études en sciences naturelles, et le vieux serviteur un petit peu broyé par le serpent lui survit puisque manifestement il était souple). On peut en discuter longtemps. On ira plutôt voir ce récit pour découvrir un peu plus M. G. Lewis, cet auteur rare, mort jeune et qui reste probablement l'écrivain qui aura été la plus grande victime littéraire de son propre grand succès.
Les éditions Finitude ont choisi d'équiper l'opus d'une tranche noire sur des pages historiées du goût le plus serpentin.
C'est noir comme faire-art de deuil, c'est élégant comme une orchidée noire, c'est piquant comme une haie d'aubépine.



Matthew Gregoy Lewis L'Anaconda. Traduction de Pauline Tardieu-Collinet. — Bordeaux, Finitude, 126 pages, 14,90 €

mercredi 1 juin 2011

Pohol le maudit reparaît

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Il est disponible !


Pohol, histoire de 1829 était le feuilleton de l'été dernier sur l'Alamblog. Illustré de photographies de l'artiste Christèle Jacob, il avait été remarqué.

Le Marseillais Marc Michel (1812-1868) y faisait ses premiers pas littéraires dans le goût romantique propre à son temps. Si, en bon pays de Barthélémy et Méry, il deviendra un humoriste doublé d'un journalistse, ainsi que le premier coauteur du jeune Eugène Labiche, c'est à la manière des frénétiques Xavier Forneret, Charles Lassailly ou Petrus Borel qu'il établissait dans le grand journal de la cité phocéenne le récit du destin d'un personnage (très) maudit dont le sort s'incarnait au Père-Lachaise, lieu alors tout juste inauguré mais déjà fort évocateur...

Exercice d'un jusqu'auboutiste rayonnant, hommage et satire gothique tout à la fois, Pohol restait une pièce négligée de l'histoire du romantisme. Elle peut cependant paraître des plus importante : d'une tournure d'esprit étonnamment moderne, elle méritait à l'évidence d'être soumise aux lecteurs, qui apprécieront sans nul doute son ironie et ses caprices.

En version intégrale, agrémentée de textes de jeunesse inédits de Marc Michel, issus du Sémaphore de Marseille et de la Revue de France, cet étonnant bijou du romantisme est désormais sous presse et paraîtra le 1er juin prochain à l'enseigne Des Barbares...

Censure dramatique, saint-simonisme, bêtise intégrale, pédagogie de Cour d'assises sont les sujets traités dans les autres écrits de Marc Michel qui n'avaient jamais ont jamais été repris en volume.

Marc Michel Pohol et autres textes terribles (inédits). Préface du Préfet maritime. Couverture illustrée de deux photographies de Christèle Jacob. — Paris, Des Barbares..., 1er juin 2011, 112 pages, 16 € (franco de port jusqu'au 1er juin 2011).


vendredi 13 mai 2011

Pohol, un petit romantique inconnu (souscription en cours)

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Pohol, histoire de 1829 était le feuilleton de l'été dernier sur l'Alamblog. Illustré de photographies de l'artiste Christèle Jacob, il avait été remarqué.

Le Marseillais Marc Michel (1812-1868) y faisait ses premiers pas littéraires dans le goût romantique propre à son temps. Si, en bon pays de Barthélémy et Méry, il deviendra un humoriste doublé d'un journalistse, ainsi que le premier coauteur du jeune Eugène Labiche, c'est à la manière des frénétiques Xavier Forneret, Charles Lassailly ou Petrus Borel qu'il établissait dans le grand journal de la cité phocéenne le récit du destin d'un personnage (très) maudit dont le sort s'incarnait au Père-Lachaise, lieu alors tout juste inauguré mais déjà fort évocateur...

Exercice d'un jusqu'auboutiste rayonnant, hommage et satire gothique tout à la fois, Pohol restait une pièce négligée de l'histoire du romantisme. Elle peut cependant paraître des plus importante : d'une tournure d'esprit étonnamment moderne, elle méritait à l'évidence d'être soumise aux lecteurs, qui apprécieront sans nul doute son ironie et ses caprices.

En version intégrale, agrémentée de textes de jeunesse inédits de Marc Michel, issus du Sémaphore de Marseille et de la Revue de France, cet étonnant bijou du romantisme est désormais sous presse et paraîtra le 1er juin prochain à l'enseigne Des Barbares...

Censure dramatique, saint-simonisme, bêtise intégrale, pédagogie de Cour d'assises sont les sujets traités dans les autres écrits de Marc Michel qui n'avaient jamais ont jamais été repris en volume.

Marc Michel Pohol et autres textes terribles (inédits). Préface du Préfet maritime. Couverture illustrée de deux photographies de Christèle Jacob. — Paris, Des Barbares..., 1er juin 2011, 112 pages, 16 € (franco de port jusqu'au 1er juin 2011).


