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lundi 6 février 2012

Hommage à Jean José Marchand (souscription à ses Écrits critiques)

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Les Éditions du Félin et les Éditions Claire Paulhan se sont associées pour publier en mars 2012 les Écrits critiques de Jean José Marchand.

Un vaste chantier de 2910 pages repartis en cinq volumes, couvrant les années 1941 à 2011, mené par Guillaume Louet qui a annoté l'ensemble, une gageure.

Ceux qui ont lu Marchand dans Combat, Preuves ou la Quinzaine littéraire savent quel intérêt peut représenter cette intégrale : c'est un panorama complet — et indépendant ! — de la vie culturelle des années 1941-2011, une référence désormais incontournable à qui imagine pouvoir parler de la seconde moitié du XXe siècle culturel et politique en France.

Pour en avoir lu de bonnes pages, attendez-vous à des surprises...


Topo de l'éditrice :

« Jean José Marchand (1920-2011) comptait parmi les plus grands érudits de son époque... de notre époque. Après sa disparition, son complice Maurice Nadeau rappelait qu'il avait été "toujours un peu hors normes, franc-tireur, doué de trop d'humour et de curiosité pour ne pas déplaire à ceux qui font l'opinion".

Les Écrits critiques de Jean José Marchand font penser, par leur savoir et leur clarté, à l’œuvre d'Albert Thibaudet ou de son ami Pascal Pia, mais il est avant tout "un homme à sa propre hauteur", qui s'est intéressé très jeune au mystère de la littérature :
"C'est parce que, à l'âge de 13 ans, j'ai découvert dans la bibliothèque de mon père une édition (d'ailleurs imparfaite) des Fleurs du mal que ma passion - bien antérieure - pour la lecture s'est transformée en passion littéraire. J'ai lu et relu ce livre, jusqu'à ce que je l'aie su par cœur, d'un bout à l'autre ; j'ai entrevu ce qu'est la littérature. À vingt ans, j'ai commencé à collaborer aux revues littéraires (et non politiques) Poésie 41 et Confluences ; en 1944, j'ai rencontré à la rédaction de Combat, sortant du bureau de Pascal Pia et Roger Grenier, Maurice Nadeau, qui partageait avec moi une passion pour l'histoire du surréalisme. Donc c'est tout naturellement qu'ensuite j'ai donné quelques 'papiers' aux Lettres Nouvelles et à La Quinzaine." Somme d'érudition, d'honnêteté (et de malice), les Écrits critiques de Jean José Marchand traitent de littérature, de philosophie, d'histoire, mais aussi de cinéma, d'art, de sociologie, de politique. Pendant les sept décennies où il exerça généreusement son infatigable regard de lecteur, ses chroniques, articles, recensions, enquêtes et préfaces donnèrent, non sans une saine distance - fruit d'innombrables lectures, de recherches, d'efforts permanents de synthèse -, son sentiment profond qu'il n'a jamais trahi. »



Jean José Marchand Écrits critiques. — Paris, Éditions du Félin-Éditions Claire Paulhan, 2012, 5 volumes sous coffret (dont 1 vol. d'index), 2910 pages, 120 € (80 € en souscription jusqu'au 15 mars 2012)


Bulletin de souscription ci-dessous :

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samedi 21 janvier 2012

Un poète nouveau : Pierre Guiraud

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Avant de disparaître, Jean José Marchand, critique et homme de culture, mais aussi de télévision, avait noté sur son testament que ses ayants-droit auraient à remplir une mission qu'il n'avait eu le temps de mener à bien : publier les poème de son ami Pierre Guiraud. Cela vient d'être fait.

Qui était Pierre Guiraud ?

Né en 1920 à Béziers, il était un ami de jeunesse que Jean José Marchand perdit de vue il y a fort longtemps. Il conservait en revanche les poèmes que le jeune Pierre Guiraud lui avait confié, pour lecture et avis, il y a près de cinquante ans. Pierre Guiraud est mort en 1969, après avoir été interprète auprès du Tribunal militaire international au procès de Nuremberg (juillet-octobre 1946), puis agrégé d'allemand - il a enseigné à l'Institut français de Mayence (1947), à HEC et à Sciences Po.
Ces poèmes des années 1941-1943, réunis sous le titre d'Hamadryade viennent donc de paraître aux Editions du petit mot. En vers ou en prose, ces écrits de formation évoquent l'inquiétude et le doute d'une époque bouleversée, les interrogations d'une âme ballottée par les événements.
Entre le bel "Hamadryade" et l'engageant "Ascension", rien de commun, n'était ce trouble de l'âme.

