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mardi 2 octobre 2007

Grabinoulor encore

Grabinoulor.jpg



Autre réédition, celle de la plus fameuse épopée française du XXe siècle qui n’était plus disponible depuis quelques mois.

Mais faut-il encore ajouter l’importance de ce (gros) livre ?
Faut-il encore parler du Vent du monde de Jacques Spitz, des “romans” surréalistes, si l’on peut dire, de Desnos, d‘Oeil-de-Dieu par Franz Hellens et de cette génération de personnages héroïquement dingues ?
Hum ?
Dinguement héroïques ?
Aussi.
Le métaphysique, mathématique, énergique, fleuri et aérien Grabinoulor vous fera le plus grand bien durant l’automne qui s’annonce à tout point de vue bofbof.
Il ne joue pas des effets d’annonces Grabinoulor, on ne le voit pas dans les journaux Grabinoulor, il invente.
Son épopée est à peu près la seule qu’un Français ait pondu au siècle dernier. Et ça ne sera pas la peine de la ramener avec Georges Duhamel, André Soubiran et Jules Romains, ils faisaient dans la saga.

Pierre ALBERT-BIROT Grabinoulor. Avec un index des personnages cités - Paris, Jean-Michel Place, 2007, 1005 p., 35 euros

lundi 30 avril 2007

Bibliographie exhaustive de la revue Bizarre (en cours)

BIZARRE (nouvelle série, n° V, juillet 1956)
Revue périodique nouvelle série

Rédacteur en chef : Michel Laclos
La rédaction reçoit tous les jeudis de 17 à 20 heures, au siège des éditions
Il paraîtra 8 numéros par an (...)
Librairie Jean-Jacques Pauvert, 8, rue de Nesle, Paris VIe
Directeur-gérant : Jean-Jacques Pauvert

2 Le Dompteur de voix sauvages (Franz Hellens)
13 La Vision d'Oladson (Théodore Koenig)
14 Cabinet noir (Ayité Gervais)
15 Mad (planche)
16 Dans le Monde des Variants (J. H. Rosny aîné)
24 Raymond Isidore, bâtisseur de rêves (Robert Giraud)
30 Le Miroir des âmes (Noël Arnaud)
35 Recours en grâce (C. M., communiqué par J.-P. Clébert)
36 Les Pays d'illusion (Pierre Bailly)
42 La Complainte de Tom de Bedlam (trad. J. B. Brunius)
48 Trois contes : Voyage aux Indes, Bouches d'égout, Les ballons (Pierre Bettencourt)
49 Notes : Les Survivants de l'Infini, Saga of Anatahan, Desnos vivant, A propos de "la Peur au ventre", la grande peur de l'an 2000, L'Affaire Alphonse Allais, Les fous littéraires (suite), Découverte de Christophe-Colomb, Fugue à Waterloo, Ambrose Bierce ou le fantastique expérimental, Hommage à Ray Bradbury, Mystères des Rêves, mystère de l'homme (Jacques Delpal, Michel Deutsch, Michel Laclos, Jacques Trézel)
Illustrations : Robert Doisneau, Pierre Bailly, Christophe, Guy Bourdin, Siné, Yan d'Argent, Tony Johannot
Photographies, documents, coupures de presse.
Cahier de publicités in fine.

vendredi 6 avril 2007

Les couilles du surréalisme (paroles de Pia)


Le travail de René Fayt nous permet d’en savoir plus sur un point crucial de l’histoire littéraire du siècle dernier (cf. billet d’hier) : quelle était la position de Pascal Pia sur le surréalisme.
Les fragments de deux lettres mises en lumière dans Au temps du Disque vert méritent le détour. Ils sont clairs, pour ne pas dire lumineux, et plutôt iconoclastes.
On sait quelle était la lucidité de Pascal Pia, il serait dommage de ne pas écouter ce qu’il avait à nous dire. Extraits.


