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mercredi 17 décembre 2014

Patricia Grace rompt les silences

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Tandis que le jury suédois s'amuse à faire des blagues, plusieurs grands lecteurs ont jugé bon de signaler des oeuvres qui auraient décemment pu obtenir ce prix au bénéfice de tous les lecteurs.
Sur notre île, nous sont parvenus très rapidement les noms de Vladimir Charov et celui de Patricia Grace dont une merveille avait été signalée ici même, "Les papillons", nouvelle publiée en français par la revue Brèves.
Lauréate du Prix Neustadt, dit le « petit Nobel », la romancière et nouvelle néo-zélandaise Patricia Grace n'a rien à prouver au monde, mais les lecteurs français ont à entreprendre un gros travail de rattrapage quant à eux, s'ils ne souhaitent passer pour des ânes...
Les éditions Au vent des îles dont le siège à est Tahiti, comme pour nous faire rêver un peu plus, publient depuis des années son oeuvre traduite en français, rien ne s'oppose donc à cette lecture rétrospective à entreprendre dare-dare. Et pour commencer son nouveau recueil de nouvelles, Des petits trous dans le silence, constitue une très bonne manière d'aborder son univers à la fois poétique et engagé.
Engagée dans la vie politique de son île dans les années 1970 — elle signe en 1975 Waiariki, toute première publication d'un recueil de nouvelles par une femme maorie —, Patricia Grace, fille d'une mère irlandaise et d'un père maori, s'est hissée au rang de figure majeure de la littérature contemporaine du pacifique en publiant des écrits remarquables au fil des ans.
Ses nouvelles qui cristallisent les moments précis où les solitudes fruits de la pauvreté, de l'acculturation, du racisme à la nouvelle société néo-zélandaise rencontrent l'humanité en la personne d'un frère ou d'une sœur humains, prêts à entendre leur désarroi. On ne fait guère plus simple en guise d'argument, on ne fait pas plus probant en guise de nouvelles non plus.
La parole occasionne des petits trous dans la solitude. La leçon est valable pour tous.
Et l'oeuvre de Patricia Grace, pour causer comme on cause en décembre, est un must absolu.



Patricia Grace Des petits trous dans le silence. — Tahiti, Au vent des îles, 224 pages, 15 €

lundi 20 novembre 2006

François Augérias et la Nouvelle-Zélande en Europe


Il a paru.
Le Préfet maritime, qui a pu se le procurer avant les autres — bénéficiant en l'occurence de la proximité géographique de ses îles, rarement aussi favorable — en a goûté la substance et peut, en connaissance de cause, féliciter l'éditeur, Jean-Baptiste Para, qui oeuvre depuis longtemps à la tête d'Europe et mérite les plus vifs éloges pour son travail d'homme de savoir et de sensibilité.

Au sommaire, un dossier François Augiéras, pour commencer, avec, surtout, des lettres inédites à Yves Bonnefoy, Joël Picton, Jean Boyé, Ilo de Franceshi très intéressantes. Ajoutons-y la lettre incluse dans l'article de Claude Pillet où Augérias écrit, le 16 décembre 1955 à André Malraux. Elle mérite d'être cité pour sa franche expression :

Monsieur, Je crois que mon éditeur vous a fait parvenir l'ouvrage intitulé Le Vieillard et l'Enfant.
Dans quelques jours je passe en correctionnelle. Avant d'aller en prison vous êtes un homme avec lequel je souhaite parler.
Je voudrais parler une heure ou deux avec vous. Si vous désirez me voir, envoyez un mot chez : Gaston Georges — 13 rue Etienne Marcel, Paris 1er. Je serai à Paris de lundi à jeudi soir. Je connais bien Les Voix du silence, que j'ai lues au Soudan (i. e. Mali), j'ai peut-être beaucoup à vous apprendre sur ce livre ; n'êtes-vous pas las de n'atteindre que des auditoires "d'élites", que les lecteurs de la Nouvelle N.R.F. Depuis dix ans vous chantez au clair de lune ; n'avez-vous jamais souhaité une réponse de la nuit...
Vous avez commencé par vivre les armes à la main, puis abandonné la fraternité révolutionnaire... disons au profit de la création artistique... N'avez-vous pas le regret de n'être plus qu'au service de l'Europe, de Paris fatigué et usé ?

J'ai souvent soupçonné Les Voix du silence d'être faites pour êtres lues au clair de lune : en Afrique, ou sur l'Océan.
Je ne peux croire que vous appartenez à la nullité de Paris. Enfin j'aimerais vous voir.

F. Augiéras

Il n'obtint pas d'audience, évidemment, mais, le 31 mars 1956, ce billet, qu'il cite dans La Trajectoire, une adolescence au temps du maréchal (Bourgois, 1968) :

"Monsieur, j'appartiens si peu à la Civilisation de Paris, que je n'y suis jamais."

Signé de Malraux.

La lettre d'Augiéras à Joël Picton est, par ailleurs, un document rare. Il s'y développe un genre extrêmement virile d'amitié bretteuse qui vaut le détour. Un bon sujet pour le prochain colloque des Invalides (Querelles et invectives).
Cette facette de la personnalité d'Augiéras nous avait jusque-là tout à fait échappé. Nous n'y avions pas beaucoup regardé non plus. L'ensemble des interventions réunies dans ce numéro d'Europe sont de nature à nous remettre les idées en place, c'est parfait. Soulignons encore l'article de Pascal Sigoda, très informé, comme d'habitude, de Francesca Y. Caroutch, de Claude Piller, etc.

Vient ensuite le dossier Lettres de Nouvelle-Zélande truffés d'excellents textes (proses et poèmes) où nous avons lu les délectables nouvelles de Tracey Slaughter ("Blé") et Patricia Grace ("Entre ciel et terre"), parmi d'autres très belles pages.

Et aussi, à propos de la littérature néo-zélandaise, au pinacle en ce mois de novembre :
Brèves (n° 79) accessible sur Lekti.com

mercredi 4 octobre 2006

Lettres de Nouvelle-Zélande

On vous parlait il y a peu de la marée Nouvelle-Zélande qui devait recouvrir nos terres d'ici à quelques semaines. Voici la première vague provoquée par la revue Brèves :

En voici le Sommaire :

Entretien avec Nadine Ribault
A propos de Janet Frame

Trois écrivains français ouvrent le bal sous le signe de l’humour.
Cinq écrivains néo-zélandais nous introduisent ensuite au cœur de leur littérature, invitée cette année en France par Les Belles Étrangères.
Un ensemble d’articles autour de Katherine Mansfield et de Janet Frame nous donne à voir quelques belles figures du "pays du long nuage blanc".
Avec des nouvelles de Cyrille Fleischman, Marie-José Bertaux, Benoît Jean et Janet Frame, Fiona Kidman, Patricia Grace, Owen Marshall, Frank Sargeson.

Magazine
Dossier Nouvelle-Zélande
Au pays des mots, par Claire Julier
Aotearoa, par Jean Anderson
La comète comme outil stylistique, par Christiane Rolland Hasler
Histoires d’eaux, par Christiane Rolland Hasler
Entretien avec Nadine Ribault à propos de Janet Frame
Katherine Mansfield, par Hubert Haddad

Actualité de la nouvelle :
notes de lecture et critiques
De la misogynie des Goncourt
Nouvelles de Madagascar
Voyages en Corée