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mercredi 30 avril 2014

René Dalize critique d'art

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Parmi les ouvrages disparus à cause de la Grande Guerre, il est possible qu'il faille ajouter deux essais d'art de René Dalize. Le conditionnel s'impose car la tournure de la brève des "Autres", pseudonyme collectif du Gil Blas, peut laisser entendre, aussi, qu'il s'agit d'un simple clin d'oeil.


9 avril 1913 (n°13197, p. 4), un articulet jouant du terme "Zones" en disait quelque chose dans sa rubrique "Les Arts" :

Zones
Dans quelques semaines paraîtra le Puvis de Chavannes de M. Maurice Raynal. C'est, croyons-nous, la première fois qu'une monographie de genre (abondamment illustrée) aura été consacrée à un maître. Le grand Puvis est, en effet, traité comme un fort mauvais sujet.
Ensuite paraîtra, peu après, un J.-L. Forain, de René Dalize, fort bien documenté et d'une heureuse pénétration de jugement. Ce sera alors, au tour d'un Honoré Daumier, de Max Jacob, poète, peintre et occultiste et qui n'écrit jamais rien de banal. Cet hommage à Daumier sera un nouveau témoignage de la verve lyrique du solitaire de la rue de la Barre.
Enfin, on annonce la publication d'une nouvelle gazette artistique et littéraire : Zones, dirigée par M. Guillaume Apollinaire.
Sous ce titre énigmatique, des poèmes passeront incessamment. Zones est le terme qui sert à définir les nouvelles méthodes divisionnistes, celles de l'Orphisme, école qui se proclame héritière émancipée de l'école divisionniste de Signac. A l'apologie d'œuvres aussi radicalement nouvelles convient, convenons-en, un vocabulaire tout neuf.
Ajoutons que le Zonisme a déjà trouvé son application pratique. Nous avons été conviés à admirer de charmants brise-bise brodés en zones.



Ensuite...

De Greco à Forain. — Notre confrère et ami René Dalize va, à son tour, publier deux ouvrages consacrés à l'art. Nous aurons d'abord une étude sur l'œuvre du Greco, puis une autre sur celle de J.-L. Forain. René Dalize sera ainsi, tour à tour, subtil et profond.

Les Autres.

Et finalement le Gil Blas, après avoir beloté le 20 juillet 1913 (n° 13299.), rebelote le 2 septembre 1913 (n° 13343)...

Tous les Arts. — Le Puvis de Chavannes de M. Maurice Raynal, précédemment annoncé, (collection Tous les Arts) paraîtra le 25 septembre.
Cette publication sera suivie de celle du Daumier de M. Max Jacob. Viendront ensuite : Le Greco de M. René Dalize et un Van Gogh de M. Maurice Raynal.






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René Dalize Le Club des neurasthéniques. Roman de 1912 inédit en volume. - Talence, L'Arbre vengeur, 333 pages, 20 €

lundi 30 décembre 2013

Une protestation (10 septembre 1911)

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Où l'on retrouve l'ami Dalize, et quelques autres, plus inattendus ou non, tels Pierre-Paul Plan,

Pour plus d'information, on se réfère à la biographie de Laurence Campa (Gallimard, 2013), qui a repris le flambeau de Michel Decaudin.


Le Gil Blas, dimanche 10 septembre 1911, page 1.

mardi 22 octobre 2013

Le rire et l'art (1920)

