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mardi 27 août 2013

Un jardin pour Alice ?

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Après la Zoologie onirique de Guy Girard, il n'était pas possible de ne pas évoquer un classique des sciences naturelles imaginatives : La Botanique parallèle de l'Italien Leo Lionni (1910-1999), inoubliable auteur de "Petit-Bleu et Petit-Jaune" (L’École des loisirs, 1970) et d'autres livres délicieux.

Militantes de la littérature naturelle, les meneuses des éditions des Grands Champs ont ouvert grand leur porte pour faire entrer en leur catalogue un très grand livre : La Botanique parallèle de Leo Lionni.
A l'instar du zoo de Guy Girard, ou même du jardin statutaire de Jacques Abeille, lequel est minéral évidemment, on aborde chez Lionni une flore en folie, des herbes exubérante qui se laissent vivre, puisqu'elles existent, et suggèrent au naturaliste Lionni des notices et des dessins de scientifique illustrant la tournelune ou les kumodes et le Barometz, l'arbre-brebis...
Ce savant de haulte fantaysye façonne depuis les méandres de son cerveau un monde imaginaire avec son archéologie, son anthropologie, ses traditions, ses contes, sa physique, ses couleurs. Au fond, son livre est une serre magique, un miracle arboré, feuillu, herbu, vert comme un nouveau Paradis, une sorte de terre impromise, ce qui n'exclut pas la cruauté et les errances.
Au terme de sa refondation du monde, l'auteur pourrait s'exclamer, un sanglot de fierté dans la voix :

Entre ici, Alice !
(Et vous aussi mes frères et sœurs...)

La résurrection merveilleuse de ce livre, édité une première fois en français par Pandora en 1981, peut s'enorgueillir désormais de posséder en outre une préface de Marco Martella et d'un très beau texte du regretté Jean-Pierre Le Goff, "Les plantes de l'autre côté de la haie".
Franchement, ce bel ouvrage qui est aussi un bel objet prouve à lui seul que l'altruisme a des limites : c'est un beau cadeau à se faire.


Leo Lionni La Botanique parallèle. Traduction de l'italien par Philippe Guilhon augmentée par Anton Doghov. Dessins de l'auteur. Préface de Marco Martella. Suivi de "Les plantes de l'autre côté de la haie", par Jean-Pierre Le Goff. - Paris, Éditions des Grands Champs, 277 p., 23 €.


(1) Récente édition en braille : Talant, Les doigts qui rêvent, 2007.

mardi 9 novembre 2010

Les débuts difficiles de René Doyon





René Doyon

C'est une tête très originale que celle de M. René Doyon. Il y a dans l'ensemble qui la caractérise du bedeau, du cabotin et du clerc d'huissier. Ses habits dégagent un vague parfum de sacristie et, d'avoir vécu longtemps dans la pénombre des églises, il a l'air, maintenant, d'un pauvre cierge chlorotique qu'on aurait éteint et qui déambulerait par les rues coiffé d'une tête de loup...
Mais ses manières sont douces et il croit sérieusement qu'il a du talent. Ne le chagrinons. pas et contentons-nous de lui rappeler qu'il existait jadis un frère ignorantin du nom de Laboulette, lequel Laboulette jeta le froc aux orties pour s'improviser "homme de Lettres".
Homme de Lettres, M. Doyon s'est fait une toute petite place au soleil d'une petite revue (1) où il a publié des choses très drôles et en particulier une Incantation lunaire que le doux Fabri (2) trouvait... comme la lune...


René Riginia


Les Annales algériennes, 20e année, n° 3, 17 janvier 1913.

(1) La Vedette algérienne, dont René-Louis était le directeur littéraire. (NdE.)
(2) Marcello-Fabri (idem).