L'Alamblog

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samedi 19 décembre 2009

Satan a le beau rôle...

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Satan a le beau rôle ! Il était mystificateur en diable dans Le Maître et Marguerite de Mikhaïl Boulgakov, plutôt chafoin et revanchard dans le “Deux acteurs pour un rôle”, la nouvelle de Théophile Gautier, et puis tout simplement inquiétant, voire tout à fait détestable, le reste du temps. Ca n’est probablement pas de sa faute, Satan fascine. Parce qu’il n’est pas le moindre des anges : il est l’anar, le révolté, celui dont la liberté nous plaît. A moins de croire ces indigestes crèmes au beurre du purgatoire, du paradis et de l’enfer.

Dans L’Etranger Mystérieux, publié en 1916, l’un des tout derniers écrits de Mark Twain publié il y a un an pour la première fois en français par les éditions L’Oeil d’or, Satan est l’instrument du pessimisme intégral de l’auteur. De fait, indique l’éditeur, Mark Twain concluait là sa carrière en trois textes où il fit souffler un scepticisme noir et désarmant qui pousserait à se replier chez Thoreau ou Homère pour tenter de retrouver la sérénité ou l’envie d’agir. Fustigeant le “sens moral”, comme cache-misère des instincts naturels de l’Homme, Twain présente l’ange Satan, le propre neveu du grand déchu, visitant les hommes et tentant d’instruire quelques jeunes gens de la réalité des choses.
Bien entendu, son absence de sentiment le conduit à “aider” quelques hommes, femmes et enfants en modifiant leur destin de manière… décisive.

“Ah, hélas, si seulement on pouvait savoir ! On ne se tromperait jamais ! Alors que nous sommes tout juste de pauvres bêtes stupides qui avancent à tâtons en commettant des erreurs.”



Dans cet écrit inattendu, on découvre la face sombre d’un Mark Twain sans espoir, arrivé qu’il est au terme d’une vie riche, où il lui paraît que l’être humain mène décidément “Une existence illusoire dans un aveuglement consenti”. Et son analyse des progrès dans le meurtre du genre humain, grand moment de littérature, vaut les constats les plus amers des anarchistes européens ses contemporains. Mais il reste à Twain et à son diable ce nerf d’admettre qu’il reste à l’Homme une seule arme : le rire..

Ce texte imparable manquait au panorama.


Mark Twain L’Etranger mystérieux. Traduction de l’américain par Freddy Michalski • Gravures de Sarah d’Haeyer. - L’Oeil d’or, coll. “fictions & fantaisies” 128 pages, 13 euros


Et toujours Saint Alias. Là, Satan s’installe dans une maison qu’il a louée, dépose sa valise sur une table, l’ouvre et en sort son chien qu’il déplie. Entre autres faits et gestes passionnants et, parfois, ravageurs, à l’instar de ceux de l’ange de Mark Twain.

lundi 9 avril 2007

Saint Alias aux nues (Vengeance pour Loys Masson)


Sautons sur l’opportune occasion de saluer Guy Darol qui, le tout premier, salue la parution de Saint Alias chez L’Arbre Vengeur, dans notre collection l’Alambic, originellement publiée par L’Esprit des Péninsules, péninsules qui viennent de nous rejouer l’Atlantide, à ce qu’il paraît. Bref, l’Alambic surnage, grâce à David Vincent et son complice, les deux meneurs de L’Arbre vengeur, qui n’a pas fini de bien porter son aimable adjectif. Nous allons ramer dans cet esprit, quoi qu’il en soit. Et faute de rames, nous ramerons à la main, ce sera toujours ça que les vilains ne ralentiront pas.

Pour faire bonne mesure, indiquons la fleur que nous fit Jean Claude Bologne sur son site personnel à propos de La Littérature est mauvaise fille. L’historien n’a pas manqué de repérer quelque malice de nos intentions, intrinsèques ressorts de nos motivations. Nous parlions de lui mercredi, ça tombe bien.

