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lundi 5 janvier 2015

L'année commence bien : Jean-Richard Bloch

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Jean-Richard Bloch dans l'exercice de sa correspondance avec Jean Paulhan, voici ce qui nous manquait. Et bien, nous voici susceptibles d'être repus puisque le volume couvrant l'échange entretenu durant les vingt-six dernières années de la vie de Bloch vient de paraître à l'enseigne des éditions Claire Paulhan.

La même maison avait déjà donné sa correspondance avec André Spire en 2011 (Correspondance 1912-1947, édition établie, préfacée et annotée par Marie-Brunette Spire, 498 pages, 44 €) ainsi que le très beau livre de Marguerite Bloch, son épouse, Sur les routes avec le peuple de France, 12 juin - 29 juin 1940 (édition établie et annotée par Philippe Niogret & Claire Paulhan, préfacée par Danielle Milhaud-Cappe, 2010, 190 pages, 24 €). On avait vu paraître également au Lérot ses échanges avec André Baillon (2009, 206 pages, 25 €), et "Fonds rouge", collection de la maison Aden se lance également dans les rééditions avec Espagne, Espagne ! (2014, 308 pages, 18 €)

L'année commence donc bien, et à Bloch !

C'est bon signe.


Jean-Richard Bloch-Jean Paulhan Correspondance 1920-1946. - Paris, Éditions Claire Paulhan 344 pages, 22 illustrations, 36 €

mercredi 5 janvier 2011

le XXe siècle de Benjamin Crémieux

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Remarquable esprit de son temps, Benjamin Crémieux (1888-1944) reste un auteur qu'on ne lit plus qu'exceptionnellement. C'est dommage, même s'il reste accessible en librairie dans ses traductions de l'italien (Svevo, Pirandello). A l'instar de Jean-Richard Bloch par exemple, il fait partie de la cohorte des essayistes de prime importance qui, s'ils ont compté en leur temps, ont fini par se ranger humblement dans le second rayon.
Ces princes de la critique, auxquels on doit associer Jaloux (Edmond) ou Pia (Pascal), afin de ne pas oublier ces deux derniers quand on a tenté de nous faire prendre Frédéric Lefèvre et Maurice Martin du Gard pour des lanternes, bref, ces princes de la critique étaient d'un temps où le geste critique, justement, valait pour ses principes de clairvoyance, d'appréciation, de culture générale et de maturation. Toutes choses qui ont disparu de la presse papetière où l'on empile les papiers comme le loufiat les soucoupes. Et avec la même grâce.
La réédition du XXe Siècle de Crémieux est donc une très bonne chose : on y redécouvre ce qu'est prendre le temps de se cultiver, de lire, puis de réfléchir, et enfin de s'exprimer clairement. Bien sûr, on regrette que Crémieux n'ait pas eu le souci de mettre en évidence des auteurs moins "téléphonés", mais il faisait avec son temps, contingence imparable, comme nous faisons avec le nôtre - à ce propos, on ne devrait pas écrire en 2010 que Luc Durtain ou Pierre Hamp sont des auteurs méconnus, tout de même...
Son recueil d'articles de 1927, ici augmentés de deux textes sur Edmond Jaloux, "le moins attardé des critiques" selon Gide, et les frères Tharaud, ces "stylistes", témoigne d'un modernisme qui nous est devenu poussiéreux, certes, et fort gallimardien, certes itou, mais XX Siècle sert désormais à éclairer la figure de Benjamin Crémieux (nette préface de Catherine Helbert) et l'histoire de la réception de quelques grands noms et de certaines gloires déclinantes des lettres françaises du siècle dernier. De plus, au petit jeu des absents, il nous invite à jouer...
Au sommaire de cette nouvelle édition : Marce Proust, Jean Giraudoux, Henri Duvernois, Pierre Hamp, Valery Larbaud, Jules Romains, Pierre Benoit, Pierre Mac Orlan, Paul Morand, Pierre Drieu La Rochelle, Jean Paulhan, Luc Durtain, Henri Pourrat, Jerôme et Jean Tharaud, Edmond Jaloux.


