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Mot-clé - Lucien Suel

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jeudi 6 mars 2014

Mangez-le mangez-le mangez-le

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Frappé par un titre aussi délicieux qu'inspirant - Remy de Gourmont doit sourire dans sa tombe -, le Préfet maritime a eu la joie de pouvoir découvrir Le Lapin mystique en sa pourpre de papier. Il a en de quoi dire, même rapidement, car le livre n'est pas commun.
Premier roman Lucien Suel, ce Lapin-là est un drôle de lièvre. Il date donc de 1998, année où il pointa l'oreille dans les pages de la revue Le Dépli amoureux. A l'époque, Lucien Suel était un revuiste forcené et son Lapin, tout nourri de substances psychotropes en porte la trace : le feuilleton se déploie, cahote, repart, tourne, boucle, prend le tournis.
Il confirme en outre que la région lilloise déploie des sortilèges bien à elle de temps en temps. Naguère, on évoquait l'opus de Lélio de Muval, qui donnait dans le registre panoramiqutopique, et voici ce rodemouvis de l'esprit avec oreilles de lapin blanc et femme avenante (Laure pour les intimes).
Littérairement, on est transporté dans des chapitres (probablement) pétris de références et de clins d'oeil. L'exercice n'est pas mécanique, pas oulipien disons, mais il n'est pas nécessaire d'être grand clerc pour subodorer la connivence, le jeu total, les emprunts et...

Me voici enfin dans un de ces châteaux, aux pieds du lapin mystérieux, du géant céleste, une parodie de glaive dans la main.

Du champignon ?
Il y en a aussi...


Lucien Suel Le Lapin mystique. - Lille, La Contre-allée, 96 pages, 8,5 €

mardi 11 février 2014

Le Lapin mystique

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Après les mots, l'image...

lundi 10 février 2014

Nouveautés de Suel

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Les nouveautés s'enchaînent à la vitesse où passent les glaçons de la débâcle sur la Néva. Dans un impressionnant message d'actualité, Lucien Suel, que l'on pourra bientôt surnommer "Grand Fleuve", annonce pour sa part une série de publications assez riche pour nous laisser imaginer que le printemps ne manquera pas d'eau.
Ce sont d'abord deux livres qui paraîtront le 6 mars 2014, Le Lapin mystique, un roman circulaire dont le clin d'oeil* n'aura pas échappé aux lecteurs du Latin mystique de Remy de Gourmont (Editions de La Contre-allée) et puis Je suis debout, l'anthologie de la poésie suelienne des années 1986 à 2013 (La Table Ronde), deux opus que découvriront ces veinards de Lillois lors d'une prochaine soirée de présentation.
Rappelons-nous que 2013 vit paraître L'Avis des veaux (L'âne qui butine) et Flacons, flasques, fioles... (Editions Louise Bottu) dont nous dirons bientôt un mot plus précis ici, tandis qu'ont pris forme en version poche ses deux premiers romans Mort d'un jardinier et La patience de Mauricette (Folio).
Puisque rien n'arrête le fleuve Suel, sachez que verra le jour sous peu son Journaljardin avec un tirage de tête rehaussé d'un dessin original de Josiane (éditions du Douayeul) ainsi que ses dessins de La Limace à tête de chat aux éditions du Téétras Magic, tandis que se rédige son cinquième roman, Rivière, comme par hasard.
N'ayant pas encore découvert si Lucien Suel s'adonne au Land Art, il est encore trop tôt pour lui imputer les épisodes aqueux du Sud de la France... Nous y reviendrons dès bouclage de notre enquête.


  • Sachez encore que l'opus cardinalice sera équipé de rabats figurant les dignes oreilles de ce lapin-là.



lundi 11 février 2013

Bibliographie lacunaire des Contemporains favoris

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A Arras, l'association "Les Contemporains" lança en 1991 une curieuse collection de vrais-faux "classiques" sous le titre de la "Collection de Morceaux Choisis".

Ces pastiches éditoriaux copiaient fort bien les classiques Larousse, Hachette et d'autres marques que tous les "scolaires" ont eu un jour entre les mains pour s'éponger Molière, Racine et autres grandes plumes françouaises.

Avec la collection des "Contemporains favoris", Didier Moulinier et ses amis voyaient grand et loin car ils offraient à des Suel et Ohl une position remarquable. Il faut les saluer.

