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jeudi 12 mars 2015

Léon Bonneff revient !

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Rendons grâce aux couleurs et au dessinateur, ainsi qu'aux éditeurs pour cette épatante réédition qui verra le jour le 13 avril prochain.

Illustré à la façon de Frans Masereel, couleurs en sus, ce chef-d’œuvre de la littérature prolétarienne, porté à bout de bras par Lucien Descaves et promu par Henry Poulaille, revoit le jour après que sa première édition dans la collection L'Alambic se soit épuisée, les tirages successifs ayant été victimes du succès.


Léon Bonneff Aubervilliers. - Talence, L'Arbre vengeur, 250 pages, 15 €

vendredi 26 décembre 2014

Vie et roman d'aventures (Alfred Capus)

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Vie et roman d'aventures


Je recevais, il y a quelque temps, la visite d'un feuilletoniste qui venait me soumettre quelques plans de romans.
— Le roman d'aventures paraît être à la mode, me dit-il ; vous n'en êtes point ennemi ?
— Pas le moins du monde !
— Tant mieux, car c'est un roman d'aventures que je vous propose. Il se passe sous Louis XV.
Je dus faire perceptiblement la moue. Mon interlocuteur s'empressa d'ajouter :
— Si l'époque ne vous plaît pas, qu'à cela ne tienne ! Je transporterai l'action sous un autre règne, plus tôt ou plus tard, comme vous voudrez. Alexandre Dumas a parcouru toute l'histoire de France.
— Est-il indispensable qu'un roman d'aventures y puise son intérêt ? demandai-je au feuilletoniste.
Il n'avait aucune fermeté en ses desseins ; il changea immédiatement son fusil d'épaule.
- Mais non ! Ah ! comme je suis de votre avis ! Le plus beau roman d'aventures est un voyage au- tour du monde. avec escales, bien entendu.
- Et encore !
- Parfaitement. On peut situer la scène d'un pareil roman tout simplement dans les pampas, au Kamtchatka ou en Chine. Ah ! Fenimore Cooper, Mayne Heid, Jules Verne !
— Buffalo !
Le feuilletoniste « marcha », renchérit avec moi :
- Buffalo, à la rigueur.
Je laissai déborder cet enthousiasme et je repris doucement :
— Ne croyez-vous pas, toutefois, que la jungle de Paris est aussi féconde en aventures que les terres lointaines et les siècles morts ? L'aventure est en puissance ou en actes dans l'homme qui passe et que vous coudoyez tous les jours. C'est votre ami et vous ne savez rien de lui, je ne dis pas seulement de sa vie intérieure, mais de sa vie publique. Les mystères, écrivait un jour, sur un album d'autographes, le physicien Lippmann, qui a découvert la photographie des couleurs, « les mystères se cachent dans la lumière ». Comme c'est vrai !
Le feuilletoniste me regardait, interloqué, manifestement incapable de chercher autour de lui, dans la foule ou dans le cercle de ses relations, des sujets de romans d'aventures.
Cependant, je pensai, moi, à ceux d'Alfred Capus, "Qui perd gagne", "Faux Départ", "Amis d'aventures", auxquels se relient les "Scènes de la vie difficile", dont une revue poursuivait alors la publication et qui vont paraître incessamment.
Sans voyager, sans prendre des points d'appui dans l'histoire de France ni dans les récits des explorateurs, sans même s'éloigner de Montmartre et des grands boulevards, Alfred Capus, en effet, a écrit des romans d'aventures qui s'égalent aux meilleurs. Et sa vie elle-même, si jamais quelqu'un la connaissant bien la raconte, n'apparaîtra-t-elle pas comme une série d'aventures extraordinaires, « balzaciennes", disait le soir de ses obsèques, un de ses collègues à l'Académie française ?
Capus s'est « indiqué », mais indiqué seulement dans les héros qu'il a donnés à ses trois premiers romans. Il s'est souvenu de lui-même, et des autres. Il a rassemblé des traits épars.
Frais émoulu de l’École des Mines, il fut jeté à vingt ans, par un petit héritage, dans le monde du jeu et de la fête. A vingt-quatre ans, il était nettoyé - mais aguerri. C'est alors - 1882 — qu'il portait à Cornély, directeur du Clairon, un article nécrologique sur Darwin. Ce furent ses débuts dans le journalisme auquel il est resté jusqu'à la fin fidèle, malgré les grands succès qu'il eut au théâtre, et la fortune qu'il y fit — et ne garda pas.
