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vendredi 16 juin 2017

Le romanesque cas Bollas

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Après avoir évoqué Jean-Pierre Martinet ces deux derniers jours, on peut avancer avec certitude que les pathologies littéraires n'ont pas évolué depuis 1931. L'Homme reste l'Homme et les passages à l'acte les passages à l'acte. Rien du reste n'indique que les pulsions seraient maîtrisées. Les désirs non plus, les dieux en soient remerciés...
Avec Alick Bollas dont le pseudonyme appelle le calembour et la contrepèterie, on atteint même aux niveaux de Marcel Lami le meurtrier (Une forêt cachée, La Table ronde, 2013), de Bog l'escrocmarc ou de Marc Stéphane le voleur en matière d'originalité et de brutalité. Il aura marqué de manière assez.. théâtrale la saisons 1931, après avoir fait quelques ronds dans l'eau à la fin du siècle précédent.
Orthographié par les journalistes avec un l ou deux, selon la saison. ce Gréco-Egyptien de nationalité encore incertaine né le 24 novembre 1889 à Alexandrie n'aura connu qu'un destin de miroir brisé. La première trace que l'on conserve de lui date de 1902, date à laquelle il fait jouer une pantomime qu'il a écrite avec Georges Palicot, On ne forge pas l'amour. L'année suivante, il publie son unique roman, Orgueil de chair, chez Savine, qui lui vaut un signalement par Paul GInisty dans le Gil Blas du 11 mars 1893 :

P. S.— Parmi les livres parus, dont je parlerai, je mentionne, dès maintenant, les Rois, de M. Jules Lemaître, un roman... de l'année 1900 ; Thérèse Gervais, un autre roman, de M. Ed. Cadol ; les Angoisses du docteur Combalas, de M. P. Vigné d'Octon; le Crépuscule, de M. Maxime Du Camp. Et voici aussi des livres qui, à divers titres, réclament l'attention : le Règne de Bibesco, une page de l'histoire de la Roumanie, par le prince Georges Bibesco ; le Prem Sagar ou Océan d'amour, traduit de l'hindou, par M. Lamairesse ; la nouvelle série de la Vie privée d'autrefois, ces piquantes études de M. A. Franklin ; la Comtesse de Die, histoire de la noble dame chère aux Cigaliers et aux Fëiibres, par M. Serni-Santy ; Orgueil de chair, de M. Alick Bolas, un livre de vrai « jeune », etc. — P. G.


Alick Bollas est donc alors un "vrai jeune", mais cela ne suffit par Henri Duvernois qui l'éreinte brièvement le 27 mars suivante dans La Presse :

Orgueil de chair est un titre très ronflant, n'abritant, hélas, rien de neuf et rien qui puisse retenirparticulièrement. Le style est lourd, gauche, embarrassé.
Trompée par les hommes, l'héroïne de l'auteur ne veut plus vivre que pour sa fille. C'est un cas psychologique bien usé.
Espérons que bientôt M. Alick Bollas nous fournira dans un autre volume l'occasion de lui adresser des compliments.
En tous les cas qu'il médite l'axiome du vieux Boileau
Toujours sur ie métier remettez voire ouvrage
Polissez-le sans cesse et !e repolissez.


"Exécution littéraire très inégale, mais de sentiment dramatique" ajoute le Figaro (27 mars 1893)
Le Monde illustré avait été plus tendre deux jours plus tôt en reproduisant ce qui paraît être l'inseratur du volume composé par la maison Savine puisqu'on le retrouve presque à l'identique dans La Lanterne deux jours plus tôt, le 23 mars :

Orgueil de chair, par Alick Bollas, est l'histoire cruelle d'une Parisienne passionnée qui se débat au milieu de la torture de ses sens, et se réfugie dans un amour égoïste pour sa fille. Ce roman si attachant est nouveau par l'originalité des caractères et fera certainement palpiter toutes nos mondaines. (A. Savine.)


