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vendredi 7 avril 2017

Les Bonneff empagés

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Apparition d'un site consacré aux frères Bonneff sur le ouèbe. Ca tombe parfaitement puisque l'exposition Eli Lotar bat son plein — oui, Lotar, le réalisateur du documentaire Aubervilliers après-guerre (la seconde) où il décrivait une réalité sensiblement la même que celle des frères Bonneff un tiers de siècle plus tard.
Bref, sur ce site, on trouve rassemblées des écrits de l'Humanité, des Temps nouveaux et de Floéral Sont niés totalement en revanche les éditions en vente libre depuis 1970 (Vent du Ch'min, Esprit des Péninsules, Arbre vengeur). C'est dommage. Dans la dernière édition en date (infra), on apprend quelle fut la véritable édition originale d'Aubervilliers, comment elle fut diffusée et comment elle a disparu des radars. Beau travail néanmoins que ce site] auquel la collectivité unanime peut d'ores et déjà apporter les compléments dont elle disposerait. On ne sera jamais trop reconnaissants aux Bonneff pour leur engagement et leurs travaux.


Léon Bonneff Aubervilliers. — Talence, L'Arbre vengeur, coll. "L'Alamic", 336 pages, 19,90 €
Site : .

mardi 26 mai 2015

Léon Bonneff enterré à Saint-Ouen

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Le 26 mai 1923, le magazine Floréal, l’hebdomadaire illustré du monde du travail publie l’écho suivant :

« Notre magazine a eu l'honneur de publier pour ses abonnés Aubervilliers que Léon Bonneff venait de terminer lorsque la guerre éclata. Lucien Descaves, de l'Académie Goncourt, écrit une préface pour ce livre que les éditions Floréal donneront en un beau volume, à la fin de l'année.
Nous devions ici cet hommage respectueux et sincère à la mémoire des écrivains qui ont magnifiquement chanté le travail et la tragédie quotidienne du peuple.
Des deux jeunes auteurs de la Vie tragique des travailleurs, Léon et Maurice Bonneff, le premier, grièvement blessé au Bois-Le prêtre, mourut à l'hôpital, le 29 décembre 1914, et fut enterré au cimetière de Toul ; le second disparut pendant la retraite de Charleroi. Les deux frères laissaient un père aveugle qui vécut jusqu'à l'armistice, dans l'attente du miracle et le miracle, c'était le retour de Maurice, peut-être prisonnier en Allemagne. Sait-on ? Le miracle ne s'accomplissant pas, le pauvre homme se jeta par la fenêtre.
Et mercredi dernier, le caveau de famille, au cimetière de Saint-Ouen, recevait, devant quelques personnes, le corps de Léon Bonneff, dont la relève, à Toul, avait été faite par les soins de M. Lucien Descaves ami des deux frères depuis leurs débuts dans les Lettres et dans le journalisme, où ils s'étaient fait rapidement connaître et estimer.
A tant de bonnes et nobles actions qui l'ont placé parmi les meilleurs de ces temps, Lucien Descaves a ajouté, en un geste fraternel, cette piété du souvenir, fleur immortelle sur la tombe des Bonneff. »




samedi 18 avril 2015

Une des dernières lettres de Léon Bonneff

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Une des dernières lettres de Léon Bonneff

