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jeudi 2 juin 2016

Typologie des revues selon Remy de Gourmont

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« Il y a plusieurs types de revues ; on les catégorise d'après le nombre de leurs pages. La grande revue a l'aspect d'un volume de noble format ; type : la Revue des Deux-Mondes. La petite revue a moins de cent pages, mais son impression est souvent luxueuse et sa clientèle riche et choisie ; type : le Mercure de France. La revue jeune est fort modeste, moins par sa typographie qui peut être soignée que par le nombre de ses pages, souvent réduit à huit ou même à quatre ; on fait ce qu'on peut. Cette catégorie est formelle, mais non essentielle ; on trouve les mêmes noms dans les trois sortes de revues : cependant les deux premières peuvent avoir de l'influence ; la troisième, jamais : sa clientèle est trop restreinte, et sa rédaction trop hétérogène. »
Remy de Gourmont

« Parmi les revues », Le Journal, 15 octobre 1892, p. 1.

mercredi 13 mai 2015

Louis a dit

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A propos des Nouvelles dissociations de Remy de Goumont, ces chroniques des années 1910-1915 reprises en volume par les éditions du Siècle en 1926, Louis Chéronnet donne un avis sans compromis :

« A commenter les faits de la semaine la pensée pourtant profonde et souple de Remy de Gourmont se limite, parcourant un monotone cycle sans issue, revenant au sens commun abhorré par le jeu compliqué des paradoxes et contre paradoxes. Stériles résultats pour de maigres sujets. Mesurage d'une langue admirablement riche et pure pour seulement préparer quelques thèmes de conversation à des perruches de salon. Heureusement la personnalité de l'auteur de Sixtine ne se perd point si facilement. Au hasard des pages on rencontre quelques idées originales ou quelques prophétiques pensées, qu'on regrette de voir aussi brièvement traitées mais qui démasquent le génie refoulé par le nombre de lignes à remplir. »




Louis Chéronnet Le Divan, n° 2, 1926, p. 85.



Sur l'inauguration du buste de Camoens, un reportage d'époque sur Gallica. Avec Richepin, du diplomate, de l'officiel, et Wilma Knaap, Javanaise.

samedi 3 août 2013

Bibliographie lacunaire des éditions de la Librairie des Mathurins


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Encore bien mystérieuse, la Librairie des Mathurins, sise au 59 de la rue éponyme, se trouva durant moins d'une décennie affublée de plusieurs marques, signe d'une existence ou bien compliquée, voire houleuse, ou bien incertaine, voire fragile.
Il n'en reste pas moins qu'en 1899 vivait la maison Girard et Villerelle, tandis qu'en 1902 on trouvait accolé au patronyme Villerelle le nom de Gaston Dujarric, probable coéditeur installé, lui, 50 rue des Saints-Pères. Nous aurons, je pense, à revenir sur ce dernier personnage un jour.
La maison de Villerelle semble n'avoir pas survécu à 1903... Car il semble bien, en effet, que V. Villerelle, libraire-éditeur, soit le véritable capitaine de cette nef qui connut deux publications importantes ou à succès : on peut en effet signaler d'abord La Revue des indépendants, dirigée par Henri Chateau - le Sparafucile du Chat noir où il débuta en 1889 -, avec Jacques Landau et Henri Hertz, muée en L'Oeuvre sociale avant d'être absorbées par Les Semailles, ces dernières intitulées d'après un chronique d'Hertz dans L'Oeuvre sociale, justement. Et au registre de la librairie livresque, c'est Paul Brulat qui cassa la baraque, si l'on peut dire, avec La Faiseuse de gloire... Mais au fond, il semble que la maison était spécialisée dans la plaquette (Le Vieux Flingot), le monologue et la pièce de théâtre peu pagineuse.

L'enquête est à suivre, bien évidemment.


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Revues

La Revue des indépendants (Henri Chateau dir., Jacques Landau et Henri Hertz réd.), n° 1 (1er mars 1900)-n° 4 (16 avril 1900). (128 p.) devient

L'Oeuvre sociale, revue des indépendants, n° 5 (15 mai 1900)-n° 8 (août 1900) puis n° 1 (janvier 1901)-n° 5 (mai 1901), n° 6 (juin 1901)-n° 8 (août 1901). (Paris, V. Villerelle, 1900-1901. - 12 numéros en 2 vol. (256 et 192 p.). revue mensuelle (numérisation partielle) dirigée par les mêmes avec adjonction d'un rédacteur en chef (Léon Parsons) et d'un comité de rédaction comprenant Jacques Landau, Henri Hertz, Léon Côte et Pierre Marcel. Le titre sera absorbé par

Les Semailles (Paris. juin-novembre 1901) avec une adresse diofférent durant le premier semestre 1901 (Paris, Librairie G. Jacques & Cie).


