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jeudi 9 mars 2017

Le Capharnaüm de l'hétéroclite Ohl

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Tout le bordelais s'est mobilisé pour rendre hommage Michel Ohl. Aujourd'hui, nous saluons l'initiative des éditions Finitudes qui proposent dans le 7e cahier de leur revue Capharnaüm un florilège d'écrits de Michel Ohl.
Elles présentent ainsi le personnage :

Capharnaüm tente de rendre hommage à Michel Ohl, grand méconnu, voire inconnu, dont la légende ne cesse de planer sur les lettres depuis plus de quarante ans. Fou littéraire, pataphysicien, mystificateur, spécialiste de la littérature russe, amateur de rugby, on a souvent essayé de lui coller de belles étiquettes. Rien à faire. Et sa mort en 2014 n’a rien arrangé. À travers des textes, des lettres, un entretien, et quelques délires littéraires dont il avait le secret, nous avons tenté une approche discrète du bonhomme. Mais il reste insaisissable.

L'hétéroclite Ohl — plutôt que fou littéraire — fut de fait un original forcené de très grande ampleur, un excentrique dont les lectures avaient de quoi faire pâlir un sorbonnagre. La finesse de ses analyses, comparaisons, démonstrations se devine du reste aisément dans la plupart de ses écrits dont les pages recueillies pour qu'elles ne se dispersent pas définitivement dans la mer des folios nous convient aujourd'hui à de saines et mémorielles agapes.
Oh n'était pas le zaporogue banal.
Issues des revues Jours de lettres (1995, 1996), de correspondances à Gérard Bourgadier, éditeur, Angelo Rinaldi, dont il moque la leçon de grammaire dévoyée, l'ensemble est politiquement drôle. On y lit aussi des lettres à Denis Mollat, le libraire, à Pierre Assouline, qui ne se relève pas du manuscrit qu'Ohl lui a fait parvenir, au journal Sud-Ouest (une pétition réclamant le retour du cachet postal" signée par Henri Emmanuelli et Bernard Cantat, qui n'en manquent pas), à Patrick Volpilhac de l'Agence régionale pour l'écrit et le livre (Arpel), à un éditeur pour lui proposer un projet d'uchronie concernant Mai 1968 (avec titres et descriptifs des opus potentiels : Mai l'homme âne, Mai Nil Montant, Mai de Sein, ou Mai sage, etc.), ainsi que le fameux Boobook, nain des éditions Galimart de Bérénice Constans. Perle rare, le copieux entretien final entre Michel Ohl et son ami Dominique Noguès (et non Noguez) finira de convaincre le dubitatif.
Ce morceau particulièrement roboratif avait paru dans le numéro unique de la revue photocopiée qui remporte le meilleur titre de revue du monde : Le nom de la revue intitulée Dieu seul le sait.
Pour se convaincre que lire Michel Ohl est la médecine qu'il vous fait, ce constat qu'il fit et qui ne peut qu'emporter l'adhésion, en particulier au milieu de la semaine :

L'art est création !



Capharnaüm, n° 7 (mars 2017)
96 pages, 13, 50 €


mardi 7 mars 2017

Ohl empoché

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La famille Ohl est au programme cette semaine. Il faut vous y faire.
Plusieurs billets leur seront consacrés.
Pour Jean-Pierre (Ohl), c'est un nouveau roman attendu chez Gallimard ainsi que la version poche de M. Dick en Petite Vermillon à la Table ronde. Les amateurs de Charles Dickens vont se régaler, comme tous les amateurs de récits à coulisses, diablement vivants et pleins d'ironies sorties avec un air pince-sans-rire. On a toujours dit que Jean-Pierre Ohl était le plus britannique des frères Ohl.
Michel (Ohl) était, on le sait ici à l'Alamblog, le plus zaporogue des deux, le plus échevelé et, dès lors qu'il avait un crayon en main, le plus jusqu'au-boutiste. Car, sachons-le bien, c'est tout de même Michel Ohl qui a inventé le "mastaraglu"...
Explications :

C’est par pur altruisme que Michel Ohl a rejoint le groupe des écrivains imaginatifs débordants, et s’est laissé classer dans ce club informel des gens d’esprit avec ses pairs Maurice Roche, Jean-Pierre Verheggen, Alphonse Allais, Raymond Queneau, Boris Vian, Alfred Jarry et quelques moralistes carabinés du genre de Félix Fénéon. Ajoutez à cela son goût personnel pour les collages à usage épistolaire, vous avez le portrait de l’original bravant les conventions d’un monde codifié qui n’apprécie rien tant que le sérieux et la morgue. Dans ces pages où se percutent les notes de zinc, les détournements, les anagrammes, les calembours, les anecdotes, les récits de rêves fous et ses méditations de lecteur frénétique, ces pages où résonne le «mastaraglu», la langue des morts de son invention, on retrouve toute la jubilation et toute la déflagration de la littérature en marche.



