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lundi 27 avril 2015

Des crampes

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Sur le stand de la librairie du Sandre, ce dimanche, la collection complète de la revue Crampes. Y compris cette circulaire poilante des A. Appéré et G. Unglik, bien représentative de la stylistique pataphysique :

Chers trésors,
Surpris par vos lettres, bouleversés par vos questions concernant le n° 2 des CRAMPES, c'est le mouchoir à la main, au yeux et au nez que nous avons fouillé notre frigidaire, notre sac à linge et nos tuyauteries à eau et à gaz, que nous avons examiné le contenu de nos cheminées, de nos poches et de celle du Père Ubu, que nous avons soulevé les lames de nos planchers et les jupes de nos maîtresses, que nous avons démonté nos armoires, sondé nos sommiers et édredons, tamisé nos grains de sel et de café, que nous avons raclé nos toiles de maîtres, inspecté nos membres — replis intimes y compris —, que nous avons interrogé les oracles, nos voisins et leurs épouses, alerté les pompiers, que nous avons suspecté la Maffia, les Jésuites et les sectes trotskistes, mais tout ceci en vain...
En conséquence de quoye, nous avouons ne point savoir ce que sont devenus les stocks du n° 2.
Comme quoi, chers trésors, il faut avoir l'oeil à toutes et à tout. Sur ce, l'on vous bise.
Le Comité de Rédaction.


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Une occasion de signaler les trois (3) nouveaux catalogues à prix marqués de la librairie du Sandre. Le premier consacré à la presse d'extrême gauche des années 1960 à 1980 (102 item parfois très rares) , le deuxième à Robert Giraud (riche en pièces rares) et le dernier à six ensembles relatifs à Pierre Mabille, Panaït Istrati, Paulin Gagne, un Voiage anonyme à Visbescq, Bernard Heuvelmans et la revue Orbes.

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Librairie Sandre
5, rue du Marché-Ordener
75018 Paris

mercredi 8 décembre 2010

L'Argot du bistrot

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Robert Giraud (1921-1997), chroniqueur de L'Auvergnat de Paris dans les pas de Jacques Yonnet qui y avait entamé une topographie des débits de loufiats parisiens, avait produit chez Marval en 1989 son Argot du bistrot. Ce dictionnaire - où l'on découvre; émerveillé, les mille et un vocable pour dire "s'enivrer" - montre que le peuple français peut manifester énormément d'imagination lorsqu'il s'agit de boire. Et ça n'est pas chose nouvelle...
Bien entendu, l'expression la plus farce reste ce "der des der" qui n'est jamais le dernier, puisque fort souvent seule la "démarrante", tournée offerte par le patron afin de disperser les mouches encore accrochées au comptoir, peut conduire à le boire, cet ultime.
Qui pourra éventuellement précéder le prochain, descendu à un zinc voisin...
Il est si difficile de "s'accrocher un bidon", n'est-ce pas.
Illustré d'exemples tirés d'une foule d'ouvrages de première bourre (ceux du trimard de Marc Stéphane, Choses et gens des Halles de Charles Fegdal, mais aussi Maurice Fombeure, Jean Lorrain, Alphonse Boudard, Jehan Rictus, etc.), ce petit livre est une partie de plaisir (les citations n'y sont pas pour rien), un moment d'insouciance. Adire vrai, il provoque un laisser-aller tout à fait salutaire et bien décomplexant. Sa lecture devrait être rendue obligatoire avant les fêtes.



Robert Giraud L'Argot du bistrot. Préface de Sébastien Lapaque. - Paris, La Table ronde, 2010, "La petite vermillon", 8,50 €

A noter également, la parution au format poche du livre de Sébastien Lapaque sur le viticulteur Marcel Lapierre, le promoteur du vin naturel disparu le 11 octobre dernier.
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dimanche 22 novembre 2009

Olivier Bailly (un reportage du Préfet maritime)

OBailly.jpg Olivier Bailly et sa fameuse grille



L'Alamblog a enfin surpris Olivier Bailly avec sa fameuse grille, celle dont on raconte qu'il la promène partout (il est costaud : elle est en fonte).

