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jeudi 10 septembre 2015

René-Louis Doyon plaqué au mur




Une nouvelle adresse pour le tourisme littéraire dans le Marais. Elle est apparue hier à 17 h 30 lors de la pose d'une plaque commémorative sur le 2, impasse Guéménée (métro Saint-Paul).
C'est là que vivait le Mandarin, dit aussi le Cyclope, dit Quéqué par ses intimes, j'ai nommé René-Louis Doyon (qui s'autographiait lui-même avec un trait d'union comme en témoigne l'état civil et les couvertures de ses livres), enfant d'Algérie et des Belles-Lettres, premier éditeur d'(André Malraux et dernier de Roger Pillet ou de Victor Barrucand et d'Isabelle Eberhardt, de Maurice Beaubourg et de quelques autres. Il était revuiste (La Connaissance, Les Livrets du Mandarin, Quo Vadis, etc.), romancier et essayiste, comme le prouve son Eloge du maquereau, récemment réédité à l'enseigne des éditions Serge Safran, et particulièrement délectable. (Il est en vente dans la libraire qui se trouve au pied de son immeuble : La Belle Lurette, rue de Rivoli).
D'abord installé rue Boissy d'Anglas lorsqu'il était libraire et éditeur à la Madeleine, puis éditeur chez Denoël, il s'était installé impasse Guéménée où son "filsque" spirituel Jules Roy fit plus d'un tour, et Claude Seignolle et pas mal d'autres.


Les autres billets de l'Alamblog sur René-Louis Doyon : ici.
René-Louis Doyon Eloge du maquereau. - Paris, Serge Safran, 176 pages, 12 €

vendredi 21 août 2015

Emile Chautard cliché

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Voici enfin grâce à Gallica la bouille à moustaches d’Émile Chautard, fameux typographe et auteur de La Vie étrange de l'argot et du Glossaire typographique, ouvrages que René-Louis Doyon, qui n'appréciait guère le bonhomme à moustaches, tenait en piètre estime, bien qu'il soit responsable de l'édition - voire de la réécriture - du second de ses livres pour la maison Denoël. Pour l'argot, c'est vrai, autant choisir de bons accès, il n'en manque pas.
On nous rappelle naturellement que Chautard a aussi commis les Goualantes de la Villette et d'ailleurs, avec des images, don un portrait en majesté mais c'est ici qu'on le voit au turbin. Recueil de miscellanées un peu bancal qui tient moins du recueil de chansons populaires que de la compilation de fait-divers sanglants. Une curiosité néanmoins.




Émile Chautard La Vie étrange de l'argot. Préface d'Henri Godard. - Paris, Bartillat, 2013, 645 pages, 29 €

jeudi 11 décembre 2014

Non à la suprématie du saumon !




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vendredi 24 octobre 2014

Un maquereau sur les ondes

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Jacques Munier a évoqué ce matin (6h35) dans sa chronique des "Matins de France Culture" (“L’essai et la revue du jour”) l’Éloge du maquereau de René-Louis Doyon (Serge Safran, septembre 2014).
En terme onctueux et doux à nos oreilles.



René-Louis Doyon Éloge du maquereau. Édition établie et annotée par le Préfet maritime. - Paris, Serge Safran éditeur, 2014, 175 pages, 12 €


jeudi 25 septembre 2014

Du maquereau et de ses origines... (Céline et Camus ont liké)

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Le 9 octobre prochain reparaîtra dans de nouveaux atours le fameux Éloge du Maquereau du non moins fameux René-Louis Doyon (1885-1966).

C'est à l'enseigne des éditions Serge Safran qu'apparaîtra la fraîche conserve de papier, pleine de surprises, vous verrez ça.

Enquête lexicographique et littéraire, ce panorama du mac est un plaisant parcours dans les zones d'ombre du savoir académique qu'apprécièrent nettement Louis-Ferdinand Céline et Albert Camus. Ils l'ont d'ailleurs écrit.


René-Louis Doyon Éloge du Maquereau. Edition établie par le Préfet maritime. — Paris, Serge Safran éditeur, 175 pages, 12 €


Illustration : Exemplaire customisé par Draco Semlich en septembre 2014.

dimanche 24 août 2014

Eloge du maquereau (René-Louis Doyon reparaît !)

