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Mot-clé - Henri Duvernois

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jeudi 15 septembre 2016

La littérature au marteau

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Entre autres notices commentées cum grano salis par le maître de maison, le nouveau catalogue à prix marqués du Dilettante, vieux livres et romans nouveaux, nous propose plusieurs objets d'attention qui méritent d'être relayés. Le premier, délicieux, est relatif à Ludovic Janvier (1934-2016) à propos de ses Apparitions (Gallimard, 2016) dont est proposé à la vente un exemplaire numéroté sur vélin rivoli d'Arjowiggins (120 €). Citation du livre :

"On ne connaît chez nous qu'un seul exemple de littérature au marteau, mais alors sévère, Péguy. Et que je tape, et que j'enfonce, et que je répète. Fascinant jusqu'à l'incantatation, ennuyeux jusqu'à l'épuisement".



Remis en valeur aussi Henri Duvernois (1875-1937), réédité il n'y a pas si longtemps par L'Arbre vengeur, et finalement René Béhaine (1880-1966) dont la série de "L'Histoire d'une société" en seize romans n'est pas resté dans les annales. Témoigne assez l'excipit très étrange de son ultime volume, Le Seul Amour (Milieu du monde, 1959).

Sans certains échos souvent très lointains qui en sont venus jusqu'à moi, et le souvenir de celui qui m'attend au but qu'il me désigne, je n'aurais, à ce jour où mon oeuvre se termine, que le regret de l'avoir commencée.




Le Dilettante, catalogue n° 181, automne 2016.



jeudi 16 juin 2016

Duvernois est un squatteur

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Après avoir bousculé le catalogue de l'Arbre vengeur, Henri Duvernois revient avec tout son allant.
Il se manifeste cette fois dans la nouvelle livraison de la revue Brèves, aux côtés de Christophe Carlier, Michael Alvarez-Pereyre, Jabbar Yassin Hussin, Ignacio Solares, Rosa Beltran, Luc Marquez, Victoria Horton, Katherine L. Battaiellie, Frank Manuel, et un dossier G. O. CHâteaureynaud.
Un superbe n° 108.


Brèves, n° 108, 160 pages, 18 €

Et aussi
Henri Duvernois L'Homme qui s'est retrouvé. Illustration de Laurent Bourlaud — L'Arbvre vengeur 232 pages, 13 €


Ill. Ex-libris d'H. D. par R. Saldo.

jeudi 31 juillet 2014

Le conte, par Henri Duvernois

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Il reste entendu que le journalisme seul, mais pratiqué librement, peut servir une vocation littéraire. Une ressource s'est créée vers 1892 : le conte. Beaucoup, et de merveilleux — je l'ai constaté moi-même — n'ont jamais été réunis en volumes et dorment à tout jamais dans de vieilles collections où nul ne s'avise de les réveiller. J'ai eu l'occasion, récemment, d'écrire un avant-propos sur ce genre littéraire à la fois adoré et décrié. Nul ne le soutient, d'ailleurs, et dans les controverses littéraires il n'en est jamais question. C'est pourtant par le conte que le grand public a été amené à la littérature (...)




Henri Duvernois Mes apprentissages. Souvenirs des années 1885-1900. — Paris, Hachette, 1930, 219 p. coll. "C'était hier".

Toujours disponible : L'Homme qui s'est retrouvé (L'Arbre vengeur, 2009).

