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mardi 9 juin 2009

Bibliographie lacunaire des Presses littéraires de France (François Caradec was here)

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Il est notoire que François Caradec était typographe. Il a tout naturellement travaillé dans l'imprimerie. C'était juste après la guerre, du côté de Massy, à l'imprimerie des Presses littéraires de France, maison bien oubliée qui va néanmoins laisser des traces dans l'histoire littéraire.

Grâce à François Caradec, ou à cause de lui...

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dimanche 7 juin 2009

Régis Messac accueille François Caradec

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Excellente livraison de Quinzinzinzili, l’organe de la société des amis de Régis Messac.
On y trouve “La complainte des bouquinistes” de Léo Malet (1965), un bel hommage à François Caradec par Olivier Messac, un dossier sur la science-fiction des années 30 par Régis Messac (1935), un projet d’article de Raphal Messac sur Léo Malet ( circa 1987-1992) et un article sur le même par le même (Le Populaire, 1949), ainsi que moult autres choses délectables sur Fortuney de Boisgobey, Edward Brooker, etc. par Claude Hermier. Hélène Cée a quant à elle retrouvé la trace du viaduc de Tolbiac, démonté et remisé le long d’une voie de chemin de fer d’intérêt local près de Chartres.

Un colloque Régis Messac se prépare pour le mois de février 2010 à l’université Montaigne (Bordeaux 3).



Société des amis de Régis Messac
71, rue de Tolbiac
75013 Paris
abonnement 18 euros

Et toujours
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Régis MESSAC Quinzinzinzili. — L’Arbre vengeur, 28 septembre 2007, coll. “L’Alambic”, 200 pages, 13 euros.

samedi 9 mai 2009

D'excellentes occasions (Caradec, Ehni, Fourré, Pieyre de Mandiargues)

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François Caradec
Le mercredi 13 Mai 2009, au Musée d’Art et d’Histoire de Saint-Denis (M° Saint-Denis -Porte de Paris ; sortie Centre ville – Musée) dans le cadre du cours de « tératologie poétique » assuré par Etienne Cornevin aura lieu une journée d’étude sur les livres de François Caradec aura lieu. Nous avons déjà donné le programme : ici.


René Ehni
Le Miroir a le plaisir jeudi 14 mai à 19 h 30 de vous inviter à la projection de * EHNI, un film documentaire de Jean-Luc Bouvret (2008 – 55’) avec la voix de Mathieu Amalric (produit par Gabriel Chabanier et Pascal Goblot, coproduction Le Miroir et France 3 Alsace) : c'est un portrait de René Nicolas Ehni, écrivain, homme de théâtre, tzigane, alsacien, juif, devenu chrétien orthodoxe… Enfant terrible du milieu littéraire parisien dans les années 60-70, grande figure de la culture alsacienne, Ehni a tout lâché. Il vit depuis vingt ans en exil volontaire en Crète, où il continue d’écrire sans répit. Le film retrace son parcours et cherche à démêler les fils de ce personnage hors du commun. Derrière le masque, il montre le grand écrivain…
Un entretien « Mathieu Amalric raconte Ehni » (11’) sera projeté en début de séance.
SCAM, salle Charles Brabant, 5, avenue Velasquez, 75008, métro Villiers ou Monceau).


Maurice Fourré
L'association des amis de Maurice Fourré vous convie à une soirée festive à l'occasion du cinquantenaire de la mort dudit.
Théâtre, peinture, cinéma et buffet angevin, à la Fondation Boris Vian, samedi 16 mai 2009 (19 heures)
6B, Cité Véron, 75018 Paris (métro Blanche)