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A l'occasion de la réédition le 9 octobre prochain du fameux Eloge du Maquereau de René-Louis Doyon (1885-1966) à l'enseigne des éditions Serge Safran, voici quelques définitions gracieusement offertes par l'Alamblog.
Serviteur.


La Curne de Sainte Palaye
1. Maquereau, Maquerel, Maqueriau. [Poisson : " Tout le maquerel et tout le harenc qui vient à Paris doit estre vendus à conte. " (Liv. des Mét. 270.) - " Et quand il (Jean sans Terre) vint loing en meir, si le (Arthur) rua enz aus maqueriaus pour avoir sa terre. " (Mén. de Reims, § 245.)
« ... Quant des poys demande,
On me fait feves ou pourreaulx ;
Se harens vueil, j'ay maqueraux. » (Desch. f. 493.)
" Maquereau bastard, " espèce de poisson marin ; en latin trachurus. (Cotgr.)

Furetière
MAQUEREAU. subst. masc. Poisson de mer qu'on pesche aux mois d'Avril & de May. Il est long & menu, tacheté de bleu & de noir. On en mange de frais & de Salé. L'eau dans laquelle on fait cuire les maquereaux est fort lumineuse quand elle est remuée. En Latin scomber. Ce mot vient à maculis, parce qu'il est fort tacheté. Quelques-Autheurs modernes l'ont appellé maquerellus.

Académie française (XVIIIe)
MAQUEREAU. s. m. Poisson de mer sans écailles, marqueté sur le dos, & qu'on pêche au printemps. Maquereau frais. Maquereau salé.
On appelle Maquereau, Certaines taches qui viennent aux jambes, quand on s'est chauffé de trop près.

Littré
1. MAQUEREAU (ma-ke-rô), s. m.
1° Poisson de mer à plusieurs fausses nageoires sur la queue et tacheté de diverses couleurs (scomber vulgaris, scomber scombrus, L.), dit aussi auriol, aurion sur les côtes de la Méditerranée ; il arrive en grandes troupes annuellement des contrées du nord. Le nom de groseilles à maquereau vient de l'usage d'employer ces fruits comme condiment de ce poisson.
Maquereau chevillé, maquereau qui cesse d'être plein après avoir déposé ses oeufs, et dont la chair a perdu une grande partie de ses qualités.
Maquereau bâtard, le saurel, poisson huileux des côtes de Normandie et de Picardie (caranx trachurus).
2° Taches qui viennent aux jambes quand on s'est chauffé de trop près (éphélides ignéales).
HISTORIQUE :
XIIIe s. Tout le maquerel et tout le harenc qui vient à Paris doit estre vendus à conte, Liv. des mét. 270.
XIVe s. Aiez un maquerel frais et decoupez par tronçons, Ménagier, II, 5. Se harens vueil je veux, j'ai maquereaux, EUST. DESCH. Miroir de mariage, p. 12.
XVIe s. Tes egnes aines et tes gigoteaux Sont marquetez de maquereaux, BAÏF, Passetemps, III, à Claudine.
ÉTYMOLOGIE : Pic. macrieu ; bourg. maiquereà, le maquereau, macria, la groseille à maquereau. On trouve le flamand makreel, le danois makrel, l'anglais mackrell ; mais les germanistes disent que ces mots viennent du français. On donne la même origine au kimry macrell. On regarde maquereau comme formé du latin macula, tache, à cause des taches que présente ce poisson ; et alors maquereau serait pour maclereau. On trouve dans le champenois le mot maquet, maquereau, et Scheler s'en autorise pour rattacher maquereau à maca, radical hypothétique du latin macula, radical qu'il trouve dans macquer. En définitive, l'origine du mot maquereau reste douteuse.