Voici toujours l'incipit de ce roman qui finit dans le drame et le scandale d'une mère assassinant sa fille devenue sa rivale :

Sur le boulevard Haussmann, le bruit des voitures, la voix goguenarde des marchants ambulants, le fracas de ces maisonnettes roulantes dites omnibus, les cris perçants des moineaux perchés sur les platanes, tout ce brouhaha monotone tourbillonnant venait, comme une guêpe sur les ailes de l'air, bourdonner aux oreilles d'une femme qui, nonchalamment étendue sur un divan, semblait se bercer dans ses rêves.
Elle était là, songeuse, parcourant de son imagination l'espace, puis ramènent sa pensée autour d'elle où tout était fleuri et exhalait un parfum d'ambre ; son âme s'imprégnait ainsi d'une double félicité.

Le reste à l'avenant.
Toujours inspiré, Alick Bollas commet une pièce avec Lucien Cortambert qui est jouée le 23 avril 1895 au Théâtre des Lettres, Monsieur Grand'roy, puis ce sont les Nobles Rastas, avec le même au même endroit, la même année. Il collaborent tous deux à un "grand roman mondain", Ironie que donne le Gil Blas en janvier 1895 et qui sera repris par le Nouvel Echo — où signe Léo Trézenik
On ne parle plus d'oeuvre littéraire ensuite. On le voit en avril 1897 à la "sauterie" de l'Athénée avec Emile Straus, Fabre des Essarts, Georges Bans, Lucien Cortambert ou André Serph... puis on perd Bollas de vue.
Jusqu'en 1931...
Le plus disert est Le Petit Journal qui offre le 7 octobre des détails sur la tragicomédie qui vient de se dérouler au théâtre de la Porte-Saint-Martin...

Le suicidé de la Porte-Saint-Martin
La vie aventureuse d'Alexandre Debray

La personnalité d'Alexandre Debray, cet exalté qui tenta de se donner la mort au cours de la répétition générale de la pièce de M. Maurice Rostand et Pierre Mortier, et dont l'état reste très grave, apparaît, au fur et à mesure que l'enquête se développe, comme celle d'un homme dont l'existence fut particulièrement agitée.
Né le 24 novembre 1889 à Alexandrie, mais d'origine grecque, Alick Bollas se faisait déjà appeler Alexandre Debray à l'époque où il fréquentait au Quartier Latin M. Pierre Mortier et bon nombre de jeunes gens qui, depuis,, se sont fait un nom dans les lettres ou les arts. Lui-même s'adonnait à la littérature et plusieurs de ses pièces : Madame Bluff, L'Enfant gâté, Le Paria, furent jouées avec un certain succès.
Il apparaît cependant de la correspondance que M. Pierre Mortier a conservée qu'il avait néanmoins souvent recours à la bourse de son ami.
En 1912, il épousa une Italienne qui, peut-être à l'instigation de son mari, voulut se faire reconnaître comme étant la fille de la marquise de Peralta. Il y eut, à cette occasion devant le tribunal de la Seine, des débats qui firent sensation. Mme Debray fut déboutée.
En 1914, Debray s'engagea, mais ne demeura que peu de temps sous les drapeaux et fut réformé pour insuffisance physique.
Après avoir traîné quelque temps en France, il se rendit aux Etats-Unis et chercha à y trouver un emploi de metteur en scène dans les studios cinématographiques. Il y fut mêlé à une affaire de chantage dont fut' victime Sydney Chaplin, le propre frère de « Chariot ».