André Pieyre de Mandiargues
Du jeudi 14 au dimanche 17 mai, aura lieu à Caen le colloque du centenaire de la naissance de l'écrivain : Plaisir à Mandiargues.
Ce colloque réunira une trentaine d’intervenants internationaux autour de l’œuvre d’André Pieyre de Mandiargues.
Poète, conteur de récits fantastiques et érotiques, critique d’art et de littérature, épistolier attentif à la vie artistique de son temps, traducteur (notamment de l’italien), cet écrivain surréaliste fut en relation amicale avec les grands créateurs du XXe siècle (Ernst, Breton, Gracq, Paulhan, Mirò, Henri Cartier-Bresson, Octavio Paz, Benjamin Péret, Leonor Fini, Meret Oppenheim, De Pisis, etc.). L'imaginaire de Mandiargues oscille entre deux pôles magnétiques: la Normandie, un des lieux de son enfance, qui nourrit de ses paysages marins nombre de recueils, et l’Italie, ses palais et ses architectures « métaphysiques ». L’histoire de la création et de la critique, la génétique textuelle, la poétique des textes, la relation entre lisible et visible d’un poète essayiste, aimanté par la peinture (d’Arcimboldo au Surréalisme), orienteront les approches scientifiques des chercheurs au cours de ces quatre journées. Les archives de Mandiargues et celles de sa femme, le peintre Bona, déposées à l’IMEC, feront l’objet d’une présentation à l’abbaye d’Ardenne ; en contrepoint du colloque scientifique, projections de films au Café des images, lectures et entretiens offriront l’occasion de prendre la mesure de cette œuvre qu’on ne connaît encore que partiellement.
Avec la participation de Sibylle Pieyre de Mandiargues, Marie-Paule Berranger (université de Caen), Myriam Boucharenc (université Paris X), Stéphanie Caron (université Paris X), Anne Chevalier (université de Caen), Alain Chevrier (Rouen), Henryk Chudak (université de Varsovie), Georgiana Colvile (université de Tours), Claude Coste (université Grenoble III), Jacqueline Demornex, Alexandra Destais, Eric Dussert, Gérard Farasse (université du Littoral), Anne Gourio (université de Caen), Marie Hartmann (université de Caen), Patrick Jézéquel (université Paris X), Claude Leroy (université Paris X), Sophie Loizeau (université Paris X), Alain Massuard (IMEC), Michel Murat (université Paris IV), Claire Paulhan (IMEC), Adélaïde Russo (université de Bâton Rouge), Caecilia Ternisien (université Lille 3), Marie-José Tramuta (université de Caen), Birgit Wagner (université de Vienne).
Université de Caen les 14 et 15 mai, abbaye d’Ardenne les 16 et 17 mai.
Le programme se trouve ici, sur le site de l'IMEC.

lundi 13 avril 2009

François Caradec prochainement à l'étude

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Le mercredi 13 Mai 2009, au Musée d’Art et d’Histoire de Saint-Denis, dans le cadre du cours de « tératologie poétique » donné par Etienne Cornevin à des étudiants de deuxième année du départements Arts de Paris 8 (Saint-Denis) aura lieu une journée d’étude sur les livres de François Caradec.

En voici le programme et la déclaration d’intention, par Etienne Cornevin lui-même :

Tous ceux qui, en France, aiment l’humour de haut vol, conçu et pratiqué comme une forme paradoxale de poésie, doivent bon nombre de leurs rencontres décisives et de leurs connaissances en ce domaine à François Caradec (1924-2008). Que ce soient les éditions de grands humoristes qu’il a rassemblées et préfacées (Allais, Christophe, Töpffer, Pawlowski, Auriol), les anthologies du rire, du pastiche ou encore de morceaux de bravoure humoristico-aphoristiques (dans la collection En verve chez Pierre Horay, dont même les recueils constitués par d’autres portent sa marque), les biographies (Christophe, le pétomane, Fregoli, Ducasse-Lautréamont, Roussel, Jarry, Willy, Allais ou Jane Avril), ou les encyclopédies et les dictionnaires d’inventions (farces, attrapes et mystifications, français argotique et populaire, music-hall, gestes) dont le pédantisme qui passe aujourd’hui pour haute culture préfère ne rien savoir, ses livres sont incontournables. Ce sont des classiques de la contre culture humoristique, nos manuels d’école buissonnière, dans lesquels toute la place est occupée par les écrivains et les dessinateurs communément tenus pour mineurs, les burlesques, les parodistes, les pasticheurs, les « auteurs gais », bref les oubliés du Lagarde et Michard (doublement oubliés à une époque où les élèves ne savent même plus par cœur comment Rodrigue se fait demander s’il en a, et où certains jeunes professeurs croient se souvenir que le titre du roman de Flaubert est plutôt Bouvarde et Pécuchard).
Le centre d’anti-gravité de cette œuvre capitale est peut-être de nature tératologique : Caradec ne s’est intéressé qu’à des auteurs « monstres ». Ni Christophe, ni Jarry, ni Lautréamont-Ducasse, ni Roussel, ni Allais – pour ne mentionner que ceux dont il a écrit ou esquissé la biographie – n’ont respecté les règles d’expression mesurée et vraisemblable qui régissent la « grande » et « vraie » littérature. Au contraire, ils développent allègrement des fictions abracadabrantes, voire démentes - dont les personnages extrêmes ont souvent des pensées et des comportements qui violent les lois les plus fondamentales de l’humanité, « monstrueux » donc au sens ordinaire - et en même temps qu’on est constamment ballotté entre suspension de l’incroyance et … suspension de la suspension, on ne sait jamais s’il faut les prendre uniquement à la rigolade ou s’il y a, comme souvent on en a l’impression, une dimension sérieuse (ou inversement). Corollaire : les catégories traditionnelles ne sont plus applicables. Les chants de Maldoror ont quelque chose d’épique, mais leur héros est trop irréel pour que l’épopée puisse se déployer, et la grande ironie sarcastique des Poésies ne rentre dans aucune des subdivisions de la poésie comique. Ubu ou le Dr Faustroll relèvent simultanément de la bouffonnerie la plus agressivement scatologique et de la poésie symboliste la plus hermétique. Les poèmes d’Allais sont de quelqu’un qui n’aurait rien compris à la poésie, mais il y a une véritable poésie de ses contes, qui prodiguent des enchantements bien plus durables que la « littérature pour commis voyageurs » qu’il y voyait.
Ce caractère plus ou moins violemment anti-classique, contradictoire, inclassable et perturbant, on le trouve également dans les « œuvres » de Christophe, Roussel, Masson (Lemice-Terrieux), Auriol, Pawlowski, Cros, … ainsi que dans les autres objets d’étude de François Caradec : les « farces, attrapes et mystifications », la Bande dessinée, la littérature enfantine, l’argot, le Music Hall ou les gestes.
Il m’a semblé qu’il serait utile de revisiter certains de ses livres, pour essayer de dégager quelques-unes de ses découvertes, et mettre en évidence la vision qui a orienté toutes ses recherches, une vision extraordinairement vaste, généreuse et beaucoup plus profonde que On n’évite de le penser. À cette fin, j’ai invité quelques personnes qui, à des degrés divers, partagent cet esprit, et pour lesquelles certains livres de François Caradec ont beaucoup compté :


