L'Alamblog

Accueil | Contre-feux, revue littéraire | Les espaces de l'édition indépendante

Mot-clé - Léon Cladel

Fil des billets - Fil des commentaires

vendredi 14 novembre 2014

Contre le retour de l'esprit contre-révolutionnaire : Léon Cladel

asscreed.jpg


On peu s'étonner de certains aspects du nouveau jeu de console Assassins' Creed Unity dont le décor n'est autre que le Paris de 1789. Face à cette kolossale "nouveauté" commerciale, ces petits rapporteurs sans jugeote que sont les journalistes des grandes chaînes et antennes françouaises s'extasient sur la "reconstitution" du Paris d'ancien régime. Et rien ne les étonne, nos modernes Mercure, et sans doute pas le sous-titre du jeu : "Combattez pour une autre vérité". Parce qu'on nous cache tout, vous vous souvenez ? (la bonne vieille théorie du complot se renouvelle !). Et rien ne leur met la puce à l'oreille dès lors qu'ils ont bien ingurgité le marketing du produit de Noël, en particulier que le concepteur de la partie "documentaire" du jeu soit un descendant d'aristocrate décollé dans la tourmente. Autrement dit, une caricature de la Révolution française dirigée par des criminels et mise en œuvre par un peuple carnassier passe comme une lettre à la poste. D'autant qu'on va enfin apprendre qui sont ces "vraies forces qui agissent dans l’ombre de la Révolution" !
Bref, tout ça aurait tendance à fleurer le remugle, l'initiative contre-révolutionnaire et le rejet de la démocratie.
Pour ne pas tout mélanger, lisez donc N'A-Qu'un-Oeil de Léon Cladel : il vous en coûtera de moins 36,99 € que le jeu. (figurez-vous que le coffret collector "Guillotine" vaut même jusqu'à 139,99 €. Mais si. On ignore si sont vendues des reliques de Louis XVII en plastique).



Léon Cladel N'A-Qu'un-Œil. — Talence, L'Arbre vengeur, 350 pages, 15 €
CouvCladelLight.jpg

samedi 1 novembre 2014

En automne, lisez rouge

CouvCladelLight.jpg



N'A-Qu'un-Œil est l'un des très grands romans du très grand Léon Cladel (1834-1892), dit "L'Homme aux chiens", nommé aussi le "Rural écarlat"e par Barbey d'Aurevilly.
Ne disposant toujours pas d’œuvres complètes - pas plus que Charles Nodier d'ailleurs -, Léon Cladel fait partie des auteurs gravement mésestimés par l'interprofession papetière, qui ne sait naturellement pas ce qu'elle perd. Et cependant, Baudelaire avait dédicacé son premier livre, Les Martyrs ridicules (1862). On ne respecte donc pus ren ?! Alors, tandis que la Pléiade produit un volume de romans gothiques plutôt noir, lisez donc bien rouge !


Léon Cladel N'A-Qu'un-Œil. Préface du Préfet maritime. - Talence, L'Arbre vengeur, 350 pages, 15 €.

mardi 14 octobre 2014

N'A-Qu'un-Œil est de retour !

CouvCladelLight.jpg



Hauts les cœurs ! Reparaît ce jour N'A-Qu'un-Œil, l'un des très grands romans du très grand Léon Cladel, écrivain à lire et relire, maître styliste emporté par son cœur d'homme de la terre et de la plèbe.
Son roman, récit du destin brutal d'un jeune homme éborgné par un aristocrate et séparé de la femme qu'il aime, convoque avec vigueur la vengeance, le sens du devoir et le malheur. Cinquante ans plus tard, le vieux borgne raconte les événements et leur conclusion révolutionnaire qui soulagea la société du fléau aristocrate.



Léon Cladel N'A-Qu'un-Œil. Préface du Préfet maritime. - Talence, L'Arbre vengeur, 350 pages, 15 € Parution le 14 octobre 2014.

jeudi 4 septembre 2014

N'A-qu'un-oeil bientôt vengé (le retour de Léon Cladel)

CouvCladelLight.jpg



Bientôt chez les meilleurs libraires !