A l'époque où je le connus intimement, il avait quarante ans sonnés et ses premières grandes pièces représentées : "Rosine", "Brignol et sa fille", "Mariage bourgeois", "La Bourse ou la Vie", "Les Maris de Léontine", malgré la vogue de cette dernière jouée aux Nouveautés pendant l'Exposition Universelle de 1900, ne l'avaient point affranchi de l'article quotidien, pour vivre. Il n'en était pas moins, d'ailleurs, le plus charmant compagnon, et le plus gai. Aux créanciers les plus exigeants, il faisait prendre patience..; par le sourire, et un esprit du diable ! Et pourtant ce n'était pas dans l'intention première de les désintéresser qu'il travaillait. Il avait, le sentiment de sa valeur et ne prenait pas son parti, au fond, des humiliations que lui avaient fait subir la Comédie-Française, en la personne de Claretie, et le Vaudeville efflanqué de Porel et de sa femme. "La Veine" allait de l'un à l'autre, en pure perte, et Capus s'impatientait, lorsque Guitry porta la pièce aux Variétés et l'y imposa. Samuel, le directeur, jouait sa dernière carte. Il fut beau joueur : il consentit à disparaître jusqu'à la répétition générale et à n'y assister qu'en spectateur. Ce fut un triomphe. Peu, de temps après, "La Petite Fonctionnaire" et l'année suivante "Les Deux Écoles", apportèrent, à Capus la gloire — et l'argent. Je le retrouvai aux bords de la Loire où nous passions ensemble les vacances depuis plusieurs années. Il était plus sensible à la gloire qu'à l'argent. Un jour même, il m'avoua que quelque chose lui manquait, le matin, à son petit déjeuner, lorsqu'il ne trouvait plus dans le courrier une preuve de l'existence d'un créancier. Il avait payé toutes ses dettes ; mais quoi ? En avait-il pour cela plus ou moins d'argent de poche ? Non. Alors ? Dans la bohème qu'il avait fréquentée et ne reniait pas, l'argent de poche est tout. Et jamais à Capus il n'avait fait défaut, même dans les moments les plus difficiles. Il les traversait en souriant et confiant dans les jours meilleurs. Peut-être les complications sentimentales et financières lui étaient-elles devenues nécessaires comme des excitants. Il se précipitait en quelque sorte au devant des « embêtements » qu'il eût pu aisément éviter. Il introduisait, dans sa vie la comédie et le drame, comme des levains dont sa pâte avait besoin pour lever en œuvres et en talent. Et c'est par la qu'il, avait tout d'un personnage balzacien sous des dehors de sagesse, de bon sens et de clairvoyance, sous des dehors académiques et. bien pensants. Il n'y avait pas d'esprit plus libre que le sien. Quant à des préjugés, nul, que je sache, n'en était plus exempt que lui. Il ne comprenait pas, par exemple, l'ami de l'épargne, le prévenant de l'avenir, qui échange cent beaux francs bien comptés contre un morceau de papier lui garantissant 4, 5 ou 6 francs de rente.
Et, ma foi, cet étonnement de la part de Capus n'était pas si bête sans doute, puisque sa mort a été pour quelques-uns de ses confrères l'occasion de lui reconnaître une belle intelligence et, comme disait Jules Lemaître, « une originalité paisible et sûre ».

Lucien Descaves
de l'Académie Goncourt.


Floréal, 11 novembre 1922.

dimanche 14 décembre 2014

Les pamphlets graphiques de Lucien Laforge

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Dessinateur du premier Canard enchaîné, celui qui avait encore aux pieds les boues de tranchées, Lucien Laforge (1889-1952) n'avait pas le caractère doux de la bergère. C'était à tout prendre un caractère qui, à l'instar de Jossot (récemment réédité par Finitude), trancha sa voie sans dévier. Un insoumis, un irréductible, un raide dont un roman graphique, si l'on peut dire, et une charge contre les profiteurs de guerre, c'est-à-dire deux pamphlets, viennent de paraître à l'enseigne de Prairial.