Leur association fut installée d'abord à Boulazac (24), 4 Avenue Paul-Vaillant Couturier, puis elle migra dès l'année suivante au 4 de la rue Méaulens à Arras (62) et, si l'on en croit les adresses successives portées sur les volumes au 1 ter rue de la Caisse d'épargne qui devint — fantaisie postale ? — "de la Guerre d'Espagne".

De l'imprimeur, en revanche, nous ne pouvons que louer la grande persistance : il s'agissait pour tous les volumes de l'imprimerie Caffin à Périgueux (24).

Les contemporains favoris. Morceaux choisis

Lucien Suel Morceaux choisis. Édition commentée, avec notes, notices bio-bibliographiques, jugements, exercices et une introduction par Michel Champendal. — 1991, 114 pages (n° 1).
Michel Valprémy Morceaux choisis. Éd. commentée avec notes, notices bio-bibliogr., jugements, exercices et une introd. par François Huglo. Illustrations de Jacques Abeille, Luc Lauras... — 1991, 107 pages (n° 2).
Jean-Pierre Bobillot Morceaux choisis. Éd. commentée avec notes, notices bio-bibliogr., jugements, exercices et une introd. par Alain Frontier. — 1992, 121 pages, (n° 3).
Michel Ohl Morceaux choisis. Éd. commentée avec notes, notices bio-bibliogr., jugements, exercices et une introd. par Pierre Ziegelmeyr. — 1992, 144 pages, n° 4)
Thierry Dessolas Morceaux choisis. Éd. commentée avec notes, notices bio-bibliogr., jugements, exercices et une introd. par Jean-Pierre Bobillot. — 1993, 95 pages, n° 5)
Alain Robinet Morceaux choisis. Éd. commentée avec notes, notices bio-bibliogr., jugements, exercices et une introd. par Didier Moulinier. — 1993, 114 pages, n° 6)
Christophe Tarkos Morceaux choisis. Éd. commentée avec notes, notices bio-bibliogr., jugements, exercices et une introd. par Christian Prigent. — 1995, 110 pages, n° 7)

Déclarés "à paraître" (en 1992) semblent n'avoir pas vu le jour les volumes consacrés à
Jacques Izoard
Bernard Heidseick

Autres travaux de la maison, la Collection "Oeuvres complètes"

Sylvie Nève De partout (un an d'une vie)? (suivi de) Le temps qui n'a pas de jambes prit pourtant ses jambes à son cou (journal de voyages). Postface de Jean-Pierre Bobillot, 1992, 320 p.
Poèmeshow, Œuvres complètes de Sylvie Nève. Tome II. Avec Jean-Pierre Bobillot (voix) — 2000, 1 livre, 158 pages, et 1 CD.

A paraitre (en 1992)
Histoire à l'eau de rose
D'après nature
etc.

lundi 23 janvier 2012

Un éclat minuscule et une blanche étincelle

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Le hasard de la vie éditoriale fait paraître dans les mêmes temps, Blanche étincelle de Lucien Suel (La Table ronde) et Un éclat minuscule de Jean-Baptiste Gendarme (Gallimard)

Avant même de les avoir lus, nous les remercions pour les lueurs qu'ils apportent à ces mois de grisaille.




vendredi 29 juillet 2011

Vrac de nouvelles


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Les éditions Gaussen ont publié tout récemment plusieurs volumes affriolants dont un essai très fouillé sur un siècle de bagnes français

Stephen Toth Bagne. Guyane, Nouvelle-Calédonie 1854-1952. - Marseille, Gaussen, 224 pages, 22 €

et deux volumes de sa très belle et très nourrissante collection "Les Musées de l'imaginaire" illustrant la figure de Mandrin, le bandit généreux de Beaurepaire et la Tarasque, grosse bébète aquatique, archétype du dragon françoué.

Marie-Hélène Dieudonné Mandrin, capitaine des contrebandiers. - Marseille, Gaussen, "Les Musées de l'imaginaire", 144 pages, 200 illustrations, 29 €

Dominique Amann La Tarasque. - Marseille, Gaussen, "Les Musées de l'imaginaire", 144 pages, 200 illustrations, 19,50 €


La société des amateurs, chercheurs, lecteurs (et autres) de Marcel Schwob publie en ligne la bibliographie marcelschwobienne des vingt-cinq dernières années. Elle permet de mesurer l'essor des études depuis 1985, date à laquelle se concluait la bibliographie de J.A. Green
La bibliographie sera actualisée chaque année, nous dit-on, et toute référence bibliographique sera bienvenue.