Catalogue (incomplet) des "Romans et Fantaisies"

Victor Maurel Dix ans de carrière, avec une préface de Léon Kerst et des portraits. - Paris, V. Villerelle, octobre 1897, 419 p.

Georges Denoinville Sensations d'art. 2e série. 2 gravures d'après Jules Valadon. - Paris, Girard et Villerelle, (1899), I-277 p.

Abel Boissart Palmé ! ! monologue. - Paris, Girard et Villerelle, (1899), 6 p.

Henry de Braisne Parmi le fer, parmi le sang.... - Paris, Girard et Villerelle, (1899), 182 p.

Louis Didier (pseud. Luis d'Herdy) L'Homme-sirène. - Paris, Girard et Villerelle, 1899, 197 p.

Robert Morvan (M. Fosseyeux) Mon âme, poésies. - Paris, Girard et Villerelle, (1899), 132 p.

O. W. Milosz Le Poème des décadences. - Paris, Girard et Villerelle, (1899), 72 p.

M. de Stendhal Le Rouge et le Noir. Tome second : chronique du XIXe siècle. - Paris, Girard et Villerelle, (1899), 288 p.

Casimir Stryienski Deux victimes de la Terreur : la princesse Rosalie Lubomirska, madame Chalgrin (2e édition). - Paris, Girard et Villerelle, 174 p.

Auguste Cordier Comment a vécu Stendhal ?. Préface de Casimir Stryienski. - Paris, V. Villerelle, 1900, X-III-207 p.

Collectif Les Gloires du travail, ouvrage publié à l'occasion de l'Exposition universelle de 1900. Oeuvre préparatoire du Gotha des gloires du travail. - Paris, V. Villerelle, (1900), 25 p., fig. et pl.

Louis Bruyerre__ En Paix, pièce en 5 actes (Paris, théâtre Antoine, 8 janvier 1900) Texte imprimé. - Paris, V. Villerelle, (1900), 208 p.

Jacques Des Gachons La Dînette, comédie en 1 acte (Five o'clock du "Figaro" du 2 mai 1898). - Paris, V. Villerelle, 1900, 36 p.

Paul Malançon Paillettes. - Paris, V. Villerelle, (1900), 50 p.

Pierre Marcel Les Routes de la mort. - Paris, V. Villerelle, (1900), 290 p.

Louis Forest L'Amour et le naïf. - Paris, V. Villerelle, (1900), 276 p.

Augustin Branicki Les Griffes de chat. - Paris, Librairie des Mathurins, (1900), 102 p.

Marie Grégoire Ghika Devoir ou folie ?. - Paris, V. Villerelle, (1900.), 285 p.

Charles Esquier Roulbosse le Saltimbanque, pièce en 5 actes en prose (Paris, République, 31 août 1899). - Paris, V. Villerelle, 1900, 187 p.

Alfred Le Vic Vieus flingot, 1870. Imprimé avec la grafie de la Société philologique française. - Paris, V. Villerelle, 1900, 12 p.

M.-A. Cantone et G. Gramegna Le Parfum vierge. - Paris, V. Villerelle, 1900, 88 p.

Jean Jullien Les Petites comédies.... - Paris, V. Villerelle, (1900), 242 p.

Georges Denoinville Sensations d'art. 3e série. Lettre de M. Jules Claretie,... Lithographie originale de M. Fantin-Latour Texte imprimé. - Paris, V. Villerelle, (1901), 179 p., pl.

Henri Chateau Manuel de l'arriviste. Papiers trouvés chez un de nos plus notoires contemporains. - Paris, V. Villerelle, 1901, 235 p.

André de Lorde et O. Bouwens van der Boijen Mon Rembrandt ! comédie en 1 acte. Paris, Villerelle, (1901).

Pierre de Lano La Part des sens. 2e édition. - Paris, V. Villerelle, 1901, 250 p.

Jean Madeline Luce Magali. - Paris, librairie des Mathurins, s. d., 334 pages.