L'annonce de la mort de notre ami Léon Bonneff a valu à l'Humanité de nombreux témoignages de sympathie. Une de nos lectrices, institutrice en Dordogne, a eu la délicate pensée de nous envoyer :la dernière lettre que Bonneff lui écrivit. Et voici, sans y rien changer, le texte de ce court billet :
̃« Un bon et fraternel baiser avant de partir, chère Marie. Maurice a rejoint Châlons-sur-Marne dès le second jour, plein de gaîté, d'entrain, de courage, heureux. Oui, heureux de participer à cette guerre de libération contre les barbares. Je pars dans trois jours. Et tous nous reviendrons, tous, vous verrez, vos frères, et nous ! Et si notre chère Marie pleure, ce sera de joie, de la grande joie de nous revoir tous. Au revoir, au revoir, au revoir. »
En même temps que cette lettre qu'on ne peut lire sans avoir le cœur serré, notre correspondante recevait de Maurice Bonneff une carte qui contenait ces mots « Souhaitons de nous retrouver, mais souhaitons par-dessus tout que notre France, soit victorieuse. »
Ces simples lignes, de l'un et de l'autre, ne suffisent-elles pas pour faire, juger comme ils le méritaient ces hommes d'élite, ces vrais socialistes et ces parfaits Français ?
« Bonté, sensibilité, fierté un peu farouche, droiture, courage, tout cela était leur », dit une autre lettre en parlant des frères Bonneff. C'est la vérité.
Mais ce qu'on ne dira jamais assez, c'est l'excellence de leur œuvre sociale. Avec raison le Fîgaro rappelait hier les Marchands de Folie, ce livre éloquent et terrible. Et par l'intermédiaire de son trésorier, la Fédération ouvrière antialcoolique nous a dit quel chagrin ses adhérents éprouvaient de la disparition des fidèles collaborateurs de son journal le Réveil du Peuple.
De tous les côtés ce sont des mêmes hommages que nous viennent les douloureux échos.


L'Humanité, 15 janvier 1915, page 1.

jeudi 16 avril 2015

Mort de Léon Bonneff (1914)

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Mort de Léon Bonneff

Il y a deux jours que la nouvelle nous en avait été annoncée, mais elle était imprécise, et nous nous attachions à son imprécision pour espérer encore Mais ce doute que nous voulions garder ne nous est. hélas ! plus possible : notre ami et collaborateur Léon Bonneff n'est plus. Une balle allemande a, devant Toul, triomphé de son loyal courage. Atteint au ventre, il avait été transporté à l'hôpital de Toul, et une lettre énue d'un de ses chefs nous a montré en quelle estime il était tenu par eux.
C'est que Bonneff était de ces nombreux socialistes partis pour la guerre avec la haine de la guerre, mais aussi, et à cause de cette haine même, avec la ferme volonté de pousser « jusqu'au bout » l'accomplissement du devoir librement accepté !
« Plein de sérénité », nous disait, pour résumer son état, une des lettres qui nous sont parvenues après son transport à l'hôpital. Et c'est bien cela ! C'est bien ainsi que nous nous le représentons, franc, le regard droit, dans la besogne à poursuivre, et. puis ensuite, résigné et calme, avec l'approbation de sa haute conscience.
Léon est mort. et le tourment de ses derniers jours a été que son frère Maurice, parti avant lui et dans un autre régiment, est porté disparu depuis plus de trois mois ! « Où est mon frère ? qui me donnera des nouvelles de mon frère ? » nous écrivait-il ces jours derniers. Hélas !
Et voilà ! Maurice Bonneff disparu ; Léon Bonneff le ventre troué, mort. Et c'est ainsi chaque jour. D'autres Bonneff, d'autres braves cœurs, d'autres frères tendrement unis, sont emportés dans l'atroce tourmente !
Notre douleur du moment s'accroît de toutes celles dont elle n'est qu'un exemple. Les larmes se sèchent, et on se prend à n'écouter plus que les voix qui soufflent les courroux généreux et les inexpiables haines !


L'annonce de la mort de notre ami Léon Bonneff a valu à l'Humanité de nombreux témoignages de sympathie. Une de nos lectrices, institutrice en Dordogne, a eu la délicate pensée de nous envoyer la dernière lettre que Bonneff lui écrivit. Et voici, sans y rien changer, le texte de ce court billet :
« Un bon et fraternel baiser avant de partir, chère Marie. Maurice a rejoint Châlons-sur-Marne dès le second jour, plein de gaieté, d'entrain, de courage, heureux. Oui, heureux de participer à cette guerre de libération contre les barbares. Je pars dans trois jours. Et tous nous reviendrons, tous, vous verrez, vos frères et nous ! Et si notre chère Marie pleure, ce sera de joie, de la grande joie de nous revoir tous. Au revoir, au revoir, au revoir. »
En même temps que cette lettre qu'on ne peut lire sans avoir le coeur serré, notre correspondante recevait de Maurice Bonneff une carte qui contenait ces mots : « Souhaitons de nous retrouver, mais souhaitons par-dessus tout que notre France soit victorieuse. »
Ces simples lignes, de l'un et de l'autre, ne suffisent-elles pas pour nous faire juger comme ils le méritaient ces hommes d'élite, ces vrais socialistes et ces parfaits Français ?« Bonté, sensibilité, fierté un peu farouche, droiture, courage, tout cela était leur », dit une autre lettre en parlant des frères Bonneff. C'est la vérité. (L' Humanité)