Benjamin Crémieux XXe siècle. Edition augmentée. Textes établis, présentés et annotés par Catherine Helbert. - Gallimard, 2010, coll. "Cahiers de la NRf", 304 pages, 26,50 euros

mercredi 30 décembre 2009

Des origines de certains événements et des bases de la langue

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Chez Dilecta, on peut se fournir en Art des putains ou en Arabe du coin, en Animal Sketching d’Alexandre Calder, en Fondements du judo d’Yves Klein, ou en Manifeste des Nouveaux Réalistes de Pierre Restany.
Mais c’est la collection Dada qui nous importe aujourd’hui car y est proposé depuis plus d’un an - excusez le retard - un fac-similé plus qu’intégral de la revue Proverbe, “feuille mensuelle pour la justification des mots” lancée par Paul Eluard depuis son home du 3 rue Ordener (Paris XVIIIe) avec le concours de Jean Paulhan, qui signe l’éditorial “Syntaxe” où s’exprime le souci de vivifier la langue, et la participation de Philippe Soupault, Tristan Tzara, André Breton, Francis Picabia et Maurice Raynal. Le premier numéro paraît le 1er février 1920, soit un an précisément après la proposition émise par Paulhan de présenter André Breton à Paul Eluard : il était donc bien partout, Paulhan, avec son air de ne pas y toucher, et son appétence pour les finesses langagière et comportementale :

l’auto, la pratique des jalons et ces mots anglais qui sont peut-être des gros mots, j’ai toujours vu que tout se passait comme si (n° 3, 1er avril 1923, p. 1)

Il se présente sous la forme de quatre pages et dans le goût typographique de Dada qui fait toujours les délices des amateurs de tracts. On y découvre tout d’abord que “391 ne contient pas d’arsenic” et que les mots “s’usent à force de servir”, et notamment chez les écrivains qui en connaissent trop, dont “les oeuvres sont les plus ternes qui soient” (Paulhan toujours).
Plus tard, en s’adjoignant les ébullitions de Georges Ribemont-Dessaignes, Paul Dermée ou Céline Arnauld au fil des 6 livraisons (la dernière est titrée L’Invention n° 1 et Proverbe n° 6 (1er juillet 1921), cette feuille aura bravement soutenu les efforts conjoints de quelques jeunes gens décidés à ne pas laisser la langue dans l’état où ils l’avaient trouvée.
Et d’ailleurs,

Après nous la blennoragie (Docteur V. Serner)

Rarissime ou uniques, la collection originale et les documents annexes fournis par Paul Destribats et présentés par Dominique Rabourdin sont reproduits dans leur “jus”, couleur du papier comprise, au format, comme autant de pièces que l’on dirait authentiques. Ces pages sont tout simplement captivantes - et pas seulement le manuscrit de la première page “à trou” de l’échantillon gratuit au fameux ajour intitulé “Bracelet de la vie”. On s’y perd, l’esprit y fait son chemin, sourit, rebrousse, tergiverse, cahote, s’interroge et se prend à rêver d’une ère où, dans la grisaille d’une crise bientôt séculaire, quelques êtres reprendraient le dessus, le nerf, le knout, l’envie…

Avec DADA, tous les jours, rendez-vous n’importe où




Proverbe feuille mensuelle pour la justification des mots. Fac-similé édité et présenté par Dominique Rabourdin. - Paris, Dilecta, 2008. Sous chemise, 1 livret de 16 pages et 6 numéros indépendants, 25 euros



NB Dilecta a publié en autre choses passionnantes les Sept manifestes Dada de Tzara et les manifestes futuristes (Debout sur la cime du monde)

Dilecta
4, rue de Capri, 75012 Paris
contact@editions-dilecta.com

samedi 24 octobre 2009

Le Préfet maritime ne chômait pas... (2 : André Pieyre de Mandiargues et Jean Paulhan)

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André Pieyre de Mandiargues, lauréat du prix Goncourt 1967 avec La Marge, reste assez mal connu, ou bien il est connu de travers. C’est du moins notre avis.
Sa correspondance avec Jean Paulhan, le manitou de la NRf, “playboy de l’art moderne”, devrait jeter un jour nouveau sur cet auteur à la fibre aussi baroque qu’onirique, et aussi onirique qu’aristocratique. Pour avoir potassé longuement (et c’est peu dire) l’échange de ces deux hommes singuliers, nous pouvons affirmer qu’il y a dans les trois cent cinquante pages de lettres et quatre-vingt de matériau annexe, de quoi revenir sur des idées reçues. Les trois cents lettres qui composent le volume regorgent en effet d’informations inédites — et comment !
On en apprend ainsi des vertes et des pas mûres sur François Mauriac en corbeau talapoin, sur Ricardo Paseyro et Octavio Paz ne dédaignant pas le coup de poing, sur Marcel Zerbib en filigrane (nous y reviendrons), sur Albert Paraz, Katherine de Porada, Pierre Bettencourt, Henri Michaux, Giuseppe Ungaretti, Filipo de Pisis, Charles-Albert Cingria, Jean Dubuffet, Louis Lecoin et alii qui parcourent les alentours. Un vrai panorama des années 1947-1968, un dîner de têtes, un recueil d’anecdotes piquantes et de petits faits signifiants, une anthologie de curiosités choisies.
Et si l’on y pense un peu, André Pieyre de Mandiargues fut aussi un chroniqueur mémorable du siècle dernier. Son Cadran lunaire, fruit de ses échanges avec Paulhan et de sa collaboration à la rubrique “le temps, comme il passe” de la NNRf, n’est pas un moindre opus.


