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vendredi 3 juin 2016

Quelques anarchistes, quelques fantaisistes et un analyste

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Magnifique catalogue à prix marqués, à l'italienne, illustré, de la librairie du Sandre qui fête ce soir au marché du livre ancien de la place Saint-Sulpice Alain Weill et son beau livre vert bouteille.
On trouvera en ces pages très bien documentées et illustrées les figures et publications de Jean Grave, Elisée Reclus, Elie Reclus, Proudhon, Eugène Vermeersch, Alphonse Humbert et Maxime Guillaume, Boris Souvarine, Kropotkine, Sébastien Faure, Voline, Zo d'Axa, les moins connus Léon Hayard et Marius Réty, Laurent Tailhade, Lucien Descaves, Bernard Lazare, André Lorulot, Raymond Duncan, Marcel Martinet (ah, Marcel Martinet !), Léo Campion, Hem Day, Le Brulôt de Gustave-Arthur Dassonville, Ferdinand Lop, Louis Lecoin, la Banalyse d'Yves Hélias et et consorts, Guy Debord, la fédération anarchiste des cromalins d'Hara-kiri et on en passe.

Les amateurs peuvent se considérer informés.



Quelques anarchistes, quelques fantaisistes et un lettriste. — Paris, Librairie du Sandre, catalogue n° 7, juin 2016.

samedi 28 mai 2016

La grâce de Jean Grave (1895)

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La Grâce de Jean Grave

M. Auguste Vacquerie a publié hier matin, dans le Rappel, un éloquent appel en faveur de Jean Grave, l'auteur de la Société mourante et l'anarchie, qui est toujours emprisonné. Nous ne saurions mieux faire que reproduire l'appel de M. Vacquerie :
« La mise en liberté de M. Jean Grave, dit le maître, est vivement demandée par plusieurs de nos confrères. On sait pourquoi M. Jean Grave est en prison.
» Il avait été arrêté le 6 janvier de l'année qui finit et traduit en justice avec une vingtaine d'autres personnes. Il fut acquitté, le 12 août, avec les autres.
» Mais il était l'auteur d'un volume, la Société mourante et l'anarchie, publié deux ans auparavant sans avoir été poursuivi. On saisit 1'occasion d'une nouvelle édition pour le poursuivre, et l'auteur fut condamné à deux ans d'emprisonnement.
» On a soutenu l'autre semaine que la trahison était de la politique. Il paraît qu'un livre anarchique n'en est pas, car, si j'en crois une brochure de M. Marc Stéphane, M. Jean Grave a été mis au régime des condamnés de droit commun et y serait encore sans l'intervention de M. Clovis Hugues. »
Il est resté en cellule sept mois et sept jours.
» Voici plus de neuf mois que M. Jean Grave est en prison pour un livre qui n'avait pas été poursuivi à son apparition. »
Nous trouvons, comme nos confrères, que c'est beaucoup, que c'est trop, et nous nous joignons à eux de tout cœur pour demander sa mise en liberté. »


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Le XIXe siècle, 2 janvier 1895


mardi 28 février 2012

Les archives de Jean Grave

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Une partie des archives de Jean Grave (1854-1939) passent en vente demain mercredi 29 février 2012 à 14 h à l'Hôtel Drouot (salle 6) On y trouve, par exemple, ceci :