Voir aussi : "Les frères Bonneff et le tragique quotidien", par Emile Guillaumin (Floréal, novembre 1922).


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mercredi 8 avril 2015

Les frères Bonneff et le tragique quotidien (Emile Guillaumin)

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LES FRÈRES BONNEFF
et le tragique quotidien

Descaves, le mois dernier, dans un article de Floréal hebdomadaire a dit l'essentiel de la vie des frères Bonneff; ces jeunes auteurs qui, pendant dix ans, se penchèrent fraternellement sur les misères des métiers, dénoncèrent tous les fléaux qui oppriment le travailleur:
Ayant fréquenté les antres des marchands (le poison, les usines, les chantiers, aussi bien que les magasins, les cuisines de restaurant, les fournils, les égouts, tenu la mer avec les pêcheurs bretons, visité des intérieurs, pris contact en camarades avec les personnalités les plus représentatives de chaque catégorie, noté des souvenirs et compulsé des documents, ils furent à même de mettre en lumière les détails de la formidable tragédie quotidienne, rançon de notre pauvre civilisation si barbare encore.
Et sans doute croyaient-ils ne plus rien ignorer des souffrances humaines lorsqu'ils furent nappés à leur tour dans un engrenage plus infernal que ceux des industries. Dès les premiers mois de guerre, Maurice, à la suite de je ne sais quel combat, était classé comme disparu et Léon agonisait dans un hôpital du front des suites de ses blessures.
On ne peut rien contre l'irrémédiable. Mais s'il y avait une. justice immanente - ou seulement une conscience prolétarienne réelle - les portraits de ces grands serviteurs de la vérité figureraient dans toutes tes salles de réunion des Associations ouvrières et des Maisons du Peuple ; — leurs œuvres auraient une place d'honneur dans les bibliothèques de ces institutions comme dans les bibliothèques personnelles de tous les travailleurs intelligents.
« Le peuple, me souffle un sceptique, aime mieux les romans à neuf sous, les histoires rocambolesques des feuilletons ou de l'écran, que de connaître les vicissitudes de ses frères de peine. »
Ne nous arrêtons pas aux propos déprimants. Si, au dire d'un poète, rien n'est beau, que le vrai, les meilleurs parmi les enfants du peuple comprennent déjà qu'au point de vue social aussi, le seul vrai, importe et qu'il convient d'honorer la mémoire de ceux qui. en tout désintéressement, se sont sacrifiés pour le faire connaître.

