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jeudi 13 mars 2014

Jean Rouch et Damouré Zika gloires du cinéma africain





A l'occasion de la campagne de promotion des grands films de Jean Rouch, disparu il y a dix ans, nous n'oublions son compère Damouré Zika, comédien délicieux et écrivain nature comme il en est peu.

Jean Rouch Cocorico ! Monsieur Poulet (éditions Montparnasse, 15 €)

Damouré Zika Journal de route. - Mille et une nuits, 96 pages, 3 €.



samedi 18 juillet 2009

Jean Rouch, le meilleur ami de Damouré Zika

JeanRouch.jpg



Tout comme le héros des Mines du roi Salomon, Allan Quatermain, ne devait pas mourir sur le sol d’Afrique, par privilège spécial, on n’imaginait guère Jean Rouch (1917-2004) s’éteindre ailleurs que sur une piste de latérite. En l’occurrence, lors d’un accident de voiture au Niger, un 18 février.
C’est dans ce pays, et sur ce grand fleuve de 4 200 kilomètres que le jeune ingénieur des Ponts et Chaussées, frappé par la persistance de pratiques magiques, songea à changer de voie. Une gageure pour un constructeur de route et l’on connaît la suite : des films, des livres et un intérêt toujours plus marqué pour le Niger. Le volume inédit qui a paru à l’automne dernier est le fruit d’un voyage sur le fleuve entamé en octobre 1946 sur un radeau fabriqué à la source du Niger. Mungo Park avait tenté l’aventure avant Rouch et ses deux amis : descendre le fleuve jusqu’à l’océan. Cet épisode humainement passionnant le poussa à rééditer par deux fois l’expérience en imaginant deux autres missions qu’il mena de 1946 à 1951 et dont le journal fut publié dans Franc-Tireur.
Ce sont ses articles enfin réunis en volume qui paraissent là. A l’évidence, le jeune parisien n’avait pas fréquenté les bonnes librairies en vain. Il y avait découvert la passionnante revue Minotaure qui ne fut pas pour rien dans son amour pour l’Afrique et les Africains. Un numéro de Notes africaines en porte la trace dès 1943.
Bien entendu, on retrouve dans les présents Carnets de mission tous les sorciers, tous les Songhay, tous les pêcheurs sorko - dont le jeune Damouré Zika - que l’on peut imaginer. Il les approcha tous en ami, ou simplement d’homme à homme, et non comme un « savant aux yeux secs ». Ce qui ne l’empêchera pas de soutenir sa thèse avec Marcel Griaule en 1953.

Les amateurs de Bataille sur le grand fleuve ou de Cocorico Monsieur Poulet comprendront ce que nous voulons dire : Alors le Noir et le Blanc seront amis est la parfaite lecture de l’été.



Jean Rouch Alors le Noir et le Blanc seront amis. Carnets de mission 1947-1951. - Paris, Millet et une nuits, 2008, 350 pages, 17,00 €

lundi 9 avril 2007

Saint Alias aux nues (Vengeance pour Loys Masson)


Sautons sur l’opportune occasion de saluer Guy Darol qui, le tout premier, salue la parution de Saint Alias chez L’Arbre Vengeur, dans notre collection l’Alambic, originellement publiée par L’Esprit des Péninsules, péninsules qui viennent de nous rejouer l’Atlantide, à ce qu’il paraît. Bref, l’Alambic surnage, grâce à David Vincent et son complice, les deux meneurs de L’Arbre vengeur, qui n’a pas fini de bien porter son aimable adjectif. Nous allons ramer dans cet esprit, quoi qu’il en soit. Et faute de rames, nous ramerons à la main, ce sera toujours ça que les vilains ne ralentiront pas.

Pour faire bonne mesure, indiquons la fleur que nous fit Jean Claude Bologne sur son site personnel à propos de La Littérature est mauvaise fille. L’historien n’a pas manqué de repérer quelque malice de nos intentions, intrinsèques ressorts de nos motivations. Nous parlions de lui mercredi, ça tombe bien.

En prime gracieuse, quelques informations variées :
Jean-Pierre Otte vient de publier L’Epopée amoureuse du papillon chez Julliard. Un extrait retransmis par voie nautienne :

“C’est en butinant, s’enivrant des alcools offerts dans les salons soyeux au fond des corolles, que le papillon se prépare le mieux à ses noces. Il courtise aussitôt la femelle dès qu’il la repère à la forme et à la couleur, à l’ocelle de ralliement. Déjà il effectue une danse nuptiale dans les airs, développe toutes sortes d’acrobaties subtiles et insistantes pour se mettre en valeur.
Le plus souvent, la femelle entre dans la valse, décrit avec lui quelques tours, quelques spires, puis, en manière d’assentiment, va se poser sur une fleur, offrant son abdomen bien en évidence sur les pétales. Comme le mâle se pose au plus près d’elle, elle se renverse sur la fleur, suggère qu’il la prenne dans la position du missionnaire. Un style d’étreinte qui ne déplaît pas au prétendant, lequel la couvre, se fixant étroitement à son abdomen et agitant brièvement les ailes à l’instant d’un plaisir ascensionnel.”

