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samedi 9 septembre 2017

Pardon si ça tache

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Dans quelques jours paraîtra L'Os quotidien, l'un des grands livres de cet auteur qui a tout pour devenir "culte" aux côtés de Martinet ou de Bove : Gaston Criel

L'Os quotidien est sa dernière prose publiée en 1987 par Samuel Tastet alors que Criel atteint le terme de son existence. Il revient dans cet écrit jeté comme un expresso serré pour lendemain de cuite sur ses jeunes années passée en partie dans un stalag puis dans le Saint-Germain-des-Près décontracté de l'après-Libération.

Tandis que Sartre, Romains et Duhamel brossent des sagas ou des romans pleins de pages, un homme plus tout à fait jeune (Criel est né en 1913 - son alter ego romanesque Robert lui ressemble comme deux gouttes d'eau) mène son existence comme on se jette à l'eau. Le poète qu'il était avant-guerre (il a publié dès 1937 sa poésie) est parvenu à traverser l'épreuve du travail forcé dans les fermes allemandes sans trop de dommages. Il a même lancé un canard à Magdeburg, l'XI A. Cahiers littéraires du Stalag, un mensuel de camp de prisonnier dont il est le "directeur". Un numéro qui pourrait être unique paraît le 29 février 1944. Il n'a jamais combattu. Il a été raflé au cours de la Drôle de guerre. Après un très long trajet Aller vers les profondeurs agricoles de l'Allemagne, il y a un long retour en train et puis... Saint-Germain-des-Près, le havre où les pépés roucoulent aux bras des GIs.

Dans L'Os quotidien, l'encre arrive vite à la cible, et pardon si ça tache.

Avec le whisky des Ricains tout va. Lorsque les Ricains s'éclipsent pour aller combattre le Teuton en Forêt noire, ça devient une autre histoire. Les petits commerçants font grise mine : le dollar s'est barré. Les gosses girondes espèrent bien un peu le retour du chéri bientôt papa, mais bernique... Tout ce petit monde doit réinventer son quotidien et au milieu de ces Français déboussolés, le poète qui doit gagner son pain. Et puis il lui faut lui nourrir l'enfant qu'il a fait à Jacqueline. Si l'on en juge par la coulée de dégoût paternel, il est clair que la reproduction n'était pas le mobile des faits. Robert est cynique comme on l'est rarement, mais ses sorties dégoûtées sont d'une terrible drôlerie que beaucoup de jeunes mamans ne pourraient pas lire sans hoqueter de rage. Sanies, odeurs sûres de la maternité, pissats du nouveau-né, Criel donne sans mesure dans le criant de vérité. — Il faut noter qu'il publiait, lui, Gaston Criel, Hygiène sur un véritable papier hygiénique aux éditions Le presse à bras en 1948...
Mais baste, il faut nourrir la famille. Les conditions d'existence n'étaient pas si reluisantes. Homme à tout faire pour des maisons d'édition technique ou, à son corps défendant, semi-escroquières, Robert doit trouver l'os à ronger. Il chôme, se forme à la comptabilité, et puis... Et puis, on ne va pas tout vous raconter d'autant que l'anecdote n'est pas ce qui prime. Ce sont les sentiments muris, cuits et recuits d'un homme d'expérience (Criel a été serveur de bar de nuit), qui confirment que latence et récurrence forment bien en littérature la trame des oeuvres solides comme de la toile de marine.

Le livre ne ressemble d'ailleurs qu'à Criel. L'ambiance des camps - ni Guérin, ni Hyvernaud -, la vie des bars - ni Yonnet, ni Giraud -, le soulagement du sexe et la déception des attachements — ni Calaferte, ni Deux —, du Criel tout craché. L'énergie qui jaillit des lignes de L'Os et le coupant de ses esquilles sont assez troublants pour empêcher de dire quand le livre a été composé. Peut-être dans les années 1980, mais à partir de notes anciennes qui apporteraient cette sensation d'instantanéité et la vibration intense de scènes saisies au vol. En tout cas, les lecteurs de Phantasma ou de Sexaga reconnaîtront son petit air, son tempo, et cette figure de mâle singulière, gorgée d'une angoisse qui se pare d'insolence ou de mutisme pour faire face. Avec l'ironie mêlée de désolation des gars à qui on ne la fait plus. Marque unique d'un être déchiré qui mesure les difficultés et l'irresponsabilité des êtres.

