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Mot-clé - Pierre Autin-Grenier

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lundi 20 mars 2017

Autin-Grenier polyglotte

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Comme il nous manque, Pierre Autin-Grenier, et comme il nous revient... En pythie, presque.
De ces courts récits déjà publiés en 1996 dans la revue L'Arbre à paroles, voici une version quadrilingue, bel hommage.

Non, de nulle part en somme, il était simplement celui qui est, de toujours, parmi nous et qui jamais ne décevrait notre attente. Ainsi en avait décidé l'assemblé des femmes ; les plus vieux du village approuvèrent.
Un nuage se défait, s"évanouit un songe, de même il disparut...
A quelque temps de là nos marins, embarqués pourtant sur de bien fragiles esquifs, touchèrent à la réalité des îles. Ils en ramenèrent à profusion épices, étoffes, café, huile, ivoire et diamants. Une nouvelle alliance ainsi s'établit. Le solstice d'été décida du sort des barbares ; aux fêtes de la Saint-Jean la bonne fortune de nos armes défit la province de leur emprise. Alors les saisons et les heures retrouvèrent leur éclat d'autant.
C'est vérité q'une tout il faut ainsi, et aujourd'hui même personne ne peut retrancher ni ajouter à cela.




Pierre Autin-Grenier Légende de Zakhor. Version anglaise, italienne, allemande par Derek Munn, Fabio Scotto et Rüdiger Fischer. — Bruxelles, Les Carnets du dessert de lune, 113 pages, 13 €

mercredi 19 novembre 2014

Pierre Autin-Grenier et la situation

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Pierre Autin-Grenier a beau s'être esquivé, il est à nouveau l'occasion de rencontres amicales. On ne se refait pas...
Quelques mois après son décès, ce printemps, une double publication permet de lire des proses inédites, de PAG d'une part - c'est Analyser la situation (Finitude) - d'hommages d'autre part (Finitude itou).
C'est naturellement le recueil d'inédits qui sera lu lors d'une soirée de lectures à voix haute, par et en présence de ses amis écrivains, peintres et poètes le samedi 22 novembre 2014 à 19h à la librairie de l'Horloge (35 Place de l'Horloge) à Carpentras.
Au sommaire du recueil d'hommages quatre artistes présentent de très beaux portraits, certains connus déjà, ce sont Ronan Barrot, Denis Monfleur, Georges Rubel et Ibrahim Shahda. Côté plumes, les proches Dominique Fabre et Christian Garcin, Brigitte Giraud, Martine Laval, Jean-Jacques Marimbert, Antoine Volodine, Izabella Borges, Frantz Bertina, Eric Holder, Frédéric-Yves Jeannet mais aussi, et surtout, Pierre Autin-Grenier et Pierre Autin-Grenier qui par un tour de passe-passe malicieux, et bien à lui, parvient à placer trois interventions plaisantes et tendres, comme il lui sied..."On attendra la guerre à la maison", une lettre à Martine Laval et "Quand j'étais écrivain", fameuse page issue d'une revue.
Plus roboratif encore, son nouveau recueil est aussi terrible que délectable. Dès l'épigraphe à "mon cancer" et à son épouse qui veille dessus comme sur "du lait sur le feu". PAG a le mot simple et juste, la plume nette et parfaitement drôle, comme savent la tenir les aristocrates du rire, et il nous livre, encore malgré le départ, des pages pour nous soutenir, rêver une vie qu'il n'aura pas eu après son coup de foudre ricain avec Nora, refaire le cheminement, un petit bout du chemin, sur un rythme particulier et dans une direction nouvelle. On ne lit pas ces pages comme la plupart.

Ça finit dans le noir
les radis bleus par la racine
on avait pourtant rêvé mieux
(...)
Après toute la vie heureusement
il reste encore la mort
à bien rater

C'est Antoine Volodine qui l'écrit en vers. Il n'a pas tort.



Pierre Autin-Grenier Analyser la situation. - Finitude, 136 pages, 13, 50 €

Collectif Une manière d'histoire saugrenue. Hommage à Pierre Autin-Grenier. - Finitude, 96 pages, 14 €

samedi 12 avril 2014

Chronique des faits : † Pierre Autin-Grenier n'est plus

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Alors que reparaissent ses Chroniques des faits, on apprend la disparition, hier au soir à Lyon, de Pierre Autin-Grenier.