En prime gracieuse, quelques informations variées :
Jean-Pierre Otte vient de publier L’Epopée amoureuse du papillon chez Julliard. Un extrait retransmis par voie nautienne :

“C’est en butinant, s’enivrant des alcools offerts dans les salons soyeux au fond des corolles, que le papillon se prépare le mieux à ses noces. Il courtise aussitôt la femelle dès qu’il la repère à la forme et à la couleur, à l’ocelle de ralliement. Déjà il effectue une danse nuptiale dans les airs, développe toutes sortes d’acrobaties subtiles et insistantes pour se mettre en valeur.
Le plus souvent, la femelle entre dans la valse, décrit avec lui quelques tours, quelques spires, puis, en manière d’assentiment, va se poser sur une fleur, offrant son abdomen bien en évidence sur les pétales. Comme le mâle se pose au plus près d’elle, elle se renverse sur la fleur, suggère qu’il la prenne dans la position du missionnaire. Un style d’étreinte qui ne déplaît pas au prétendant, lequel la couvre, se fixant étroitement à son abdomen et agitant brièvement les ailes à l’instant d’un plaisir ascensionnel.”

Se souvient-on bien que jean-Pierre Otte a fait paraître le mois dernier Retour émerveillé au monde. A-t-on vraiment besoin d’un président? (Mille et Une Nuits). Il est urgent de se poser la question.

De même qu’il est urgent d’aller écouter le quart d’heure consacré hier à la troisième livraison de Luna-Park sur France Culture (Tout arrive, 3 avril 2007, 12 h), avant que le lien ne soit coupé.



Yves-Olivier Bouvier nous signale la parution en ligne d’une “Expédition descente”.

Et nous avons pris, par un détour du destin, contact avec Daniel Mallerin, dont nous avions lu les interventions dans les Cahiers du Silence (Malet, Duits, Topor) et ce fameux catalogue La Légende du Terrain Vague. Installé à Niamey avec son épouse, il entreprend un gros travail d’entretien avec le “Vieux”, Damouré Zika lui-même. Nous vous tiendrons au courant. Forcément (1).

Bon, mes tomates farcies sont cuites, mon côtes-du-rhône est à température (un léger frais), Blind Willie Johnson chante, le soleil brille, le chat fait le pitre, tout va bien.
Saluez les cloches pour moi.




(1) Nous promettons de notre côté de l’inédit — et du goûteux ! — de ce maître africain, fils à la mode africaine de Jean Rouch, comédien, écrivain unique, infirmier de santé. Vous serez les premiers informés.

dimanche 1 avril 2007

Le fantôme de Loys Masson


Comme Léon-Paul Fargue, on a tous, un jour ou l’autre, croisé un fantôme. Le mien se nommait Loys Masson et il était installé en tapinois sous un amas de chaises mal remisées, dans une petite boutique située sur un boulevard périphérique de la Capitale. Tout près de la Porte Dorée, à l’endroit où la voie plus que spacieuse laisse frauduleusement imaginer qu’on touche au grand large.
Le brocanteur prétendait avoir acquis le lot de livres — non pas le fantôme de Loys Masson, qu’il n’avait pas deviné — sous le lit de son fils, lequel venait de disparaître. Guidé par la curiosité, je découvrais une partie de la bibliothèque personnelle de l’auteur, des piles de ses propres ouvrages tirés sur grands papiers, aussi neufs que possible mais tristement désaffectés dans l’attente du coupe-papier. J’en remplis le cabas dont je m’étais embarrassé, puisque j’étais mû d’abord par la nécessité de faire mon marché, et m’en retournai chez moi, suivi d’une ombre qui faisait se retourner mon fils inquiet. Il me fallut expliquer au petit qui était Loys Masson, et lui garantir qu’en sa qualité de poète, et de poète chrétien, ce dernier ne tenterait rien de désagréable. Nous n’avions rien à craindre…

Loys MASSON Saint Alias, préface et bibliographie par votre serviteur. — Bordeaux, L’Arbre vengeur, 2007, 135 p., 11 €

jeudi 28 décembre 2006

Bibliographie exhaustive de la collection L'ALAMBIC


L’Alamblog a une histoire dont vous n’avez, chers nautes, peut-être pas connaissance.

Afin de ne rien cacher, et pour éviter les malentendus, vous trouverez ci-dessous un résumé de l’action et le catalogue intégral de la collection, ainsi que du périodique (peu courant) dont un satané scanner refuse de rendre le beau vert.
En attendant ces données très roboratives, le Préfet maritime peut dévoiler d’où provient ce nom d’Alambic…

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