Theodor Roosevelt La vie au Rancho. - Paris, Librairie des Mathurins, s. d., 311 pages, traduction d'Albert Savine.

Jean Laurenti (pseud. Lorenty) L'Agrafé. - Paris, V. Villerelle, (1901), 302 p.

Stendhal La Chartreuse de Parme, par l'auteur de «Le Rouge et le noir». Édition augmentée de 2 chapitres.Édition augmentée de 2 chapitres inédits publiés par M. Stryienski. - Paris, V. Villerelle, (1901), III-257 p. Collection "Petite collection Elzévir".

Paul Brulat Le Nouveau Candide : roman contemporain. - Paris, V. Villerelle, (1902), 247 p.

Jean Payoud Gens de robe. 2e édition. - Paris, V. Villerelle, (1902), 360 p.

Charles de Bussy Monsieur Phosphore, comédie en 1 acte. - Paris, libr. des Mathurins, 1902, 35 p.

Firmin Counort A travers les pensionnats de Frères. - Paris, librairie des Mathurins, 1902, XVI-593 p.

Charles Esquier Le Soir du Calvaire, drame sacré en 1 acte, en prose. - Paris, libr. des mathurins, 10 p. Musique inédite de Reynaldo Hahn.

Lucien Heudebert Promenades Au Dahomey. - Paris, Librairie Des Mathurins, Dujarric et Cie, 1902, 260 p.

Petrus Durel La Muse Parlementaire. Députés et Sénateurs Poètes (1870-1900). - Paris, Librairie des Mathurins, 1902, VII-279 p.

Marie Rattazzi Dernière folie. - Paris, Librairie des Mathurins, (1902), 89 p.

Auguste Villeroy Héliogabale, drame en vers, en 5 actes. - Paris, librairie des Mathurins, 1902, 136 p.

Gaston Dujarric Autour du mystère. - Paris, Librairie des Mathurins, 1903, 309 p.

Ariste Excoffon Pour être heureux.... - Paris, Librairie des Mathurins, Dujarric & Cie, 1903, 306-6 p.


Sans date
Raoul Gineste La Seconde vie du Docteur Albin
Augustin Branicki Ananké, roman radiographique
Henri Chateau Gens de Chœurs, roman de mœurs théâtrales)
Abel Pelletier Illusion
Abel Pellier Titane, drame en trois actes
Auguste Villeroy Hérakléa, drame en vers
Paul Brulat La Faiseuse de gloire... 4e édition. - Paris, V. Villerelle, (s. d.), 367 p. Il est possible qu'ait été mise en vente une édition du texte adapté pour le théâtre par Victor Manuel et accompagné d'une préface de Léon Kerst. En 1933, les éditions Figuière ont reprit ce texte.
R. de la Barre Le Drapeau rouge
Louis Becke Scènes de la Vie polynésienne
Henri Chateau L'Âne, le singe, et le philosophe
Jean Dalvy Protestante !
Lucien Heudebert Au pays des types
Jean Lorédan Humble drames
Lorenty L'Agrafé
Gaston Mignard Gisèle : le Rêve et l'Amour
Jean Payoud Gens de robe
Paul Pourot L'enfant d'un autre
Gaston Rayssac Agrippa-le-Diable
Hugues Rebell Les Inspiratrices (de Balzac, Stendhal, Mérimée, etc.
Bernard Taft Le Pressoir
Comtesse de Tramar L'Expiation
Félix Chapiseau Le Roman d'une enfant trouvée
Mme Rattazzi La Juive
J. Gambier Entre deux stations
Abel Pelletier Illusion
Stendhal L'Abbesse de Castro
A. de la Hire La Chair et l'esprit
Georges Denoinville La Charmeuse
Remy de Gourmont Lilith (deux éditions dont l'une en un fascicule double des Essais d'Art libre
Luis d'Herdy Monsieur Antonious et Madame Sapho




lundi 6 août 2012

Des Nouveautés (Macquet, Desjardins, de Mûval)

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L'été apporte son lot de nouveautés, et nous l'en remercions.