Michel Ohl Petites Scènes de la vie en papier. Anthologie établie par Dominique Nogués et Jean-Pierre Ohl. Préface du Préfet maritime. - Paris, La Table ronde, 256 pages, 8,70 €

lundi 6 mars 2017

Une semaine qui mastaraglote

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Cette semaine, Michel Ohl sera à l'honneur.
C'est tout à fait réjouissant, vous allez voir. Certes, il faut dire Feu Michel Ohl.
Mais on ne s'y habitue pas.
Et puis qu'il a inventé le mastaraglu, la langue des morts et des squelettes, il serait de bon goût qu'il nous fasse savoir comment dire tout ça.
En attendant, trois éditions à la Table ronde et chez Finitude vont vous procurer de quoi constater que la vie est pleine de choses délectables.
A suivre donc...


dimanche 20 mars 2016

Ohl dispatche l'Infirme aux mains de lumière

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C'est une grande première : un éditeur vient de s'offrir le luxe de publier le reprint d'une impression de Michel Ohl. Il faudra d'ailleurs leur donner un nom spécifique puisque ces créations appartiennent au registre de l'imprimé tout en appartenant à celui du collage, de l'exemplaire unique et du manuscrit. Le tout bien mélangé. Nous avons naturellement une pensée pour le ou la graphiste qui s'est trouvé(e) condamné(e) à cette gageure.

Tout n'est pas rose dans le petit monde de l'édition...

En revanche, dans celui du lecteur, c'est au poil !

Michel Ohl a inventé là une façon de faire de la critique et de l'histoire littéraire une expérience unique, pédagogique, délicieuse et très touchante.

Voici un bref topo de ce très beau roman de la douceur et de la compréhension, les deux spécialités d'Edouard Estaunié :

Au hasard d'une rencontre nocturne dans un café du centre-ville de Bordeaux, se dévoile l'intrigante personnalité d'un modeste employé des contributions directes. Promis à un bel avenir, il doit subitement dire adieu à ses rêves et sacrifier son avenir aux soinx d'une sœur infirme, dont le cœur enfantin ne comprendra jamais le sacrifice. Un livre simple et délicat, un livre écrit avec "des mains de lumière".



Edouard Estaunié L'Infirme aux mains de lumière, suivi de Je dispatche Estaunié par Michel Ohl. Préface du Préfet maritime. — Bordeaux, L'Eveilleur, 160 pages, 17 €

samedi 19 mars 2016

Rayas Richa en chair et en os


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Rejoignez tout à l'heure au salon du Livre : le mystérieux Rayas Richa signera son roman Les Jeunes Constellations sur le stand 1-F23 de 16 heures à 18 heures.


P.S. Incidemment, le Préfet maritime se tiendra non loin, tout prêt à vous parler de L'Infirme aux mains de lumière d'Edouard Estaunié dont la réédition équipée d'une merveille de Michel Ohl vient de paraître.
Le hasard fait bien les choses : ce sera sur le stand d'a côté où Le Festin et L'Eveilleur


Rayas Richa Les Jeunes Constellations. — Talence, L'Arbre Vengeur, 224 pages, coll. L'Alambic, 18 €, en librairie le 22 février 2016.


Illustration du billet : portrait de Rayas Richa par Isabelle Rey (2015).

mercredi 25 mars 2015

Une conférence sur Michel Ohl

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Dominique Noguès, agrégé de Lettres (à ne pas confondre avec Dominique Noguez, le normalien agrégé de philosophie) donnera en fin d'après-midi une conférence intitulée "Michel Ohl, la course de la plume (années 2000)"

Au tournant du siècle, Michel Ohl annonce qu’il cesse d’écrire, mais entreprend secrètement de remplir d’une plume appliquée des cahiers d’écolier (plusieurs dizaines) de marque Le Conquérant, sans s’autoriser ni ratures ni repentir. Il appelle cela « parler ». On s’interrogera sur ce qui l’a conduit à cette expérience d’improvisation et sur ce qu’elle a produit.


