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Mot-clé - Pierre Peuchmaurd

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mercredi 7 février 2018

Paysage avec pavés

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Avec la petite avance que lui assure le calme requinquant de son île, le Préfet maritime avait signalé en mai 2008 l'importance d'un texte resté coincé dans les replis de la mémoire collective : Plus vivants que jamais, le "journal des barricades" d'un poète Pierre Peuchmaurd disparu un an plus tard.
Le livre reparaît ce mois chez Libertalia pour participer à la commémoration des événements, comme ils disent, durant lesquels certains ont appris à confectionner des cocktails, d'autres à dépaver les rues, les autres enfin à parler.
Depuis, ces derniers parlent toujours, notez bien. Ce sont les seuls à être restés actifs.
Peuchmaurd, lui, était poème dans l'âme. Il a donc fait poète, écrivain et a publié des livres. Il était l'un des tous premiers, si ce n'est le premier, à raconter ce qu'avait été vraiment, pour des gens jeunes, ce mai qui emboucanait aux gaz lacrymo Fernand Combet chez lui non loin de la place St Michel.
Un document historique, doublé de l'un des premiers pas d'un écrivain du tiers du siècle dernier.
A lire.



Pierre Peuchmaurd Plus vivants que jamais. Préface de Joël Gayrault. - Libertalia, 128 pages, 8 €

mercredi 5 novembre 2014

Les Fatigues de Peuchmaurd nous requinquent

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Alerté par Joël Cornuault, le Préfet maritime s'enquit enfin des Fatigues de Pierre Peuchmaurd. L'information de leur parution lui avait échappé, d'autant que le soleil qui plombait alors son île ne le rendait pas particulièrement combattif, non plus que véloce.
Commande passée néanmoins, et le temps pour un paquebot de transbahuter son container de livres frais sur les côtes de l'île, les Fatigues trouvaient le Préfet tout à fait éveillé, frappé sans cesse par l'écume des mers du Sud ensauvagées. Rien de tel que l'embrun pour vous mettre en forme un Préfet. D'autant qu'un recueil d'aphorismes est sans doute la forme la plus pointue d'excitant ces jours - avec Know your product des Saints peut-être...
"Fatigues", c'est ainsi que le poète Peuchamaurd (Paris, 1948- Brive, 2009) il nommait ses aphorismes qu'il aura publié dans les trois volumes intitulés À l'usage de Delphine (L'Oie de Cravan, 1999), L'Immaculée déception (Atelier de l'Agneau, 2002) et Le Moineau par les cornes (Pierre Mainard, 2007) qui reparaissent ici agrémentés d'un recueil inédit et posthume, La position du pissenlit. C'est donc bien un "Aphorismes complets" que ces Fatigues du patron des éditions Myrddin (Corrèze) qui excellait en la matière.
Pris au hasard et les yeux fermés :

Rien n'est plus rassurant qu'un phénomène sans cause.

Combien de fatalistes qui se croient stoïciens !

Soldes : "Moins 20 % sur les dragons et les bouddhas".

Elle a plus d'un retour dans son sac.

Une pensée en boucle, il faut la défriser.




Pierre Peuchmaud Fatigues. Aphorismes. Avec quatre dessins de Jean Terrossian. Photo d'Antoine Peuchmaurd en couverture. - L'Oie de Cravan, 2014. 24 € port compris



vendredi 17 avril 2009

Pierre Peuchmaurd †

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Le poète Pierre Peuchmaurd est mort dimanche 12 avril. Il était né le 26 juillet 1948.
Plus vivants que jamais avait-il lancé après les fêtes de 1968.
Nous souhaitons à sa mémoire la même énergie et vous invitons à lire les hommages que lui ont dressés Jacques Josse et Laurent Albarracin.