Un grand bouquin, et une excellente porte d'entrée au bar Gaston Criel.



Gaston Criel L'Os quotidien. Préface de Jacques Josse. — Paris, Le Sonneur, 176 pages, 16 € Parution le 28 septembre.

NB : En 2016 le recueil Gris aurait reparu aux éditions Samuel Testet à Orléans.

mercredi 7 juin 2017

Gaston Criel promu par Miller

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A propos de La Grande Foutaise, l'excellent roman de Gaston Criel, Henry Miller écrivait ceci dans Arts sous la forme d'une lettre à l'auteur :

"Il m'a donné l'impression de revivre ma propre vie, à New York, à Paris ou dans un de ces culs-de-sac abandonnés de Dieu, où on se retrouve quand on est inconnu, méconnu et indésirable, et quand on ne sait pas soi-même ce qu'on demande à la vie, à part le vivre et le couvert. (...) Quant au langage dans lequel l'histoire est contée, quel autre langage pourrait-on choisir, j'aimerais le savoir ? C'est un langage vivant, plein de mordant et des sortilège de la misère qui l'a produit.




Gaston Criel La Grande Foutaise. - Paris, Fasquelle, 1953 ; réédition Plasma, 1979.

Les éditions du Sonneur annoncent pour la rentrée une nouvelle édition de L'Os quotidien de Gaston Criel équipée d'une préface de Jacques Josse, n'est-ce pas parfait ?



mardi 16 juin 2015

Wouah wouah wouah : Popoème !

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Grand recueil de poésie du siècle dernier, Popoème est le livre qui vous manque. Vous l'ignorez encore mais il vous manque.
Et vous êtes vernis, il vient de reparaître avec une superbe photo de Gaston Criel nu — oui, à oualpé.
Publié en 1976, c'est pour Criel le livre de la révolte où la violence, la détresse et la scatologie balayent toute institution humaine, dans des vagues dont l'écume se nomment tendresse, dérision et émotion.
Absolument cru, absolument direct, absolument nerveux, un livre pleins de vers comme ce

Tu m'as collé au caca-mundi et je n'y puis rien mère-salope

dont la vérité n'est pas à discuter.
Mais la puissance de ce petit recueil est notable, car Gaston Criel, né en 1913, notons-le a soixante-trois ans lorsqu'il paraît. Quel poète laisse exploser sa révolte à soixante-trois ans...

Postface

Ça fait chier la poésie
les petits cris écrits
sur pneus crevés de rêves dégonflés

T'as vu mon texte ?
Et mon cul ?
Tu l'as vu ?



Gaston Criel Popoème. — Nolay (58), Le Chemin de fer, 2015, 59 p., 9 €


samedi 13 juin 2015

Une forme solide pour le langage...

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L'arsenal des lettres, chiffres et signes constitue un outil tout-terrain dont on devrait se réjouir tous les jours. C'est un champ de signes où jubilent les esprits. C'est aussi une forme solide pour le langage, comme l'écrit justement certain essayiste récemment traduit en français. Et le marché de la poésie qui se déroule en ce moment place Saint-Sulpice à Paris est le lieu où batifolent tous ces caractères avec plus ou moins de fantaisie, de lyrisme, de sérieux, de mélancolie, de morgue ou de timidité, de folie ou de sagesse, et parfois même les deux. Le lieu où s'illustrent toutes les capacités de cette technologie merveilleuse.
Cette promenade du week-end vous évitera d'aller mettre des baffes à certain pitoyable individu qui gesticule au palais de Tokyo en jetant des livres, maladroitement, comme un pauvre couillon inepte. L'année prochaine il jettera probablement des urnes de vote, l'année suivante les cendres de sa mère, le pauvre couillon inepte.
Pour le consoler, nous lui conseillons derechef la Philosophie de Charles Henrion, ce vaudevilliste si célèbre autrefois et si mort aujourd'hui (depuis 1808). Le pauvre inepte couillon trouvera dans ces seize (16) pages suffisamment d'esprit pour regretter toute sa vie sa pitoyable mise en scène couillonne. Tandis que nous nagerons dans la félicité. Et en particulier en apercevant la réédition de Popoème de Gaston Criel, ce très grand et très fortiche recueil de poèmes révoltés de 1974, sur certain stand ferroviaire...
Que sont donc grands les dieux du Signe !