Au regard d'un cœur honnête et vraiment humain, quelles situations inventées peuvent être plus pathétiques que les drames du réel ?
Voyez ce taudis, à Lille, où grouillent cinq petits enfants autour de leur mère poitrinaire. Leur mère, ancienne ouvrière de filature, a 26 ans, mais en paraît 50; elle tousse et crache sans interruption ; elle est à bout de forces. Pour la soigner, pour s'occuper dos petits, il est heureusement une bonne garde-malade : l'ainée, une fillette de 7 ans ! Tout le monde boit dans le même verre. La nuir, deux des enfants partagent la couche de la moribonde et de son mari.
Tout près, dans un semblable logement ouvrier à pièce unique, une autre mère, moins atteinte, s'acharne encore à frotter, laver, récurer ; avec un régime approprié, une nourriture substantielle, de l'air et du soleil, cette femme guérirait peut-être. Beau rêve, hélas ! qui ne lui est point permis ! Elle a six enfants; non mari gagne 2 fr. 50 par jour ; elle avoue n'avoir jamais mangé à sa faim depuis son mariage (1).
Savez-vous la destinée des verriers ? Parmi eux, 25 0/0 n'ont pas de chance, qui, avant la quarantaine, pour avoir trop affronté l'éclat des fours, prennent la cataracte ! Déclassés dorénavant., ils sont voués aux besognes inférieures et mal payées, à brouetter par exemple les débris de verre.
Les veinards qui échappent à, cette infirmité continuent à souffler leurs 600 bouteilles quotidiennes — soumis d'ailleurs à quelques autres risques : l'effort si souvent répété brise l'appareil respiratoire, les muscles des joues dont les tissus amincis en arrivent parfois à se percer. Et il y a encore les risques de contamination par la canne qui passe de bouche en bouche, chez tous ceux de l'équipe.
Les « veinards » qui continuent à souffler meurent vers 45 ans dans la proportion de 75 0/0 !
★ Mais ce sont de grands favorisés au regard des meuliers de la Ferté-sous-Jouarre dont les 4/5 sont phtisiques à 30 ans ! Au regard des fourniers, des égoutiers, des tubistes, des scaphandriers, etc.
Et dans la métallurgie, combien d'emplois aussi durs et dangereux. Voyez les « rouleurs » au visage recuit, aux yeux rouges, aux sourcils grillés qui, là-haut, sur le pont, déversent le minerai dans la gueule monstrueuse d'un haut fourneau ! Voyez les fondeurs, puddleurs, réchauffeurs et lamineurs, aux prises avec le métal en ébullition, soumis à chaque instant aux risques d'une mort atroce !
Pour rendre à peu près normaux et humains les rôles de ceux-là — et de combien d'autres ! — la science a beaucoup à faire encore. Et l'Etat aussi, par une réglementation sérieuse. Et les chefs d'industrie par des initiatives heureuses que leur .seule conscience devrait imposer.
L'homme est fait pour l'activité à l'air libre. Œuvrer dans l'humidité malsaine, dans les poussières nocives, dans la fournaise intense, est contre nature et ruine l'organisme.

Métiers qui tuent.
Et métiers qui bien souvent ne font pas vivre.

Mais autant que les fatigues et que les dangers du travail même, les vices de l'organisation, la méchanceté des hommes s'acharnent sur les plus humbles, sur les plus faibles, sur les plus dénués.
Arbitraire des retenues pour malfaçon, des amendes à propos de tout et de rien venant réduire en des proportions parfois considérables un salaire déjà insuffisant.
Méfaits de tâcherons sans cœur, méfaits, hier encore, de ces économats patronaux des grands centres industriels qui faisaient de l'ouvrier un esclave à vie. Et que dire des conditions die recrutement ? De l'hypocrisie de ces offres alléchantes auxquelles se laissaient prendre des jeunes gens de provinces lointaines et aussi des Italiens en grand nombre. On avançait pour les faire venir l'argent du voyage. Une fois embrigadés, n'ayant rien à toucher jamais, ils ne pouvaient s'en retourner.
Ainsi la région de Briey ne manquait pas de mineurs. Ainsi les verreries les plus déconsidérées s'alimentaient de "viande à feu", souvent enfantine.
Même déloyauté dans ces papillons pour « offres d'emplois » collés au mur des mairies parisiennes. Les plus honnêtes procuraient à de malheureuses ouvrières en chambre des gains de 0 fr. 50 à 1 fr. 25 pour des journées de 16 à 18 heures, juste de quoi ne pas mourir de faim. Les autres, simples appâts jetés par les pourvoyeurs de lupanars ! Combien d'abcès où porter le fer rouge ! Et qu'il serait bon aussi que fussent, renseignés sur ces « réalités » d'hier et peut-être d'aujourd'hui, les jeunes garçons, les jeunes filles des campagnes qui prennent en dégoût leur existence monotone — et rêvent de Paris !
Didier, homme du peuple, manière de roman social que signa seul Maurice Bonneff, rend peut-être plus tangibles encore les tares profondes de notre société.
Didier, enfant de la balle, orphelin à sept ans, connait toutes les misères, toutes les promiscuités, toutes les injustices — tous les dessous du grand Paris à la façade brillante — mais garde un cœur honnête susceptible d'enthousiasme. Apôtre syndicaliste il exprime, sans aucun doute,, la pensée de l'auteur. L'union des faibles est une nécessité- qui permet la résistance aux appétits mercantiles, à toutes les forces d'oppression ; l'union est éducatrice, moralisatrice qui permet aux meilleurs une influence sur les yeules et les médiocres portés à laisser en eux prédominer les bas instincts, la jalousie, l'ignorance.
« Peuple, tu as toutes les vertus ! -- disent les pipeurs de suffrages. C'est une erreur. Le peuple est la partie la plus saine du corps social et il est indignement exploité, mais il n'a pas toutes les vertus. » Quelqu'un sert le « truisme » habituel : « On ne changera pas les individus avant d'avoir modifié la société. » Alors Didier : « Je la connais, cette chanson-là, mon vieux camarade ; elle excuse bien des saletés, notamment l'alcoolisme ; elle est dangereuse. L'individu peut quand même se perfectionner dans le milieu social, surmonter les conditions de vie qui lui sont faites par la bourgeoisie, rajoute que la révolution ne saurait être victorieuse qu'a ce prix. »

