L'Alamblog

Accueil | Contre-feux, revue littéraire | Les espaces de l'édition indépendante

Mot-clé - Patrick Reumaux

Fil des billets - Fil des commentaires

vendredi 22 décembre 2017

En plein travail

femmeRoseSofaCigarette.jpg


En plein travail, le Préfet maritime, qui, sur son île, attend la neige de pied ferme, vous offre une image.


Il vous donnera bientôt des nouvelles des éditions Le Miel des Anges, des limericks de Jacques Barbaut, d'une anthologie des dédicaces, du Journal de mon jardin de Vita Sackville-West traduit par Patrick Reumaux le turbulent, des forêts et d'un très riche volume dû à la police des livres.
Sans oublier quelques romans, des poèmes et dessins de Bérénice Constans (ah oui !) et beaucoup d'autres choses délectables.

Au boulot, nous disions.



Illustration du billet : Raymond Pallier (1888-1943) pour Roger Régis, La Femme des mes vingt ans. — Paris, L'Edition moderne-Librairie Ambert, 47, rue de Berri, 47,

lundi 24 décembre 2012

Suivez Reumaux !

stejoycomp.jpg

Suivez Patrick Reumaux, mais n'oubliez surtout pas le ciré.

Lorsqu'il nous mène aux Joyeux Compères de Stevenson, Patrick Remaux, qui a déjà traduit pour les éditions Vagadonde Faustus Kelly de Flann O'Brien l'an dernier, le fait parce qu'il souhaite donner sa propre leçon de la mémorable nouvelle de l’Écossais.
Il nous explique en préambule qu'il en a assez de lire des âneries dans les versions vendues sous les marques Gallimard/Pléaide et Phébus (traductions de Jacques Parsons et de Mathieu Duplay). Exemples à l'appui, il évoque le cas de traducteurs hâtifs et d'éditeurs "fatigués" qui ont laissé esquinter un texte classique, un trésor de la littérature anglo-saxonne qui valait bien qu'on y retourne, une fois encore, pour vérifier que l'on a bien lu. Et avec Patrick Reumaux, on peut être sûr que l'on a bien lu ce qu'il fallait lire.

Pour dire les choses un peu vite, Les Joyeux Compères sont d'une certaine manière l'Au coeur des ténèbres de Stevenson, à ceci près qu'il y est question de brisants et de mer et non de savane et de rivière. Nature humaine et lucre, envie et déchéance, malédiction : une immense nouvelle qui n'a jamais laissé un lecteur indifférent, et pour cause...

A travers la folie de l'oncle Gordon Darnaway, lequel s'exprime dans un dialecte d'écossais digne d'exciter le traducteur Reumaux, l'humanité écoute le souffle de la mer, la colère des éléments et le long cri des merrymen, terrible piège à navire étranger par jour de tempête.

Où sonnent les vagues résonne le naufrage, puis apparaît l'Homme noir, celui qui dans les îles isolées d'Ecosse incarne le Malin... Soit un bonheur de lecture à lire bien au chaud, par temps humide et froid.



Robert Louis Stevenson Les Joyeux Compères. Traduction de Patrick Reumaux. - Le Kremlin-Bicêtre, Vagabonde, 96 pages, 9 euros

vendredi 20 novembre 2009

Patrick Reumaux (un reportage du Préfet maritime)

Reumaux2009.jpg


Retrouvé ce soir, à l’Hôtel Montalembert, lors de la remise du Prix du Pamphlet (à qui donc déjà ?) le subtil et caustique Patrick Reumaux dont les propos tournent incidemment à l’Alamblog, dont il trouve judicieusement “l’intérêt discutable”. (C’est un redoutable taquin.)

Patrick Reumaux, dont on connaît le goût — il a tout de même traduit les frères Powys, et Merwyn Peake et D. H. Lawrence et… tant d’autres —, est non seulement un romancier et un traducteur de prime importance, mais aussi un critique avisé.

Le Préfet maritime se réjouit une fois encore d’avoir la chance de le fréquenter, lors de ses rares passages dans l’Hexagone, cet immense chaudron aux odeurs méphitiques..

Nous aurons l’occasion de reparler de lui très prochainement.

mardi 13 novembre 2007

Patrick Reumaux tire double

reumauxtrad.jpg Illustration de Mervyn Peake.