Au sortir de la guerre, en 1922, une fois les affaires d'Anastasie taries, les éditions Clarté publiaient Le Film 1914, une anthologie de dessins de presse dont Paul Vaillant-Couturier fait l'éloge dans l'''Humanité'' du 27 février 1992 (on vous laisse découvrir le détail). Soulignons seulement ceci :

La bourgeoisie française redoute l'esprit, la vigueur de pensée, comme la peste.
Si elle avait de grands satiriques de crayons ou de plume pour le défendre, elle les étoufferait, leur rognerait les ongles, leur limerait les dents. Elle est une classe installée au pouvoir et qui présent s'y décomposer confortablement.
Cham, Gavarni, Daumier, Gill qui la servirent du temps qu'elle était dans l'opposition, ne la défendirent pas sans l'égratigner, et le souvenir lui en cuit encore.
***
Je viens de parcourir l'album de Lucien Laforge, Le "Film 1914".
On sort de là comme étourdi, comme assommé.
C'est un réquisitoire massif, impitoyable, contre la guerre, ses causes et ses suites.
(...) Dans cet album, Lucien Laforge passe la polémique. Il atteint à l'oeuvre d'art du grand pamphlétaire.

Qu'ajouter ? Que ses danseurs mondains et leurs mondaines chaloupant, ses curés de l'arrière prêchant et ses bons pères prenant leur jaune au "café du com" sont bons à battre ? Les légendes inspirées par leur penser sont assassines sous la plume de Laforge. Ce dernier souligne admirablement la bêtise de leurs propos en ôtant quelque lettre de leurs tirades, ce b de Boche en particulier, et il martèle la "comerie" générale en s'appuyant sur des dessins répétitifs stigmatisant les foules à front de bête, les bourgeois ou les mercanti assis dans leur cynisme satisfait et leur bêtise crasse. Un régal d'esprit, Vaillant-Couturier avait raison.

Le Fim 1914 est à rapprocher des contestations de Jossot et de Masereel, même si Laforgee se rapprocherait graphiquement moins de ces deux derniers que de Félix Vallotton. Le trait de Laforge est très souple et efficace en effet, tandis que son propos fait immédiatement songer à celui d'Aurèle Patorni contondant les planqués au point que la réédition de Ronge-Maille vainqueur, recueil d'aphorismes rats, si l'on peut dire, de Lucien Descaves, mis en image par Laforge, évoque irrésistiblement les Notes d'un embusqué de Patorni (Mille et une nuits, 2013).

Là, le dessinateur s'autorise tout lorsqu'il s'agit d'illustrer le pire cauchemar du poilu, le rat — et par métaphore les profiteurs de guerre —, jusqu'au monstrueux tableau d'un groupe de ces bestiaux fouaillant le ventre d'un poilu à terre...

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Un mot encore de la maison Prairial qui revendique de sa marque fleurie tout l'utopique émanant du calendrier républicain dont Fabre d'Eglantine a établi la table. Si on en croit ces deux productions, parions que le programme rencontrera ici quelques échos... :

c’est le 1er prairial an III que le peuple parisien se soulève pour reprendre un pouvoir qu’on lui a volé. Semblablement nous voulons que Prairial, la maison d’édition, soit celle des délirants, des révoltés et des prophètes.



Lucien Laforge Le Film 1914. — Paris, Prairial, 62 pages, 16 €
Lucien Descaves et Lucien Laforge Ronge-maille vainqueur. — Paris, Prairial, 48 pages, 14 €

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vendredi 27 septembre 2013

Petite Bibliographie lacunaire des éditions Guignon

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Autour des figures de Laurent Tailhade et de son beau-frère malhtusien Fernand Kolney, on trouve la marque des éditions A. Quignon, imprimeur-éditeur, installé au 16 de la rue Alphonse-Daudet.
La marque connaît son pic de production en 1928, mais elle n'a pas fait florès, spécialisé qu'elle était dans la, l'érotisme ou la gaudriole, autrement dit dans la grivoiserie et dans le recueil de blagues. N'empêche que l'on peut noter à son catalogue plusieurs documents intéressants.
A commencer par un premier texte qui n'a peut-être jamais paru... mais qu'il reste à retrouver :

Anatole Georgin (1891-1916) La voix de nos morts, correspondance et papiers (août 1914-mai 1916) d'Anatole Georgin tué à Verdun le 1er mai 1916. Préface de Lucien Descaves. - Paris, A. Quignon, (1917), non paginé, (250) p.) Épreuve annotée.