vendredi 2 mai 2008

Mai 68, Pierre Peuchmaurd et la collection Contestation

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Nous vous avions promis un souvenir de Mai 1968, et c'est sous les espèces d'un livre, tè ! que nous vous le livrons là, derechef, sans plus tarder.
Il s'agit en substance d'un petit livre oublié des présentes commémorations, rédigés durant l'été 1968 par un jeune homme de vingt ans, Pierre Peuchmaurd, signalé poète depuis lors et préfacier bien connu du Journal de Maurice Blanchard.
A l'âge de vingt ans, sur les barricades, il participait au désordre et en fit le commentaire au jour le jour. Un document précieux qui aurait pu reparaître ces jours.
Un extrait pour les curieux :

Et puis, c'est bien pire que ce qu'on pouvait imaginer d'en haut. Il n'y a pas de corps à corps, ou peu. Ils ont compris. Ils ne peuvent rien contre les pavés. Alors ils gardent leurs distances : ils bombardent. Il pleut des grenades qu'on dirait une averse de grêlons. A côté de moi, cette fille qui tombe. On ne peut rien contre ça. Les gaz en plus, qui font qu'on ne respire plus. Et pourtant on reste. Allez savoir pourquoi. Ce n'est même pas se battre, ça. ça nous tombe sur la gueule et on reste. Vient un moment où on n'a même plus peur. (...)



Nous signalerons sous peu de récentes publications de Pierre Peuchmaurd aux éditions L'Oie de Cravan.

Pierre PEUCHMAURD Plus vivants que jamais. — Paris, Robert Laffont, 1968 (a. i. 15 novembre 1968), 176 p. collection "Contestation".

A la même date, avaient déjà été publiés dans la même collection Contestation des auteurs dont on peut dire qu'ils avaient le sens de la réaction, ou bien des manuscrits sous le coude.
François Fonvieille-Alquier Les Illusionnaires. Mai 1968 : rêve et réalité
Max Gallo Gauchisme, réformisme et révolution. Toute révolution est d'abord gauchiste.
Robert Serrou Dieu n'est pas conservateur. Dans la tourmente, qu'ont fait les chrétiens ?

samedi 16 février 2008

Le Bathyscaphe est à l'eau

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Nous arrive de Montréal un Bathyscaphe tricolore auquel on souhaite bon vent, ou bonne vague, pour être tout à fait poli. Au sommaire : Pierre Peuchmaurd, auquel nous consacrerons bientôt un billet, des aphorismes de Jacques Sternberg, Benoit Chaput, Hannah Reinier, Anne-Marie Beeckman, Jimmy Gladiator, Byron Coley, Thurston Moore, un article de Bérengère Cournut qui vient de découvrir Henri Simon Faure avec délice, Julien Lefort, Daniel Canty, Romy Ashby, et un article d’Antoine Peuchmaurd sur Jean-Pierre Martinet qui nous va droit au coeur.
Pour faire connaissance, les premières lignes de l’éditorial de ce tabloïd bilingue :

Sitôt lancé, il tombe à l’eau. Il tombe à l’eau et pour lui l’aventure commence : c’est le Bathyscaphe, “appareil habitable destiné à conduire des observateurs dans les grandes profondeurs sous-marines”. Comment, dans ces conditions, redouter l’échec ? Coulé, le bathyscaphe est bien dans son élément. C’est son baptême de l’eau, les toutes premières brasses. Voilà enfin lancé notre véhicule des abysses.
Pourquoi un bathyscaphe ?
Pour changer du métro et du vélo. Parce qu’il y a des fonds littéraires, des courants de révolte profonds, des choses qui grouillent dans les abysses et dont on veut suivre les mouvements.
Parce que ce qui nous importe semble se passer vingt mille lieux sous la surface de l’évidence.


Le Bathyscaphe, appareil habitable à conduire des observateurs dans les grandes profondeurs sous-marines. Quadrimestriel, 5 piastres, 5 american dollars ou 5 euros.
Disponible à Paris aux librairies Va l’heur, Vendredi et Anima.
Abonnement par mandat-poste, au nom du Bathyscaphe, éditions Seuls maître à bord et L’Oie de Cravan, 5455 rue Saint-Dominique, Montréal, Québec, H2T 1V5, Canada.