Dans la forêt des abandons
les troncs pourris des châtaigniers s'écrasent
en sciure et vols de papillons violets
aveugles et ivres d'air
tout craque à chaque pas d'audace retenue
s'épouvante en frôlement inconnaissables
les roches glissent sur leur socle
de siècles déposés en strates polychromes
et s'enfuient à travers les rameux brisés
pour barricades d'une émeute.
la peur attend à chaque ombre vivace
dans l'écorce plonge ses yeux obscènes
sa présence en lacets obscurs
sillonne les fumées au ras du sol.




Pierre Guiraud Hamadryade. Préface de Jean José Marchand, suivie de Pierre Guiraud, celui qui n'est pas sur la photo", de Barbara Pascarel. - Saint-Mandé, Editions du petit mot (c/o S. Marchand, 5 rue Cart, 94160), 64 pages, prix non mentionné.

samedi 28 mai 2011

L'Association des Amis des Archives du XXe siècle (circulaire)

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Disparu le 8 mars dernier, Jean José Marchand était, on le sait, le créateur de « Archives du XXe siècle », une incroyable collection d'entretiens avec les plus grands créateurs du siècle dernier.

Une association existe qui oeuvre pour rendre à ces entretiens (dont certains sont accessibles sur l'INA.fr) la notoriété et l'usage qu'ils méritent. Le décès de J. J. Marchand rend toute son importance au renouvellement de l'association qui s'organise pour travailler d'arrache-pied.

Une première assemblée va être organisée sous peu dont l'ordre du jour portera notamment mention du captivant projet d’édition des Ecrits complets (1941-2011) de Jean José Marchand, pour paraître à l’automne 2011, et lancement d’une souscription. Cet ouvrage d’environ 3000 pages comprendra la totalité des articles publiés par Jean José Marchand dans la presse et les revues durant soixante-dix années : critique cinématographique, littéraire, critique d’art, articles politiques, enquêtes, entretiens… offrant un panorama passionnant de l’activité culturelle, artistique et politique du XXe siècle. Cette édition, établie par Guillaume Louet, est en préparation.


Voir ci-dessous la circulaire de l'Association renouvelée.

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vendredi 11 mars 2011

Jean José Marchand †

Jean José Marchand existait littérairement depuis que L'Echo des étudiants d'Aix-en-Provence avait accueilli ses notes au début des années 1940. Désormais, il n'est plus.

Né à Paris le 14 août 1920, il a disparu mardi dernier, 8 mars, jour de la Chandeleur.

On a peine à croire que Jean José Marchand, homme de radio et de littérature ne sera plus là pour répondre aux questions de savants moins savants que lui.

Un hommage lui sera rendu vendredi 11 mars, à 14 h 15, à l'hôpital des Diaconesses, rue du Sergent-Bauchat (Paris XIIe). Métro Montgallet.

Son dernier livre avait donné lieu à un compte rendu de l'Alamblog, vous le trouverez ici : Les Moustaches de Jean José Marchand