Christophe Macquet le voyageur publie un court livre poétique inspiré par une boxe d'Asie, Kbach, "C’est une parade, c’est une menace, c’est un salut, c’est une esquive, c’est une imploration. Musique. Percute. Démultipliée-nasillante. Tu provoques la pitié du souverain et son désir précieux."
Christophe Macquet Kbach. — Toulouse, Le Grand Os, 2012, 60 pages, avec deux photographies de l'auteur, 8 €

D'Asie aussi, le peintre Guy Girard rapporte Trois Poèmes coréens, et de l'Afrique de ses lectures de Philip Jose Farmer, Tarzan est un autre, un article diffusé en brochure. (Peut-être se souvient-on que c'est Farmer qui imagina la rencontre de Tarzan et de Holmes dans The Adventure of the Peerless Peer en 1974.)
Guy Girard Trois Poèmes coréens (suivis d'un contrepoint). — Saint-Ouen, chez l'auteur, 12 pages, prix non mentionné
Tarzan est un autre. — Saint-Ouen, chez l'auteur, 15 pages, prix non mentionné

La librairie La Brèche nous donne l'opinion de Remy de Gourmont sur Ruskin qui nous change de la sempiternelle réimpression de l'essai de Proust, utile certes, mais déjà lu. Cette Promenade philosophique (troisième série) de Gourmont apporte un peu de fraîcheur donc, et ouvre à la connaissance de Ruskin via une chronique biographique synthétique, où est évoqué son rôle dans la création des universités populaires, et où l'on peut lire des traits aussi plaisants que celui-ci : "Peu d'années après paraissaient les Sept Lampes de l'architecture, où, parmi beaucoup de paradoxes et de divagations, il posait quelques nouveaux principes dont le plus fécond est qu'un monument doit paraître ce qu'il est et montrer clairement sa destination. Presque personne ne conteste plus cela maintenant, mais presque personne ne sait encore le mettre en pratique." On n'a donc pas fini de s'interroger sur les architectes et leurs ressorts inavouables...
Remy de Gourmont Ruskin, esthéticien & socialiste. — Vichy, La Brèche, 28 pages, 6,30 €

A coup sûr, c'est le pseudonymique Lélio de Mûval qui apporte la production la plus étonnante. Son Apocalypse merveilleuse est d'un dépeigné achevé, mais d'un dépeigné achevé romanesque, utopique et, ma foi, assez enlevé. Tout cela commence dans un flot de merde, au sens littéral et se poursuit sur une planche à repasser. Interviennent ensuite les fiévreux, puis... D'abord, cette histoire d'apocalypse rappelle un peu à La minute prescrite pour l'assaut de Jérôme Leroy (Mille et une nuits, 2008) cependant le récit bifurque, ô combien. C'est un vrai feuilleton livré d'un seul bloc (en deux volumes tout de même). Très punk, très litt. pop. A suivre.
Lélio de Mûval L'Apocalypse merveilleuse. — Lille, Les Âmes d'Atala (82 rue Colbert, porte cochère bleue, 59000 Lille), deux volumes, prix non mentionné.

Quant à Martine Desjardins, auteuse québécoise, elle fait partie du contingent d'outre-atlantique qui écrit en langue française. Astuce nouvelle du monde de l'édition parisien : on nous sert son livre dans une nouvelle édition au lieu de nous l'importer tout bonnement. L'enjeu est de faire passer la pilule pour nouvelle. Phébus n'est pas la seule maison à tenter ce coup de "billard québécois", d'autres le font aussi avec plus d'outrecuidance encore qui osent annoncer un "premier roman" déjà salué au Canada, redigéré ici sous marque françouaise. Bref. Le Maleficium de Desjardins est plein d'odeurs et d'épices, de squames et de désquamations et aussi de cire d'oreilles. Pour dire ça en deux mots : l'ensemble n'est pas convaincant. On dirait du Daniel Walther, lequel fait du pseudo-Pieyre de Mandiargues. Chez Martine Desjardins, le récit est chantourné certes mais pour amener ses histoires (qui finissent par n'en faire qu'une seule et même), elle se contorsionne comme ses pénitents au pied du confesseur, c'en est éprouvant. Dès les premières lignes de la page 14, elle va à la maladresse du reste et on finit par ne plus s'intéresser qu'à ses moments de glissade à elle, l'auteuse, et plus du tout à son récit — chaque chapitre commençant et finissant par une interpellation du dit confesseur qui sonne mal, et de plus en plus mal.
Martine Desjardins Maleficium. — Paris, Phébus, 15 €

lundi 31 octobre 2011

Nouvelle Imprimerie Gourmontienne

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Les amis de Gourmont communiquent :