Les chèques sont à libeller à l'ordre d'Eric Dussert 29, rue du Borrégo 75020 Paris.

lundi 25 avril 2011

Pohol bientôt disponible

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Pohol, histoire de 1829 était le feuilleton de l'été dernier sur l'Alamblog. Illustré de photographies de l'artiste Christèle Jacob, il avait été remarqué.

Le Marseillais Marc Michel (1812-1868) y faisait ses premiers pas littéraires dans le goût romantique propre à son temps. Si, en bon pays de Barthélémy et Méry, il deviendra un humoriste doublé d'un journalistse, ainsi que le premier coauteur du jeune Eugène Labiche, c'est à la manière des frénétiques Xavier Forneret, Charles Lassailly ou Petrus Borel qu'il établissait dans le grand journal de la cité phocéenne le récit du destin d'un personnage (très) maudit dont le sort s'incarnait au Père-Lachaise, lieu alors tout juste inauguré mais déjà fort évocateur...

Exercice d'un jusqu'auboutiste rayonnant, hommage et satire gothique tout à la fois, Pohol restait une pièce négligée de l'histoire du romantisme. Elle peut cependant paraître des plus importante : d'une tournure d'esprit étonnamment moderne, elle méritait à l'évidence d'être soumise aux lecteurs, qui apprécieront sans nul doute son ironie et ses caprices.

En version intégrale, agrémentée de textes de jeunesse inédits de Marc Michel, issus du Sémaphore de Marseille et de la Revue de France, cet étonnant bijou du romantisme est désormais sous presse et paraîtra le 1er juin prochain à l'enseigne Des Barbares...

Censure dramatique, saint-simonisme, bêtise intégrale, pédagogie de Cour d'assises sont les sujets traités dans les autres écrits de Marc Michel qui n'avaient jamais ont jamais été repris en volume.

Marc Michel Pohol et autres textes terribles (inédits). Préface du Préfet maritime. Couverture illustrée de deux photographies de Christèle Jacob. — Paris, Des Barbares..., 1er juin 2011, 112 pages, 16 € (franco de port jusqu'au 1er juin 2011).


Les chèques sont à libeller à l'ordre d'Eric Dussert 29, rue du Borrégo 75020 Paris.

vendredi 23 juillet 2010

Pohol, histoire de 1829

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La suite de ce merveilleux feuilleton que vous attendez tant paraîtra sous peu, et sous la forme d'un volume à l'enseigne Des Barbares...

C'est frustrant, n'est-ce pas ?

Songez tout de même qu'outre la conclusion de cette terrible histoire, vous aurez (pour un prix aussi raccourci que possible) force textes inédits de Marc Michel, et tout un équipement documentaire bien digne de Pohol le maudit



Pohol et autres textes inédits, par Marc Michel, Paris, Des Barbares... paraîtra en septembre. Une souscription sera lancée dans les jours à venir.

jeudi 15 juillet 2010

Pohol, histoire de 1829 (XV)

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XV

Meurtre

"Vois cette lettre, elle est de toi ; c'est celle, t'en souyient-il, que tu écrivis au supérieur de mon séminaire quand je voulais.y rentrer en quittant ta maison... cette lettre où tu me calomniais par amour, tu ne sais pas que Marie l'a lue et s'est noyée après... Je n'ai donc plus ici-bas que ton affection ; aussi je viens à toi, et je t'aime... Ne le crois-tu pas ? Mais vois comme je ris, comme je suis heureux là, à tes côtés, comme mes baisers brûlent sur la main qui tremble... Tu ne dis rien, Julie ?... parle-moi, parle-moi donc... dis-moi que lu me pardonnes et que tu m'aimes encore... Il me faut ton amour, vois-tu, il me le faut ! c'est mon dernier espoir, ma dernière joie ; ne me l'ôte pas, au nom de... »

Il n'osa dire : au nom de Dieu.

Quand il l'eut bien rassurée à force de paroles d'amour, de supplications, de baisers, et qu'elle eut dit : oui! il se pencha comme pour l'étreindre, et lui enfonça un couteau dans le sein.

"Damnée ! s'écria-t-il avec une joie féroce, elle n'a pas eu le temps de dire à Dieu : pardon !"

Il ranima la petite lampe, revint auprès du lit, et contempla cette femme morte et ce sang qui coulait...

Il riait en voyant cela.

(à suivre.)

mercredi 7 juillet 2010

Pohol, histoire de 1829 (XIV)

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XIV

Un amour d'homme

Voilà, parbleu ! un riche appartement, une belle tenture, de beaux meubles, un lit voluptueux, ma foi ! sans son manteau de soie... et puis, cette petite lampe qui.se meurt et laisse tomber sur tout cela ses débiles rayons blanchis par le verre brut qui l'entoure !... Oh ! cet appartement me plaît.

Dans ce lit une femme dort. — Est-elle jeune ou vieille? — Mais, pas très vieille, sans doute, puisque son appartement est si frais !

C'est madame de Bax. — Minuit.

