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samedi 11 mars 2017

Les couvertures de notre siècle (24)

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Blaise Cendrars The Bloody Hand. Préface by Nicolas Beaupré. Translation by Graham macLachlan. — Pont-Aven, Vagamundo, 2017, 382 pages, 39 €.



mercredi 20 mai 2015

Une élégance de suaire

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On se doutait à la lecture de Maurice Lévy qu'il nous restait à découvrir sur les terres embrumées et froides du roman gothique et du fantastique lointain. Confirmation apportée par Florian Balduc, libraire d'ancien de son état, qui fomente des volumes appétissants remplissant allègrement les lacunes de notre paysage papetier dans des tirages parfois assez limités, sous des vêtures à l'élégance de suaire : ont paru depuis un semestre une Fantasmagiorana de 1812, une anthologie de sa propre composition sur le thème de la main — si riche durant les deux siècles derniers — et le Zofloya, ou le Maure de l'Anglaise Charlotte Dacre (1771?-1825) dont le crépitant n'a échappé à personne depuis l'analyse de Lévy, sauf aux éditeurs qui n'avaient pas songé à remettre la bête en liberté de puis 1807.
On a l'occasion de dire le particulier de cette Charlotte Dacre qui fournit un modèle, si l'on peut dire, en matière de mauvaises manières, en faisant preuve d'une certaine pureté renforcée d'une âme perdue et sauvage. Ou, pour être précis, d'une certaine pureté due au simple vide d'une âme sans réelle conformation morale. Le personnage affublé de cette caractéristique bien jouissive mais bien embêtante tout de même se nomme Victoria, elle est vénitienne, et fut (naturellement) d'abord confrontée à de mauvais exemples. Et se révéla d'une fermeté de caractère bien nette et bien redoutable.
Autour du thème du pacte faustien, Charlotte Dacre, qui usait du pseudonyme de Rosa Matilda, fit des étincelles en manifestant pour la chair des appétits marqués dans son roman librement dérivé du Moine de Lewis. Elle retint d'ailleurs l'attention pour son allant et son jusqu'auboutisme. On a beau être anglaise, on n'en est pas moins femme. Ou plutôt, ça n'est pas parce qu'elle fut femme que Charlotte Dacre usa d'une héroïne niaise qui aurait par principe respecté les codes et usages incombant aux personnes du beau sexe.
Zofloya est en la matière une notable exception du roman de ce temps, et c'est Maurice Lévy qui le dit. On vous laisse imaginer. Et vous jeter sur la bête qui ne sera pas disponible éternellement...


Charlotte Dacre Zofloya, ou le Maure. — La Frenaye-Fayel, Otrante, 2015, XII-225 pages, 24 € Tirage limité à 150 exemplaires.

Nous reviendrons sur les deux autres volumes, passablement nourrissants eux aussi :

Fantasmagoriana, ou Recueil d'histoires d'apparitions de spectres, revenants, fantômes, etc. Traduit de l'allemand, par un Amateur. — La Frenaye-Fayel, Otrante, 2015, 221 pages, 24 €

Mains enchantées, et autres mains du diable. Anthologie. De Hauff à Conan Doyle, 1824-1899. — La Frenaye-Fayel, Otrante, 2015, 205 pages, 24 €


Les trois ouvrages sont en vente sur le site de la Librairie Otrante