André Pieyre de Mandiargues et Jean Paulhan Correspondance, 1947-1968. Edition établie par Iwona Tokarska et votre serviteur. — Paris, Gallimard, 2009, 448 p. 35 euros

Paru
Henriot Paris en l’an 3000. Préface de votre serviteur. - Paris, Phébus, 2009, 120 p. 20 euros

à paraître
Robert C. Sherriff Le Manuscrit Hopkins — Talence, L’Arbre vengeur, collection “L’Alambic”, 27 novembre 2009.

jeudi 16 novembre 2006

Pierre Jean Jouve, Le Prix Nocturne, Gustave Kahn et autres informations utiles


Petites dépêches d’actualité

Les 22 et 23 prochains aura lieu un Colloque Gustave Kahn. Il n’est pas nécessaire de préciser à quel point cet homme fut à la croisée des chemins culturels et politiques de son temps.
L’auteur des Palais nomades (1887) bien méconnu, aura donc droit grâce au labeur de son spécialiste américain, Richard Schryock, à son exposition rétrospective nécessaire, avec catalogue probablement, aux actes de “son” colloque, toutes manifestations d’intérêt qui lui vaudront, qui sait ?, un sursaut éditorial et quelque édition d’importance.
La dernière nouveauté en date restant, si l’on ne s’abuse, celle de la “Collection noire” (Philippe Oriol dir.) aux éditions Fornax (Christian Laucou dir.), un texte où l’anarchiste Kahn offrait la synthèses de ses idées esthétiques et de ses options politiques :


Gustave KAHN Odes de la Raison, suivies de La Délivrance. Préface et notes de Richard Shryock. — Paris, Fornax, 52 p. “collection noire” (n° 8), 13 €


Les EDITIONS CLAIRE PAULHAN annoncent la publication de la Correspondance Pierre Jean Jouve-Jean Paulhan. On sait peut-être que les rapports de ses deux personnalités aussi différentes que possible ne fut pas un chemin sans cahot. Comme ce fut souvent le cas avec le sibyllin Paulhan.



Le PRIX NOCTURNE 2007
Destinés à consumer vos jours et vos nuits, sept livres sont en lice :
Du Simenon lyonnais Max-André DAZERGUE, avec Le Carnaval des épouvantes (L’Arabesque, 1954)
jusqu’à
Rex WARNER, L’Aérodrome (Editions de la revue Fontaine, 1945)
en passant par
Gilbert DUPE, La Barque de nuit (La Table Ronde, 1952)
Yvonne ESCOULA, La Peau de la mer (Gallimard, 1972)
Amy HEMPEL, Aux Portes du royaume animal (Julliard, 1991)
Ramon SENDER, Noces rouges (Seghers, 1947)
François VALORBE (que l’on retrouvera au sommaire de La Littérature est mauvaise fille) Voulez-vous vivre en Eps? (Christian Bourgois, 1970)

Le jury est composé cette année des personnalités suivantes :
Brigitte BOUCHARD (éditrice, fondatrice des Allusifs)
Sophie DUTERTRE (dessinatrice)
Alberto MANGUEL (romancier, essayiste, grand lecteur devant l’éternel)
Yak RIVAIS (romancier, auteur du Général Francoquin et des Demoiselles d’A.)
Laurent ROUX et l’équipe de La Femelle du requin (revue de littérature narvalienne)
David VINCENT (libraire à Mollat, fondateur des éditions L’Arbre vengeur)

Les délibérations ont eu lieu ce lundi, la remise du prix aura lieu le vendredi 17 novembre 2006, à partir de 21 heures, à la libraire Va l’heur (IXe) 27, rue Rodier, 75009 Paris (M° Anvers / Cadet / Notre-Dame de Lorette).