C'est un ami qui s'en va, et l'ami de nombreux lecteurs.
Il était né au siècle dernier, à la Saint Isidore 1947 et avait de ses différents métiers de poète, de nouvelliste et de romancier, d'horticulteur ou d'apiculteur dans le Vaucluse les clés d'un équilibre qui le rendait plaisant et même plus que ça. Depuis la parution, chez Jean Le Mauve, de Jours anciens (1980)*, il s'était montré un écrivain à la fois tragique et doux, humoristique et mélancolique, l'un des rares auteurs dont on attendait toujours les livres avec gourmandise.



Le détail de son portrait, par Ronan Barrot (2012) figure en frontispice de la réédition de Chroniques des faits (Carnets du Dessert de Lune, 2014).



  • On n'avait pas eu la chance de voir paraître Pour en finir avec les lambrissures crevées (Paris, P.J. Oswald, 1973).

samedi 5 janvier 2013

Circa MCMXXIV

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Toujours on trouve des incestes collés sous les toiles ­cirées à motifs de pivoines des cuisines de province, des crimes crapuleux commis à l'heure bleue pour un lopin de topinambours ou trois arpents de grenache, aussi de solides maléfices jetés d'un clan l'autre et qui s'accrochent au bois noueux des tables telles chevêches clouées aux portes des granges.

C'est sous les excellents prémices de Rats, de Pierre Autin-Grenier, que les éditions Circa 1924 annonce leur nouvelle salve de cinq publications parallèles. C'est le roi des rats, en quelque sorte, et celui de PAG est illustré par Georges Rubel.
Les autres nouveautés sont
Lettre de réclamation à la régie du temps de Pierre Bergounioux (lavis de Jean-Baptiste Sécheret)
Mon enfant de sept lieues de Marie Huot (dessins de Bessompierre)
Où sont les arbres ? de Michèle Lesbre (dessins de Gianni Burattoni)
L'instant est un si bref éclat de Joël Vernet (encres de Jean-Gilles Badaire)

Ils sont désormais disponibles à l'achat au prix unitaire de 7 euros.

Ces livres font partie de notre collection Accordéon, imprimée sur un luxueux papier au toucher incomparable, habituellement réservé aux tirages de tête et de bibliophilie. Ils sont constitués d'une longue bande pliée en accordéon et habillée d'une couverture à rabats. Toujours disponibles dans cette même collection : Rien à trouver de Robert Alexis
Années folles de Pierre Bergounioux
Poissons primitifs de Michel Butor
Enfance soir de Pierre Cendors
Ombellifères de Philippe Claudel
Petit Soleil de Pascal Commère
Coton global de Philippe Delerm
Passager de la ligne morte d'Eric Faye
A Budapest de Christian Garcin
La maison d'exil de Guy Goffette
L'Aboi sans fin de Joël-Claude Meffre
Le Livre parfait d'Eric Pessan
Transhumance des tombes de Claude Pujade-Renaud
Vladimir, le peintre de nuages de Rainer Maria Rilke
Amère la mer de Jean-Loup Trassard
L'Homme de la scierie sous la pluie de Joël Vernet
Comme un chemin de Christian Viguié



Éditions Circa 1924
1 rue Jacques Mawas
75015 Paris


lundi 5 décembre 2011

Quand ils voyag... écrivaient

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L'histoire littéraire du début du XXIe siècle vient de faire un progrès considérable grâce à la publication (tête-bêche) d'un double témoignage de Pierre Autin-Grenier et Christian Garcin où s'exposent enfin les raisons de l'une des fâcheries les plus mystérieuses de l'histoire culturelle française. (Â côté, les sources d'inspiration de Saint-Ex et la localisation des a-manuscrits de Molière étaient de la petite bière).

