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dimanche 19 novembre 2017

Rendre à Martin ce qui est à Roger

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Tandis que Philippe Jaeneda reçoit un prix littéraire pour son biofict basé sur le personnage de Georges Arnaud et de son "affaire" criminelle (un biofict de plus, bâillons mes sœurs, mes frères), il faudrait tout de même rendre à césar ses lauriers et dire d'où viennent au "bio-romancier" tant de sagesses sur l'auteur du Salaire de la peur.
En fait, Philippe Jaenada a simplement lu l'excellente biographie de Roger Martin, Georges Arnaud. Vie d'un rebelle (Calmann-Lévy, 1993) réédité par les éditions A plus d'un titre en 2009.
Car c'est bien Roger Martin qui s'est tapé les recherches, la fouilles des archives et les déplacements.
Il faut préciser en outre que Roger Martin ne s'est pas contenté de fouiller les alentours du crime imputé à Georges Arnaud, contrairement à la promenade limitée au fait divers de Jaeneda. Roger Martin a fait véritablement le tour du personnage au cours d'un travail conséquent, sans doute long, et très précis. On y lit le destin de Georges Arnaud, bourgeois déclassé et rétif, militant de gauche non-encarté, militant anti-colonial et mille autres choses encore qui rendent le personnage beaucoup plus intéressant et profond que la focalisation sur le meurtre mystérieux tendrait à nous le faire avaler.

Merci Roger Martin.

Une question demeure : Jaeneda partagera-t-il son prix ?



Roger Martin Georges Arnaud. Vie d'un rebelle. — Lyon, A plus d'un titre, 2009, 500 pages, 19,50 €

mercredi 19 mars 2014

Ange Bastiani, Georges Arnaud et les chauds lapins...

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Tandis que Le Bréviaire du crime d'Ange Bastiani, Prix Forneret de l'Humour Noir 1968 rappelons-le, défrise à nouveau les lecteurs équipé qu'il est désormais d'une préface de Florian Vigneron et des dessins d'Alfred, la lecture d'un curieux petit roman de l'année 1967 donnera quelque lumière au phénomène Bohème dans les années 1950-1960.
Du côté du Flore, tandis que Situ et autres godelureaux fomentaient et picolaient, un certain Cyril imaginé par Roger de Mervelec courait les filles et publiait des livres avec son peintre de copain Maurice.
Les Lapins du Flore, roman de la firme La Jeune Parque narrait en 1967 les hauts-faits de ces jeunes gens tantôt en vespa, tantôt en voiture et souvent au bar. Un bandeau explicite (pour les neuneus ?) fut même apposé sur la couverture de l'opus : "Les chauds lapins des années 1950". Ce qu'il ne dit pas, c'est que traversaient ses pages Boris Vian, Ange Bastiani ou Georges Arnaud.

Rentré de Toulon après de confortables vacances dans le giron maternel, Ange Bastiani corrigeait les épreuves de "La croque au sel", un délicieux roman écrit sous son pseudonyme de Maurice Raphaël. Pour son lancement, il projetait de lâcher un millier de matous sur Saint-Germain-des-Près, à la manière d'un lâcher de pigeons dans une fête artésienne.

N'en dévoilons pas plus.
Encore mal connu, le parcours de Roger de Mervelec, fameux lapin lui-même, brilla dans la musique et disque plus que dans l'édition : producteur et animateur de l'émission Jazz dans la nuit sur France 1, il fut l'organisateur du notoire Premier festival international de rock au Palais des sports de Paris le 24 février 1961 avec Little Tony, Emile Ford & The Checkmates, Les Chaussettes noires, Frankie Jordan, Bobby Rydell et Johnny Hallyday. Il paraît que cette manifestation lança le Rock'n'Roll en France. Même si les fauteuils ont valsé, il y a parfois loin de la coupe de cheveux à la musique.
De Mervelec publia encore - mais est-ce bien lui ? - un roman chez Horvath en 1994 : La Meunière d'Arras, roman historique sur un épisode historique de la guerre de trente ans dans les Flandres... Mais on est tout d'un coup très loin de la rue du Dragon.

"Quand le Destin vous choisit pour victime, il fignole..." (Georges Arnaud)




Roger de Mervelec Les Lapins du Flore. - Paris, La Jeune Parque, 1967, 214 pages.

Ange Bastiani Le Bréviaire du crime. - Talence, L'Arbre vengeur. Préface de Florian Vigneron Illustrations d'Alfred 448 pages, 23 €
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dimanche 13 juin 2010

Syn. Bric-à-brac, Bazar, Bordel (vulg.), etc.

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L'histoire du livre le montre assez : libraire d'ancien et éditeur sont deux rôles synergiques - pour dire ça comme ça. Et on ne compte pas les maisons, les marques d'édition qui se sont forgées parallèlement ou sur la base d'une librairie de livres anciens. Le Dilettante est un exemple notoire, mais aussi La Connaissance - certes, c'est un peu plus vieux - ou, plus récemment, les éditions Nicolas Malais.
De fait, et pour une raison toute simple, la double casquette est profitable : le libraire d'ancien voit passer des documents inédits, sous forme manuscrite, ou publiés dans les revues et journaux, qu'il sait déguster et rêve de voir publiés. Mis en forme, ces écrits, ces articles, ces dessins, ces correspondances deviennent de parfaits volumes, appréciables, délectables, quelques fois même indispensables.
La maison Finitude qui a délaissé sa prime activité de librairie pour assumer tout à fait le succès grandissant de ses éditions, a trouvé un palliatif à un problème récurrent de ce type d'activité : que faire, en effet, lorsque les documents que l'on a sous la main n'offrent pas la matière d'un volume, même maigrelet ?
Et bien on fait une revue !
Et la voici, sobre comme tout (très belle photo de Raymond Guérin dans l'eau jusqu'au cou) et pleine de textes repêchés dans les revues et journaux du siècle dernier, avec, en prime, une paire d'inédits, l'un de Raymond Guérin (des notes extraites d'un album de vacances, avec photographies) et l'autre de Georges Arnaud (une nouvelle débutant sur un suicide de militaire) :

Et plof ! c'est parti mon kiki, l'ecclésiastique se répand."

Surtout, surtout, surtout, on trouve là une lettre de Jean-Pierre Martinet à Michel Ohl, qui contenait la promesse d'un texte oublié de l'auteur de Jérôme, publié en 1987 dans un magazine de Bordeaux aux côtés d'une visite au "Café des Arts" de notre cher Michel Ohl. Ne comptez pas sur nous pour vous en dire plus... d'autant que pour le même prix vous aurez du Eugène Dabit, du Marc Bernard, du Georges Hyvernaud et du Stevenson. Alors ?

Il faut noter encore que les éditions Les Insomniaques avaient lancé en 2009 Capharnaüm, une revue de créations libres. Le n° 1 avait pour thème "La crise", le n° 2 qui vient de paraître s'occupe de "Faire sa cuisine".



Capharnaüm
n° 1, 96 pages, 13 €

Finitude
14, cours Marc-Nouaux
33000 Bordeaux
05 56 79 23 06
editionsfinitude@free.fr

Capharnaüm
n° 1, 3 € / n° 2, 5 €

Les Insomniaques
C/O Chloé Bergerat
133 rue Raymond Losserand
74 014 Paris
lesinsomniaques@yahoo.com