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vendredi 4 novembre 2016

Les Lyonnais ne sont pas à plaindre

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Les Lyonnais ne sont pas à plaindre : une vente aux enchères aura lieu demain samedi à 14 h 30 à l'Hôtel d'Ainay, où seront dispersés des documents concernant le patrimoine et le folklore lyonnais.
Naturlich, on démarre par la gastronomie, puis on enquille avec Guignol. C'est comme s'il en pleuvait, et du Béraud (sur vinyle s'il vous plaît), du Nizier de Puitspelu, du Vingtrinier, du Pierre Scize, des photographies de Blanc et Demilly, des marionnettes, des illustrations de Jean Coulon et des peintures d'Ernest Deluermoz, et l'on en passe. Notamment la bibliothèque de la famille Neichthauser où figurent tant de documents relatifs à Laurent Mourguet, des textes du répertoire par et des essais et bibliographies par Paul Jeanne, Ernest Maindron, Pierre Rousset, Glaudius Canard, le prolifique Albert Chanay, Gaston Baty, les souvenirs de Lemercier de Neuville, etc..
et même une lettre de guignol au comte de chambord (1871)


Conan Hôtel d'Ainay
Le Catalogue en ligne
samedi 5 novembre 2016
8, rue de Castries
69002 Lyon

mercredi 25 novembre 2015

Du bon, du très bon, du très très bon

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Spécialiste de l'affiche et de pas mal d'autres choses, Alain Weill, le complice de feu François Caradec, donne dans un orbis pictus tout récent, un aperçu de sa collection de bouteilles. Vous avez bien lu.
C'est l'occasion d'une plongée en terres gastronomique, viticole et spiritueuse, graphique, artistique et littéraire.
Accompagnant chaque photographie, un commentaire malicieux et/ou savant donne sur un ton tout à fait libre une foule d'information sur l'histoire de ces objets et sur les engouements de l'auteur qui se dévoile et nous raconte des anecdotes qui serviront à établir le récit de son existence. Car le point commun de toutes ces bouteilles... c'est Alain Weill lui-même.
La variété des flacons est immense, on se régale (en esprit) : cacao-chouva des établissements Jouve, très vieux kirsch du grand-père Nicolas, Grande Chartreuse de Taragone, crus Mistinguett ou Echenoz ou bien encore ce Pape noir qui ne manque pas de contraste, bières (La Poulpeuse, par exemple), sodas, vins, dont des champagnes, jusqu'à une belle étiquette de Saul Sternberg sur un Mouton de Rothschild 1983...

Si Steinberg est un artiste qui me ravit, j'aime par-dessus tout chez lui sa manière de jouer avec les objets du quotidien : ces bouteilles sont un bijou de poésie décalée ; on y trouve sa jouissance à inventer des alphabets illisibles, à concevoir des cachets. (...)


A lire à la régalade.



Alain Weill Cadavres exquis. — Paris, Editions du Sandre, 12 € (à paraître).

mercredi 3 juin 2015

Manger sans œillères

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La gastronomie est devenue le sujet à la mode, puisqu'il en faut un afin que le commerce s'épanouisse. Et comme le livre électronique n'emballe personne, hein. Bref, on voit donc fleurir les opus, les émissions, les gadgets, les ustensiles et les tenues, sans oublier les cours particuliers pour citadins qui s'ennuient. Spécialiste des recueils d'anas et des sujets pris par la bordure, Bruno Fuligni a choisi quant à lui d'aborder une spécialité qui ne s'enseigne pas : la gastronomie d'urgence, c'est-à-dire celle qui impose de faire contre mauvaise fortune bonne coeur et de manger ce qu'on trouve là où on se trouve. C'est le principe de la cueillette, en quelque sorte, appliqué à toutes denrées. Et lorsqu'on se trouve en Bourgogne ou dans le Beaujolais, personne n'y voit de difficulté. Idem en Grèce ou à Istanbul, à Delhi ou à Tokyo. En revanche, lorsqu'on erre raquettes aux pieds dans le grand Nord ou que l'on crève doucement en Amazonie ou dans un désert réservé aux cailloux, vous imaginez un peu l'aspect du menu...
Le potage de hannetons est alors inévitable. Sans parler de la cervelle d'éléphanteau ou de singe... Le lamantin faisandé aperçu par Jean-Gabriel Stedman à la fin du XVIIIe siècle ne lui valut que cet hommage : "Celui que je vis était déjà trop putréfié pour que j'en goûtasse." Et dans son article consacré aux "Horreurs de l'alimentation" du Journal des voyages (14 juin 1903), Hector France conseillait quant à lui le pâté de fourmis...
On hésitera sans doute à parler de régal à propos de ce livre, mais on savourera, si j'ose dire, les fantaisies sans fin que nous propose toujours avec bienveillance notre bonne vieille planète.
On attend avec beaucoup plus de crainte, c'est-à-dire sans impatience, celui qui nous racontera la gastronomie de subsistance en milieu capitalistique occidental... Slavoj Žižek aurait-il une blague à ce sujet ?


