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jeudi 28 septembre 2017

Retour de l'Os

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C'est aujourd'hui que reparaît L'Os quotidien, l'un des grands livres de Gaston Criel.
Pour saisir quelques plumes de cet oiseau noir, fragment fumé :



Un idiot s'est laissé aller dans une fille qui avait la flemme de se lever... Un mauvais coup et le petit paquet de chair tirera sa vie d'erreur en omission... Dans l'éther et les cris, ma tête tricote avec les bras impudiques... Leurs doigts masturbent de longues aiguilles, les flots blancs et roses s'épanchent sur les couvertures grises. Accouchement laineux. Entre la laine et le pot au lait de l'Assistance publique, quelques-uns ont déposé des roses. Des fleurs dans l'étable. Les taureaux se pressent, la gueule encore vive des vins du dimanche. La tante est là, avec son paquet de biscuits, et la cousine Gilberte, qui vient en souriant, pose ses fruits près de maman et un baiser de rouge gras sur le front écrevisse de la chair vagissante.
Je trépigne près du lit ; près de Jacqueline qui me serre en ses bras. Elle me couvre le visage de baisers. J'en tends sa voix qui me murmure à l'oreille : "Cajole-moi !" Je n'en puis plus ! Je lui en veux d'avoir pondu cet oeuf de tripes et de cris, cette petite fonction qui commence à prendre rang dans le monde de la déglutition.
(...)




Gaston Criel L'Os quotidien. Préface de Jacques Josse. — Paris, Le Sonneur, 176 pages, 16 €

lundi 12 décembre 2016

Les couvertures de notre siècle (21)

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Un récit plein d'esprit, par une femme perplexe.

"Le meilleure moyen d'éradiquer la mère parfaite, c'est de glandouiller. Le terme est important car il n'appelle à aucune espèce de réalisation, il est l'ennemi du mot concilier. Car si faire voeu d'inutilité est déjà courageux dans notre société, pour une mère, c'est la subversion absolue. Le jour où je refuse d'accompagner père et bébé à un déjeuner dominical pour traîner en pyjama toute la journée, je sens que je tiens quelque chose."



Amandine Dhée La Femme brouillon. — La Contre-Allée, 96 pages, 13 €