Léon Cladel N'A-Qu'un-Œil. Avec une préface du Préfet maritime. — Talence, L'Arbre vengeur, 350 pages, 15 € Parution le 14 octobre 2014.

lundi 24 juin 2013

Paris-Calenques (retour d'Arène)

areneCale.jpg




Oh, qu'elles étaient jolies les nouvelles de monsieur Arène !
% Elles avaient le format des contes, ou plutôt des chroniques qu'il écrivait dans la presse parisienne, qui se régalait des régionalismes hauts en couleurs, pour se remémorer son lointain pays de Provence sans doute alors qu'il faisait l'homme de lettres à Paris. Et ses chroniques, elles sentaient si bon le romarin, et elles sonnaient si fort qu'on entendait les cigalous en les lisant... En faisant souffler la tramontane, les chroniques d'Arène remplacent généreusement le soleil qui nous fait défaut depuis trop longtemps (on le lui rappellera à ce globe présomptueux, et s'il croit qu'on va encore lui sacrifier des tas de vierges, il se met la fusée dans l’œil !).

Comme nous évoquions il y a quelque temps la figure de Mistral,, nous est parvenue une utile édition des nouvelles de Paul Arène qui n'était plus disponible depuis lurette, malgré la diffusion phénoménale de l'opus au cours du siècle dernier. - D'autant qu'Arène, ne l'oublions jamais, n'est pas un minus habens : il est l'un des trois rédacteurs des Lettres mon moulin de la fabrique Daudet & Cie. En cette année de capitalerie marseillaise, il fait bon saluer le Sud, ses Provençaux et nos rêves anciens.
Paul Arène, c'est un nom doux à l'oreille. il a des senteurs de Provence, mais aussi de salle de classe en hiver quand, au froid, on se réchauffait l'esprit à ses pages bienvenues. L'auteur de La Chèvre d'or (Sgap, 1888) et même de Paris ingénu (Charpentier, 1882), ne manquait pas d'esprit, comme vous pouvez vous en apercevoir dans cette lettre publiée par son ami Anatole France (Le Temps, 15 février 1891, p. 2).

Paris, 11 février 1891.
Mon cher ami,
Je comptais vous rencontrer l'autre jour pour conférer sur une affaire d'importance.
Il n'y a pas de Tellier qui tienne, et Homère n'est pas un imbécile. Homère n'eût jamais imaginé qu'on pût prendre une rame pour une aile de moulin a vent lesquels moulins à vent n'existaient pas d'ailleurs au temps d'Homère.
En Provence et ceci prouve que vous devriez y venir pour être tout à fait Grec en Provence, après la moisson, nous jetons le blé au van avec des pelles qui, en effet, ressemblent pas mal à des rames.
Il est donc naturel que des populations montagnardes, ne connaissant ni la mer, ni les choses de la mer, aient pris pour nos pelles à vanner pour la rame qu'Ulysse portait sur le dos. Il est doux d'illuminer Homère à travers les brouillards des commentateurs ingénus. D'ailleurs, c'est à Mistral que revient l'honneur de la contribution. >Nous trouvâmes la chose en riant comme des paysans, un jour que nous récitions l'Odyssée sous les cyprès noirs de Mailanne.
Les dieux vous tiennent en joie !

Votre,

Paul Arène

Mais bast ! Il n'y a pas que l'exactitude historique chez Arène et dans ses nouvelles, il y a aussi un peu de Paris, des personnages impayables de cette ville à martyrs, et puis son ami Léon Cladel, l'abbé Gribouri (mais oui !), un dieu païen embêté par la maréchaussée — il préfigure sans doute "Le Dernier Satyre" de Théo Varlet —, un certain Barjavel, des bas-bleus, des raccourcis délicieux, du "hatchich" (mais si), un propos sur la langue de bois des critiques littéraires et cent choses que l'on voudrait citer ici. Surtout, il y a sa natale Sisteron, des zinzins et des zinzinières, la mer...

"Des myriades de cigales, mises en gaieté par la chaleur du jour, s'égosillaient sur les arbres poudreux de la route, se taisant un moment ua passage de la voiture pour recommencer aussitôt de plus belle et rattraper le temps perdu."

Pour ne pas perdre tout à fait le sens de l'été, le livre qu'il vous faut dès à présent. D'ailleurs,

"Ferréol s'était tu, un peu rouge. Une orange tomba, on entendit la mer chanter."






Paul Arène Vers la calenque. Récits d'un Provençal. — Marseille, Gaussen, 224 pages, 20 €