Bruno Fuligni Les Gastronomes de l'extrême. Du potage de hannetons au rôti de baleineau. Les repas des grands voyageurs racontés par eux-mêmes. Avec un carte dessinée par Serge Aquino''. — Paris, Editions du Trésor, 159 pages, 17 €

dimanche 20 novembre 2011

De la peau de saucisson et des dangers de son utilisation

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Lu sur un blog à propos des plateformes de vente de livres électroniques à clients captifs, ce commentaire désarmant :


Depuis trente ans, la grande distribution a réussi à remplir nos assiettes de merde, elle en fera autant avec nos bibliothèques, si nous n'y prenons garde !




"Elle en fera autant"... dit la "lectrice"... Vous parlez d'une prophète !

Ah ! Vache ! les fabricants de peau de saucisson ont de beaux jours devant eux...

samedi 14 novembre 2009

Un Alambic pour l'Alamblog

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Le Préfet maritime ne pourra pas vous cacher plus longtemps son actuel livre de chevet : la réédition d’un guide de 1973 rédigé par Raymond Dumay. Débarrassé de désuètes adresses de producteurs, la Célébration des alcools constitue une somme encyclopédique sur l’eau-de-feu et les autres produits euphorisants liquides.
C’est d’ailleurs pour fêter cette lecture opportune et gouleyante, croyez-nous, que nous venons de déboucher une bouteille de Côte-rôtie conservée jusqu’ici (par miracle) pour une grande occasion. Et cette parution en est une.
C’est donc le doigt alerte, et comment, que nous avons entrepris de vous signaler ce que l’on peut trouver — pour peu qu’on le souhaite — sous la simple mais terriblement attirante couverture d’Anne-Marie Adda. Des boissons cro-magnonnes au ratafia en passant par la vodka, l’aquavit et autres liqueurs contondantes, cette Célébration des alcools est le livre qu’il vous faut pour tout savoir de ce que vous avalez.
Ou de ce que vous n’avez pas encore goûté…


Raymond Dumay Célébration des alcools. Edition établie et présentée par Jean-Claude Pirotte. — Paris, La Table ronde, 501 pages, 14 euros.

lundi 9 novembre 2009

L'eau à la bouche

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Claude Duneton est un malin, il ne s’y est pas trompé en chroniquant tout récemment la nouvelle édition de Mots de table, mots de bouche, le dictionnaire de Claudine Brécourt-Villars consacré au lexique du manger et du boire.

Très largement documenté (chez Emile Zola, Henri Duvernois ou François Caradec, dans les grands ouvrages de la gastronomie, tel le Nouveau traité de cuisine de Menon de 1739, ou dans les chroniques d’autrefois), ce livre de référence (à prix imbattable) qui manquait gravement à notre bibliothèque nous a déjà suggéré quelques tentatives culinaires. Ce qui, sur notre île, n’est pas la moindre des choses, même si l’échec est parfois au rendez-vous.

De la crêpe suzette, du blanc-manger, du marengo, des gaudes, ce Dictionnaire étymologique et historique du vocabulaire classique de la cuisine et de la gastronomie nous apprend tout en y joignant le plaisir des vocables précis — et parfois rares — tout en excitant l’imagination des papilles.
Saviez-vous qu’un biscuit est la version moderne de “bescuit” rencontré dès le XIIIe siècle signifie “cuit deux fois” ? Qu’un “financier” est un hommage aux “héros de la gastronomie” ?
Pour le gratin et la gribiche, je vous laisse découvrir seuls.

Désormais, grâce à Claudine Brécourt-Villards, nous ne consulterons plus la carte en ignare, et nous n’en serons que plus audacieux. Ainsi, nous n’hésiterons plus à commander une escalope de veau à la Foyot. Même si Tailhade y perdit un oeil. Mais c’est une autre histoire…



Claudine Brécourt-Villars Mots de table, mots de bouche. Dictionnaire étymologique et historique du vocabulaire classique de la cuisine et de la gastronomie. — Paris, La Table ronde, 440 pages, 10 euros


Dans la même collection, la reparution du livre de Raymond Dumay, De la gastronomie française, devrait séduire les vivants. Du reste, les deux font la paire.
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