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Robert Bringhurst La Forme solide du langage Essai sur l'écriture et le sens. Traduit de l'anglais par Jean-Marie Clarke et Pascal Neveu. - Paris, Ypsilon, 2011, 80 pages, 18 €

Gaston Criel Popoème. Maquette et illustrations de Renaud Buénerd - Paris, Les éditions du Chemin de Fer, coll. "Micheline", 60 pages, 9 €

Charles Henrion Ma Philosophie. - Bannes-Paris, Fornax, 16 pages, format 20,5 x 13 cm. Couverture de carte Conqueror vergé gris, sur laquelle est rempliée une jaquette de vergé gris à la forme provenant du XIXe siècle, porteuse d'une étiquette de vergé blanc de même provenance, imprimée en vieux rose et noir. Intérieur composé à la main et imprimé en typographie au plomb en vieux rose et noir. Illustrations « libres » composées d'un assemblage de vignettes du caractère à combinaisons Super-Veloz dont l'usage est ainsi détourné. En feuilles sous la couverture. 69 ex. sur vergé blanc à la forme provenant du XIXe siècle, tous numérotés à la presse.

jeudi 19 mai 2011

Les archives de la vie littéraire sous l'Occupation

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Une énorme exposition vient d'ouvrir ses portes à l'hôtel de ville de Paris : Archives de la vie littéraire sous l'Occupation.

850 pièces issues de cent fonds d'auteurs déposés à l'IMEC composent ce panorama inédit - les précédentes éditions de l'exposition présentée notamment à New York sont désormais dépassées...

On peut y découvrir jusqu'aux chutes de papier peint sur lesquelles Jacques Audiberti rédigea Monorail - son père, maçon à Antibes, lui avait procuré ce rare papier, reliquat de chantiers -, les "Stalag" du poète Gaston Criel alors prisonnier, etc. etc.

C'est le plus riche ensemble sur la période qui ait jamais été montré. Et gracieusement encore !

A ne pas rater, évidemment.

A cette occasion, Tallandier publie un catalogue ébouriffant très illustré dont voici les références :

Robert Owen Paxton, Olivier Corpet et Claire Paulhan Archives de la vie littéraire sous l'Occupation. Exposition, Paris, Hôtel de Ville, 11 mai au 9 juillet 2011. Paris, Tallandier, coll. "Albums illustrés", relié et très illustré en noir et en couleurs, 446 pages, 39,90 €

Pour lire le dossier de presse, voir ci-dessous

Lire la suite...

lundi 3 juillet 2006

De quoi se plaint-on ?

Sitôt nos soucis électroniques balayés – ou couasi : il reste à procéder, tout de même, à quelques exhumations pénibles pour tenter de sauver une paire de fichiers poussiéreux mais importants, quelques photos de famille et deux ou trois articles indispensables, tous coincés, comme dans le film, dans la coque de la nef Toshiba renversée par cette lame tsunamique qui nous a fourni bien du tracas, bien du stress aussi… -, restent les bons sourires de la vie, bonasse celle-là, qui n’en a pas fini de trouver le moyen de nous faire plaisir. Et je ne parle pas seulement des cadeaux d’anniversaire qui m’échurent, splendides, délectables, adorables.

Il est vrai, en effet, que la Pététée, fée laborieuse quoi qu’il lui en coûte, nous a ainsi fait livraison d’une pile de livres peu ordinaires, assez pour titiller l’excitation, pour creuser la curiosité. Il y eut d’abord La Déménagerie, de Jean-Loup Trassard, avec un petit mot très courtois et, en couverture, une photographie dont l’auteur a le secret. On a assez répété les énormes qualités de son roman Dormance pour engager tout un chacun à poursuivre son exploration. L’œuvre de Trassard n’est pas de la gnognotte. C’est du ferme, du terrien, du persistant.