Olivier Bailly, nouveau Rouletabille, est le biographe de Robert Giraud, comme on sait.

mercredi 6 mai 2009

Paris, son pote

GiraudBob.jpg Robert Giraud rue de la Roquette (1950), par Robert Doisneau



Suite à la mise en ligne de notre billet robertgiraldien d’avant-hier, il nous est revenu que nous n’avions pas terminé la lecture de Paris, mon pote, recueil d’articles et chroniques que Robert Giraud a passé son existence à disséminer ici et là.
Surtout là.
En voici toujours le sommaire :

Accordéon musette
Gitans de Paris
Inventaire de la rue
Porte Clignancourt
Musique à ressort
Paris des bêtes
Le Canal Saint-Martin
Le Pont des Arts

Est-il besoin vraiment d’en rajouter une louche sur l’intérêt du volume ?



Robert Giraud Paris, mon pote. Préface d’Olivier Bailly. — Paris, Le Dilettante, 2008, 160 pages, 17 euros.

lundi 4 mai 2009

Bob embiographié

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Robert Giraud était coiffé comme un hibou, mais ça n’est pas pour sa chevelure qu’il était apprécié. Ses reportages aux pays des traîne-pattes, son entregent de nuit, ses déambulations parmi les cloches et les tatoués, les vrais, l’avaient rendu indispensable. Un “récit biographique” d’Olivier Bailly est là pour nous le rappeler qui fait en outre le panorama des “années Fraysse”, du nom du patron du café-tabac de l’Institut (rue de Seine) où il faisait bon couler des heures tranquilles. Et c’est à croire que le rouleau-compresseur de l’histoire officielle n’est pas parvenu à écraser l’histoire parallèle, coquelicot entre les rails. Cette histoire, c’est celle des Caradec et des Jakovski, des Mérindol et du Dudobon, des Clébert et des Yonnet, de la boutique de Romi, c’est l’histoire de la revue Bizarre, c’est une époque plus hétéroclite que ne le laisse imaginer l’historiographie du Saint-Germain-des-Près dont on n’est pourtant qu’à un court jet de fillette. Parions que cette histoire aujourd’hui marginale marquera longtemps après que Sartre et Camus, l’existentialisme et les décapotables auront fini d’exciter les amateurs de grandes idées. Lesquelles passent, comme les modes, quand les Restif restent.
C’est sous une couverture en simili sépia — comme il y aura bientôt de faux formica —, et dans une collection dont le nom nous a toujours paru mauvais, qu’a donc paru le fruit des travaux d’Olivier Bailly (qui n’y est pour rien !), monomaniaque bloqueur (le copain de Doisneau) qui s’est pris de passion pour Monsieur Bob, alias Robert Giraud, le pilier de crachoir, le poteau de Doisneau.
Pour résumer l’action à l’usage des Alamblogonautes, signalons d’abord que Bob Giraud (né à Nantiat le 21 novembre 1921) est l’auteur de l’un des trois grands bouquins parisiens des années 1950 : il y eut d’abord Paris insolite de Jean-Paul Clébert (1954), autre déambulateur — qui tira plus vite que le sieur Bob —, puis Le Vin des rues (1955) — plus probant littérairement, ce “condensé de dix ans de traînasserie dans les coins sombres de la ville” dont la rédaction fut financée par Fraysse lui-même —, et finalement Rue des maléfices de Jacques Yonnet (1956). Trois piliers de zinc, trois déambulateurs, trois livres-cultes. La faute à picrate peut-être.
Après s’être distingué dans la Résistance, Giraud avait collaboré, dès 1945, après avoir dirigé le fugace Unir, Franc-Tireur, Paris-Presse, France-Soir ou Détective, tout en faisant le broc et le bouquiniste. Puis il devint chroniqueur attitré de L’Auvergnat de Paris, comme Jacques Yonnet le fut. Qu’ajouter sans déflorer la biographie d’Olivier Bailly ?
Les références de l’article de René Fallet sur Le Vin des rues ? Il avait paru dans Le Canard Enchaîné du 19 octobre 1955.
Ajoutons encore que Bob Giraud fut un ami d’Yves Martin, que Gaston Chaissac n’a pas oublié de l’inscrire dans sa correspondance (Lettres du Morvandiau en blouse boquine à Pierre et Michel Boujut, Plein Chant, 1998), qu’il avait été le secrétaire du secrétaire de jean Dubuffet (Michel Tapié) après avoir bossé aux halles, qu’il était un ami d’enfance de Roland Dumas, qu’il lui arrivait de tenir la boutique de Romi, qu’il est mort le 17 janvier 1997. Et que Libération et Le Monde l’avaient signalé le 23 suivant, soit cinq jours plus tard, à peine : c’est bien la preuve que Robert Giraud ne comptait pas si peu… même si l’article du Monde était truffé d’une grosse ânerie (valant droit de réponse) et celui de Libé de propos rapportés.
Pour les plus bibliofilous, en mai 2002, la librairie L’Argonaute a diffusé un catalogue à prix marqués où figurait une belle partie de sa bibliothèque (avec envoi, évidemment).