Depuis quelque temps, Patrick Reumaux tire double. En effet, depuis la publication des Revenus de Tisiphone, fable leprechaunienne, et du poème réverbérant Et demain, et demain, et demain au printemps dernier (1), il publie ses livres par paires. Mais cela ne devrait pas nous surprendre puisque nous savons l’homme au moins aussi efficace que déroutant.
Et pourquoi donc déroutant ?
Vous allez comprendre.
Patrick Reumaux est déroutant car, non content de tirer double et d’être efficace (2), il tire dans les coins. Et quels coins.
En l’occurence, ce militant de la littérature anglo-saxone savoureuse de haute qualité (soit des types d’écrivains très variés, toujours denses et d’une lecture passionnante, sur notre tête de Préfet maritime), met sur le devant de la scène des nouvelles d’Irlandais jusqu’ici négligées.
On sait peut-être que du Royaume-Uni l’essentiel de la littérature post-Shakespeare, est peu ou prou venue d’Irlande. Il n’est pas difficile de faire chez soi le test et de constater que Bernard Shaw, Yeats, Joyce, Sean O’Casey, Oscar Wilde, Beckett et j’en passe sont originaires d’Eirinn. De même ne faudrait-il pas oublier Liam O’Flaherty, Mary Lavin et Daniel Corkery. Ces deux derniers n’ayant jamais eu beaucoup d’influence sur la vie des livres en France. C’est un peu dommage et Patrick Reumaux, en traducteur anthologiste nous le prouve à l’aide d’un recueil de trois nouvelles impeccables au titre audacieux : Trois morts salées.
C’est tout le charme de Patrick Reumaux de ne pas hésiter lorsqu’il s’agit de traduire. Il n’est pas du genre à avoir peur des mots. Mais l’on sait que Patrick Reumaux est un grand écrivain et qu’il est digne de traduire avec audace, ce qui n’est pas donné à tous.

Mary Lavin (1912-1996) n’aura été lue qu’à condition de se passionner pour les lettres irlandaises au point d’aborder les catalogues des presses universitaires. Y ont paru autrefois deux recueils, Les Vivants et les morts (Lille, 1978) et Nouvelles irlandaises (Caen, 1985) où l’on pouvait percevoir un intérêt profond, si l’on ose dire, pour les cimetières… — Et cela nous ramène à la mémoire l’éblouissante Tombe du tisserand de Seumas O’Kelly (1875-1918) dont il nous faudra parler un jour.
Quant à Daniel Corkery (1878-1964), c’était jusqu’à présent le grand désert en France : il n’apparaissait, aux côtés de Lavin et de O’Flaherty d’ailleurs, que dans les deux grosses anthologies des presses universitaires de Caen publiées en 1987 (Anthologie de nouvelles irlandaises) et 1992 (32 Nouvelles irlandaises).

Avant de vous barber d’une analyse fouillée sur les morts par noyade ou sur l’attitude du vieux catho contraint inaugurant le second recueil, Barbara-la-Rousse, du grand Liam O’Flaherty (1896-1984), nous coupons là en vous laissant imaginer les bonnes raisons qui nous font vous parler de ces six nouvelles de mort et de tourment aujourd’hui. Mais oui, c’est ça : elles sont fameuses.
Du grand art, à l’irlandaise, the Reumaux touch.


(1) Preuve accablante que nous avons un retard colossal dans nos recensions. On se croirait - presque ! - au coeur de la rédaction d’un supplément littéraire de notre bonne vieille presse qui n’en peut mais hebdomadairement. Comme nous avons honte…
(2) Nous avions l’intention de proposer ici sa bibliographie, tout en sachant que le travail serait ardu. Mais à ses livres il faudrait ajouter ses traductions et là, mazette, le courage nous a manqué. Qu’il nous pardonne.



Liam O’FLAHERTY Barbara-la-Rousse et autres contes vert sombre. Nouvelles traduites par Patrick Reumaux. Couverture illustrée d’un dessin de Mervyn Peake. - Rouen, Elisabeth Brunet, coll. “Les amis d’Elisabeth Brunet”, 47 p., 12, 60 euros.

COLLECTIF Trois morts salées, nouvelles de Liam O’Flaherty, Mary Lavin et Daniel Corkery, traduites par Patrick Reumaux. Couverture illustrée d’un dessin de Mervyn Peake. - Elisabeth Brunet, 2007, coll. “Les amis d’Elisabeth Brunet”, 71 p. 14, 20 euros.