Il y avait eu, cinq ans après la mort de Remy de Gourmont, la création de l'Imprimerie Gourmontienne, par le fidèle frère Jean. Quelques amis de l'ours à écrire s'étaient groupés pour en permettre la parution ; citons : Henri de Régnier, Rachilde, Alfred Vallette, André Rouveyre, Louis Dumur, René Quinton, Jules de Gaultier, Octave Uzanne, Paul Fort, Marcel Coulon, le Dr Paul Voivenel, Francis de Miomandre, François Bernouard, Charles Regismanset, Natalie Clifford Barney, la Duchesse de Clermont-Tonnerre, Hélène Dufau, Henry de Groux, Paul-Napoléon Roinard, Édouard Champion, Lucien Corpechot, Georges Crès, Gustave-Louis Tautain, Charles Verrier, Edmond Barthélémy, Ad. Van Bever, Paul Léautaud, Charles-Théophile Féret, André-Ferdinand Hérold, Legrand-Chabrier, André Billy, Jean Lefranc, Henri et Jean de Gourmont. Son but ? "Recueillir la correspondance du maître, publier les inédits qu'il a laissés, les souvenirs de ceux qui l'ont connu, des études sur son œuvre et une bibliographie complète". Ce beau bulletin, élégamment imprimé sur les presses de François Bernouard, vécut dix livraisons jusqu'en 1925.
Il y eut, quatre-vingts ans plus tard, la création de la Nouvelle Imprimerie Gourmontienne, bulletin de l'association des amis de Remy de Gourmont, dont la parution s'interrompit après son premier numéro, l'association entrant dans un long sommeil, alors que Christian Buat, de son côté, solitairement et obstinément, s'activait pour construire sur la toile l'un des sites les plus riches et les plus vivants consacrés à un auteur : le site des Amateurs de Remy de Gourmont. Il fallut que Vincent Gogibu, endossant le costume de prince charmant, vînt embrasser la belle association au bois dormant et l'éveillât de son souffle enthousiaste pour la rendre à l'actualité. Et la demoiselle sortit de son sommeil décennal, rajeunie. L'association des amis de Remy de Gourmont était devenue le CARGO (Cercle des Amateurs de Remy de GOURMONT). Et le Cargo devait naturellement relancer la Nouvelle Imprimerie Gourmontienne.




De plus amples nouvelles - notamment un sommaire - très bientôt sur l'Alamblog !

mardi 7 juin 2011

Trente ouvrages d'exception

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Une sélection de 30 livres précieux et manuscrits, c'est le titre du nouveau catalogue de la librairie Nicolas Malais, et il n'est pas trompeur.
Que non.

On y trouve une somptueuse reliure à plaque du XVIIe siècle ;
des provenances prestigieuses d'autrefois ;
les Contes et nouvelles en vers de La Fontaine (1685) illustrées par l'étonnemment baroque Romeyn de Hooghe — voir la gravure intitulée "La Chose impossible" qui descend de Jérôme Bosch pour présager Grandville ;
le manuscrit de neuf pièces érotiques du XVIIIe siècle ;
le Manuel des marins... de Jacques Bourdé de Villehuet (1773) relié avec un manuscrit technique illustré ;
le jeu d'épreuves de L'Inde à fond de train de Jean de Pontevès-Sabaran avec correction manuscrites (1886) ;
Plusieurs estampes de Rassenfosse, Edgar Chahine pour des menus de Sociétés bibliophiliques, et puis celle de Paul Avril pour le Dîner des Ombres (1895) des Bibliophiles contemporains ;
et encore l'exemplaire du Pélerin du Silence relié à la demande de Gourmont pour Natalie Barney, son "amazone" ;
ou deux très belles encres originales de l'artiste russe Lydia Masterkova.



Librairie Ancienne Nicolas Malais

9 rue de Ménilmontant

75020 Paris
librairiemalais@yahoo.fr

jeudi 22 avril 2010

« Flairer en tout le Divers » (Victor Segalen)

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Largement documentés et fort illustrés, les catalogues de Pierre Saunier émoustillent depuis longtemps les bibliofilous et gens d'espèce approchante. Il est rare, pour dire vrai, de lire autant et avec tant de plaisir les notices savantes et joliment rédigées d'ouvrages anciens peu courants, voire jamais vus, mis en vente au hasard des dispersions de bibliothèques privées et de chines de libraires avisés. On s'y nourrit avec profit : François Caradec déclarait à qui voulait l'entendre qu'il avait beaucoup appris dans les catalogues à prix marqués.