Dictionnaire de la langue verte d'Alfred DELVAU, 1883
MAQUEREAU. s.m. Souteneur de filles, ou plutôt Soutenu de filles.
Il est regrettable que M. Francisque Michel n'ait pas cru devoir éclairer de ses lumières philologiques les ténèbres opaques de ce mot, aussi intéressant que tant d'autres auxquels il a consacré des pages entières de commentaires. Pour un homme de son érudition, l'étymologie eût été facile à trouver sans doute, et les ignorants comme moi n'en seraient pas réduits à la conjecturer.
Il y a longtemps qu'on emploie cette expression ; les documents littéraires dans lesquels on la rencontre sont nombreux et anciens déjà ; mais quel auteur, prosateur ou poète, l'a employée le premier et pourquoi l'a-t-il employée ? Est-ce une corruption du moechus d'Horace (homme qui vit avec les courtisanes, moecha, fille) ? Est-ce le grec, conservé en français avec sa prononciation originelle et son sens natif (grand, fort) par quelque helléniste en bonne humeur ? Est-ce une contraction anagrammatisée ou une métathèse du vieux français marcou (matou, mâle) ? Est-ce enfin purement et simplement une allusion aux habitudes qu'ont eues de tout temps les souteneurs de filles de se réunir par bandes dans des cabarets ad hoc, par exemple les tapis-francs de la Cité et d'ailleurs, comme les maquereaux par troupes, par bancs, dans les mers du Nord ? Je l'ignore, - et c'est précisément pour cela que je voudrais le savoir ; aussi attendrai-je avec impatience et ouvrirai-je avec curiosité la prochaine édition des Études de philologie de M. Francisque Michel. Au XVIIIe siècle, on disait Croc de billard, et tout simplement Croc, - par aphérèse.
MAQUEREAUTAGE. s.m. Exploitation de la femme qui exploite elle-même les hommes ; maquignonnage. On prononce Macrotage.
MAQUEREAUTER. v.a. et n. Vivre aux dépens des femmes qui ne vivent elles-mêmes qu'aux dépens des hommes. On prononce Macroter.
MAQUEREAUTER UNE AFFAIRE. Intriguer pour la faire réussir.
MAQUEREAUTIN. s.m. Apprenti débauché, jeune maquereau. On prononce Macrotin.

L'Argot fin de siècle de Charles VIRMAÎTRE, 1894
MAQUEREAU. Les uns croient que ce mot vient de l'hébreu machar, qui signifie vendre, parce que c'est le métier de ces sortes de gens de vendre les faveurs des filles.
D'autres font dériver cette expression d'aquarius ou d'aquariolas, parce que chez les Romains les porteurs d'eau étaient les intermédiaires de la prostitution, d'où nous avons fait, en ajoutant la lettre M. Maquariolus, et que de là s'est formé le nom de maquereau.
D'autres encore affirment que ce mot vient du latin macalarellus, parce que dans les anciennes comédies, à Rome, les proxénètes de la débauche portaient des habits bizarres, et ils étayent leur opinion sur ce que ce nom n'a été donné à l'un de nos poissons de mer que parce qu'il est mélangé de plusieurs couleurs dans le dos (Dessessart, Dictionnaire de police, Bulenger opuscul.) Quoi qu'il en soit, la signification du mot maquereau est de vivre aux dépens de quelqu'un, mais l'expression s'applique plus généralement à ceux qui vivent de la prostitution des femmes.
Souteneur, qui vit des filles publiques, ou mari qui laisse sa femme se prostituer, lequel est un maquereau légitime.




René-Louis Doyon Éloge du maquereau. Édition présentée et annotée par le Préfet maritime. - Paris, Serge Safran éditeur, 160 pages, 8,50 €

samedi 5 juillet 2014

René-Louis Doyon aux obsèques de Laurent Tailhade (1921)

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Un portrait peu courant de René-Louis Doyon traînait dans Floréal, en accompagnement d'un article relatant les obsèques de Laurent Tailhade, où le Mandarin fit son discours - il en parle du reste dans ses mémoires, si la mienne n'a pas fondu. Il s'agit d'une caricature, certes, et l'on ne peut s'empêcher de ne pas la trouver très ressemblante. Pour autant, on note que Doyon prend place aux côtés d'André Salmon, Ernest Raynaud, Alfred Mortier et Louis de Gonzague-Frick.