Intervenants
Éric Dussert, expert en redécouvertes de chefs-d’œuvre méconnus, nous parlera de L’encyclopédie des farces, attrapes et mystifications (Pauvert, 1964) : « ce « monument de rigolade », où tant d’entre nous ont découvert la vie, la vraie ».
Yves Frémion, nickeleur de papieds, évoquera les recherches – et les trouvailles – de Caradec en matière de bande dessinée (il en fut un des premiers historiens, et a beaucoup contribué aux republications par les éditions Pierre Horay de classiques comme Rodolphe Töpffer, Wilhelm Busch, Christophe, Winsor Mac Kay, Gustave Verbeck, Richard Felton Outcault ou Pat Sullivan)
Astrid Bouygues, qui vice-préside pendant la semaine l’Association des Amis d’un personnage qui ambule dans le Dimanche de la vie, nous livrera les résultats de ses investigations sur la lecture que faisait Caradec des romans de Raymond Queneau (qui fut un des artisans majeurs de la renaissance d’une haute culture humoristique dans les décennies d’après-guerre)
Jacques Jouet, équilibriste verbal épatant qui prodigue les prodiges de sa virtuosité dans les assemblées de papoux dans la tête ou d’oulipiens, tentera de dépasser pour nous le record détenu jusqu’à présent par Rimbaud (Arthur) en tendant des cordes non de clocher à clocher mais de nuage à nuage (car Caradec était aussi un poète – sinon grand, en tout cas vrai -, et un poète des nuages – parisiens de préférence)
Christian Laucou, qui a publié aux Éditions du Fourneau un ou deux livres de François Caradec (ainsi que Mes états d’âmes ou les 7 chrysalides de l’extase, du mystérieux Retoqué de Saint-Réac, mentionné pour la première fois dans l’E.F.A.M.), et qui comme lui est typographe de formation et passionné de littérature « fin de siècle », suivra la piste du plomb dans les alchimies inversées de l’humour
Bruno Fuligni, qui explore les rapports souvent très inattendus de la folie, vraie ou fausse, avec le pouvoir, nous fera part de certains cas de politiques fantaisistes qu’il a découvert grâce à François Caradec (par exemple le Captain’ Cap, ami d’Alphonse Allais, qui s’est présenté aux élections législatives de 1893 avec sur son programme « La place Pigalle port de mer » ou « Le rétablissement de la licence dans les rues du point de vue de la repopulation » (… )
Paul Gayot, dont le compère Ruy Launoir a récemment publié une excellente biographie d’Emmanuel Peillet et ses doubles, et qui est probablement celui qui connaît le mieux l’histoire du Collège de ‘pataphysique, nous parlera des rapports de Caradec avec celui qui apparaît de plus en plus comme son instigateur, fondateur et principal animateur, ainsi que du rôle que joua dans cette institution éminemment « monstrueuse » (et très portée sur la tératophilie poétique) celui qui y fut « Régent toponome et celtipète », « Régent de céphalorgie appliquée », « Régent de Colombophilie » et enfin « Régent d’alcoolisme éthique »
Etienne Cornevin enfin, l’organisateur (plutôt gentil) de cette journée et écriveur de ces lignes, essaiera de présenter synthétiquement l’apport philosophique et critique de Caradec, et tentera d’articuler deux ou trois pensées plus ou moins penchées sur une phrase d’Allais devenue le titre d’un recueil de ses 150 meilleurs contes : La logique mène à tout à condition d’en sortir