Avec Pierre Saunier, spécialistes des périodes littéraires qui nous plaisent et des artistes qui nous émeuvent, une porte s'était ouverte il y a plusieurs lustres déjà, et cette porte - déjà dorée à l'or fin - s'est transformée en portail monumental : la publication du nouveau catalogue consacré à Victor Segalen est une surprise qui devrait pousser à la relecture de l'oeuvre de l'"Exote" selon sa propre expression, né à Brest le 14 janvier 1878 et décédé accidentellement en forêt d'Huelgoat le 21 mai 1919.

L'ensemble produit par Pierre Saunier, mieux qu'un Tombeau de Segalen, est une superbe incitation à le lire, à le relire ou à le découvrir si l'on en ignore tout. Et par la contemplation de pièces inédites, on constate que la biographie s'avale avec un plaisir inouï lui aussi.
Qui avait déjà vu les affiche et catalogue de l'exposition Volpini de 1889 (celle qui lança les synthétistes pontavéniens de Gauguin et par la même occasion l'art moderne) ?
Qui avait simplement contemplé des pièces uniques telles que ces somptueuses reliures à la chinoise couvrant des exemplaires de l'édition originale de Stèles (1912) avec dédicace, ou de l'exemplaire d'auteur de ses Immémoriaux ?
Pour dire les choses simplement, ce catalogue est une accumulation de merveilles : 229 documents en vente, sans compter cette originale des Stèles qui figure à titre d'illustration et ne quittera pas la collection particulière L. S. D.

Les trouvailles inouïes qu'on déniche là, fruits d'années de quête d'un libraire passionné et savant, sont réparties en chapitres qui font du catalogue une biographie par l'objet : Les Cliniciens, La Polynésie (Gauguin et Georges-Daniel de Monfreid), Quant à la musique (Claude Debussy), La Chine puis Le Dernier Retour, et, finalement, le réseau amical de Segalen qui ouvre sur les oeuvres et ouvrages des proches, parmi lesquels Augusto Gilbert de Voisin, Remy de Gourmont, Jean Fernet, Albert de Pouvourville (dont l'Alamblog se promet depuis quelque temps de vous donner des nouvelles), Joseph-Charles Mardrus, Paul Claudel, Claude Bargonne dit Farrère, Jules de Gaultier, Charles Guibier, Louis Laloy, Jean Lartigue, Charles Régismanset, Saint-John Perse, etc.

Sur le fond, on n'ignore rien du parcours de Segalen, de son intérêt pour le Divers, qui exprime, chez lui, la quintessence de l'exotisme - un exotisme bien différent des colonialités de son ami Farrère par exemple - et lui donne des ailes en lui proposant non pas des "sujets" de littérateur parisien, mais des incitations à créer qui seules le meuvent.

« Je me suis donc mis à l'étude du chinois. Tout compte fait, j'attends beaucoup de cette étude, en apparence ingrate ; car elle me sauve d'un danger : en France, et mes projets actuels menés à bout, quoi faire ensuite, sinon "de la littérature" ! J'ai peur de la recherche du "sujet". Alors que jusqu'ici c'est toujours le sujet qui s'est imposé et m'a tenaillé jusqu'à son avènement, ou son enkystement provisoire. En Chine, aux prises avec la plus antipodique des matières, j'attends beaucoup de cette exotisme exagéré. » (Lettre à Jules de Gaultier, cit. p. 73 du catalogue.)

Pour qui croirait que l'oeuvre de Victor Segalen est un granit qui jamais ne fut enfoui, il faut signaler comme le fait Pierre Saunier que l'admiration de l'éditeur Georges Crès, celle de Remy de Gourmont furent, parmi d'autres, des soutiens de l'auteur vivant, mais que son décès, en 1919, vit son oeuvre risquer l'enfouissement. Et ça n'est pas le silence précautionneux d'un Paul Claudel - que Segalen avait publié dans sa "collection coréenne" (Crès, 3 volumes publiés en 1914 ) qui l'aurait remis en lumière - ah, ces poètes officiels, comme ils ont lutté pour le devenir... Non, il fallait compter sur le jeune Norge qui rachète en 1936 à Plon le reliquat de l'édition de Stèles pour distribuer le volume autour de lui, puis sur la fille de Segalen et sur le libraire Jean Loize qui organisèrent en février 1944 l'exposition De Tahiti au Tibet. Sans eux, il est probable que du médecin de marine, sinologue, poète et archéologue, nous ne saurions plus grand chose.