De retour en France, il se fixa à Bois-Colombes, dans un pavillon, 12, rue Maunoury, où il habitait avec une jeune dactylographe de 24 ans. A plusieurs reprises, il demanda sa naturalisation. Elle lui fut toujours refusée en raison des renseignements défavorables recueillis sur son compte. Bien qu'il prétendit à ses voisins écrire pour l'Amérique des scénarios de films qui lui étaient' grassement rémunérés, ses moyens d'existence n'étaient pas très nets. M. Pierre Mortier avait à recevoir ses pressantes, et nombreuses sollicitations et quand l'homme de lettres se fut fatigué et eut signifié à son ancien camarade de ne plus avoir à compter sur lui, ce fut sa compagne que Debray délégua.
M. Mortier ayant de nouveau refusé tout prêt : « Prenez garde, dit la jeune femme, mon mari est très exalté. »
Portant beau, en dépit de sa soixantaine, volontiers arrogant, il n'avait pas gagné la sympathie de ses voisins, et encore, moins celle de son propriétaire qui, bien que lui ayant signifié congé, ne pouvait le déloger du pavillon où il menait une vie bruyante.
A en croire sa compagne, Alexandre Debray croyait être victigie des agissements de M. Pierre Mortier, coupable, d'après lui, de s'opposer à ce que ses pièces fussent reçues dans les théâtres. Cette manie de la persécution avait aigri son caractère déjà naturellement violent ; rien cependant, affirme son amie, ne permettait de prévoir sa détermination.
— Bien au contraire, ajoute-t-elle, ce soir-là, où il voulut m'emmener voir cette pièce à la Porte Saint-Martin, Il semblait très calme. J'étais assise près de lui, au deuxième balcon. Pendant le dernier entr'acte, il me dit : « Je vais faire un tour dans les coulisses ». Quand le rideau se leva sur le troisième acte, il n'était pas remonté et c'est à ce moment que Je l'entendis au balcon Inférieur. Puis ce fut le drame...
Ajoutons qu'Alexandre Debray, n'étant pas en règle avec la loi sur les étrangers, sera expulsé de France s'il survit à sa très grave blessure.
Ce que déclare M. Pierre Mortier
M. Pierre Mortier, très ému, nous a confirmé hier matin ce qui se disait, quelques heures auparavant, tandis que la foule évacuait la salle de la Porte Saint-Martin
— Cet homme à qui Je n'ai jamais refusé les services qu'il n'a guère cessé de me demander depuis de longues années et qui, un Jour, a fini par m'adresser d'incompréhensibles menaces, n'a pu agir que poussé par le délire de la persécution.
Il est vrai, que perpétuellement harcelé de cartes postales injurieuses et de lettres m'annonçant mon assassinat pour le soir même, J'avais fini par en Informer M. le procureur de la République, ce qui a pu mettre le comble à l'exaspération du dément...
Certaines personnes avaient, d'ailleurs, au cours de l'entr'acte, rencontré dans les coulisses M. Alexandre Debray, lequel disait, à qui voulait l'entendre, qu'il cherchait M. Pierre Mortier pour l'abattre.