Olivier Bailly Monsieur Bob. — Paris, Stock, 2009, coll. “Ecrivins”, 189 pages, 14,50 euros



Bibliographie succincte du grand Bob

Confessions au jardin (Limoges, Société intellectuelle du Centre, 1943)
La Légende du fils de la Lande (Les Ecrits libres, 1944)
“Couronne de vent” (in Florilège de jeune poésie, préface de Jean Bouhier, Les Ecrits libres, 1944)
Le Matelot du dimanche (Les Cahiers de Rochefort, 1944)
La Cage aux lions. Préface de Denys-Paul Bouloc, avec un dessin de Claude Chanteraud (Paris, r. p. r., 1946)
Les tatouages du Milieu, par Jacques Delarue et Robert Giraud. Photographies de Robert Doisneau et dessins de tatouages par Jacques Delarue (La Roulotte, 1950)
Interdit au coeur. Préface d’André Salmon (Osmose, 1952, coll. “Passage à niveau”)
Les Parisiens tels qu’ils sont. Textes et commentaires de Robert Giraud et Michel Ragon. Photographies de Robert Doisneau (R. Delpire, 1953)
Le Vin des rues (Denoël, 1955)
L’Enfant chandelier (Rougerie, 1958)
La Route Mauve (Denoël, 1959)
“Bistrots”, photographie de Robert Doisneau (Le Point, 1960)
“Le Clochard” (“Problèmes”, octobre 1960)
La Petite Gamberge (Denoël, 1961)
Les Cris de Paris, eaux-fortes de Lars Bo (1961)
Réservé à la Correspondance (Denoël, 1965)
Le Royaume d’Argot, photographies de Robert Doisneau (Denoël, 1965)
La Coupure (Denoël, 1966)
Petites Flores Argotique, dessins de Gilles Sacksik (Halévy, 1968)
“Le Royaume secret du Milieu” (Planète, 1969)
L’Académie d’Argot , dessins de Moisan (Denoël, 1971)
L’Argot tel qu’on le parle (Jacques Grancher, 1981)
Le Vin des rues, avec des photographies de Robert Doisneau (Denoël, 1983)
Carrefour Buci (Le Dilettante, 1987)
Les Lumières du zinc (Le Dilettante, 1988)
Fleurir la ville, eaux-fortes de Lars Bo (1988)
L’Argot du bistrot , illustré de 31 photographies inédites (Marval, 1989)
L’Argot d’Éros (Marval, 1992)
Faune et flore argotique (Le Dilettante, 1993)
L’Argot de la Série noire, avec Pierre Ditalia (Joseph K., 1996-)
Les tatouages du Milieu, par Jacques Delarue et Robert Giraud. Photographies de Robert Doisneau et dessins de tatouages par Jacques Delarue (L’Oiseau de Minerve, 1999)
Paris, mon pote (Le Dilettante, 2008)

lundi 1 septembre 2008

Jacques Yonnet (un autre portrait)