Catalogue lacunaire

Victor Jacquet La Chanson dans l'orage. - Paris, A. Quignon, (1917). - In-12, 106 p., portrait.
Fernand Kolney (éd.) Les Plus Belles Nuits d'amour au temps du Bien-Aimé. Choisies, réunies et préfacées, par Fernand Kolney. 2e mille. - Paris, impr. des établissements Busson ; A. Quignon, éditeur, 1928, 256 p.
Casanova Les Plus belles nuits d'amour choisies et réunies par Fernand Kolney. - Paris, Quignon, (s.d.), XXV-355 p.
Jean de Létraz et Suzette Desty Nicole s'éveille... roman. - Paris, A. Quignon, 1926, 256 p.
Marie-Louise Laurent-Tailhade Laurent Tailhade au Pays du Mufle. - Paris, A. Quignon, 1927. - 217 p.
Jean de Létraz et Suzette Desty Un homme... deux femmes, roman. - Paris, A. Quignon, 1927, 253 p.
Jean de Létraz et Suzette Desty Nicole s'égare... roman. 22e mille. - Paris, A. Quignon, 1927, 252 p.
Maurice de Marsan Maud, demoiselle de cinéma, roman... Préface de G. de la Fouchardière. - Paris, A. Quignon, 1927, 303 p.
Maurice de Marsan Mon curé au cinéma, roman.... - Paris, A. Quignon, 1927, 320 p.
Alexis Piron Œuvres badines de Piron, précédées d'une notice sur la vie de Piron, par Charles Lauvereau. - Paris, Quignon, 1927, 254 p.
André Rochefort L'École de la luxure. - Paris, A. Quignon, 1927, 208 p.
Armand Villette Mesdames ! ... roman. Dessins originaux de René Aubert.... - Paris, A. Quignon, 1927, 272 p.
Fernand Kolney L'amour dans cinq mille ans, roman. - Paris, A. Quignon, 1928 (Paris, impr. des établissements Busson), 320 p.
Fernand Kolney Marianne à la curée : roman de moeurs politiques. - Paris, A. Quignon, 1928 (Paris, impr. des établissements Busson), 311 p.
Henri Richardot Contes de Champagne et au champagne.... - Paris, A. Quignon, 1928, 112 p.
André Rochefort Libido, roman freudien. - Paris, A. Quignon, 1928, 235 p.
Docteur Smolenski Pourquoi le plaisir ne dure pas... Le Plaisir qui dure.... - Paris, A. Quignon, 1928, 254 p.
Mme Laurent Tailhade Les Plus belles pages de Laurent Tailhade, avec préface de Fernand Kolney.... - Paris, A. Quignon, 1928, 687 p.
André Warnod Pépée ou la Demoiselle du Moulin-Rouge. - Paris, A. Quignon, 1928. - In-8° , 192 p., couv. ill. en coul .par André Vertès.
Prof. Malherman Le Plaisir dans la souffrance, étude sur les relations entre la cruauté et les sensations voluptueuses. Traduit de l'allemand, par Charles Wincker. - Paris, A. Quignon, (1929), 311 p.
Jean de Létraz Douze nuits d'amour ou la vie d'une femme, roman de mœurs. - Paris, A. Quignon, 1927, 192 p. (Réédition en 1931)
Armand Villette Du trottoir à Saint-Lazare, étude sur la prostitution à Paris. - Paris, Quignon, (s.d.), 262 p. Couverture ivoire illustré en noir et rouge par René Aubrard. "Marchandes d'amour, entôleuses, cocaïnimanes, apaches, maisons closes, rafles, Saint-Lazare. L'auteur introduit le lecteur dans le monde de la Prostitution" (bandeau). Réédition d’un texte de 1907.
Khati Cheghlou Histoires arabes, recueillies par Khati Cheghlou. - Paris, Quignon, s.d.. - 319 p.
Jean de Letraz ''Un Couple passa...". Paris, Editions A. Quignon-1929, 288 p.
Albert Chapotin Les défaitistes de l'amour étude anecdotique médicale. - Paris, A. Quignon, s. d.

