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Mot-clé - Maurice Fourré

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dimanche 12 mai 2013

La correspondance Michel Butor/Maurice Fourré

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Avec un numéro riche de la vingtaine de pièces de la correspondance amicale de Maurice Fourré à Michel Butor (1), l'AAMF, l'association des Amis de Maurice Fourré lance un appel aux chercheurs et aux propriétaires de documents d'archive concernant l'auteur de La Marraine de sel et de Tête-de-nègre afin de faire progresser la connaissance que l'on a de l'homme et de l’œuvre, mais aussi dans le but d'activer l'exégèse.

Et à titre d'exemple, à propos du déjeuner de son 78e anniversaire fêté le 27 juin 1954, sont cités Michel Carrouges, Georges Borgeaud, Aimé Patri, René Alleau et Louis-Paul Guigues (excusés)... c'est dire que Fourré, s'il sut marquer Butor, connut d'autres zélateurs de poids.

La même livraison de Fleur de lune (n° 29), l'organe de l'AAMF propose les noms de Robert de Goulaine et de Julien Gracq, lesquels sont servis avec des photographies...



(1) Les lettres de Butor n'ont toujours pas été retrouvées.



Fleur de lune (n° 29)
Association des amis de Maurice Fourré
10, rue Yvonne Le Tac
75018 Paris

jeudi 24 février 2011

L'animal littéraire : le caméléon

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Du caméléon on savait l'exégèse rare. On connaissait, et pour cause, Mon caméléon, de Francis de Miomandre, référencé ici ; nous avions lu, plus ou moins fastidieusement, Les Caméléons ou les hommes d'aujourd'hui. d'Alexandre P****** (Clermont, imp. A. Veysset, 1833), et puis Les Désagréments d'un Caméléon, pamphlet politico-littéraire d'A. de Miomandre (Annecy, imp. de Ch. Burdet, 1869) — A. de Miomandre, n'est-ce pas curieux ? — dont l'épigraphe empruntée à la préface des Fleurs du Mal disait ceci :

Comme des noeuds de vipères sous un fumier qu'on soulève, il regarde grouiller les mauvais instincts naissants, les ignobles habitudes paresseusement accroupies dans leur fange.

Nous n'avions pas découvert encore Monsieur Caméléon de Curzio Malaparte dont la Table ronde donne peu à peu des écrits gouleyants.

Ce texte, publié dans la revue Chiosa en 1928 (publié à la Table ronde vingt ans plus tard) valut bien entendu à son auteur la mauvaise humeur de Mussolini. Le directeur de la revue, également directeur du Giornale di Genova, qui osa donner ce feuilleton de la meilleure eau, connut quant à lui une mise au ban radicale. Cependant Malaparte n'aura pas été le seul à critiquer vertement le chef fasciste — Giuseppe Antonio Borgese publia en 1937 le pamphlet Goliath, la marche du fascisme, par exemple (1). Mais Malaparte le fit néanmoins à sa manière toujours assez directe, avec beaucoup d'intelligence et une grande connaissance de l'histoire des idées politiques et de l'oeuvre des moralistes, français notamment. Convoqué par Mussolini, il fit face à l'orage.

Monsieur Caméléon est donc une satire, et on peut la lire en parallèle du chapitre que son auteur consacra dans Technique du coup d'Etat (B. Grasset, 1931, ch. VII) au coup d'Etat fasciste d'octobre 1922. Ce nouveau livre vaudra à Malaparte cinq ans de déportation sur l'île de Lipari...

Octobre 1922 : c'est à l'occasion de la montée sur Rome des chemises noires que Malaparte rencontra le Britannique Israel Zangwill, interpelé par des fascistes dans la gare de la capitale italienne. Zangwill, légaliste inconscient des risques qu'il avait encourus, se confia à Malaparte qui le sauvait du mauvais pas : "La révolution de Mussolini, ce n'est pas une révolution, c'est une comédie." (op. cit., p. 208). De fait, si Monsieur Caméléon n'est pas tout à fait une comédie, Mussolini comprit aisément la charge dont il était l'objet. On ne place pas un dictateur au contact d'un caméléon élevé et humanisé à sa demande, caméléon qui muera naturellement en animal politique, sans souhaiter exprimer quelque idée narquoise si ce n'est subversive. La charge est forte, les traits contre les travers de la politique Italienne tordants (libéraux et conservateurs en prenant pour leur grade), la mise à nu du fascisme assez saisissante, le parcours de la bestiole étonnant.

Mais on ne dira rien ici du destin de l'animal, non plus que de son parcours idéologique. Ce serait vous ôter tous les délices de cette fable universelle qui fit comparer son auteur à Voltaire ou à Swift.

Une question nous reste au bout de la langue : se pourrait-il que le trublion Giovanni Papini soit pour quelque chose dans le caméléon de Malaparte ?

