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Mot-clé - Gabrielle Wittkop

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mercredi 24 mai 2017

Dédiées aux chauves-souris

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Dédié aux chauves-souris... et publié initialement en 1977 en version bilingue chez l’éditeur italien Cegna, le seul recueil de poèmes connu de Gabrielle Wittkop, Litanies pour une amante funèbre, était depuis longtemps devenu totalement introuvable.

À l’occasion du quarantième anniversaire de sa publication initiale, Le Vampire Actif rend son souffle à l’ensemble de ces trente-et-un maléfiques mantras. Une composition poétique d'un romantisme noir aussi inquiétant qu'une nouvelle de Kenzaburo Oê...



Gabrielle Wittkop Litanies pour une amante funèbre. Avec reproductions des collages de l'auteur. Préface du Préfet maritime. - Lyon, Le Vampire Actif, reliure éditeur, 66 pages, 20 €



samedi 16 mai 2015

Quoique trois

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Un numéro de Quoique, ça n'est pas un numéro de la Revue des Deux Mondes ou de la NRf.
Un numéro de Quoique, ça vibre.
C'est une publication pleine de "couleurs, de monotypes une et deux couleurs, de mots choisis, gribouillis, feutre, photos très noires, paragraphes enchaînés, aquatintes sur zinc, graphite et mine de plomb, phrases interminables, photos floues, cyanotypes" conçus par une flopée d'artistes et d'auteurs sur des sujets variés. A commencé par l'hyperinflation d'avant-guerre en Allemagne, ou bien encore Gabrielle Wittkop et la nécrophilie.
Ian Geay, collaborateur de Quoique et meneur d'Amer, nous écrit qu'il s'agit cette fois d'"un fou égoïste et souriant, un fou morne et renfrogné, un coup de tuba sur la tête, des tchèques spartakiades, une berlinoise hyperinflation sensorielle, un cabaret culotté, une plaie béante, david bowie himself, quelques chants de maldoror, un malodorant bombyx du papier branlé et Gabrielle Wittkop herself, des eaux très fortes, des pendus pendouillant, un décor mal rangé, là, BO6, tiresias itself, une démonstration de somnambulisme, un certain cyan avec un certain jaune".
Excusez du peu.
Et le tout est monté par Karine, Sarah d’Haeyer, David Perrache & Ulrich peut-être, lnor, Ivan de Monbrison, Arthurine Vincent, Elizabeth Prouvost, Ian Geay, Eddy Legrand, lmg-névroplasticienne, Ivy Lusquin, Jean Constance, Joris Pitaud & Elena Gray, ainsi que Pln.
Alors ?
N'allez pas nous dire que vous allez lire un mook quand vous pourriez attrapez Quoique. Ca serait maladroit.


Quoique (n° 3)
156 pages, 12 €
quoiquequoique(a)gmail.com
Dans les meilleures librairies prochainement

mercredi 15 avril 2015

Streff sans tabou

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Il y a longtemps qu'un livre aussi potentiellement scandaleux n'avait pas poussé avec fracas les portes vitrées de la librairie françouaise. Un livre potentiellement scandaleux, nous voulons dire par là une fiction dépeignée, râblée, cousue d'injonctions et de trouble, soufrée, jaillissante en giclées acides ou en sanies écœurantes, un livre qu'on n'offre pas, en général, à sa mère.
A moins d'être l'enfant de Gabrielle Wittkop, de Genka ou de Bienvenu Merino.
Il y eut une histoire d'épi, le récit d'une diarrhée au Mexique ou de torture appliquée au jeune âge et puis, finalement, on s'était remis à Sade pour faire semblant de toucher l'inatteignable.
Un récit court et dense comme un galet vient cependant briser la sereine platitude de l'étang en y formant quelques cercles, c'est Théorème de l'assassinat de Jean Streff. Récit d'une solitude cauchemardesque, du huis-clos d'un esprit obsédé par l'égorgement au rasoir. Et au moment où est diffusé Le Challat de Tunis, film édifiant de Kaouther Ben Hania, ce projet laisse d'autant moins indifférent.
Claude Louis-Combet, qui signe la préface, a trouvé les mots pour décrire simplement ce livre qui pourrait aux âmes mal cuites paraître posé au-delà des possibles : « Le récit de Jean Streff n’est en rien une apologie du crime. C’est une mise en scène de cauchemars sanglants pour un théâtre nu et solitaire : celui de l’existence — là où se répète obstinément la terreur d’être né et où la violence demeure l’ultime invocation. »
Spécialiste du sadomasochiste, Jean Streff est (assez naturellement) allé jusqu'au bout de son inspiration, et il nous propose un livre-limite, à n'en pas douter. Nous n'allons pas en offrir d'extrait comblé d'effroi et de fantasmes. Nous nous contenterons de livrer cette piste que le Moi nu fait ici ce qui lui passe par la tête, sous les étoles mêlées de la folie et d'une certaine poésie.

Vous l'aurez compris, il faut désormais ajouter le nom de Streff à la liste des auteurs... singuliers. Les lecteurs du Nécrophile, par exemple, s'y retrouveront aisément. A ce titre, un entretien paraîtra dans le prochain numéro du Matricule des anges où sera exposée l'histoire chaotique du manuscrit de ce Théorème terrible.


Jean Streff Théorème de l'assassinat. Préface de Claude Louis-Combet. - Arras, Les Âmes d'Atala, 2015, 124, 11 €

La couverture d'une édition avortée :
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