Patric REUMAUX Les Revenus de Tisiphone. - Paris, Anabet, 2007, 99 p., 14 euros.
Patric REUMAUX Et demain, et demain, et demain (poème). - Anabet, 2007, 206 p. 21 euros.

mardi 24 avril 2007

Le printemps est là et ça se voit

Seasick Steve et ce qui parait être un dobro, avec une casquette (Andyhallphoto.com)

Gros stress de printemps : les livres appétissants profusent à mort.
Une liste paraîtra bien bénigne, bien bête, et c'est cependant de cette solution que nous allons (lâchement) user pour vous dire les excitations qui nous empoignent.
Parce qu'il n'y pas que l'écoute des chansons de Seastick Steve dans la vie.
Mais non.
On dirait cependant, c'est vrai.
Mais en fait non.
Il y a une lettre de Claude Seignolle au courrier, les deux récents livres de Patrick Reumaux dont nous allons reparler, évidemment, la réception de Sous l'empire des oiseaux de Carl Watson (Vagabonde), sacré Ricain dû à la généreuse attention de Daniel Mallerin, du Journal de Marguerite de Saint-Marceaux (Fayard), communiqué par de savants annotateurs — une vraie surprise brune issue de nulle part avec un index et des notes à damner un bibliographe — et un roman de Michel Jourdain, Frank Sinatra monte au Paradis (Champ Vallon). C'est plus qu'il n'en faut à un seul lecteur...
En plus, Dominique Poncet remet en route Dubeaumonde, un Dubeaumonde qui pète des flammes (Carine Fernandez, André Dhôtel, Baudelaire...), et La Clef d'argent annonce la parution du Mausolée de chair, récit de Jonas Lenn — Trotski, un biologiste russe, l'Histoire.... —, et Seasick Steve continue d'être Seasick Steve... même en version freedownload.
Et il fait chaud.
Et on a faim.
Et la vie est belle, même au printemps.
Il est pas certain que ça dure.
Un signe : Corinne Maier a choisi l'exil.

mardi 11 juillet 2006

Ah, les p'tits piafs...

C’est comme ça : aujourd’hui je me voue à la contemplation des petits piafs dont je causais hier. Faut dire qu’ils sont fascinants, blottis tous les cinq dans leur nid, dans le passage d’entrée, sous l’immeuble, et au-dessus du placard électrique. Peignés au pétard (je vais tenter le portrait photographique, promis), ils récriminent dès qu’un quidam se manifeste pour qu’enfin le miam soit distribué. Et avec une énergie qui n’autorise aucun manquement. Lorsque le parent nourrissier (père ou mère, difficile à déterminer, volent trop vite et puis c’est pas très clair tout ça) déboule avec la pitance, c’est un concert délicat. Ils émettent au fond le même bruit qu’une horde de grillons. On se croirait en Provence. Vous saviez ça, vous, qu’une cour du XXe arrondissement de Paris peut sonner comme le Sud ? Il faudra que j’en parle à Réda.


La Gardienne
(gravure du merveilleux Erik Staal à découvrir, parmi mille autres trésors, sur son site.)

Quant aux lectures, ce sera Sheridan Le Fanu, dans Le Coq et l’Ancre, à paraître en octobre, dans une chouette traduction de Patrick Reumaux et, pour me reposer les yeux, avec toute l’apparence d’un farouche paradoxe, un peu de cette Histoire de la merde de Dominique Laporte, dont on sent - c’est le moins que l’on puisse dire - qu’elle a été conçue par un disciple de Michel Foucault. Se trompe-t-on ?
Il m’en fallait passer par là (ne soyons pas hypocrite, le sujet est passionnant), et par la Bibliotheca scatologica de Jannet et consorts, pour pondre une préface urgente à ce livre culte de Bienvenu Merino qui reparaîtra bientôt : Diarrhée au Mexique, l’oeuvre d’un authentique beatnik assurément, de ces trimardeurs à tripes qui ne s’arrêtent pas sous les projecteurs comme des lapins fascinés par les phares d’automobile. Généreux ce matin, nous ne nommerons personne. Soit un chemineau qui a gratté la matière de l’existence jusqu’à la trame, plutôt que de revêtir des lunettes noires ou le long cache-poussière, ustensiles destinés à la pose, sinon à quoi ?
Deux jours plus tôt, c’est une préface à La Grande Vie de Jean-Pierre Martinet qui a été rédigée dans une poussée d’adrénaline. Il fallait ça pour lutter contre la guigne de ce talentueux barbu dont les livres finiront bien par se lire, noms des dieux.

Mais faut-il en dire plus si tôt ? Hum… Le premier volume paraîtra bientôt aux éditions L’Atelier du Gué, le second à L’Arbre vengeur (les couvertures seront en ligne dès que possible). Vous m’en direz des nouvelles, quoi qu’il en soit.