Comoedia, le même jour, ne dis pas autre chose (7 octobre 1931) et s'appesantit sur ses rapports avec Pierre Mortier et l'entrevue avec sa petite amie :

Les véritables circonstances de la tentative de suicide de la Porte Saint-Martin

Alexandre Debray-Bolas avait fait des essais de chantage contre M. Pierre Mortier qui avait signalé le cas

L'incident dramatique qui marqua la soirée d'inauguration de la Porte-Saint-Martin ne semble pas être seulement le geste d'un demi-dément en proie à l'idée fixe de la persécution. Il s'y mêle de troubles éléments de préméditation qui atténuent singulièrement toutes les premières explications qu'on avait recueillies pour accorder un peu de pitié au héros principal.
Alexandre Debray, de son vrai nom Alick Bolas, est né en 1869, à Alexandrie, de parents grecs. Il y a une trentaine d'années il parvint - à s'infiltrer dans un groupe de jeunes gens, groupe dont faisait notamment partie René Blum, Paul Giafferi et Pierre Mortier. Hélas ! les fidèles. de ce cénacle littéraire pourtant très accueillants, se virent bientôt obligés de se débarrasser de ce compagnon bizarre, chagrin, que ses appétits inquiétants acheminent bientôt vers un trouble destin. Et voici Debray poursuivi pour manœuvres de chantage et tentatives d'escroquerie. Ses victimes sont tour à tour la marquise de Peralta et Sydney Chaplin, le frère de Chariot.
Il y a environ quinze jours, M. Pierre Mortier rencontra Debray-Bolas à l'Imprimerie Centrale de là Bourse. Il y avait dix ans qu'il ne l'avait vu.
Debray-Bolas raconta à M. Pierre Mortier qu'il avait une merveilleuse idée de film, laquelle, réalisée, devait assurer sa fortune et celle de ses amis. Toutefois, sa détresse actuelle était telle qu'il lui fallait 50.000 francs pour pouvoir réaliser ce projet !
M. Pierre Mortier qui malgré sa bonté bien connue avait appris à se méfier du personnage, depuis qu'il l'avait accueilli au Gil Blas et avait été obligé de s'en séparer, accueillit assez froidement la requête de son ex-protégé.
A partir de ce moment notre éminent confrère fut accablé de lettres tour à tour suppliantes et injurieuses et finalement nettement menaçantes.
Vendredi dernier M. Pierre Mortier, comme on sait, maire de Coulommiers, fut avisé à l'Hôtel de Ville qu'une jeune femme insistait pour lui parler.
Croyant qu'il s'agissait d'une de ses administrées, il la fit introduire dans son bureau. La visiteuse lui révéla alors qu'elle n'était autre que Mme Debray.
« Mon mari», dit-elle en substance, me fait peur. Tous ses amis l'abandonnent, le trahissent. Le voici à bout et bien décidé à se faire « sauter ». mais prétend qu'auparavant il fera d'autres victimes parmi lesquelles M. Pierre Mortier et sa famille. »
Croyant à un moment d'exaltation passagère, M. Pierre Mortier calma la jeune femme avec quelques bonnes paroles et l'éconduisit fort courtoisement.
Prévenu par ses huissiers que la solliciteuse s'obstinait à le guetter devant l'entrée de l'Hôtel de Ville, M. Pierre Mortier différa son départ et attendit qu'elle se fût retirée avant de reprendre le chemin de Paris.
Mais à la réflexion il se décida à prévenir le Procureur de la République des derniers incidents survenus.
Debray-Bolas fut appelé à la police judiciaire et un service discret de surveillance fut organisé autour de M. Pierre Mortier.
On connaît la suite, et comment M. Pierre Mortier, malade, ne put se rendre à la répétition général du Général Boulanger, les paroles de Debray-Bolas précédant sa tentative de suicide, son transport à l'hôpital où il se trouve encore actuellement.
Que serait-il arrivé si M. Pierre Mortier avait été au Théâtre de la Porte-Saint-Martin ce soir-là ? Il est établi que pendant l'unique entr'acte Debray-Bolas se rendit dans les coulisses. Il est vraisemblable que si à ce moment il eût rencontré l'ancien directeur du Gil Blas, les menaces de mort qu'il avait proférées, à son égard auraient été mises à exécution.
La tentative de suicide elle-même paraît bizarre — sinon comique — dans son mode d'exécution. Généralement ceux qui veulent en finir avec un revolver appuyent l'arme sur la tempe ou sur la poitrine à hauteur du cœur. Le geste de Debray-Bolas se trouant le ventre est au moins exceptionnel. N'y aurait-il pas là une manifestation à effet et sans danger, qu'une circonstance fortuite a transformée en blessure grave.
En d'autres mots Debray-Bolas n'a-t-il voulu que tirer un coup de revolver le canon de l'arme tourné vers le plancher, et - une bousculade imprévue n'a-t-elle pas donné à ce geste bénin les conséquences que l'on connaît ?
Aux dernières nouvelles le bulletin de santé de l'hôpital porte: « état stationnaire ».



Un complément d'information aooaraît dans Le Populaire du même jour :

Une tentative
de suicide
dans un théâtre
Le désespéré, un aigri
ayait la manie de la persécution