Lot n° 149
Anarchie. GRAVE Jean. Ouvrier cordonnier anarchiste né en 1854 au Breuil-sur-Couze au Puy-de-Dôme et mort en 1939. Il participe au journal «Le Révolté» avec Élisée Reclus, ce qui lui vaudra diverses condamnations. Initialement socialiste il devient anarchiste à partir de 1880 et popularise les idées de Pierre Kropotkine. Importante correspondance politique et littéraire, adressée à l'anarchiste Jean Grave, par John Grand-Carteret, Hermann-Paul, la Comtesse de Noailles, Bernard Naudin, Jean Normandy, Louise Michel, Gustave Monod, Paul et Victor Marguerite, Laurent Tailhade, Séverine, Paul Reclus, Auguste Roubille, Jean Ajalbert, Adolphe Willette, Errico Malatesta, Michel Zévaco, Paul Adam, Jean Richepin, Rosny ainé, Léon Frapié, Louis de Gramont, Urbain Gohier, Gyp, Paul Ginisty, Lucien Descaves, Marc Stéphane, Gustave Geffroy, Alexandre Zévaes, Alfred Capus, Maurice Barrès, Alfred Dreyfus, Van Rysselberg, Alphonse Allais, Jehan Rictus et de nombreux autres écrivains ou personnages politiques. La réunion forme un ensemble d'environ 300 lettres


Lot n° 150
Anarchie. Jean GRAVE. Ensemble de 27 lettres autographes signées, adressées par Élisée Reclus à Jean Grave, entre 1885 et 1905, à propos de leur collaboration et de leurs idées politiques.


Lot n° 151
HUYSMANS Joris-Karl
De son vrai nom Charles Marie Georges Huysmans (1848-1907). Ecrivain et critique d'art français. Lettre autographe signée, adressée le 30 octobre 1890 à l'anarchiste Jean Grave à propos de l'autorisation qu'il lui donne pour la reproduction dans son journal «La Révolte» de certaines pages de «A Rebours». Une page in-4.


Lot n° 152
COURTELINE Georges
Nom de plume de Georges Moinaux. (1858-1929). Romancier et dramaturge français. Deux lettres autographes signées, adressées à l'anarchiste Jean Grave, à propos de la reproduction de ses textes dans son journal «La Révolte». Il est joint une petite carte autographe signée de Courteline et une lettre réponse signée de Jean Grave à l'en-tête de «La Révolte» que Courteline a contresignée en marge d'un «Vu et autorisé».


Lot n° 153
GORKI Maxime
Nom de plume d'Alekseï Maksimovitch Pechkov, écrivain russe (1868-1936). Il est considéré comme un des fondateurs du réalisme socialiste en littérature et un homme engagé politiquement et intellectuellement aux côtés des révolutionnaires bolchéviques. Lettre dictée à son épouse, signée de sa main, adressée à l'anarchiste Jean Grave, de son exil de Capri, le 4 juin 1912, regrettant de n'avoir pu le rencontrer lors de son passage à Paris. Il est joint deux lettres autographes signées de la femme de Gorki dont l'une est adressée à la rédaction des «Temps Nouveaux».



Expositions publiques : Hôtel Drouot
Le mardi 28 février 2012 de 11 h à 18 h
Le mercredi 29 février 2012 de 11 h à 12 h

Gros & Delettrez
E-mail - contact@gros-delettrez.com
Tel. 01 47 70 83 04

vendredi 11 septembre 2009

Jean Grave (mais bien complet)