Noël (jeudi 25/12/1924)
Mon cher Hellens,
Tu trouveras ici une longue note sur Aragon. (…)
J’ai d’abord hésité un moment. IL me semblait presque inutile de dire ce que chacun pense des comédiens surréalistes. Mais comme ces MM. prennent des airs menaçants il est tout de même bon qu’on les envoie se faire foutre. Je pense que tu seras de mon avis. En tout cas je tiendrais à ce que cette note paraisse, in extenso. (…)



31-12 (1924)
Mon cher Franz
(…) Publie la note sur Aragon, comme tu voudras. J’accepte volontiers la manière que tu proposes ; j’entends même que cette note n’engage que moi, puisque je me suis presque placé sur ce terrain où Aragon et Breton avaient invité M. Morhange à venir. Si Aragon a des couilles, on sait quelle réponse il doit faire. On verra bien lequel cette fois se dérobe. Pour leur talent, je n’y contredis pas, mais il est — je crois l’avoir écrit — d’essence poétique, et non critique. Quant au sens critique de Breton, je ne marche plus. Je ne fais jamais grief de son ignorance à personne, sauf à qui veut se faire prendre pour érudit. Les Pas perdus sont, pour qui a lu Sade ou Vauvenargues, par exemple, un témoignage éclatant de présomption et d’ignorance. (…)



Faut-il épiloguer ?
Nous renvoyons aux références du livre mentionné hier. Il semblerait qu’il constitue une pièce maîtresse de la connaissance avertie des choses du temps passé. “Une opinion”, le pamphlet de Pia (Le Disque vert, janvier 1925) évoqué plus haut y est reproduit en fac-similé. Que demander de plus ?


Pour information :

jeudi 5 avril 2007

De Pascal Pia à Franz Hellens, par René Fayt


Ce que ne dit pas cette couverture rouge mal reproduite à l'écran (le scan, le scan), c'est l'intérêt du sujet de ce livre, des lettres et des notes qui le composent.
Non, une couverture, en général, ne dit pas tout ça.
Personnellement, j'y aurais mis les noms de Pascal Pia et de Franz Hellens plus gros, ainsi que celui de René Fayt, qui n'est pas pour rien dans la publication, comme vous allez voir.
Ce livre — pour aller à l'essentiel dans l'espace d'un billet de blog (pas de tirade) — nous offre un aperçu direct, c'est-à-dire sans fard, sur une figure cardinale des années 1920-1960 : Pascal Pia.
Certes, les chroniques dudit Pia avaient paru (sans autre succès que d'estime) chez Fayard, en deux volumes point exhaustifs tout au moins synthétiques et... Et pas grand chose. Or Pascal Pia, que l'on se le dise, est probablement l'une des plus importantes personnalités de la littérature française du XXe siècle, un homme-jalon, un relais, une passerelle, comme en témoignent nettement les lettres réunies ici où, d'un net entregent, il convoque ses amis et les écrivains de sa connaissance.
Et pour preuve, ses lettres au fondateur de la (fameuse) revue Le Disque vert, Franz Hellens, autre personnalité des lettres du siècle dernier — qui n'a lu Oeil-de-Dieu ne comprendra pas un mot de ce que je raconte, mais tant pis — pêchent en leur filet les noms de Max Jacob, Odilon-Jean Périer, Eddy du Perron, Fernand Fleuret, Pierre Albert-Birot, Pierre Morhange, Mélot du Dy, René Purnal, Marcel Sauvage, René Edme, Florent Fels, André Malraux, Henri Michaux, toutes personnalités d'importance, plus ou moins. N'empêche.
On y découvre aussi, ce que l'on ignorait tout à fait, le caractère volontaire de Pascal Pia dans ses toutes jeunes années. Il est actif, il est rebondissant, c'est un ressort.
Tout comme il sera un ressort, plus tard, pour la littérature française du siècle dernier. Et un astucieux éditeur de grivoiseries, de faux et autres coquineries variées (son Baudelaire, A une courtisane, vaut encore son pesant de caractères en plomb, qu'en bien même il ne figure pas dans la Pléiade qui l'avait d'abord, en 1941, intégré au corpus du Poète).
Mais je me répète.
Ajoutons pour être objectif le caractère généreux et efficace de l'excellentissime travail de René Fayt. On ne saurait assez louer l'art d'un annotateur qui sait annoter et nous permet de savoir où Pia trouva à s'employer dans les années, comment il offrit à Michaux, par l'entremise de Paulhan, de trouver du travail, etc. René Fayt, bibliophile d'expérience, est celui qui pose the right note at the right place : un art subtil, exigeant, une mission sacrée réservée à l'élite de la bibliographie.
Chapeau.
Pour conclure, si vous voulez briller pour de bon en société, lisez Pia, lisez Hellens, lisez Fayt.
On ne peut pas vous dire mieux.

Pascal PIA Au temps du Disque vert. Lettres à Franz Hellens (1922-1934). Textes réunis et présentés par René Fayt. — Paris, IMEC éditions, 111 p., 20 €