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Le Rire et l'art
La fantaisie, l'ironie, l'humour sont actuellement en faveur, et l'on a essayé maintes fois de les définir. Mais il semble qu'il soit nécessaire, pour approfondir la nature de ces espèces du comique, d'éclairer leur genre commun et de poser à nouveau le problème du rire. L'explication qu'en a donnée M. Bergson, dans un livre qui date de plus de vingt ans, est la suivante. Il a cherché l'essence du rire ailleurs que dans le domaine du pur jugement. Il y voit une sorte d'adultération du libre épanouissement vital. Le déclenchement brusque d'un ressort, donnant à un automate l'apparence soudaine de la vie, voilà ce qui, en frappant notre intelligence, ferait jaillir le rire. D'ingénieuses analyses, d'adroits commentaires d’œuvres comiques conduisent en fin de compte le philosophe à conclure que le rire n'est pas autre chose que "l'insertion du mécanique dans le vivant".
Cette théorie est, à coup sur, en harmonie étroite avec les principes du bergsonisme. L'automate est, au jugement de la conscience, une contrefaçon grossière et, en quelque manière, une trahison du vivant. Il contrefit, en l'imitant gauchement, la spontanéité de cette durée psychique", source de vie profonde et de liberté. Le rire c'est la forme que revêt la protestation de notre instinct ! Il apparaît comme la sanction à laquelle nous recourons pour bafouer cette bévue métaphysique. Rire, c'est donc un peu stigmatiser le "mécanisme", c'est le condamner comme par un jugement de Dieu.
M. Bergson insiste sur la portée sociale du rire : il l'amplifie même à l'excès, et l'on se demande s'il ne perd pas de vue le vrai problème en glissant insensiblement du "risible" au "ridicule". Le risible est ce qui fait rire, le ridicule ce qui mérite le rire, et le comique est l'imitation du risible et du ridicule dans l'art. M. Bergson qui ne fait pas toutes ces distinctions n'envisage pas, semble-t-il, le rire innocent et pur que n'entache aucune sottise, le rire aimable et désintéressé qui jaillit sans arrière-pensée et qui n'a nullement dessein de châtier les moeurs. Or, c'est ce rire-là qui est en question, car même envisagé comme la sanction d'un travers, le rire n'en conserve pas moins tout son prix de gaieté et de joie. D'où vient-il donc, qu'est-il en lui-même ce rire bienfaisant, qui n'est pas seulement le propre, mais l'ami de l'homme ? C'est ce que M. Bergson n'explique pas.
Et c'est ce que m'a jadis révélé Adolphe Hatzfeld.
Hatzfeld a résolue le problème du rire depuis si longtemps débattu. Il m'a fait part de sa découverte qu'il n'a pas eu le temps de livrer lui-même au public.
Il voit dans le rire "l'opération de l'esprit qui se trouve brusquement contraint "d'affirmer et de nier en même temps une même chose". Cette théorie fait renter le rire dans l'intelligence, même dans l'opération la plus haute de l'entendement, le jugement. IL n'est pas douteux que le rire soit un jugement, mais il n'est pas seulement comme on le disait autrefois un jugement de contraste ; il est un double jugement d'affirmation et de négation simultanées et portant sur le même objet. Le rire est produit par l'oscillation de l'esprit qui va de l'affirmative à la négative pour revenir de la négative à l'affirmative et ainsi de suite, en un temps que l'analyse grossit, mais qui, dans la réalité se ramène à l'instantanéité de l'intuition.
Cette théorie explique tous les rires, depuis le plus etérieur jusqu'au plus profond, depuis le plus gros jusqu'au plus subtil.
Le calembour, — qui est l forme certainement la plus grossière de l'esprit, — ne provoque le rire que parce qu'il est essentiellement un trompe-esprit. Il consiste, en effet, dans une homonymie verbale que le sens dément ; il nous contraint à affirmer et à nier, en même temps, une même chose. Exemple : "les cardinaux sont des sous-pape" (soupapes). C'est vrai et c'est faux, suivant l'angle.
Mais prenons un trait célèbre de comique : "Le pauvre homme !" (Tartuffe). L'explication est la même. Cette réplique d'Orgo répétée soulève un rire crescendo, parce qu'il est vrai et faux en même temps que Tartuffe soit un pauvre homme dans la situation où le placent l'auteur et les personnages de la pièce.
Envisageons, maintenant, un exemple emprunté à ce qu'on pourrait appeler le comique imprévu, le comique quotidien. Pourquoi la chute soudaine d'un passant nous fait-elle rire presque toujours ? C'est un problème très difficile à résoudre, insoluble même à mon avis, en dehors de l'explication que donne Hatzfeld. Nous rions de voir un homme tomber parce que sa chute nous le fait voir accidentellement à terre, pendant que nous jugeons qu'il devrait être debout, la station droite étant la normale de l'homme. Cette affirmation de fait et cette négation de droit simultanées engendrent le rire que, du reste, nous réfrenons presque immédiatement dans ce cas, en le jugeant bête ou cruel. Voici maintenant le fou-rire, ou rire d'accès, presque tératologique. Il n'aît, comme tout autre rire, d'un jugement à la fois affirmatif et négatif, et n'est, un temps, qu'un rire normal, spontané et franc. Mais il arrive que l'esprit ne peut plus se déprendre de ce jugement alternatif et y demeure comme englué : la double aperception intuitive devient hallucinatoire, obsédante. Tant que cet état anormal se prolonge, le fou-rire nous possède. Le rire ne devient fou-rire que lorsque le patient s'aperçoit de l'absurdité de son rire, sans le pouvoir vaincre.