Collection « Bibliothèque du bon vivant »
(« Histoires courtes, faciles à lire, faciles à retenir, faciles à raconter »)
Bobèche Le Compartiment des dames seules (dernier modèle). Nouvelles histoires de femmes recueillies par Bobèche. - Paris, impr. des établissements Busson ; A. Quignon, éditeur, 1928, 319 p.
Bobèche Le Compartiment des hommes seuls. Histoires de femmes recueillies par Bobèche. 4e mille. - Paris, A. Quignon, 1927, 320 p.
G. Tumul Le Tacot ivre, roman. - Paris, A. Quignon, (1927), 191 p.
D. Acques Les Contes du rabbin. Les Meilleures Histoires juives recueillies par D. Acques. - Paris, A. Quignon, impr.-éditeur, 16, rue Alphonse-Daudet, 1927, 314 p.
Willy Histoires de la manucure, . - Paris, A. Quignon, 1928, 319 p.
Jean de Beauvais Histoires de curés. - Paris, A. Quignon, s.d.1926. 2 volumes.
Jean de Beauvais Histoires de commis-voyageurs et de table d'hôte. - Paris, A. Quignon (Henry-Parville ?), 2 volumes.

samedi 3 juillet 2010

Où elle est Polly Maggoo ?

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Comme nous l'indiquions hier, Sylvain Goudemare vient de produire et une affiche impayable et un catalogue à prix marqué.
Et c'est là qu'elle est, Polly Maggoo !

L'affiche est une très curieuse chose rare proclamant les vertus politiques du père Ubu pour les élections législatives de 1910. Ça n'est pas un gag, c'est un document.

Aux Urnres ! Pas d'Abstinence !

C'est ainsi proclamé, coquille comprise, en gros caractères par le "comité des Hommes libres" où figurent en bonne place la Mère Ubu et le capitaine Bordure.
Et bien entendu, c'est d'un parti de "Réaction-Révolution". Quoi d'autre ?
La reproduction de l'affiche se vend 10 euros et, franchement, elle vaut la peine. Elle décore déjà notre home des îles et suscite les discussions des voisins jaloux.

Le catalogue quant à lui énumère les noms de Méry, Nodier, Pétrus Borel, Nougé, Jean-Paul, jusqu'à celui de Jean-Baptiste Cinéas, qui va revenir à la mode, vous verrez.
Pour notre part, nous y avons noté un exemplaire coloré (très rare !) du Monde fantastique illustré (Degorce-Cadot, 1874-1875), Les Plaisirs de Paris de Delvau, Le Calvaire d'Héloïse Papajou, le premier livre de Lucien Descaves, d'étranges lettres de Jules Lecomte, et un mouton à cinq pattes de Boris Vian : Ses Chansons possibles et impossibles (Philips, 1956).

Et puis il y a 36 numéros du journal Libération débutant, le 18 avril 1973. Ils sont vendus 300 euros, ce qui n'est pas grand chose.



Librairie Sylvain Goudemare
9, rue du Cardinal Lemoine
75005 Paris
01 46 34 04 76
sylvain@librairie-goudemare.com

samedi 29 juillet 2006

Emile Guillaume et Henry Poulaille : deux prolétariens

On citait hier son nom parmi les auteurs des éditions La Fenêtre ouverte et, coïncidence charmante, le voilà annoncé au nombre des auteurs de la fameuse rentrée littéraire.
Parmi les parutions de l’automne, on ne ratera donc évidemment pas l’appétissante livraison des Cahiers Henry Poulaille, qui annoncent la correspondance Henry Poulaille/Emile Guillaumin.
Nom d’une pipe !