mercredi 23 juillet 2014

Archéologie du hot-dog

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Hélas, l'univers était sur ma table, mais de une heure à trois heures du matin, quand on a vingt ans, le sommeil vous terrasse. Imaginez cela au mois d'août, par une nuit étouffante, dans une sombre imprimerie. Parfois, de lassitude, je laissais ma tête tomber sur la table et je dormais là, vaincu, sur les épreuves amoncelées, comme un collégien sur ses devoirs. Le metteur en pages, pris de pitié, enlevait le travail tout seul, et je dois avouer qu'il s'en acquittait supérieurement. Quand je me réveillais, on serrait la dernière forme et ces braves gens riaient de ma stupeur. Parfois l'un d'eux me faisait un bout de conduite. Nous allions, à l'aube tremblante, dévorer un "corbillard" chez le charcutier-spécialiste ouvert toute la nuit et où se coudoient les noctambules, de hâves pauvresses et les journalistes. Un corbillard, c'est une saucisse chaude, intercalée dans une miche de pain frais. Un café bu dans un bar voisin, et nous repartions, à pied. Beaucoup de ces ouvriers avaient une culture étonnante et rectifiaient d'eux-mêmes, sans y mettre d'ostentation, un certain nombre de fautes de syntaxe et d'orthographe. J'appris à connaître là le petit peuple de Paris, si doux et si sensible sous sa gouaille. Je leur prêtais des livres qu'ils ne lisaient pas "de la pointe de l’œil" comme trop de gens, mais avec une application passionnée et sur lesquels ils portaient des jugements dont la sagacité me frappait.




Henri Duvernois Mes apprentissages. Souvenirs des années 1885-1900. — Paris, Hachette, 1930, 219 p. coll. "C'était hier".

Toujours disponible : L'Homme qui s'est retrouvé (L'Arbre vengeur, 2009).

samedi 12 juillet 2014

La journée du Cosaque (Henri Duvernois)

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Voici quelle était exactement la journée du Cosaque : Arrivée à dix heures du matin, rue du Croissant. Lecture des journaux, coupures abondantes. "Impossible d'écrire plaisantions-nous, j'ai perdu mes ciseaux !" De deux heures à cinq heures, reportage. De cinq heures à sept heures, travail de rédaction. De neuf heures à deux heures du matin, secrétariat, mise en pages dans l'atelier de typographie. Entre temps, les friandises : chronique quotidienne, plutôt instructive, destinée surtout à ne froisser personne. Trois fois par semaine, l'éditorial, le "leader", écrit politique tracé, eût-on dit, avec de la gomme à effacer. Un feuilleton hebdomadaire sur les livres. Ajoutez quelques menues brouilles : échos, nouvelles à la main, comptes rendus de crimes, facéties boulevardières, etc. Le tout pour la somme mensuelle de soixante-quinze francs, plus quarante francs d'indemnité attribués aux frais de transport... Quatorze jours par an et un demi-mois pour les étrennes.




Henri Duvernois Mes apprentissages. Souvenirs des années 1885-1900. — Paris, Hachette, 1930, 219 p. coll. "C'était hier".



De l'excellent fictionneur Henri Duvernois (Henri Simon Schwabacher, 1875-1937), vous pouvez lire L'Homme qui s'est retrouvé (L'Arbre vengeur, 2009).

samedi 6 août 2011

Brillat-Savarin par Georges Villa

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Au sommaire du nouveau catalogue de William Théry, ce dessin de Jean Anthelme Brillat-Savarin (1755-1826) par Georges Villa ainsi décrit :


55.- (BRILLAT-SAVARIN) Georges VILLA (1883-1965), dessinateur. Dessin original à l’encre de Chine signé, 7 x 13 cm sur feuille de papier vergé 16 x 24 cm. 40 €


Et puis ce document touchant :

73.- Jacques de CHOUDENS (1887- tué le 13 juin 1915 à Notre-Dame-de-Lorette), poète et scénariste de films muets. Poème autographe signé, Œillets blancs, dédié « à Mademoiselle Louise Abbéma », 16 janvier 1909 ; 2 pp. ¼ in-8° (8 quatrains) :
« Ainsi que de neigeuses mousses
Débordant du vase de cristal,
Dans un désordre ornemental,
Œillets, vous jaillissez en touffes.