Cette découverte d'Hatzfeld est à coup sûr d'importance. Il suffit que le public veuille bien s'en apercevoir. Mais, au point de vue particulier auquel nous nous plaçons, elle est précieuse en ce qu'elle éclaire à nouveau la nature profonde de l'art et qu'elle nous permet même de découvrir que le plaisir esthétique n'est qu'un cas particulier du rire. On peut dire, en jugeant la chose du dehors, que les rapports entre le rire et l'art sont ceux qui délimitent le champ du comique. Alors on empruntera à la doctrine d'Hatzfled de quoi éclairer la nature de ses formes les plus subtiles. Mais en allant plus loin, on découvrir que l'art lui-même obéit à la même loi.
Venons-en à l'ironie et à l'humour. Leur manifestation la plus extérieure est la caricature.
L'écrivain en use avec plus de force et plus de variété peut-être que le dessinateur ou le peintre. Un André Gide, par exemple, ne néglige pas cette contrée de son art où les dons du psychologue, du moraliste, et même du poète, s'enflent, se travestissent et se trémoussent. Claudel ne dédaigne pas non plus les farces de grand style où sa verve et son emphase trouvent aliment. John-ANtoine Nau déploie dans tous ses romans une invention caricaturale d'une alacrité parfois énorme. Guillaume Apollinaire, lyrique, brûlant, s'amusait à des inventions audacieusement hilarantes. Max Jacob a su renouveler certains procédés caricaturaux en tirant parti de leur faux aspect de frondeur et de gravité. André Salmon se révèle également un lyrique fervent, mais doublé d'un fantaisiste admirablement complexe.
Cet art de caricature, dan son procédé élémentaire n'est que le grossissement d'un trait dans le but de souligner une intention. Elle surprend l'esprit, l'amuse, et le force même à rire, en le contraignant à juger que ce qu'on lui présent est et n'est pas en même temps ce qu'on avait dessein de lui présenter.
L'ironie étudiée dans son fond, philosophiquement définie, est, peut-être, le jugement subtil que l'artiste porte sur une réalité complexe dont il rapproche deux aspects qui se limitent ou qui s'excluent. Si nous envisageons fortement une ressemblance dans un contraste, nous donnons à notre esprit, à notre imagination, l'occasion d'une puissante ironie, à condition que nous saisissions surtout le contraste. Et nous l'exprimerons, suivant notre tempérament, soit par le sarcasme, soit par le lyrisme. Plus nous sentirons la profondeur de l'opposition et mieux nous serons à même d'en accuser l'identité de surface par l'outrance et par l'hyperbole. C'est cette ironie-là qui donne à la psychologie caricaturale de John-Antoine Nau un tel accent !
L'humour n'est, pour moi, qu'un cas particulier de l'ironie, ainsi comprise, et je le définirai une ironie pittoresque, il est tantôt une ironie à froid, tantôt le grossissement hyperbolique ou la transposition lyrique d'une évidence. Il est toujours une invention pittoresque — c'est-à-dire picturale, — et par là même il est essentiellement poétique. Mais, dans ses différents aspects, il place toujours l'esprit dans l'obligation d'affirmer et de nier en même temps ce qu'il lui présente.
Le poète tire volontiers ses rêveries du sentiment profond du passé évoqué soit pour corroborer, soit mieux pour effacer le présent. Par un procédé analogue, quoique opposé, il anticipe sur l'avenir. Ainsi, nous nuançons nos émois et multiplions nos rêves, mais ce faisant n'est-il pas vrai que nous affirmons et nions en même temps un passé-présent ou un présent-passé et même un présent-futur ?
Semblablement, le poète associe un aspect de l'univers à tel autre qu'il est en train de peindre, jouant ainsi avec l'espace comme tout à l'heure avec le temps. Nous unissons tel souvenir à telle perception, tel ensemble irréel à tel paysage direct. Et, ce sont là des ironies, puisque l'ironie, je l'ai dit, c'est, rendue par le langage, la perception simultanée de deux réalités qui se ressemblent et qui se nient.
Maintenant, n'en est-il pas un peu ainsi de toute œuvre d'art ?
Elle est une espèce d'ironie, puisque elle est l'unité d'une dualité dont aucun des termes n'est réel, isolé de l'autre. En présence de n'importe qu'elle création d'un artiste, nous sommes conduits à affirmer et à nier en même temps qu'elle est quelque chose d'extérieur à l'esprit et quelque chose d'intérieur à lui, qu'elle est une réalité concrète ou un sentiment de l'âme, car elle est à la fois les deux et ni l'un ni l'autre. L’œuvre d'art est toujours une synthèse de naturel et d'artificiel : un naturel adultéré un artificiel fondé. Tel est, au moins, l'aspect sous lequel l'envisage celui qui veut "la comprendre" au lieu de la sentir.
D'ailleurs, si l'art ressemble profondément au rire, ou plutôt si le sentiment esthétique en est un état tout voisin, ce n'est pas à dire qu'il se ramène tout entier au comique. Il y a un monde entre l'éclat de rire et le plaisir esthétique pur. L'un est une crise, une rupture d'équilibre, l'autre est une sérénité, un état agréable de l'âme, une gaieté "statique", pour ainsi dire, qui n'est que joie et qu'allègement. C'est dans cet état de grâce que nous place l’œuvre d'art, quand elle se tient à égale distance des deux extrêmes qu'on est convenu d'appeler le comique et le tragique.
Enfin, s'il est vrai qu'envisagé dans son effet sur l'esprit l'art soit, en quelque façon, un cas particulier du rire, il n'est pas surprenant alors qu'à la différence de l'industrie — qui est commune à l'homme et à certains animaux — l'art soit l'apanage de l'homme, son supplice, mais aussi sa noblesse et le substitut humain de l'impossible bonheur. (...)