Signalons enfin les parutions d’un superbe recueil de nouvelles du Lewis Carroll italien :
Luigi CAPUANA L’OEuf noir et autres contes fantaisistes. Traduit de l’italien par Dino Dessuno — Bordeaux, Finitude, 2006, 16 €

Un joyeux mélange de fantaisies langagières inspirées de l’Oulipo et autres lieux drôlatiques, par un membre du collège de ‘pataphysique :
Guillaume PÔ Minuscules. — Paris, L’Hexaèdre, 2006, 192 p., 20 €

Un recueil de nouvelles inédites (en volume) du Dada Maximum Georges Ribemont-Dessaignes :
Georges RIBEMONT-DESSAIGNES La Divine Bouchère. Présentation de Gilles Losseroy. — Pantin, Le Castor Astral, 2006, 285 p. s. p. m.

De quoi occuper les longues soirées de veille que nous promet la prochain implosion de la télévision.
N’est-ce pas formidable, l’automne ?

vendredi 16 juin 2006

Au Marché : Gourmont, Calet, Paulhan, Navel, Pézenas, Perros et...

En toute hâte, rapide comme tout, insaisissable comme le mercure, j'ai fait un tour du Marché de la Poésie alors qu'éditeurs et assistant(e)s-éditeurs fourbissaient leurs stands pour un long week-end. Mis à part une plaquette plutôt curieuse dont je vous reparlerai - il faut que j'enquête un peu -, j'ai fermé l'oeil sur les nouveautés, faute de temps. Quoique. Je vous ai tout de même rapporté quelques informations pas fluettes, relatives aux publications à venir (et je vois bien que vous vous dites : il est marteau. Ce à quoi je rétorque : que nenni, vous allez voir !).

  • Tout d'abord, Claire Paulhan, impeccable fournisseuse de littératures biographiques, annonce pour l'automne une correspondance Pierre Jean Jouve/Jean Paulhan (avec de très belles lettres de réconciliation). Ceux qui ont eu la chance d'apercevoir l'écriture de Jouve se doutent que l'établissement du texte n'a pas dû être une partie de plaisir. A la même enseigne, se fourbit pour la même période (octobre-novembre) les Lettres de Madagascar du jeune Paulhan. De l'inédit tout ça, on ne reparlera, c'est certain. Et puis il y aura, au printemps 2007 des correspondances Georges Navel/Jean Paulhan (édition de Patrick Fréchet) et Georges Perros/Jean Paulhan. Autant vous dire que les semaines d'attente vont être longues. Georges Navel, c'est sûr, mériterait un blog à lui tout entier consacré.
  • Un peu plus loin, la revue Midi (Françoise Champin dir.) a prévu de publier un échange épistolaire entre Suzanne Pézenas et André Pieyre de Mandiargues. Une prochaine note reviendra sur le sommaire de son actuel n° 23.
  • La Dragonne, quant à elle, annonce encore doucement que les lettres de Henri Calet à Louis Edoardo Pombo (son supposé amant d'Amérique du Sud) paraîtront enfin - les lettres de Pombo à Calet ont, elles, disparu. Un document peu ordinaire, mis en livre par Jean-Pierre Barril pour le printemps prochain.


Mais c'est avec trompettes et tubas que nous le signalons : Les éditions Séquences viennent de livrer un formidable volume de chroniques esthétiques (1890-1915) de Remy de Gourmont, Les Arts & les Ymages, dans une édition de Bertrand Tillier. Il va sans dire que le volume est d'importance, intellectuellement s'entend, et que pour la somme de 40 € (soit le tiers d'une paire de basketts), franchement, il faudrait être calut pour ne pas se jetter dessus.

Et tout ça fut glané en moins de deux heures. Alors, hein, pas mal, non ? Et puis BazBaz donnait un concert gratuit à 20 heures. Ce fut fameux. Un peu moins nerveux que dans sa version enregistrée, ce désinvolte crooner rastacouère fut parfait

Sans compter cette mystérieuse plaquette...



Séquences 26 rue des Berlaguts, BP 43211, 44232 Saint-Sébastien-sur-Loire cedex. 02 40 05 42 42. sequences.jpmoreau@wanadoo.fr

La Dragonne 3, rue Chanzy, 54000 Nancy. 03 83 32 48 22. www.editionsladragonne.com

Editions Claire Paulhan 85-87 rue de Reuilly, 75012 Paris. 01 43 41 47 38

Revue Midi 94, boulevard Flandrin, 75116 Paris. 01 47 55 47 95.