Lundi soir, au moment où le rideau allait se lever sur le dernier tableau du « Général Boulanger », la pièce de MM. Maurice Rostand et Pierre Mortier, dont c'était la « générale », un spectateur des balcons se leva et cria :
"On ne meurt pas seulement d'amour. moi je me tue parce qu'on m'a ruiné."
L'homme, qui avait tiré un revolver de sa poche se tirait aussitôt une balle dans le ventre.
La représentation fut interrompue, et le blessé fut transporté à l'hôpital Saint-Louis, où il dut subir l'opération de la laparotomie.
Les causes de ce drame n'ont pas encore été établies.
Le désespéré, M. Alexandre Debray, dont le véritable nom est Alick Bollas, n'a pas encore pu être interrogé, mais des premiers résultats de l'enquête, il semble résulter qu'il ne devait pas jouir de la plénitude de ses facultés.
Aigri, désabusé de n'avoir pas rencontré le succès dqns la carrière dramatique, bien qu'il ait eu une pièce jouée à l'Athénée. « Madame Bluff ». après avoir collaboré tort longtemps au « Gil Blas », dirigé amicalement par M. Pierre Mortier, M. Debray rendit celui-ci responsable de ses déboires.
Il voulut écrire une pièce, puis un livre pour accuser son ancien ami ; ni l'une ni l'autre ne purent voir le jour et ce fut cause d'un nouveau ressentiment.
M. Alexandre Debray habite avec sa jeune femme, une modeste chambre meublée dans un pavillon avec jardin, au 21 de la rue Manoury.
D'autre part, M. Pierre Mortier aurait déclaré qu'il avait reçu à plusieurs reprises des menaces de mort de la part de M. Debray et qu'il en avait saisi la police. C'est même pour ce motif qu'il n'avait pas voulu assister à la répétition générale du « Général Boulanger ».


L'Oeil de Paris, versé dans les racontards donna le 10 octobre une version à peine différente, mais plus imagée :

La vendetta du Grec
Les habitués des répétitions générales connaissaient bien le héros de l'aventure du théâtie dé la Porte-Saint-Martin, sinon par son nom, du moins par sa silhouette.
Grand, les cheveux noirs très frisés, toujours coiffé d'un feutre d'artiste à larges bords, il était une des illustrations de cette petite famille de resquilleurs du théâtre qu'on appelle les « hirondelles ».
Il était doré d'un accent levantin assez prononcé, et nul ne fut étonné d'apprendre que, sous le nom d Alexandre Debray qu'il s'était donné, se cachait un Grec nommé Alick Bollas.
Il avait été autrefois un rédacteur éphémère du Gil Blas. C'est là qu'il avait connu M. Pierre Mortier, auquel il avait voué, depuis cette époque, une haine mortelle."
— Zé lé touerai, disait-il fréquemment, en roulant des yeux furieux.
Mais nul ne prenait ses menaces au sérieux — nul, sauf M. Pierre Mortier.
Quelques jours avant la représentation du Général Boulanger, celui-ci avait reçu une lettre de Bollas, dans laquelle le Grec se livrait, avec une exaltation toute balkanique, à dès projets sanguinaires sur la personne de son ennemi et de sa famille. Mortier communiqua la lettre au commissaire de police qui dépêcha un inspecteur chez Debray-Bollas.
On a dit que la police n'avait pu mettre la main sur l'agité. Ce n'est pas exact. La vérité est que les enquêteurs s'étaient rendu compte que l'homme était un bavard . fanfaron, mais inoffensif.. Le commissaire fit savoir à M. Pierre. Mortier qu'il pouvait se rendre en toute quiétude à la répétition générale de sa pièce.
Mais M. Mortier jugea plus prudent de s'abstenir.
Aujourd'hui, il fait dire que c'est la maladie qui l'a retenu chez lui.



L'ultime coup fut porté par Les Nouvelles littéraires le 17 octobre 1931...

Le suicidé du théâtre de la Porte Saint=Martin

Alick Bollas dit Alexandre Debray s'est tiré une balle dans le ventre au cours de la soirée du 5 octobre ; il a subi l'opération de la laparotomie le 6 ; le 8 il se mariait in extremis et le 9 au soir il mourait. Parmi les œuvres de lui qui ont été citées, une a été oubliée : Orgueil de chair. Orgueil de chair est un très mauvais roman fort mal écrit.
Daté de décembre 1892 il a paru au commencement de 1893. Ce livre de 360 pages est dédicacé : "Au maître Aurélien Scholl en reconnaissance des encouragements que le premier il m'a donnés. - A. B."
Le volume n' eut aucun succès et l'éditeur le solda fin 1894.
A cette époque Alick Bollas avait moins de vingt-cinq ans, il se disait homme de lettres, était secrétaire de la rédaction de la Revue moderne et collaborateur du Pilori.

CENTRAL 32-65.



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