Voici que les rideaux de soie de la croisée se meuvent... voici qu'un homme en sort, vêtu de noir, grand... Voici qu'il s'avance sans bruit, s'arrête auprès du lit, croise les bras et appelle : « Julie ! »

Ne tremblez pas; vous allez voir.

« Point de cris, femme ! » dit l'homme, « c'est Pohol que tu aimes et qui repoussait ton amour, comme Dieu repoussait le sien. Je t'aime aujourd'hui, et je reviens vers toi... Oh ! cela te semble un rêve, n'est-ce pas ? tu ne m'attendais pas aujourd'hui; à cette heure, jamais... regarde, c'est bien moi, pourtant !... Mais tu ne me dis rien ?... est-ce que tu as peur?... est-ce que tu n'as pas de joie à me revoir ? »

Elle avait peur, vrai Dieu! et sa main, que l'homme avait saisie et qu'il pressait dans la sienne, tremblait !

« Tu m'aimais bien Julie... je le sais, c'est pour cela que tu m'as empêché de consacrer à Dieu ma vie ; tu la voulais pour toi. Eh bien ! à toi ma vie ! mon âme, je ne te quitte plus... toujours auprès de toi... Auprès de toi toute l'éternité ! ajouta-t-i! en serrant les dents.

Mais il se remit.

(à suivre.)

mardi 6 juillet 2010

Pohol, histoire de 1829 (XIII)

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XIII

Une lettre

Morte par un suicide, elle était damnée ! Et sa mère qui l'attendait là-haut !

Sa main droite était fermée avec une force convulsive : on voyait le coin d'une lettre entre ses doigts crispés. Pohol ouvrit cette main, brisant presque les doigts, prit la lettre et la lut... Elle était datée du 15 janvier de la même année, adressée au supérieur du séminaire, et signée Julie de Bax. Le contenu le concernait et était horrible de calomnie.

Quand il vit cela, un rire effrayant le prit, ses dents claquèrent.

« Je la tuerai !» dit-il.

— Qui donc ? demanda !e concierge de la Morgue.

— Oh ! vous verrez !

(à suivre.)

dimanche 27 juin 2010

Pohol, histoire de 1829 (XII)

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XII
Désespoir


II fallait l'hyménée... car l'hyménée efface tout. Pohol se rendit chez l'oncle de Marie ; ce pauvre homme qui avait passé une si lamentable nuit, et à qui Marie avait menti en rentrant; il le fallait.

L'oncle ne dit pas non; il demanda seulement quelques jours pour s'informer; c'était juste.

Il fut s'informer au séminaire.

Les quelques jours écoulés, Marie interrogea son oncle. Celui-ci, pour toute réponse, lui remit une lettre ouverte. Après l'avoir lue elle sortit sans bruit; c'était le soir.

Quelques instants plus tard vint le damné, avec de l'espérance dans le coeur, du bonheur dans l'avenir à le rendre fou, à tuer sa noire idée.

« Eh bien ? » fit-il d'une voix frémissante d'espoir.

« Jamais ! » fut-il répondu.

Oh! la rage le prit et le roula par terre avec un râle effrayant... il embrassa les genoux de l'oncle d'une force à lui faire mal... il conjura, pleura, pria... menaça !...

L'oncle appela ses gens.

Pohol se leva droit alors et cria : Il me la faut ! il s'élança dans l'escalier, parcourut la maison, les chambres, appelant Marie. Elle n'y était pas. Il sortit, courut les églises, courut au Père-Lachaise... Rien !

II sortit, courut la ville, courut les églises, courut au Père-Lachaise... Rien !

Savez-vous où il la trouva le lendemain à l'aube ? à la Morgue !... morte... noyée... couchée sur une table de marbre, avec des taches bleues, noires, violettes sur le corps... et morte !



(à suivre.)

jeudi 24 juin 2010

Pohol, histoire de 1829 (XI)

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XI
Horreur

Oui !... car il essuya de ses lèvres ces cheveux blonds ruisselants de .pluie ; car il réchauffa de ses baisers brûlants et frénétiques ce front blanc et glacé comme la statue d'un tombeau... car il la tenait sur ses genoux, frémissante de terreur... sans voix... haletante... Il lui tint des propos extravagants d'amour, de damnation, de bonheur, que sais-je ? Il était fou ! Il parlait... il parlait à son ange, et répétait sa phrase folle quand le ciel criait plus haut que lui, chaque mot entre deux baisers.... chaque baiser entre deux éclats de tonnerre...

Horrible !

Elle, que vous dirai-je ? c'était pour elle un rêve affreux, un cauchemar... elle doutait si elle vivait et veillait... elle ne pouvait parler, crier, ni se défendre, à demi morte qu'elle était d'épouvante et d'émotion...

Oh !... l'ange était en enfer et le damné au ciel.

Quand l'orage eut cessé et que l'aube commença à poindre, ils traversèrent le champ des morts. Marie n'osa regarder la tombe de sa mère... Mais Pohol y jeta un coup d'oeil en passant.

La foudre avait brisé la croix de bois.



(à suivre)

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