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jeudi 5 janvier 2017

17, année B7

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La ville de Montpellier consacre une exposition à Gaston Baissette, l'auteur de L’Étang de l'or, l'un des très grands livres français du siècle dernier.
Vous ne saviez pas ?
Allez, vous voilà informés.
Le livre est un chef-d’œuvre qu'il n'y a pas si longtemps Yves Martin conseillait à qui voulait l'entendre. Depuis son île, le Préfet fit à son tour le porte-voix, tandis que son éditeur maintenait le livre à son catalogue, vaillamment.
Médecin, poète, homme de la nature, Gaston Baissette mérite toute votre attention et la mise en vitrine de ses archives vaut que vous vous pressiez, jusqu'au 17 février, à la médiathèque centrale Emile Zola.
Pour vous exciter l'appétit, une émission de 2014 par Alexandre Héraud sur France inter devrait faire l'affaire : c'est ici
Et par là, quelques vers.

samedi 7 novembre 2015

Fragments de Baissette




Parce qu'on a toujours besoin de quelques vers de Gaston Baissette, qui s'est fait rare, en voici, en voilà.


On fait le tour

On fait le tour de Dieu
Je tremble de le dire
Et l’on trouve une femme
Aux mains abandonnées.



Mobilisation

Je n’avais pas envie
Casque à fleur de grenade
Capote de héros
Fusil aux noirs bouquets
Souliers pointus vernis
Ceinturon flambant neuf
Falzar et molletières
De partir pour la guerre.



Où sont ?

Où sont les roses de l’Häy
Et les colombes de Colombe
Les lilas de la Closerie
Et les Issoires de la tombe ?



Parisiennes Guinguettes

dédiées à Léon Vérane

Qu’il soit de Malgue ou de Cassis
Du Rhin, d’Espagne, ou d’offertoire
Ton vin ne s’absorbe qu’assis
Face à face avec ta mémoire
(...)




Illustration du billet : André de Richaud et Gaston Baissette (1939-1940).

lundi 25 septembre 2006

Les Braves gens, par André de Richaud

André de Richaud et Gaston Baissette (1939-1940).

Lassé des “grands” journaux qui ne s’occupent que des affaires du Monde, je dirai même des Mondes; fatigué de ne voir compter que par milliards ; inquiet du sort de Rita Hayworth et d’Ali, ou de celui de Ike, je lis l’Auvergnat de Paris qui est un hebdomadaire cossu et fort bien fait et cette littérature me réconcilie avec la Presse. Voici les nouvelles que je glane — j’en omets beaucoup du même genre — dans un seul numéro.
A Aguessac, madame Gourgaud est sérieusement maldale tandis que M. Bertrand, de Lescure, est en convalescence d’un mois. A la fête d‘Ambeyrac (toujours dans l’Aveyron), “M. Alain Cabriès a été très heureux d’avoir ses six enfants auprès de lui : Georgette qui est en congé de 20 jours; celle qui est religieuse, soeur Marguerite du Sacré-Coeur et Fernand qui est militaire à Nimes et qui était là pour sa permission du bon soldat.” Sans doute les trois autres enfants de M. Cabriès sont autour de lui à demeure.
Mais tout le monde n’a pas tant de veine. Mme Lagarrigue, de l’hôpital, s’est fait une entorse à la jambe et Mme Besset, de la Plaque, s’est foulé un bras.
M. Prayne, de l’Hespital, s’est fait construire une porcherie. A Coubisou, M. le curé a fait l’acquisition d’une voiture. A Estaing, le sous-lieutenant Laurens Claude est venu en permission de 20 jours. Ainsi que Paul Renard — mais soldat de 2e classe à Uzerche. Bernard Joseph, militaire à Reims, tombé malade en permission ne rejoindra pas son corps avant quelques jours. Il est alité chez ses parents à Londes. Son état n’est pas aussi grave que le docteur Cazes l’avait cru.
Tandis qu’un pommier est toujours en fleurs chez M. Soulet à Anglard, la petite Denise Capy, d‘Affieux, a été opérée des amygdales. Son état est satisfaisant.
Il est content, Jean Estagnon, de Londes, qui, après avoir devancé l’appel, revient au pays après 18 mois de Maroc !
Sainte-Anastasie se modernise : M. Robert Delorme a acheté une 1.000 kg Citroën pour faire son commerce de petits cochons.
Les vendanges battent partout leur plein; les soldats viennent en permission ; les gens sont peu malades ; on prend des permis de chasse à poignées et quelque gibier. L’Etoile de Rodez et le Sporting d‘Espalion graissent leurs godasses pour les rencontres hivernales et le cèpe est dans tout ses états. M. Charles Redon de Saint-Félix-de-Sorgues est démobilisé ; Mlle Jeanne Laurent, pas la nôtre, l’amie de M. Hebertot des “Arts et Lettres”, celle du commerçant du bourg de St-Cyprien, se fiance avec M. Mazars Robert de Firmy. M. Rebeyre, à Chalvignac, creuse un puits et Marcel Resdu de Montchamp a fait recrêpir sa maison d’habitation.

Images de l’âge d’or.




André DE RICHAUD

La Gazette des lettres, 15 novembre 1952, pp. 83-84.

Voir aussi la Société des Etudes André de Richaud