Mercredi 25 mars à 17h30
Maison des sciences de l'Homme d'Aquitaine (MSHA, salle 3)
Centre d'Etudes des Cultures d'Aquitaine et d'Europe du Sud (CECAES-EA TELEM)
Université Bordeaux-Montaigne, Domaine Universitaire, 10, Esplanade des Antilles, Tram B arrêt Montaigne Montesquieu)



NB L'image illustrant ce billet a été empruntée au film réalisé le 29 octobre 2009 et intitulé Rêves d'avant la mort.


dimanche 7 décembre 2014

Deux hommages à Michel Ohl

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La librairie Georges située à Talence, dans la proche banlieue de Bordeaux, organise le vendredi 12 décembre 2014 à 18 h 30 une lecture par Daniel Crumb et François Mauget de l’œuvre de Michel Ohl, récemment disparu.
On aurait aimé pouvoir y être...

Nous nous rattraperons en lisant l'Hommage de Pierre Ziegelmeyer mis en ligne sur le site des éditions Plein Chant d'Edmond Thomas dont Michel Ohl fut un pilier littéraire.


Librairie Georges
300, cours de la Libération
33400 Talence




dimanche 9 novembre 2014

Boobook, de Michel Ohl

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Curiosité de la bibliographie de Michel Ohl — qui en compte tant d'autres ! — Boobook est un petit volume (9/6 cm) publié par Bérénice Constant à l'enseigne de Galimart et imprimé par Edmond Thomas à Bassac
Son titre et inspiré par ce dernier mot de Bobok de Dostoïevski, à quoi se résout un langage.

Chut ! écoutez, les morts, entre eux, ils parlent, nul doute, les morts parlent, j'avais donc fait le mort, j'espérais gagner sa confiance, et puis je me suis endormi, si j'étais mort en dormant peut-être eussions-nous échangé quelques mots, en cette nuit funèbre, mon pauvre papa et moi, chose qui ne nous arrivait jamais de son vivant, peut-être mais non, non, je n'étais pas mort, la preuve.




Michel Ohl Boobook. - Bordeaux, Galimart, 1992.

Grand Concours de l'Alamblog en hommage à Michel Ohl

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Finalement, la tempête soufflant sur notre île nous a offert le loisir de penser, et même de songer.

L'hommage un peu spécial que nous souhaitions pour Michel Ohl, récemment disparu, nous venons d'en trouver la forme que nous souhaitions.

Il sera l'objet d'un Grand Concours de l'Alamblog auquel Michel Ohl avait si souvent répondu.

Les candidats à ce concours d'un genre tout à fait nouveau devront composer un poème à Michel Ohl sous la forme qu'ils souhaiteront. Et nautrellement, toutes les formes fixes, fussent-elles érudites, seront les bienvenues.

Le jury, composé de David Vincent et Nicolas Etienne, des éditions L'Arbre vengeur, et du Préfet maritime, retiendra les lauréats les meilleurs le 30 novembre prochain.

Des exemplaires de N'à-Qu'un-Oeil de Léon Cladel constitueront le lot.

A vos calames, ami(e)s !

vendredi 7 novembre 2014

† Michel Ohl (1946-2014)

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De même que nous avions un peu d'avance en plaçant Michel Ohl dans La Forêt cachée, par affection autant que par prosélytisme, l'année dernière, nous voici avec quelques jours de retard sur la triste annonce de sa disparition : il s'est éteint le 20 octobre dernier à l'hôpital Saint-André à Bordeaux (il était né le R décembre 1946). Depuis, conscient de l'importance de cette perte, le Préfet maritime tourne en rond, procrastine, cherchant la meilleure manière de lui rendre hommage, et un hommage d'autant plus appuyé qu'il aura été l'un des premiers et plus actifs alamblogonautes, souvent sur le pont, toujours amical.
Apparemment, il n'y en aura pas de manière assez originale pour dire qui était ce collagiste zaporogue génial, écrivain et épistolier d'enfer dont le dernier courrier datant du mois de juillet nous enjoignait de lire Gyula Krudy ou la nostalgie, dans une publication des éditions EdeN, de Pierre Ziegelmeyer, - sa marque personnelle de bibliopole à lui étant Schéol (chez Ohl).