Aussi incroyable que cela paraisse, quand ils écrivaient, certains s'en souviennent peut-être, Pierre Autin-Grenier et Christian Garcin s'étaient lancés un défi cruel.
Ils ont fini par se faire la gueule.
(L'enjeu était composé de bouteilles.)
On ne vous en dit pas plus.
C'est stupéfiant.
Non, c'est... édifiant.



Pierre Autin-Grenier & Christian Garcin Quand j'étais écrivain. — Bordeaux, Finitude, 2011, 48 pages, 7,50 €

jeudi 10 mars 2011

Les Prix de l'Humour noir ont été décernés à...

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Communiqué de presse



Les trois prix de l'Humour noir 2011 ont été décerné ce jour, à midi trente, au Procope.


Le Prix Xavier Forneret est attribué à Pierre Autin-Grenier pour C'est tous les jours comme ça (Finitude) par cinq voix contre quatre à Jean-Louis Bailly (Vers la poussière, L'Arbre vengeur).

Le prix du spectacle vivant revient à Gauthier-Fourcade pour sa trilogie spectaculaire.

Le Prix Granville a été attribué à Cardon pour son album Vu de dos, la rétrospective de trente ans dessins politiques publiés dans la presse.


Pierre Autin-Grenier C'est tous les jours comme ça : les dernières notes d'Anthelme Bonnardi. - Le Bouscat, Finitude, 2010, 160 pages, 15 euros

Jacques-Armand Cardon Vu de dos : trente ans de dessins plus que politique. édition établie par Jean-Luc Porquet et Cédric Biagini. - Montreuil, L'Echappée, 2010, 221 pages, 22 euros

mardi 8 mars 2011

Noyée dans la peinture ?

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Les éditions du Chemin de fer se font remarquer depuis quelques semestres déjà en proposant des ouvrages très richement illustrés. Somptueux collages de Jean Lecointre pour la décoiffante Reformation des imbéciles de Nathalie Constans (au sujet d'Iggy Pop et des Stooges), éclatantes gravures sur bois de Pascale Hémery pour la Génération perdue de Klaus Mann, écarlates huiles de Ronan Barrot pour Elodie Cordou, une disparition de Pierre Autin-Grenier plongée dans un bain de rouge bien rouge.
Couleur de la révolte, elle convient parfaitement à celui que l'on surnomme PAG, écrivain libertaire s'il en est dont le trigramme forme assez naturellement un sigle anarchiste. Son court récit est en forme d'énigme - quid d'Elodie Cordou, issue d'un monde abominablement bourgeois (voué à l'argent), envoûtée par la peinture et disparue sans laisser de trace après sa visite au grand maître inommé ?

Elodie n'a su que s'entêter dans d'interminables, ruines et vaines études philosophiques et artistiques pour lesquelles on s'est saigné aux quatre veines, dont on a tenté de la détourner maintes fois "pour son bien", dont on a tenté de la distraire pour la ramener "dans le droit chemin", mais tous ces sacrifices, tous ces efforts en pure perte, sans effet, répète à satiété madame Cordou mère, toutes ces mises en garde complètement inutiles, tellement butée et rebelle à tous conseils prodigués pour son bien que rien n'a jamais pu l'en faire démordre (...).


Ce livre délicieusement empourpré de colère est à l'évidence un très bel hommage à la peinture. Et cela tombe parfaitement bien : Ronan Barrot est quant à lui un grand portraitiste d'aujourd'hui.


Pierre Autin-Grenier Elodie Cordou, la disparition. (superbes) illustrations de Ronan Barrot. - Nolay, Les éditions du Chemin de Fer, 2010, 64 pages, 12 €

lundi 29 mars 2010

En pétard !

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Plus à gauche que la gauche, mais surtout plus en bombe qu’en pétard, le nouvel opus de Pierre Autin-Grenier lance des flammes… ou des récits courts en forme de pavés.

Bref, PAG fait une excursion hors la blanche - et on ne se demande pas longtemps pourquoi - lorsqu’il veut nous raconter à quoi ressemble notre monde.

Forcément, ça met les glandes.

Pour faire parler la poudre, filez chez vos libraires !


Hasta la lectura siempre !



Pierre Autin-Grenier C’est tous les jours comme ça. — Finitude, 160 pages, 15 euros