mercredi 24 novembre 2010

Les moustaches de Jean José Marchand

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En 1955, Jean José Marchand publiait son premier livre, illustré d'un dessin de Hans Hartung, La Vie aux frontières du poème, essais de prospection poétique (Paris, Editions de Minuit). Cinquante-cinq ans plus tard, instruit par l'expérience et ses innombrables lectures, il nous donne La Leçon du chat, une rapsodie, selon son propre dire, soit un recueil de pensées où tout lecteur - et sans doute tout homme - trouvera de quoi... se retrouver.
Entre son goût pour les femmes et son gout pour les livres, le matois Marchand livre là des "moralités" certes pas légendaires, mais foncièrement humaines : rapport au pouvoir, au doute, au savoir, à l'amour, au groupe et à l'autre... Tout à la fois "dans" et "hors", il se révèle l'homme d'une sagesse paradoxale, pas toujours synonyme de bienséance et encore moins de mondanité. Et ce livre est bien le fruit de sa pensée introspective et libre, celle d'un être autonome qu'il a su être, d'un être "moderne" (si ce mot a encore un sens) et passionné par la littérature. A commencer par Baudelaire.
Il semble bien difficile d'opposer quelque argument issu de la morale commune à ses constats... Dans son précédent opus, un roman de formation intitulé Le rêveur (Monaco, éditions du Rocher, 2001), Jean José Marchand prenait contact avec son lecteur sous les auspices d'Onan, ce qui n'est pas peu... frontal, si l'on ose dire. Mais Jean José Marchand ne cherche pas à séduire. Il n'en est sans doute que plus séduisant, et captivant, si l'on en croit la psychologie féminine. Il dit sans s'embarrasser de filtres ce qu'il a en tête et l'on imagine aisément qu'il se réjouit à l'avance des réactions que ses honnêtetés (plutôt que provocations) pourraient lui valoir. De fait, mû par une irrépressible curiosité, il n'en a jamais fini d'observer son monde, et lui-même. Ceux qui l'ont croisé savent qu'il a toujours un peu l'air du chat qui se pourlèche.

Pour échantillon, ces fragments :

La facilité avec laquelle il se console de la perte de ses amis l'effraie

Impossible de trouver un "centre" à ce qu'il est en train d'écrire.
Le personnage est en miettes.

Ecrire ces pages sur lui-même est vraiment ridicule ; celui lui semblerait indécent chez un autre. Pourtant il est modeste, il l'a constaté cent fois. Peut-être le choix de son sujet (lui-même) est-il simplement lié à son incapacité à peindre les autres ?

La métaphysique a bon dos. Peut-être les récits de Kafka (pour admirables qu'ils soient) ne le sont-ils que parce que l'auteur était incapable d'observer et de peindre de vrais Pragrois et de vrais Juifs, dans leur vie quotidienne, avec leurs grandeurs et leurs petitesses.

Pourquoi avec certaines femmes est-il allé jusqu'au mariage, alors que d'autres, tout aussi attrayantes, et même, pour certaines, remarquables, lui apparaissaient comme de simples aventures ?

Culturel est le contraire de "cultivé".
La frénésie de "culture" lui a semblé et lui semble le contraire de la culture qui est méditation solitaire et acquisition patiente. Le mot même, pris dans le sens de civilisation, le fait fuir.



Il faut rappeler que Jean José Marchand a été journaliste et a procédé, dans le cadre de ses activités de chef de service à l'Office de radiodiffusion-télévision française, à un grand nombre d'entretiens avec des personnalités culturelles, les "Archives du XXe siècle". Cet impressionnant ensemble documentaire est absolument passionnant. C'est d'ailleurs une source capitale qu'il faudra bien pouvoir mettre à disposition du public un jour ou l'autre (1).
Faute de se lancer dans ces lectures ou auditions extraordinaires (une poignée de ces entretiens a tout de même paru sous forme de livre ou de dvd), les internautes ont tout loisir de consulter sur le site de l'INA quelques-uns de ces documents précieux.


(1) Un projet d'édition de ces entretiens sous forme de livres a été envisagé mais n'a pas vu le jour. Les tapuscrits sont néanmoins accessibles à l'IMEC.

(2) Il faut ajouter à la bibliographie de J.-J. Marchand les opus suivants :
Marcel Astruc Trois mois payés. Postface de Jean José Marchand (Le Dilettante, 2009)
Pascal Pia Poèmes et textes retrouvés (Les Lettres nouvelles, 1982)
Charlement Ischir Defontenay (1819-1856) Star ou Psi de Cassiopée, histoire merveilleuse de l'un des mondes de l'espace. Préface par Jean José Marchand (Denoël, 1972)
Et aussi Elisabeth de Vautibault, André Du Bief, Georges Hyvernaud, etc.



Jean José Marchand La Leçon du chat, rapsodie. - Paris, La Différence, 79 p., 12 €

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