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samedi 21 mai 2016

Entrée en neige

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Le train se hissa sur le flanc nord de la chaîne et s'engouffra dans le long tunnel. Lorsqu'il en déboucha, on eût dit que la lumière incertaine de l'après-midi hivernal se fût engloutie déjà au sein ténébreux de la terre. Quant aux vieux wagons ferraillants, ils avaient apparemment laissé dans le tunnel leur brillante livrée de givre et de neige. On descendit alors une vallée, où déjà les ombres à peine teintées du crépuscule comblaient les précipices, que laissaient entrevoir les hauts sommets entassés l'un sur l'autre. Ce versant-ci ne présentait pas trace de neige encore.




Yasunari Kawabata Pays de neige. Roman traduit du japonais par Bunkichi Fujimori. Texte français par Armel Guerne. — Paris, Albin Michel, 1960.


mercredi 23 décembre 2015

La neige et la mémoire

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« Ici, l’argent glacé du givre revêt chaque ligne. Mais le « vin des délices », c’est le papier entre la ligne qui termine le premier quatrain et celle qui commence le deuxième. En apparence, c’est un espace blanc comme les autres, mais c’est l’endroit précis où l’on aspire à pleins poumons l’air glacé, avec une sorte d’épuisement lié au pressentiment de la douleur et du bonheur, et peut-être aussi au chemin qui monte (…) ».




Lydia Tchoukovskaïa La Plongée. Traduction du russe par André Bloch, revue et présentée par Sophie Benech. - Paris, Le Bruit du temps, 216 pages, 8 €

mardi 2 septembre 2014

Neige chez Conrad Aiken

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La publication en français des œuvres de Conrad Aiken aura démarré lentement, mais elle semble se poursuivre désormais inexorablement et à un rythme de plus en plus soutenu.
Pouvait-on négliger encore ce cador loué par Faulkner et Malcolm Lowry ?
Non, décemment pas, et les choses avaient déjà tourné au vinaigre pour les élites éditoriales françaises qui se ridiculisaient chaque année un peu plus. Après Blue Voyage et Un coeur pour les dieux du Mexique, La Venue au jour d’Osiris Jones, trois textes aussi solides qu'édifiants, voici Neige silencieuse, neige secrète, brimborion littéraire qui constitue un socle, ou une pierre d'angle de cette œuvre... granitique, si l'on ose dire.
En l'occurrence, le granit n'est pas le matériau idoine pour parler de ces nouvelles pages traduites puisque la neige les recouvre exceptionnellement, notamment dans l'esprit et dans la vie du jeune Paul, douze ans.
A la croisée de La Femme changée en renard, du Voyage autour de mon crâne et de Bartleby, cette Neige silencieuse est, à l'heure de Freud, un aperçu de "l'incommunicabilité de l'expérience" et de la solitude des êtres.

"Je pense, c'est tout."



Conrad Aiken Neige silencieuse, neige secrète. Traduction de Joëlle Naïm. Suivi de "L'enfant, le traducteur" et leurs illusions et de "Mots pour Neige silencieuse, neige secrète" par Olivier Gallon. - Paris, La Barque, 10 €

et, prochainement,
Conrad Aiken Senlin, une biographie. - Toulon, La Nerthe, 10 € (15 octobre 2014) Également à La Nerthe, prochaine parution de la Correspondance James Joyce/ Italo Svevo, 128 pages, 16 € (parution 16 septembre)

vendredi 1 février 2013

Les couvertures du siècle dernier (XXIII)

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Dominique Egleton Neige. - Chambéry, Lire, 1946, 248 pages.