Jean Royère

La Renaissance littéraire et politique, 27 novembre 1920, p. 17-19

jeudi 23 mai 2013

Tout un monde de fiction !

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Le Club des neurasthéniques paraît aujourd'hui et c'est le roman de l'été !

On y trouve de l'eau salée, des terres lointaines, une île à volcan (qui fait des ravages), des hommes neurasthéniques (et drôles), des femmes neurasthéniques (et drôles), de l'opium, des malfaisants, un lord et son équipage, des cocktails exubérants, un naufrage, une révolution olé-olé, un professeur de doute, etc.

Tout un monde de fiction !

Publié dans Paris-Midi entre août et octobre 1912, le roman de René Dalize, vieux copain d'Apollinaire (ils ont écrits quatre romans lestes à quatre mains) n'avait jamais vu le jour en librairie... malgré l'enthousiasme qu'il avait soulevé avant-guerre lors de sa publication en feuilleton.
Désormais, ce grand roman d'aventures français d'avant-guerre dispose d'une édition en volume - et en grand format, choix remarquable de l'Arbre vengeur qui sait ce qu'est un vrai roman. Pour fêter ça, l'Alamblog donnera demain une rare chronique de René Dalize... qui n'est pas sans rapport avec Le Club des neurasthéniques

Nous reviendrons plus tard sur la figure de Dalize, poilu si mal enterré, dans un format king size enfin édité.