La sincérité, la connaissance profonde des milieux, l'idéalisme agissant qui caractérisent le Didier de Maurice Bonneff, se retrouveront sans aucun doute dans cet Aubervilliers laissé en manuscrit par son frère Léon et que Floréal va publier bientôt. Les deux livres se compléteront l'un par l'autre et seront comme la synthèse de l'œuvre entière — œuvre trop tôt interrompue d'auteurs qui sont avant tout des hommes, dans la plus noble acception du terme — œuvre dont chaque ligne a la valeur d'une bonne action.

Émile Guillaumin



(1) Les enquêtes des frères Bonneff se placent de 1904 à 1914.
Source : Floréal 21 octobre 1921


Léon Bonneff Aubervilliers. — Talence, L'Arbre vengeur, coll. "L'Alamic", 336 pages, 19,90 €


jeudi 26 février 2015

Dans la presse (teasing)

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L'Humanité du 11 janvier 1915, dernière page.

samedi 30 novembre 2013

Les couvertures du siècle dernier (XXXV)

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Depuis la réédition dans la collection L'Alambic d'Aubervilliers, de Léon Bonneff, il nous revient que la postérité du travail d'enquête des deux frères mérite un coup de projecteur.
Non qu'ils aient révolutionné la baraque, mais ils étaient partis pour. Si la vie leur en avait laissé le temps...
A deux mois d'intervalle, ils sont morts tous deux au front en septembre et décembre 1914. Leur vieux père, effondré, les a suivis de peu.
Leurs Marchands de folie (Marcel Rivière, 1913) sur les ravages de l'alcool, de même que Les Métiers qui tuent restent des livres passionnants.

Léon et Maurice Bonneff La Classe ouvrière. Les boulangers. Les employés de magasin. Les Terrassiers. Les travailleurs de restaurant. Les Cheminots. Pêcheurs bretons. Les Postiers. Les Compagnons du Bâtiment. Les Blessés. - Paris, Publications de la Guerre Sociale, 1910. Nombreuses illustrations hors-texte.


Léon Bonneff Aubervilliers. Préface de Didier Daeninckx, postface d'Henry Poulaille. - Paris, L'Esprit des péninsules, 2000. C

vendredi 30 décembre 2011

Didier, fils du peuple... russe

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Au hasard du ouèbe, cette couvrante peu courante de la traduction russe de Didier, fils du peuple, le roman de Maurice Bonneff (1884-1914), le frère de Léon, (auteur d'Aubervilliers, l'un des plus grands romans prolétariens français), mort comme lui au front dès les premières semaines du conflit. Leur père s'en suicida de chagrin...


Maurice Bonneff Syn Naroda (Le fils du peuple). - МОРИС БОНЕФФ, СЫН НАРОДА, 1928 (éd. Ogonyok)

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