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samedi 3 septembre 2011

La Connaissance au eu grandement raison... (1920)

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Georges Fourest, La Négresse blonde

La Connaissance a eu grandement raison de nous offrir une réédition de La Négresse blonde, de Fourest. D'abord parce qu'on fait toujours bien en popularisant Un ouvrage admirable, ensuite parce que la réapparition de ce livre-souche, dont les éditions antérieures étaient devenues introuvables et partant inconnues, rappellera à l'ordre un certain nombre de poètes fantaisistes, dont la fantaisie consistait un peu trop ouvertement à faire, d'aimables pastichés.
On demeure confondu, devant des pages dont on connaissait à peine quelques fragments,— de l'audace de ceux qui en ont osé signer de grossiers démarquages.
Georges Fourest, avec les quelques poèmes de sa Négresse blonde, anéantit les réputations « délicieuses» d'hommes « d'esprit », briguées par quelques jeunes gens de Paris et de Bruxelles.
Leur talent, plus ou moins discutable, sombre dans son génie, car peu d'hommes ont eu, avec la puissance créatrice, une aussi parfaite nouveauté d'invention. La verve de ce recueil étonnant égale celle d'un Lautréamont ou d'un Laforgue et la solidité de sa langue, de son métier, de son outil est celle d'un grand artiste.
On a trop abusé des mots satire et humour pour les employer encore à l'occasion,d'un livre comme celui-ci. A tort, d'ailleurs, on y attache un sens péjoratif, un caractère péjoratif qui en restreint la portée. Or, les sonnets et les parodies de La Négresse blonde révèlent un génie grotesque d'une intensité comparable seulement à celui de quelques poètes de la Renaissance italienne. Il y a dans ce recueil un élément d'éternité dans le comique qui le libère de tous les caprices de la mode ou de l'époque et l'oeuvre restera, sans nul doute, un document dans l'histoire de la littérature française.
Celle-ci placera G. Fourest au sein de l'équipe des poètes décadents dont il évoque l'amitié dans son étonnante Epître testamentaire, — parmi ceux qui firent à leurs contemporains l'honneur immérité d'un mépris glorieux.

H. M.

L'Art libre (n° 13, septembre 1920, p. 173).

mardi 11 janvier 2011

La Connaissance de René-Louis Doyon




La Connaissance (Paris) : ne manque pas, dans un autre domaine, de faire aussi de la bonne besogne. Malgré lés difficultés matérielles qui prennent à la gorge une revue jeune s'acharnant à paraître sur cent pages. « La Connaissance » accomplit son programme, avec sérénité. René-Louis Doyon, son directeur, n'a pas hésité à sacrifier pour la tenir en vie, tous les bénéfices réalisés par les « éditions de la Connaissance », et c'est là une preuve de désintéressement qu'il faut souligner. Le numéro d'octobre est à la hauteur des précédents. Des lettres de Tagore, précédées d'une étude de E. Le Brun sur le poète, des lettres inédites de Stendhal, des articles de Reboul, Guétary, E. Baylet, Cassou, Pitollet, etc., et les propos d'un mandarin composent un sommaire opulent. Nous souhaitons à « La Connaissance » de pouvoir poursuivre son effort.



L'Art libre (n° 15, novembre 1920, p. 208)


A suivre sur l'Alamblog, prochainement, la bibliographie de La Connaissance...

mardi 9 novembre 2010

Les débuts difficiles de René Doyon





René Doyon

C'est une tête très originale que celle de M. René Doyon. Il y a dans l'ensemble qui la caractérise du bedeau, du cabotin et du clerc d'huissier. Ses habits dégagent un vague parfum de sacristie et, d'avoir vécu longtemps dans la pénombre des églises, il a l'air, maintenant, d'un pauvre cierge chlorotique qu'on aurait éteint et qui déambulerait par les rues coiffé d'une tête de loup...
Mais ses manières sont douces et il croit sérieusement qu'il a du talent. Ne le chagrinons. pas et contentons-nous de lui rappeler qu'il existait jadis un frère ignorantin du nom de Laboulette, lequel Laboulette jeta le froc aux orties pour s'improviser "homme de Lettres".
Homme de Lettres, M. Doyon s'est fait une toute petite place au soleil d'une petite revue (1) où il a publié des choses très drôles et en particulier une Incantation lunaire que le doux Fabri (2) trouvait... comme la lune...


René Riginia


Les Annales algériennes, 20e année, n° 3, 17 janvier 1913.

(1) La Vedette algérienne, dont René-Louis était le directeur littéraire. (NdE.)
(2) Marcello-Fabri (idem).

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