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Nous vous l'avions promis, le voici : un autre portrait de Jacques Yonnet pour que, enfin, on n'oublie plus sa figure.
Et quelle ! Vêtu d'une hure apparemment réglementaire, n'est-ce pas qu'il a belle allure, Jacques Yonnet ?
Il n'est bien évidemment pas nécessaire de faire l'article aux plus aguerris d'entre vous qui ont lu, c'est sûr, sa fameuse Rue des maléfices de 1954 (d'abord intitulée Enchantements sur Paris par Denoël contre sa volonté).
C'est avec Le Vin des rues de Robert Giraud (Denoël, 1955) ou le Paris insolite de Jean-Paul Clébert (1953) l'un des grands bouquins sur le Paris du mi-siècle. Où l'on constate donc qu'entre 1953 et 1955 la maison Denoël a publié trois livres importants, sans cesse réédités, et goûtés par les amateurs de bonnes choses.

Nous n'allons pas faire aujourd'hui le portrait en pied et en mots de Jacques Yonnet. Un article paraîtra dans les jours qui viennent dans le Matricule des Anges et, surtout, nous vous promettons de vous en dire plus dans les temps qui viennent sur ce personnage de prime malice, poète d'abord, puis chroniqueur, marionnettiste et dessinateur - j'ai le souvenir d'une superbe petite huile inachevée de Jacques Yonnet au mur du domicile de Pierre Béarn qui m'avait drôlement fait baver, qu'est-elle devenue ? -, et parce que grand mystificateur : collaborateur de l'Encyclopédie des Farces et Attrapes de Noël Arnaud et François Caradec.
Nous allons faire le nécessaire pour éclairer autant que possible ce personnage qui fusa beaucoup, fréquenta davantage (Doisneau, Romi, etc.), bourlingua dans la capitale au point d'en connaître les recoins les plus miteux et les plus magiques et reste malgré tout une figure notoire mais mal connue.
Savait-on qu'il avait, par exemple, publié une bande dessinée ?
Et se doutait-on que des historiens de la résistance se penchent sur Rue des maléfices pour tenter d'y voir un peu plus clair sur les V-men et les W-men ? Pauvres chercheurs, nous les plaignons, qui doivent démêler chez Jacques Yonnet la part du faux, de la fiction, du vrai et du plus ou moins vrai. De quoi s'offrir un accident vasculaire cérébral...

A suivre donc, et comment !

lundi 30 avril 2007

Bibliographie exhaustive de la revue Bizarre (en cours)

BIZARRE (nouvelle série, n° V, juillet 1956)
Revue périodique nouvelle série

Rédacteur en chef : Michel Laclos
La rédaction reçoit tous les jeudis de 17 à 20 heures, au siège des éditions
Il paraîtra 8 numéros par an (...)
Librairie Jean-Jacques Pauvert, 8, rue de Nesle, Paris VIe
Directeur-gérant : Jean-Jacques Pauvert

2 Le Dompteur de voix sauvages (Franz Hellens)
13 La Vision d'Oladson (Théodore Koenig)
14 Cabinet noir (Ayité Gervais)
15 Mad (planche)
16 Dans le Monde des Variants (J. H. Rosny aîné)
24 Raymond Isidore, bâtisseur de rêves (Robert Giraud)
30 Le Miroir des âmes (Noël Arnaud)
35 Recours en grâce (C. M., communiqué par J.-P. Clébert)
36 Les Pays d'illusion (Pierre Bailly)
42 La Complainte de Tom de Bedlam (trad. J. B. Brunius)
48 Trois contes : Voyage aux Indes, Bouches d'égout, Les ballons (Pierre Bettencourt)
49 Notes : Les Survivants de l'Infini, Saga of Anatahan, Desnos vivant, A propos de "la Peur au ventre", la grande peur de l'an 2000, L'Affaire Alphonse Allais, Les fous littéraires (suite), Découverte de Christophe-Colomb, Fugue à Waterloo, Ambrose Bierce ou le fantastique expérimental, Hommage à Ray Bradbury, Mystères des Rêves, mystère de l'homme (Jacques Delpal, Michel Deutsch, Michel Laclos, Jacques Trézel)
Illustrations : Robert Doisneau, Pierre Bailly, Christophe, Guy Bourdin, Siné, Yan d'Argent, Tony Johannot
Photographies, documents, coupures de presse.
Cahier de publicités in fine.