Le soleil, de rayons légers
Caresse votre col qui frise
Et sa lumière vous irise
Œillets aux pétales frangés !... » 50 €


Voici encore des vers à rapprocher des mots d'Henri Roorda publiés ici il y a peu...

89.- Henri DUVERNOIS (1875-1937), écrivain et auteur dramatique. Manuscrit autographe signé, s.d., à une demoiselle ; ½ page in-4° (4 lignes).
« Celles qui s’habillent mal s’habillent contre les femmes,
Celles qui s’habillent médiocrement s’habillent pour les hommes,
Celles qui s’habillent gentiment s’habillent pour « un » homme,
Seules s’habillent très bien, celles qui s’habillent pour elles-mêmes. » 25 €


Et cette curiosité, relative à un personnage curieux :

96.- René FALCONNIER (1857-1930), acteur, sociétaire de la Comédie-Française. LAS, mercredi (11 mai 1892) ; 1 p. ½ in-8°. Au sujet de l’écrivain Henri Bryois, futur consul de France à Cuba et ami d’Alphonse Allais avec qui, selon les dires de ce dernier, il aurait fondé l’association protectrice des minéraux. « Bryois écrit qu’il est en panne et malade à Shanghaï et ne peut rentrer en France faute de ressource et fait appel par mon intermédiaire à ses amis pour lui venir en aide. »… 20 €


Avec, in fine, deux listes d'ouvrages variés et relatifs à Saint-Pol Roux.


Librairie William Théry
1 bis, place du Donjon
28800 Alluyes
02 37 47 35 63
williamthery@wanadoo.fr

mercredi 5 janvier 2011

le XXe siècle de Benjamin Crémieux

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Remarquable esprit de son temps, Benjamin Crémieux (1888-1944) reste un auteur qu'on ne lit plus qu'exceptionnellement. C'est dommage, même s'il reste accessible en librairie dans ses traductions de l'italien (Svevo, Pirandello). A l'instar de Jean-Richard Bloch par exemple, il fait partie de la cohorte des essayistes de prime importance qui, s'ils ont compté en leur temps, ont fini par se ranger humblement dans le second rayon.
Ces princes de la critique, auxquels on doit associer Jaloux (Edmond) ou Pia (Pascal), afin de ne pas oublier ces deux derniers quand on a tenté de nous faire prendre Frédéric Lefèvre et Maurice Martin du Gard pour des lanternes, bref, ces princes de la critique étaient d'un temps où le geste critique, justement, valait pour ses principes de clairvoyance, d'appréciation, de culture générale et de maturation. Toutes choses qui ont disparu de la presse papetière où l'on empile les papiers comme le loufiat les soucoupes. Et avec la même grâce.
La réédition du XXe Siècle de Crémieux est donc une très bonne chose : on y redécouvre ce qu'est prendre le temps de se cultiver, de lire, puis de réfléchir, et enfin de s'exprimer clairement. Bien sûr, on regrette que Crémieux n'ait pas eu le souci de mettre en évidence des auteurs moins "téléphonés", mais il faisait avec son temps, contingence imparable, comme nous faisons avec le nôtre - à ce propos, on ne devrait pas écrire en 2010 que Luc Durtain ou Pierre Hamp sont des auteurs méconnus, tout de même...
Son recueil d'articles de 1927, ici augmentés de deux textes sur Edmond Jaloux, "le moins attardé des critiques" selon Gide, et les frères Tharaud, ces "stylistes", témoigne d'un modernisme qui nous est devenu poussiéreux, certes, et fort gallimardien, certes itou, mais XX Siècle sert désormais à éclairer la figure de Benjamin Crémieux (nette préface de Catherine Helbert) et l'histoire de la réception de quelques grands noms et de certaines gloires déclinantes des lettres françaises du siècle dernier. De plus, au petit jeu des absents, il nous invite à jouer...
Au sommaire de cette nouvelle édition : Marce Proust, Jean Giraudoux, Henri Duvernois, Pierre Hamp, Valery Larbaud, Jules Romains, Pierre Benoit, Pierre Mac Orlan, Paul Morand, Pierre Drieu La Rochelle, Jean Paulhan, Luc Durtain, Henri Pourrat, Jerôme et Jean Tharaud, Edmond Jaloux.