Emile Guillaumin (1873-1951), citoyen d’Ygrande et défenseur de la cause paysanne, est l’auteur, notamment, de La Vie d’un simple, qui manqua de peu le prix Goncourt, laquelle distinction fut décernée, cette année-là, à Léon Frapié, autre brillant représentant de la veine prolétarienne, qui signait le très beau La Maternelle.
Guillaumin avait, pour sa part, obtenu les suffrages d’Octave Mirbeau et Lucien Descaves. On peut se souvenir en outre que son ami Charles-Louis Philippe était également sur les rangs.
Quelle année ! On n’espère plus des prix littéraires autant de bons candidats.

En somme, nous nous réjouissons de cette nouvelle, et nous en profitons pour souligner ubi et orbi la qualité, l’audace et la nécessité des éditions Plein Chant. Edmond Thomas, en sa Charente, a construit depuis trente ans un catalogue qui fera baver, c’est sûr, des générations de bibliophiles, de savants et, évidemment, de lecteurs exigeants.

Les Cahiers Henry Poulaille sont accessibles à ces deux adresses :

Plein Chant, 16120 Bassac
ou
Jean-Paul Morel (qui met le point final à une biographie d’Ambroise Vollard dont nous vous donnerons bientôt des nouvelles), 33, rue Taine, 75012 Paris.



Signalons aux plus curieux cette référence : Louis Lanoizelé, Emile Guillaumin écrivain et paysan. — Paris, Plaisir du Bibliophile, 1952, plaquette, avec un avant-propos d’Edouard Peisson, des lettres inédites et une bibliographie.

De plus, il existe un Musée Emile Guillaumin à Ygrande, lequel offre cette bibliographie de Guillamin :

1899 Dialogues bourbonnais Crépin-Leblond, 1899.

1901 Tableaux champêtres Crépin-Leblond, 1901 ; 1905 ; 1931.

1902 En Bourbonnais. La Propriété et l’agriculture, les moeurs, les divers catégories de travailleurs Pages libres, Paul Delagrave 1902.

1903 Ma Cueillette Crépin-Leblond, 1903.

1904 La Vie d’un simple Stock, 1904 ; Livre de poche, 1973 ; Stock, 1974.

1905 Près du sol Calman-Lévy 1905 ; Pleint Chant, 1979.



1906 Albert Manceau, adjudant Fasquelle, 1906.

1908 Rose et sa parisienne Calmann-Lévy, 1908 ; Cahiers du Boubonnais, 1970.

1909 La Peine aux chaumières Cahiers Nivernais, 1909.

1911 Baptiste et sa femme Fasquelle, 1911.

1912 Le Syndicat de Baugignoux Fasquelle, 1912 ; La Fenêtre Ouverte, 1960 ; Ipomé, 1982.

1912 Au Pays des ch’tits gars Cahiers du Centre, 1912 ; Plein Chant, 1978.

1913 La Ruche viticole de Prunet Cahiers Nivernais, 1913 ; 1976.

1914 La Retraite d’un cultivateur Cahiers du Centre, 1914.

1925 Notes paysannes et villageoises Bibliothèque d’Education, 1925.

1931 A Tous vents sur la glèbe Valois, 1931.



1935 Panorama de l’évolution paysanne L’Emancipation Paysanne, 1935-1936.

1937 François Péron, enfant du peuple Crépin-Leblond, 1937 ; Les Marmousets, 1982.

1942 Mon Compatriote Charles-Louis Philippe Grasset, 1942.

1944 Comment j’ai vaincu la misère. Mémoires de Henri Norre Editions Balzac, 1944.

1949 Sur l’appui du manche Crépin-Leblond, 1949.

1953 Paysans par eux-mêmes Stock, 1953 ; 1980.

1969 119 lettres d’Emile Guillaumin présentées par Roger Mathé Klincksieck, 1969.

1970 Les Mailles du réseau Cahiers du Bourbonnais, 1970.

1973 Au vieux temps et Contes et Légendes Cahiers du Bourbonnais, 1973.

1974 Histoires bourbonnaises, Contes Bassac, Plein Chant, 1974.

1975 Fleurs d’Alsace Plein Chant, 1975.