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Le 26 septembre prochain un débat aura lieu à la bibliothèque La Rue (10, rue Robert Planquette, Paris 18e) avec Isabelle Pivert, éditrice à la marque du Sextant (Paris-Bretagne), à propos de la réédition des mémoires de l’anarchiste Jean Grave (1854-1939), plaque tournante de l’anarchie française et militant permanent.
Ses mémoires, rédigés en 1920 et publiés dix ans plus tard (dans une version tronquée) sous le titre du Mouvement libertaire sous la IIIe République. Souvenirs d’un révolté (Les Oeuvres représentatives, 1930), est, toutes proportions gardées, le journal de Léautaud de l’anarchie française. Plus ou moins. Plus politique (néanmoins plein de figures littéraires, artistiques et du journalisme : d’Anatole France à Zola en passant par Pissarro) et bien moins volumineux (quoique assez épais), une foule d’anecdotes et d’échanges de correspondance ne laissent pas de leur donner du piquant et de la vie. Il en faut du reste que la vie de Jean Grave ait été un long fleuve :
Auvergnat, il s’était établi cordonnier à Paris puis choisit de devenir typographe. Son nouveau métier le rendant précieux à la diffusion des idées anarchistes, il s’installa en Suisse pour y diriger à partir de 1883 Le Révolté, le journal créé par Kropotkine et Elisée Reclus dont le titre deviendra Les Temps nouveaux. De retour en France, il est condamné en 1894 à deux années de prison pour avoir publié La Société mourante et l’anarchie, son grand texte avec les présents Mémoires qui constituent l’une des principales pièces de l’histoire de l’anarchisme en France.
Le militant Jean Grave connaîtra cependant, au moment de rédiger ces souvenirs, une faiblesse : le mouvement anarchiste flageolait durant les années d’après-guerre (une population songeant à profiter de la vie lutte moins), et lui-même, déçu, se détachait des questions politiques. Pour autant, ses souvenirs étaient frais et les débats entre courants divergents ou le foisonnement des journaux et feuilles de chou de toutes tendances bénéficiaient d’un chroniqueur équipé de solides archives.
On ne s’expliquait d’ailleurs pas bien ce qui pouvait retarder une réédition de ce volume (soldé dans son édition Flammarion de 1973 il y a une paire de lustres), tandis que les collections de “gros poches” foisonnent : remercions donc les éditions du Sextant, qui ont produit là un livre conséquent, et conséquemment épais pour une structure modeste. Saluons l’effort et encourageons-les.


Jean Grave Mémoires d’un anarchiste (1854-1920). - Paris, Editions du Sextant, 2009, 544 pages, 28 euros


Editions du Sextant
185 bis rue Ordener
75018 - Paris
editions.sextant—wanadoo.fr

mardi 28 avril 2009

A propos d'une plaquette de Marc Stéphane consacrée à Jean Grave (Alphonse Retté)

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I. Marc Stéphane : Pour Jean Grave (I brochure chez Vautier) (…)

I
M. Marc Stéphane estime que la Gouvernance devrait remettre en liberté notre camarade Jean Grave. Je suis tout à fait de son sentiment et voici ce que je crois devoir dire à ce sujet : ceux qui ne sont pas avec nous sont contre nous. Nous leur avons proposé l’entente commune pour le bien général. Les uns se sont déclarés indifférents. Les autres préfère s’amuser avec des rondelles de métal luisant ou se menacer, en frappant sur des tam-tams de guerre et en agitant des simulacres - sous prétexte de patrie. Ils préfèrent aussi se dépenser sans produire tandis que la masse travaille pour eux. Les indifférents sont des atrophés appelés à être éliminés rapidement le jour où éclatera la révolution sociale. Les autres sont des hypertrophiés ; partant des malsains et il siérait de les abattre le plus tôt possible. Cela serait, sans doute, une occasion de souffrance violente pour ceux de l’Idée mais le sang qui coulerait de cette plaie rendrait de la vigueur à l’espèce. En tout cas cette opération réparerait le mal causé par les fusillades de Madagascar ou de la Guyane.
Mais le souci de délivrer Grave vaut qu’on le mette en regard de ces manifestations coloniales. Nous pouvons donc dire à nos adversaires : “Rendez à Jean Grave ce que vous vous ^tes mis seize à lui prendre - quatre vêtus de rouge comme des bourreaux de foire, douze pareils à des grenouilles adorant leur roi au bord d’un marécage - sa liberté. Nous oublierons - pour un instant - que l’exploitation du poivre de Cayenne provoque des meurtres au préjudice de ceux qu’on oblige à révolter cette épice. Car si Pini qui témoigna du mépris pour les rondelles de métal luisant aussi bien que ses quatre frères en l’Idée sont morts à cause de leur foi - l’Idée ne meurt pas.”
Dans ces conditions, je (ne) vois pas pourquoi les gens qui sont chargés de couvrir et de découvrir l’Altesse Responsable ne lui feraient pas cadeau, pour ses étrennes, d’une couverture qui, sans valoir une cuirasse, lui permettrait de reprendre haleine : la libération de Jean Grave.
Maintenant, il faut faire observer à M. François Coppée, qui, dans le Journal du 20 décembre 94, crut devoir intercéder en faveur de notre camarade, que Jean Grave n’est considéré chez nous, ni comme un précurseur ni comme un retardataire. Nous n’avons cure de ces mises sous étiquette. Jean Grave agit selon qu’il est en lui d’agir. Son livre fut un coup de pioche qui nous valut de la lumière en notre cave. Nous l’aimons donc parce que le jour où il le publia étant lui-même, il fut nous tous.
En outre Jean Grave n’a jamais dit que l’homme est naturellement bon. Il laisse cet aphorisme aux personnages sensibles qui pratique la Rousseaulâtrie, par exemple Robespierre, cette quintessence de bourgeoisie.
Grave a dit : l’homme a été et est encore un assez méchant animal mais, malgré sa méchanceté originelle, le développement de sa conscience, synthèse en lui des forces naturelles, lui a permis d’apprendre à associer ses idées. Laissez le jouir intégralement du fruit de cette conquête et de ses résultats matériels, le milieu s’assainira et l’homme se haussera encore de quelques degrés au-dessus du singe. Mais si vous vous opposez à cette évolution, le jeu logique des forces naturelles vous abolira.
Tel est, à mon sens, la doctrine de Jean Grave (1).
Or si l’on doit faire encore observer à M. Coppée qu’il y a de l’enfantillage à attendre pour cueillir un fruit que celui-ci soit défendu, on peut lui tenir compte de ses velléités d’anti-fétichisme.
Quant à ceux de la Gouvernance, il leur sera fait comme ils feront eux-mêmes.