Voilà aussi pourquoi, ce catalogue dense et épais est une façon singulièrement efficace de reprendre contact avec celui qui se sentait "apte à flairer le Divers". Soit un grand bain jouissif dans l'univers de l'Exote.




Pierre Saunier Segalen, l'Exote. - Paris, Librairie Pierre Saunier, printemps 2010, 208 p.




Pour en lire plus :

Victor-Joseph-Ambroise-Désiré Ségalen L'Observation médicale chez les écrivains naturalistes. Thèse... - Bordeaux, Imprimerie Y. Cadoret, 1902.

Victor Ségalen "Les synesthésies et l'école symboliste" (Mercure de France, avril 1902, p. 57-sq.).

Victor Ségalen "Gauguin dans son dernier décor" (Mercure de France, juin 1904, p. 679-sq.).

Max-Anely (pseud.) "Voix mortes : musiques maori" (Mercure musical/S. I. M., 1907, pp. 1001-sq.)

Max-Anely (pseud.) Les Immémoriaux. - Paris, Mercure de France, 1907.

Jean Lartigue "Notes sur les travaux topographiques de la mission Voisins-Segalen-Lartigue dans la Chine occidentale" (La Géographie, p. 308-sq.).

Henri Cordier nécrologie de Victor Segalen (T'oung pao, 1920, vol. 19, p. 52).

Augusto Gilbert de Voisins "Victor Segalen" (La Revue de Paris, 15 mars 1921).

Victor Segalen "D'après René Leÿs (I)" (La Revue de Paris, 15 mars 1921).

Victor Segalen "D'après René Leÿs (II)" (La Revue de Paris, 1er avril 1921).

Victor Segalen "D'après René Leÿs (III)" (La Revue de Paris, 15 avril 1921).

Victor Segalen "Le siège de l'âme" (Mercure de France, 15 avril 1921, p. 374-sq.).

Victor Segalen René Leys - Paris, Plon, 1950.

Victor Segalen Stèles (texte intégral en ligne... Mais on aurait grand tort de ne pas s'offrir une édition sur papier, ou mieux, de ne pas recopier pour son usage ce texte merveilleux sur papier de Chine).


Librairie Pierre Saunier
22, rue de Savoie
75006 Paris



Illustration du billet : Projet de couverture, par Georges-Daniel de Monfreid (item 19 du catalogue).

jeudi 7 janvier 2010

Remy de Gourmont (Francis de Miomandre)

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Le 1er janvier 1916, la Revue de Paris donnait entre ses pages 138 et 162 un long article de Francis de Miomandre consacré à Remy de Gourmont, qui s’était éteint le 27 septembre précédent d’une congestion cérébrale et avait été enterré au Père-Lachaise (10e division, 4e ligne, Y, 22) dans la sépulture de Clésinger.

Ca n’est pas à proprement parler une nécrologie, mais plutôt un petit essai d’hommage.



NB Francis de Miomandre affuble le prénom de Gourmont dans e accentué. Nous respectons son choix.



Lire la suite...

lundi 27 juillet 2009

Remy de Gourmont par Joseph Quesnel







dimanche 26 juillet 2009

Joseph Quesnel (1897-1931)





On ira voir sur le site des amis de Remy de Gourmont les pages qui concernent Joseph Quesnel car cet illustrateur, poète et prosateur n'est pas le dernier des personnages intéressants de Coutances.
Il est mort très jeune, à peine plus âgé qu'Henri Gaudier-Breszka. On retient aisément, à son sujet, la marque qu'il se choisit, Le pou qui grimpe, pour estampiller ses impressions. Un souvenir des tranchées, probablement ?
Editeur du Chien de pique (1927-1931) et de l'Almanach du Pou qui grimpe (1920-1921) dont René-Louis Doyon assura la diffusion des quatre premières livraisons dans sa librairie La Connaissance, il fut un proche des Gourmont (frères).
Son Livre du Pou (ill. ci-dessous) mérite hautement qu'on se le procure en s'adressant à Tourisme et culture en pays de Coutances (02.33.19.08.10 ; tourisme-coutances@wanadoo.fr ). (A suivre)

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