Vint ensuite le lot concocté sympathiquement par David Vincent, mais oui, le patron des éditions L’Arbre vengeur, lequel végétal tape de taille et d’estoc pour rendre à quelques auteurs leur prééminence raccourcie par les estimes déplacées. Chacun sait qu’en la forêt, le plus grand, le plus gros fait de l’ombre aux quinquins. Or, en littérature comme en la vie, mes frères, mes sœurs, ceux qui accrochent le mieux la lumière ne sont pas toujours les plus resplendissants. C’est une question de surface, pas de matière interne. Soit. Passé le laïus du blogueur mal éveillé (il est encore tôt, non ?), on notera avec attention que ledit David Vincent de l’Arbre vengeur produit de très estimables pages de Paul-Jean Toulet, Jules Renard, Remy de Gourmont, Italo Svevo, Léon Bloy, Jean Richepin, Edmondo de Amicis (mais oui ! ces Vertiges de l’amour dont je suis curieux depuis longtemps), etc. Ainsi que nos contemporains parmi lesquels Jean-Luc Coudray, Marc Petit, Jean-Yves Cendrey et Jean-Marc Aubert. Mazette, que de monde. Les opus récents que j’ai en main ne dérogent pas à la qualité entrevue naguère : les nouvelles du Conquérant du dernier jour, de Louis Chadourne, sont désormais des classsiques, comme tous les livres de cet homme. Le Fruit défendu de Théodore Powys, traduit par Patrick Reumaux, nous allons nous dépêcher de consommer (tu parles ! il est servi sous une couverture colorée appétissante en diable), dès lors que nous aurons achevé notre immersion dans le Talent de Jacques Audiberti, l’indispensable Audiberti, l’Audiberti qui n’écrit comme personne, celui qu’on n’entend plus trop, excepté au théâtre, et que l’on ferait mieux de lire attentivement (les lecteurs d’estuy blog qui n’auraient pas acquis d’ores et déjà son Paris fut aux éditions Claire Paulhan sont priés de le faire illico, c’est pour leur bien et c’est par ici et c’est un grand, grand livre). On se rendrait compte qu’à côté des scribouilleux un Audiberti fait la maille. On s’apercevrait qu’à trop écouter les critiques on lit les glaces à l’eau d’une Fred V***** ou les puddings d’un Antoine V*******, et qu’on y perd un peu son temps. Franchement ? L’une écrit à la va comme je te pousse des phrases courtes, sèches, à peine formulées sitôt digérées, tandis que l’autre fait des phrases, des phrases, des phrases, avec l’air de vouloir nous en imposer. Avec Audiberti, pas de risque de s’ennuyer ou d’être pris pour des niais. Passé le dépaysement, l’angle étrange de son observation du monde, on apprend au moins à fourbir sa propre langue et à se laisser mener par le bout de la rétine. Comme avec Charles-Albert Cingria, tiens. Et l’on souvient, tiens, c’est vrai, qu’Yves Martin dégustait Audiberti. Pas fou, Yves Martin.



Le même jour, les dieux considérant qu’il me restait un peu de temps libre, c’est l’essai de Lionel Dupuy qui montra son nez. Il est consacré à Jules Verne, l’homme et la terre. La mystérieuse géographie des Voyages extraordinaires. Survolé parce qu’appétissant, l’opus promet. Il a paru à l’enseigne de La Clef d’Argent, dont on sait les talents fictionneurs. – Et si on ne sait pas, nous y reviendrons.

Il y eut encore Le Mec de la Tombe d’à côté, de Katarina Mazetti, propre à réjouir Lydia M., dont le blog Mes (més)aventures mérite votre visite (certes, il est n’est pas “exclusivement littéraire”, néanmoins écrit à l’arrache et avec beaucoup d’humour), celle de tout un chacun d’ailleurs. Songez un peu que ce roman désopilant, et grave, a été acheté par 450.000 des 9 millions de Suédois… Nos Sollers et nos Gavalda réunis ne sont pas prêts d’atteindre des scores pareils : imaginez une seconde 40, 5 % des Français se rendant de conserve chez leurs libraires favoris pour se payer un de leur bouquin ! L’horreur. Le Mec de la Tombe d’à côté est un roman d’amour, certes, mais c’est aussi un roman social. Car K. Mazetti y narre les amours passionnelles d’une bibliothécaire terne et d’un agriculteur - allez, un paysan en fait - séduisant. Aller à l’opéra ou traire les vaches, il faut choisir. Dilemme.