Benjamin Crémieux XXe siècle. Edition augmentée. Textes établis, présentés et annotés par Catherine Helbert. - Gallimard, 2010, coll. "Cahiers de la NRf", 304 pages, 26,50 euros

lundi 9 novembre 2009

L'eau à la bouche

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Claude Duneton est un malin, il ne s’y est pas trompé en chroniquant tout récemment la nouvelle édition de Mots de table, mots de bouche, le dictionnaire de Claudine Brécourt-Villars consacré au lexique du manger et du boire.

Très largement documenté (chez Emile Zola, Henri Duvernois ou François Caradec, dans les grands ouvrages de la gastronomie, tel le Nouveau traité de cuisine de Menon de 1739, ou dans les chroniques d’autrefois), ce livre de référence (à prix imbattable) qui manquait gravement à notre bibliothèque nous a déjà suggéré quelques tentatives culinaires. Ce qui, sur notre île, n’est pas la moindre des choses, même si l’échec est parfois au rendez-vous.

De la crêpe suzette, du blanc-manger, du marengo, des gaudes, ce Dictionnaire étymologique et historique du vocabulaire classique de la cuisine et de la gastronomie nous apprend tout en y joignant le plaisir des vocables précis — et parfois rares — tout en excitant l’imagination des papilles.
Saviez-vous qu’un biscuit est la version moderne de “bescuit” rencontré dès le XIIIe siècle signifie “cuit deux fois” ? Qu’un “financier” est un hommage aux “héros de la gastronomie” ?
Pour le gratin et la gribiche, je vous laisse découvrir seuls.

Désormais, grâce à Claudine Brécourt-Villards, nous ne consulterons plus la carte en ignare, et nous n’en serons que plus audacieux. Ainsi, nous n’hésiterons plus à commander une escalope de veau à la Foyot. Même si Tailhade y perdit un oeil. Mais c’est une autre histoire…



Claudine Brécourt-Villars Mots de table, mots de bouche. Dictionnaire étymologique et historique du vocabulaire classique de la cuisine et de la gastronomie. — Paris, La Table ronde, 440 pages, 10 euros


Dans la même collection, la reparution du livre de Raymond Dumay, De la gastronomie française, devrait séduire les vivants. Du reste, les deux font la paire.
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mardi 20 octobre 2009

Macaigne (Samuel) remporte Sherriff (Robert)

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C’est un malin qui remporte le prix du Grand Jeu de l’Alamblog :
Samuel Macaigne a en effet suggéré judicieusement que ce plan de découpage des eaux internationales atlantiques appartenait au Manuscrit Hopkins de Robert C. Sherriff.
Il est donc juste qu’il gagne un exemplaire de ce roman délicieux.
Sa publication est imminente (Samuel Macaigne voudra bien prendre patience).

Ce livre qui se lit d’une traite, néanmoins le plus volumineux de la maison et, partant, de la collection “L’Alambic”, paraîtra le 27 novembre prochain à la grande joie des lecteurs de fiction qui auront pu calmer leur impatience en dévorant, parallèlement au film Benjamin Button (Brad Pitt y rajeunit), cet autre excellent roman, L’Homme qui s’est retrouvé d’Henri Duvernois dont nous allons bien finir par parler un jour.


Un dernier mot : les plus informés des internautes apprendront avec intérêt que Le Manuscrit Hopkins nous avait été conseillé par Dominique Poncet.



Robert C. Sherriff Le Manuscrit Hopkins - Talence, L’Arbre vengeur, coll. “L’Alambic”, 27 novembre 2009.