Adolphe Retté


(1) Voir la Société mourante et l’Anarchie, passim et notamment de la page 25 à la page 31 (2e édition).

La Plume, littéraire, artistique et sociale, 1er janvier 1895, pp. 18-19.


Notes biographiques sur Jean Grave (1854-1939) ici ou , les minutes de son procès, L’Anarchie, son but, ses moyens, ou encore, pour les amateurs, la fameuse lettre d’Elisée Reclus à Grave du 26 septembre 1885.

mardi 2 décembre 2008

Caroline Granier enfin en volume

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Caroline Granier s’est consacrée à l’étude des écrivains anarchistes. Précisions : aux fictionneurs anarchistes, ou aux anarchistes usant de la fiction pour diffuser leurs thèses. On les connaît plus ou moins, mais on réclamait une synthèse, et la voici qui nous taxinomise intelligemment Jules Vallès, Louise Michel, Georges Darien, Charles Malato, Emile Pouget, Bernard Lazare, Mécislas Golberg, Séverine, André Léo, Octave Mirbeau, Jean Grave et ses Aventures de Nono, Sébastien Faure, Georges Eekhoud, Zo d’Axa, Han Ryner, Victor Barrucand… Leur appétance pour la prose et ses effets secondaires est désormais traitée, de même que leurs origines, leurs thématiques de prédilection, leurs effets sur les artistes à venir (les avant-gardes…), le tout sous la forme d’une chronique mêlée d’analyse bigrement bien ficelée.
D’abord diffusé généreusement sur internet, le travail de Caroline Granier a connu naguère une illustration dans la revue Brèves Les Retourneurs d’idées et voit enfin le jour en volume.
Les amateurs sauront que l’opus sera présenté le samedi 13 décembre à partir de 18 heures à l’Espace Louise Michel (42ter rue des Cascades, Paris XXe, mo Pyrénées).


Caroline GRANIER Les Briseurs de formules. Les Ecrivains anarchistes en France à la fin du XIXe siècle. — Coeuvres-et-Valsery, Ressouvenances, 2008, 469 p., 35 euros.

Ressouvenances
3, rue de la Cidrerie
02600 Coeuvres-et-Valsery
03 23 55 36 97