Curzio Malaparte Monsieur Caméléon. traduit par Line Allary. Illustrations d'Orfeo Tamburi. — Paris, La Table ronde, 2011, "la petit Vermillon", 319 pages, 8,50 €



Frontispice du pamphlet d'A. de Miomandre (1869)
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Note (1) : Traduit par Etiemble et publié par les éditions Desjonquères en 1986.

samedi 9 mai 2009

D'excellentes occasions (Caradec, Ehni, Fourré, Pieyre de Mandiargues)

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François Caradec
Le mercredi 13 Mai 2009, au Musée d’Art et d’Histoire de Saint-Denis (M° Saint-Denis -Porte de Paris ; sortie Centre ville – Musée) dans le cadre du cours de « tératologie poétique » assuré par Etienne Cornevin aura lieu une journée d’étude sur les livres de François Caradec aura lieu. Nous avons déjà donné le programme : ici.


René Ehni
Le Miroir a le plaisir jeudi 14 mai à 19 h 30 de vous inviter à la projection de * EHNI, un film documentaire de Jean-Luc Bouvret (2008 – 55’) avec la voix de Mathieu Amalric (produit par Gabriel Chabanier et Pascal Goblot, coproduction Le Miroir et France 3 Alsace) : c'est un portrait de René Nicolas Ehni, écrivain, homme de théâtre, tzigane, alsacien, juif, devenu chrétien orthodoxe… Enfant terrible du milieu littéraire parisien dans les années 60-70, grande figure de la culture alsacienne, Ehni a tout lâché. Il vit depuis vingt ans en exil volontaire en Crète, où il continue d’écrire sans répit. Le film retrace son parcours et cherche à démêler les fils de ce personnage hors du commun. Derrière le masque, il montre le grand écrivain…
Un entretien « Mathieu Amalric raconte Ehni » (11’) sera projeté en début de séance.
SCAM, salle Charles Brabant, 5, avenue Velasquez, 75008, métro Villiers ou Monceau).


Maurice Fourré
L'association des amis de Maurice Fourré vous convie à une soirée festive à l'occasion du cinquantenaire de la mort dudit.
Théâtre, peinture, cinéma et buffet angevin, à la Fondation Boris Vian, samedi 16 mai 2009 (19 heures)
6B, Cité Véron, 75018 Paris (métro Blanche)


André Pieyre de Mandiargues
Du jeudi 14 au dimanche 17 mai, aura lieu à Caen le colloque du centenaire de la naissance de l'écrivain : Plaisir à Mandiargues.
Ce colloque réunira une trentaine d’intervenants internationaux autour de l’œuvre d’André Pieyre de Mandiargues.
Poète, conteur de récits fantastiques et érotiques, critique d’art et de littérature, épistolier attentif à la vie artistique de son temps, traducteur (notamment de l’italien), cet écrivain surréaliste fut en relation amicale avec les grands créateurs du XXe siècle (Ernst, Breton, Gracq, Paulhan, Mirò, Henri Cartier-Bresson, Octavio Paz, Benjamin Péret, Leonor Fini, Meret Oppenheim, De Pisis, etc.). L'imaginaire de Mandiargues oscille entre deux pôles magnétiques: la Normandie, un des lieux de son enfance, qui nourrit de ses paysages marins nombre de recueils, et l’Italie, ses palais et ses architectures « métaphysiques ». L’histoire de la création et de la critique, la génétique textuelle, la poétique des textes, la relation entre lisible et visible d’un poète essayiste, aimanté par la peinture (d’Arcimboldo au Surréalisme), orienteront les approches scientifiques des chercheurs au cours de ces quatre journées. Les archives de Mandiargues et celles de sa femme, le peintre Bona, déposées à l’IMEC, feront l’objet d’une présentation à l’abbaye d’Ardenne ; en contrepoint du colloque scientifique, projections de films au Café des images, lectures et entretiens offriront l’occasion de prendre la mesure de cette œuvre qu’on ne connaît encore que partiellement.
Avec la participation de Sibylle Pieyre de Mandiargues, Marie-Paule Berranger (université de Caen), Myriam Boucharenc (université Paris X), Stéphanie Caron (université Paris X), Anne Chevalier (université de Caen), Alain Chevrier (Rouen), Henryk Chudak (université de Varsovie), Georgiana Colvile (université de Tours), Claude Coste (université Grenoble III), Jacqueline Demornex, Alexandra Destais, Eric Dussert, Gérard Farasse (université du Littoral), Anne Gourio (université de Caen), Marie Hartmann (université de Caen), Patrick Jézéquel (université Paris X), Claude Leroy (université Paris X), Sophie Loizeau (université Paris X), Alain Massuard (IMEC), Michel Murat (université Paris IV), Claire Paulhan (IMEC), Adélaïde Russo (université de Bâton Rouge), Caecilia Ternisien (université Lille 3), Marie-José Tramuta (université de Caen), Birgit Wagner (université de Vienne).
Université de Caen les 14 et 15 mai, abbaye d’Ardenne les 16 et 17 mai.
Le programme se trouve ici, sur le site de l'IMEC.