Il y eut aussi le grand Swing de Gaston Criel, où s’entend hot l’appel du Wa-Wa, la nuit, au fond des clubs. Un vrai classique de la littérature de jazz. Jacques Réda doit en dire quelque chose, quelque part, c’est sûr.

Jean-Pierre Verheggen, le plus plaisant des ex-TXT, lesquels ont souvent sombré depuis dans des proses à posture, livre lui les « excentries » de L’Idiot du Vieil-Âge. On lui fait confiance à ce jovial.

Maurice Imbert fournit finalement le Petit Supplément aux Œuvres plus-que-complètes, tome II, de Félix Fénéon et c’est une œuvre de salubrité patrimoniale : on y redécouvre des articles de ce grand silencieux à barbiche publiés sous le pseudonyme de Frédéric Moreau (emprunté à L’Education sentimentale) dans La Revue des journaux et des livres. On n’en finit donc pas de découvrir Fénéon, c’est d’un suspens léger mais très satisfaisant pour l’esprit.

De même que l’effort des éditions du Clown Lyrique, inconnues jusqu’ici, qui livre un ROMAN INEDIT de Remy de GOURMONT ! Mais si. Il s’intitule Le Désarroi et il est servi avec une postface de Nicolas Malais. Il est sûr qu’on va s’y jeter hardiment. Et sans crainte. Avec Gourmont, pensez donc !

Reste Claude Louis-Combet, dont deux ouvrages nous sont arrivés en même temps. C’est doublement réjouissant : il y a les cinqs nouvelles de Visitations, puis Cantilènes et fables pour les yeux ronds, un titre propice, favorable, comme auraient dit les Anciens. Et doublement encore, puisque Bérénice Constans, oui LA Bérénice Constans des Cahiers du Schibboleth, des éditions Galimart et, plus récemment, des éditions Schushumna illustre le volume. C’est du nanan, foi d’animal.

Bon, nous fûmes longuet, c’est certain. Nous renvoyons donc aux calendes quelque propos badin préparé pour célébrer la canicule, ses qualités, ses mérites, de même qu’une liste intempestive de petites trouvailles (des vieilleries du registre policier et SF). Tout vient à point pour qui sait attendre. Et, malgré la flemme qui me tient de sa poigne velue, je vous livre en prime les références de toutes les belles choses signalées ici. Vous ne pourrez pas dire que je me fiche de vous. Fichu blog.



Jacques Audiberti, Talent, avec une préface de Marie-Louise Audiberti. L’Arbre Vengeur, 216 p., 16 €

Louis Chadourne, Le Conquérant du dernier jour, et autres nouvelles. L’Arbre Vengeur, 232 p., 13 €

Gaston Criel, Swing, précédé d’une lettre de Jean Cocteau et suivi d’un témoignage de Charles Delaunay. Est-Samuel Tastet, 76 p., 12 €

Lionel Dupuy, Jules Verne, l’homme et la terre. La mystérieuse géographie des Voyages extraordinaires. La Clef d’Argent, 174 p., 12 €

Félix Fénéon, Petit Supplément aux Œuvres plus-que-complètes, tome II. Textes rassemblés et présentés par Maurice Imbert. Du Lérot éditeur, 111 p., 27 €

Remy de Gourmont, Le Désarroi. Postface de Nicolas Malais. Editions du Clown Lyrique (35, rue des Bussys, 95600 eaubonne), 128 p., 8 €

Claude Louis-Combet, Visitations. José Corti, 96 p., 13 €
Claude Louis-Combet, Cantilènes et fables pour les yeux ronds. José Corti, 86 p., 13 €

Katarina Mazetti, Le Mec de la tombe d’à côté. Traduit par Lena Grumbach et Catherine Marcus. Gaïa, 256 p. 20 €

Theodore Francis Powys, Le Fruit défendu, et autres nouvelles. Traduction de Patrick Reumaux, illustrations d’Alexandre Clérisse. L’Arbre Vengeur, 128 p., 11 €

Jean-Loup Trassard, La Déménagerie. Gallimard, “Folio”, 320 p., 6, 40 €.

Jean-Pierre Verheggen, L’Idiot du Vieil-Âge. Excentries. Gallimard, 156 p., 15 €