Se souvient-on bien que jean-Pierre Otte a fait paraître le mois dernier Retour émerveillé au monde. A-t-on vraiment besoin d’un président? (Mille et Une Nuits). Il est urgent de se poser la question.

De même qu’il est urgent d’aller écouter le quart d’heure consacré hier à la troisième livraison de Luna-Park sur France Culture (Tout arrive, 3 avril 2007, 12 h), avant que le lien ne soit coupé.



Yves-Olivier Bouvier nous signale la parution en ligne d’une “Expédition descente”.

Et nous avons pris, par un détour du destin, contact avec Daniel Mallerin, dont nous avions lu les interventions dans les Cahiers du Silence (Malet, Duits, Topor) et ce fameux catalogue La Légende du Terrain Vague. Installé à Niamey avec son épouse, il entreprend un gros travail d’entretien avec le “Vieux”, Damouré Zika lui-même. Nous vous tiendrons au courant. Forcément (1).

Bon, mes tomates farcies sont cuites, mon côtes-du-rhône est à température (un léger frais), Blind Willie Johnson chante, le soleil brille, le chat fait le pitre, tout va bien.
Saluez les cloches pour moi.




(1) Nous promettons de notre côté de l’inédit — et du goûteux ! — de ce maître africain, fils à la mode africaine de Jean Rouch, comédien, écrivain unique, infirmier de santé. Vous serez les premiers informés.

dimanche 25 février 2007

L'Anthologie de la poésie naturelle, de Camille Bryen et Bernard Gheerbrant (1949)


Plusieurs nautes nous ayant demandé des précisions sur le livre fondateur de Camille Bryen et Bernard Gheerbrant, volume qui initiait en France une lecture des fous littéraires et des naïfs, au moment même où Jean Dubuffet façonnait l’Art brut, nous donnons ci-dessous le sommaire de l’ouvrage.
Où l’on constatera que les travaux d’avant-guerre qui avaient coûté de longs mois de travail à Raymond Queneau — mais aussi un beau sujet de roman : Les Enfants du limon — trouvaient ici leurs fruits, en attendant qu’André Blavier ne produise en 1982 sa somme, Les Fous littéraires (Henri Veyrier; nouv. éd. éditions des Cendres, 2000).

Sommaire disions-nous, le voici :

Astronome public

Billard : Lettre à André Frédérique

Auguston Boncors : Dédicace fraternelle (à Robert Desnos)
— Introduction au premier chant
— As-tu joui, Baptiste ?
— Requiem de Clem-Sohn

Jean-Pierre Brisset : Les Clefs
— Le Diable
— Le Commerce

Gaston Chaissac : Lettre à Camille Bryen
— Le Marronnier
— Les Deux synonymes

le facteur Ferdinand Cheval : Histoire du Palais Idéal

Contes (recueillis par Jean Rouch) : 2 jeunes filles
— Un homme quitte un village…
— 7 femmes pour un mari…
— Un fils de chef était très joli…
— Un fils hérite, mais même 20 filles n’héritent pas…

Léon Corcuff : D’un procédé funéraire utile à la défense passive

Harry Dickson : Titres

Enfants : Comptines
— Chansons
— Rêves
— Les petits plaisirs
— Au Louvre

Achille Fournier : Solaris
— Gloire à Roosevelt
— Aviatis

Charles Gounod Esprit : Impromptu
— Marianne

J. Izalier : L’autre Verdun
— Les pays sanglants
— Frères d’armes
— Un bon chien français
— Les ailes brisées
— Les animaux réunis en conseil de guerre

Machines

Alphonse de Marcailhou d’Aymeric : La Femme et la Montagne
— La Nocturne d’Yvette
— Les laveuses de minuit

Marie : Marie à Saint-Joseph
— Marie à Saint-Louis
— Saint-Joseph, c’est pas Saint-Louis

Perrot : Extraits du catalogue de la maison Perrot

Récits monosyllabiques (extraits du Syllabaire Régimbault) : La nuit
— Le vent et la pluie

Répertoire des sectes (extrait du Dictionnaire analogique de P. Boissière, 1862)

Rivet : Si j’avais vu un crahon…

le douanier Rousseau : Un philosophe
— La Pensée philosophique
— Rêve

Hélène Smit : Les textes martiens

Gabriel Toutin : Un poète prolétarien
— Qu’est-ce que la poésie ?
— L’Employé de Métro
— Sous le couperet de la guillotine
— Le Bûcheron

Un vieux soleil : Lettre
— Poème

Vandelanotte : Extraits d’une conférence “Bombe ovo-biologique contre bombe atomique”

Damouré Zika : Les Aventures de Mékoy (celui qui a une bouche)

Le tout est illustré de cinq photographies de Brassaï.

Les textes proposés par Bryen et Gheerbrant leur avaient été fournis par : J.-B. Brunius, Jean Carteret, Michel Dery, Maurice Fombeure, Youki Foujita, André Frédérique, de la Frégonnière, Jacques Givet, Illiaz, Clarisse Le Gal, François Le Lyonnais, René Massat, André Pieyre de Mandiargues, Docteur Pitchal, Romi, Jean Rouch, Paule Thévenin.

Camille Bryen et Bernard Gheerbrant, Anthologie de la poésie naturelle. — Paris, K éditeur, 1949 (a. i. 15 avril), 175 p.