Elle s'interroge sur les rapports du texte et de l'image : la revue Textimage se met en ligne. Les sujets abordés au sommaire de son numéro de l'été dernier sont très variés.

Diogène est sorti de son tonneau. Il est, selon, Louis Dubost, au potager. C'est du moins le titre de son nouveau livre illustré de linogravures d'Anah Merlet et augmenté d'une préface de Lucien Suel.
Le catalogue pdf de la maison d'édition belge est envoyé sur simple demande
Louis Dubost Diogène au potager. Préface de Lucien Suel. - Cahiers du Dessert de Lune, 60 pages, 12 €

mercredi 28 juillet 2010

Suel bêche dur

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Bûchant dur et d'arrache-paume, Lucien Suel surfe depuis longtemps déjà sur une mer de pages imprimées, mais il y a lieu de se demander si sa production ne s'est pas nettement accrue depuis quelque temps.

Depuis le début de l'année, il a publié Les Versets de la bière, journal 1986-2006 (Dernier Télégramme) et sa très belle traduction du Livre des esquisses de Jack Kerouac (La Table Ronde) dont nous allons trouver le temps de parler ici sous peu, car c'est un livre important.

Tout cela n'est pas rien, vous dites-vous, et vous avez bien raison, d'autant que paraitront encore à l'automne Journal du Blosne (Rennes, Apogée) et D’azur et d’acier (Lille, La Contre Allée).

Sachant que son roman Mort d'un jardinier a paru en poche dans la collection Folio (n° 5105) le 1er juillet 2010 et que La Patience de Mauricette est toujours disponible en librairie, vous m'additionnerez tout ça et ferez le constat que rien n'arrête un Suel une fois qu'il a été mis en mouvement.

Et j'allais oublier deux participations à des collectifs ! Le second paraît devoir être bien poilu : Ecrivains en séries. 2 (Laureli/Léo Scheer) et Jean Azarel (dir.) Papy Beat Generation (Lorient, Hors Sujet). Nous entrons, il est vrai, dans une époque où les pépés et les mémés ont tous plus ou moins pris du LSD.
Ça promet...

samedi 17 octobre 2009

*.*

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A Deûlémont, Christophe Moreel s’extirpa du fauteuil club pour se diriger vers la bibliothèque. Les années avaient passé mais cette bibliothèque continuait de refléter la personnalité de son amie, offrant à la vue celles et ceux qui avaient contribué à la formation de son esprit. Marie Noël voisinait avec Sophie Podolski, Samuel Beckett et Georges Bataille fréquentaient Thomas Merton et Georges Hyvernaud. Recueils de poèmes et romans noirs, littérature prolétarienne et Pères de l’Eglise, bandes dessinées érotiques, manuels de jardinage et traités d’architecture, tous les ouvrages étaient mêlés sans distinction, ni préséance, dans la bibliothèque de Mauricette. On y rencontrait aussi ceux qu’André Blavier appelle “les fous littéraires” et des internés célèbres comme Germain Nouveau, Emile Nelligan, Antonin Artaud, Carl Solomon… Reconnaissable à son dos marqué d’une paire d’étoiles séparées par un point, le gros classeur contenait le manuscrit en cours de Mauricette. Etoile point Etoile. *.* , elle avait eu l’idée de ce titre pendant le stage de 1988, ayant noté qu’en informatique, le signe * peut remplacer n’importe quel mot. Ainsi, “*.*” désigne n’importe quel fichier et par là, tous les fichiers existant dans la mémoire de l’ordinateur. Depuis la fin des années soixante-dix, Mauricette avait commencé de fabriquer ce livre qui voulait décrire le monde actuel dans sa totalité, une oeuvre composée majoritairement de textes trouvés, découpés dans les journaux de petites annonces, les prospectus de supermarché, les catalogues de vente par correspondance, des listes de courses, des extraits de magazines ou des livres qui lui tombaient sous la main. Au fil du temps, Mauricette avait incorporé à son livre d’autres documents, des fragments du journal intime qu’elle tenait épisodiquement et puis surtout l“anthoveaulogie”.
Lorsqu’elle lisait un roman ou un recueil de poèmes, chaque fois qu’apparaissait le mot “veau”, elle relevait scrupuleusement la phrase qui contenait le vocable, avec indication du numéro de page et en l’accompagnant des données bibliographiques, auteur, titre, éditeur, année de publication. Christophe ne connaissait pas le pourquoi de cette manie qui la faisait se focaliser sur ce mot de quatre lettres. Pour lui, cela faisait partie du personnage au même titre que les trous dans sa biographie, ou les périodiques accès de mélancolie succédant à des journées d’intense activité.
Mauricette ne collait pas tous ces éléments dans son manuscrit. Elle les recopiait intégralement, souvent à la machine à écrire, parfois au stylo-bille, s’agissant de son journal intime. La pratique de l’informatique lui avait fourni un nouvel instrument, le traitement de texte, et partant, le titre général d’Etoile Point Etoile qui “collait” véritablement à son projet globalisant. Ce travail en cours lui donnait sans doute la sensation de recréer la réalité, de lutter contre l’éparpillement qui est la marque du monde contemporain.
Elle n’avait jamais envoyé Etoile Point Etoile au moindre éditeur. Cependant quelques extraits, sans doute procurés par Alfonsina Vandenbeulque, une de ses relations, figuraient dans l’ouvrage “Cadavre Grand m’a raconté”, une “Anthologie de la poésie des fous et des crétins dans le nord de la France” (sic) éditée en 2006 au Corridor bleu par les soins du poète Ivar Ch’Vavar. Il est également certain que la publication en 1991 de ses Lettres de l’asile lui avait donné un début de notoriété dans le domaine de la littérature marginale.
Non sans une certaine émotion, entre un “Traité de la taille des arbres fruitiers” et un “Slang Dictionary”, Christophe dénicha un exemplaire de cet opuscule sur le second rayon de la bibliothèque de Mauricette, une livre mince au format oblong, à la modeste couverture grise, publié à Lyon par les Editions de Garenne. Christophe Moreel était à l’origine de cette publication.