René Dalize Le Club des neurasthéniques. Édition établie et présentée par le Préfet maritime. - Talence, l'Arbre vengeur, 23 mai 2013, 303 pages, grand format (21/14 cm), 20 €

samedi 4 mai 2013

Le Club des Neurasthéniques (1912) : découverte d'un roman de René Dalize inédit en volume

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René Dalize, marin de la Royale, imagina-t-il un seul instant être l'auteur du roman de l'été 2013 ?

Ce fut, il faut dire une grande excavation, et Il aura fallu attendre un siècle pour découvrir le "fameux" roman de René Dalize, Le Club des Neurasthéniques, dont on nous rabâche qu'il a beaucoup plu lors de sa publication en feuilleton... en 1912.

Depuis, plus rien... Il restait enseveli dans sa pile de journaux, au risque de disparaître tout à fait.

En attendant la première édition en volume de ce "grand roman d'aventures", vous trouverez ici même, et dès bien vite, une chronique inédite de l'ami de Guillaume Apollinaire, de Max Jacob, de Jean de Tinan, d'André Billy et du tout culturel montmartrois des grandes années : René Dalize.

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mercredi 1 mai 2013

Une prochaine surprise du Préfet maritime...

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En ce jour de fête du farniente, il n'aura pas échappé aux lecteurs d'Une forêt caché qu'entre ses pages 285 et 287, il est question de René Dalize...

Figure-vous que ce personnage passionnant a manifesté certains talents que les sectateurs d'Apollinaire ont loué à juste titre... sans aller toutefois jusqu'à éditer ses écrits.

C'est ballot, songez-vous. Et c'est bien ce que s'est dit in petto le Préfet maritime, qui décida de retrousser ses manches pour retrouver le fameux "Club des Neurasthéniques" qui dormait dans la presse des années 1910...

A grands coups de pics, l'excavateur excava, copia, recopia et, finalement, à bout de souffle, parvint à plat ventre jusqu'aux bureaux de la maison L'Arbre vengeur. Celle-ci se fit un plaisir de programmer l'édition de l'un des grands romans d'aventure français de la première moitié du siècle dernier dans la collection "L'Alambic", toute désignée pour recueillir ce bijou de la littérature souple et élégante du siècle dernier — bijou qui manque naturellement, pour l'instant, à l'essai de Jean-Yves Tadié sur Le Roman d'aventures (Gallimard, 2013, "Tel").

Parution du bijou — en grand format — le 14 mai.

mercredi 6 février 2008

L'Anarchie est de saison

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Avant que ne flambe la révolte que d’aucuns attendent, la revue Brèves, toujours en avance sur la prochaine ébullition, produit un numéro monté par la spécialiste Caroline Granier : Les Retourneurs d’Idées.
Consacré aux écrivains anarchistes, peuplade lue au sens large, on y lit des nouvelles de Georges Darien, Jules Vallès, Isabelle Eberhardt, Louise Michel, Félix Fénéon, Victor Barrucand, Octave Mirbeau, Jean Réflec, Flor O’Squarr, dont Apollinaire pensait tant de bien et qui livre ici une curiosité sur la Commune… ou encore Alphonse Allais qui ne dépare pas ici.
Et pour cause : Allais ne dépare jamais.
Entendu que pour ces hommes et femmes de combat, le livre est une arme destinée à libérer l’être humain, Caroline Granier explique en préambule comment ils dénoncent les « fictions sociales » dont l’ordre établi se sert pour abêtir et asservir le populo. Soit littérature de combat versus littérature de propagande. Dans le même numéro, mais à rebours, un dossier est consacré à Jacques Vallet, le Jacques Vallet, écrivain qui fut d’abord le meneur de la revue Le Fou parle, une revue de poids dont on n’a pas fini de parler - Il se pourrait bien que l’Alamblog, une fois les sommaires de Bizarre consommés, se consacre à lui dorer la vitrine, n° par n°. On découvrira alors peut-être quelle revue fondamentale fut Le Fou parle, organe libre et libéré.
Pour Brèves, on sait déjà.


BREVES. Les Retourneurs d’Idées (n° 84)
avec Photos et dessins de Despatin & Gobeli, Lise le Coeur, Kerleroux et Roland Topor. 144 pages, 12 euros