Me voici récrivant, de petits mots, vaille que vaille, et lisotant des recueils de faits-divers épouvantables. Je vous donne le dernier recueil que j'ai composé de citations de Gyula Krudy, mon écrivain préféré, que (Pierre) Ziegelmeyer m'a fait découvrir voici 25 ans. J'ai dû recopier cela il y a 1 an 1/2, 2 ans, je ne savais encore que Mr. Crab était incurable, mais il ne progresse pas vite, mais l'allure d'enterrement peut changer, il peut soudain filer à tombeau ouvert, je ne seai pas inhumé au champion des cimetières : Ohlsdorf, et pourquoi vous parlè-je soudain d'Ohlsdorf : à cause de mon village, de Thomas Bernhard, de Premier Amour de Beckett et de Fallada (...) Le Fallada que je préfère, de loin, est Le Buveur, parce que c'était lui (par que c'était lui - et un petit peu moi aussi), le passage éterne à l'asile est d'une vérité horrifiante, nonobstant "artifices" et "invraisemblances", et le Buveur, le Saint Buveur, "se promène" au cimetière d'Ohlsdorf je ne sais + quand (...) (Georges Walter) écrit son xième dernier livre, voué à Kessel, et Kessel rêvait de mourir dans son fauteuil au milieu d'une cigarette, et c'est ce qui est arrivé. Ainsi finit cette lettre.

falladaBuveur.jpg Amical Ohl, généreux Ohl, lecteur émérite qui "dispatchait" Estaunié pour mieux le faire lire, comme il le fait là pour Krudy, Fallada ou son ami Georges Walter, autre ami commun de Joseph Kessel et de notre Zaporogue... Grégory Haleux a fort bien effectué le travail d'hommage qui s'imposait dans un beau billet très bien illustré, après avoir en des temps plus anciens donné cette curiosité d'Ohl : Cessez de lire avec Michel Ohl.
Indissociable de Joseph Kessel, d'Edmond Thomas et de Georges Walter, le drôle d'oiseau qu'était Ohl laisse pour la partie la plus accessible de sa bibliographie un nombre significatif de livres fort imaginatifs, souvent à la marque de Lattès puis de Plein Chant, tels que :
Le nom du livre intitulé Marie-Botte ou Pèle-Galets (Plein Chant, 1985).
L'An Pinay (Plein Chant, 1991).
Le Prix du boeuf (Plein Chant, 1996).
La Main qui écrit (Plein Chant, 2003).
Jeux des mots et de l'esprit s'y donnent grand champ et forment un panorama qui va s'incruster durablement dans le paysage culturel - et littéraire donc - en particulier parce qu'ils sont souvent dotés de poignées bien macabres, tout en chêne, et concomitants mais non superposables aux amusements oulipiens ou aux grattages pataphysiques. Même s'il a démarré sur un Pataphysical Baby (après Sonica mon lapin), Michel Ohl aura transcendé les catégories et apporté une oeuvre bien particulière, empreinte d'humour noir et de légèreté, de graves bouleversements et de savoirs plaisants dont L'Homme noir, Raymond Roussel et Jean-Pierre Verheggen confondus pourraient peut-être dire quelque chose d'approchant. Et encore... Les enterrements qui frétillent de la queue sont si peu courants. Ils nous emmèneraient du côté d'un brautiganisme bien tempéré, somptueux parfois, décoiffant et souvent très tendre.
Pour vous faire une idée de l'imagination galopante d'M. O. (n'en ayons pas peur...), parcourez la bibliographie "en préparation" sise dans Le Nom du livre intitulé Marie-Botte ou Pèle-Galets (Plein chant, 1985), elle est édifiante. Mériterait même un recopiage bloguesque, en attendant que Sétaphen Mahieu intègre ces titres magistraux dans sa bibliographie des ouvrages sans corps. (Mais quelle âme !).
Le temps de retrouver notre exemplaire de Boobook (Galimart) et nous revenons...



Bibliographie
Le Silence et le Temps (Paris, les Paragraphes littéraires de Paris, 1962).
Sonica mon lapin (Paris, Millas-Martin, 1972).
Pataphysical baby (Paris, Lattès 1974).
Zaporogues (P., Lattès 1976).
Sacripants ! (P., Lattès, 1977).
Chez le libraire (P., Lattès, 1978).
Traité de tous les noms, ripopée (P., Lattès, 1980).
Entre devins, ripopée (P., Lattès, 1982).
Le Nom du livre intitulé Marie-Botte ou Pèle-Galets (Bassac, Plein Chant, 1985).
L'an Pinay (Bassac, Plein Chant, 1991).
Boobook (Galimart, 1992).
Onessa (Schéol, 1993).
La Mer dans Poe, ripopée (Opales, 1994).
L'Enterrement qui frétillait de la queue (Schéol, 1994).
Le Prix du Boeuf (B., Plein chant, 1998).
Premier souvenir dernier écrit (Finitude, 2001).
La Main qui écrit (B., Plein Chant, 2003).
Rêves d'avant la mort (B., Plein Chant, 2006).
Un chalet sur la Néva (avec Georges Walter) (Atlantica, 2006).
Pauvre cerveau qu'il faut bercer (Le Castor Astral, « Millésimes », 2006).

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