Lucien Suel La Patience de Mauricette. — Paris, La Table ronde, 239 p., 18 euros.

samedi 29 août 2009

Lucien Suel fête Mauricette

Lucien_Suel.jpg Lucien Suel (Paris, 27 août 2009, © E.D.)



Jeudi soir, Lucien Suel était à Paris pour fêter au siège de La Table ronde la parution de La Patience de Mauricette, son nouveau roman (après Mort d’un jardinier dont le succès a été… foudroyant).

Son roman, loué déjà par la presse, semble promis à un bel automne et, pourquoi pas, à un prix trébuchant, puisqu’il réunit les suffrages et des branchés, et des bons bourgeois et des gens comme vous et moi. Les autres. Ou les mêmes. Passons, tous les suffrages se reporteront sur son livre, vous verrez. C’est du moins le souhait du Préfet maritime, qui s’est repu de ce digne livre de l’expérience humaine.

Sa Mauricette, vieille femme échappée de l’univers psychiatre, est une très lointaine cousine d’Ernestine Chasseboeuf - on ne l’a pas oubliée celle-ci. Aussi doit-on s’attendre, ô futur lecteur, à de l’humanité en pente douce, à des grâces inattendues.



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Lucien Suel La Patience de Mauricette. — Paris, La Table ronde, 239 p., 18 euros.

jeudi 23 juillet 2009

Comme une impatience de lire le nouveau roman de Lucien Suel

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Il ne paraîtra que le 3 septembre, le nouveau roman de Lucien Suel, le maître de la Station Underground d’Emerveillement littéraire et du blog Silo.
Cet homme a surpris tout le monde avec son précédent livre, à la Table Ronde, Mort d’un jardinier. On ne serait pas étonné qu’il réitère.
Pour les Alamblogonautes, livrons généreusement l’incipit de son épigraphe (c’est bien le moins que l’on puisse faire) :

“Je suis redevenue un petit enfant” (Katherine Mansfield)

La Patience de Mauricette, c’est une quête, celle de Mauricette, vieille femme évanouie dans la nature — elle s’est échappée d’un asile —, avec son lot de grandes souffrances et de petits bonheurs.
Il chauffe, Lucien, il chauffe, et toujours en dehors des voies tracées. Pas difficile de comprendre qu’il aura droit, cet automne, à une sérieuse attention.



Lucien Suel La Patience de Mauricette. — Paris, La Table ronde, 239 p., 18 euros.

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