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jeudi 25 janvier 2018

Onfray bien de se faire oublier

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Certains attirent les tartes à la crème, d'autres les corrections publiques.
Michel Onfray attend ses entarteurs. On lui en souhaite beaucoup. Après des débuts sympathiques sur l'air enthousiasmant des universités populaires, il s'est révélé n'être au fond qu'une sorte de néo-gourou tout pourri. Ne résistant pas à la pression de son ego, il s'est vu transformé, grâce aux bons voeux de la fée des médias qui en raffole, en une espèce de grotesque machin de la prestidigitation juste apte à faire des phrases ineptes, malheureusement pour lui. Un boeuf de la phrase qui pète des méta-âneries quel que soit le sujet qu'il aborde. C'est notre époque qui veut ça : des gens font des phrases vides et s'autorisent à pérorer sous les "encouragements" d'un public frelaté.
Et qu'il aime causer... On connaissait BHL, Ferry (et les autres...), on a maintenant Onfray. On ferait bien d'arrêter de se fader des machins pareils.
Après plusieurs autres, Gilles Mayné et Rémi Lélian se sont occupés de son cas en le prenant par le bout des idées (avec des gants, prophylaxie oblige). Ça donne deux pamphlets qui paraissent chez Champ Vallon et chez Pierre-Guillaume de Roux. Deux citations pour illustrer le propos. Par Rémi Lélian tout d'abord

Intellectuellement, le Traité d'athéologie est un livre d'arrière-garde. Philosophiquement, il est nul.

CQFD. Qu'ajouter sans perdre son temps ?
Et chez le bataillien Gilles Mayné :

La vérité est que Michel Onfray adore les politiques. Qu'il s'en nourrit comme autant d'occasions supplémentaires de critiquer un système qu'il phagocyte copieusement, afin de propager un discours dénué de toute profondeur qui surfe sur la vague déformante d'une société paranoïaque (...) La fréquence de ses coups de gueule médiatiques ont amplifié les ravages de la dérive post-culturelle (...) Onfray devenu intouchable. C'est une drogue légèrement hallucinogène dont pour beaucoup il est apparemment difficile de se passer.

En somme, gare à vous. Les mauvaises graisses du faux philosophe, ce macdonald du penser, vous guettent. Magné et Lélian mettent tous deux Onfray dans la petite bouteille de notre époque, collent une étiquette dessus et nous bazardent ça au musée des horreurs. C'est lui faire bien de l'honneur, tout de même, à ce famélique de l'audience. Relisons Bataille, relisons Caillois, relisons Canguilhem et tous les autres, mais arrêtons de laisser penser qu'Onfray a quelque chose à voir avec les idées.

Une question maintenant : une fois que nous avons laissé agir à leur guise les creux Onfray, BHL, Moix, Angot, etc. dont se repaissent les médias, qui remboursera la casse ?
Qui paiera pour les dégradations sociales, pédagogiques et culturelles qu'ils causent conjointement ?
Qui créera l'Observatoire des nuisances culturelles ?



Gilles Mayné En finir avec Onfray. Du déni de Bataille à la boboïsation ambiante. — Champ Vallon, 2018, à paraître incessament.

Rémi Lélian Michel Onfray, la raison du vide. — Pierre-Guillaume de Roux, 2017, 135 p., 15,90 €