Programme
9h : accueil des inter- et autres venants (les re- ne seront pas exclus, sauf agitation intempestive de chaînes de « e », mais on n’ira pas les chercher)
9h15 : Étienne Cornevin : Contribution de François Caradec à la renaissance d’une haute culture humoristique
9h45 : Éric Dussert : À propos de l’Encyclopédie des Farces, attrapes et mystifications
10h 15 : Yves Frémion : La découverte du Nouveau Monde de la « B.D. » par François Caradec

10h45 – 11h : entracte

11h : Astrid Bouygues : Caradec lecteur de Queneau, ou la monstruosité quercycanine
11h30 : Jacques Jouet : Paris sur l’âge des nuages de Paris

12h – 14h : antr’acte

14h – 14h30 : etc. : Allais la logique !
14h30 – 15h : Christian Laucou : La typographie mène à tout …
15h – 15h30 : Bruno Fuligni : De quelques foupols retrouvés par François Caradec

15h30 – 15h45 : hun ter, mède

15h45–16h15 A propos de Caradec & Jarry, la pataphysique, le collège de ‘Pataphysique, l’OuLiPo et divers OuXPo, avec Paul Gayot, Jacques Jouet, Bruno Fuligni (la table, rectangulaire comme la plupart des tables rondes, s’agrandira symboliquement mais judicieusement pour accueillir les intervenants précédents comme le public désireux de se mettre à table)

Cette journée d’étude est ouverte à tous, dans la limite (assez extensible) des places disponibles.


Musée d’Art et d’Histoire de Saint-Denis
M° Saint-Denis - Porte de Paris (sortie Centre ville – Musée)

samedi 11 avril 2009

Un rapport historique

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A point nommé tombe de profondes fort spécialisées en la matière, le Rapport de la Commission de l’Encyclopédie au premier Congrès de l’IFFA, présenté par Noël Arnaud, Chancelier de l’Institut.
A point nommé puisque vient de paraître dans la Revue de la Bibliothèque nationale (n° 31, avril 2009) un article sur l’histoire du fruit majeur de l’Institut Français des Farces et Attrapes, j’ai nommé l‘Encyclopédie des Farces et Attrapes et des mystifications, menée par Noël Arnaud et François Caradec.
Un “monument de rigolade” où tant d’entre nous ont découvert la vie, la vraie (1).

Bien entendu, on ne cherchera pas à se procurer la brochure, on ne cherchera pas non plus à se procurer la circulaire originale que contiennent tous les exemplaires.



Noël Arnaud Rapport de la Commission de l’Encyclopédie au premier Congrès de l’IFFA, présenté par Noël Arnaud, Chancelier de l’Institut. — Ateliers du Pradel, 1er avril 2009, 11 pages cousues.


(1) On peut lire l’intégralité dudit article en pdf, c’est une chance. cf. “un extrait”.

lundi 1 décembre 2008

Souvenirs des temps troublés

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François Caradec, qui vient de nous quitter, avait écrit avant de disparaître un rompol, comme s’en souviennent les nautes qui ont passé par ici récemment. Ce roman très canin est le lieu où François Caradec a choisi de verser discrètement une part jusqu’ici tue de son histoire, sur ces temps où l’on prenait des bombes sur la poire à peu près partout entre le Finistère et Berlin.
En voici un court fragment où l’écho de Pierre Mac Orlan se laisse entendre

A ce propos, je fais une parenthèse. Notre génération n’a pas eu le temps de courir l’aventure. On nous l’a imposée. Imaginer une aventure suppose une grande liberté, de l’initiative et l’entière responsabilité de ses actes. Avec lea discipline nécessaire au bon fonctionnement d’une collectivité armée, l’imagination ne peut guère concevoir une histoire complète avec son commencement, son milieu et son dénouement. Chacun exécute sa petite part dans l’histoire, sans en voir véritablement le sens. C’est une peu le cas de l’ouvrier trop spécialisé, par exemple dans le polissage des têtes de vis, qui ne peut guère concevoir la forme et l’intérêt véritable du croiseur cuirassé à l’édification duquel il contribue par son travail.
Le parfait aventurier reste assis.



François CARADEC Le doigt coupé de la rue du Bison. — Paris, Fayard, 234 pages, 16 euros.

lundi 24 novembre 2008

Les Derniers travaux de François Caradec

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A part Le Doigt coupé de la rue du Bison évoqué précédemment, astucieuse mise en perspective des pans marquants de son existence, François Caradec a laissé juste avant de partir une série de poèmes dans la revue Plein Chant.
Le nom d’Edmond Thomas ayant été prononcé lors des obsèques, jeudi dernier, à propos du volume d’Auriol qui les a réunis, et pour la mise en oeuvre duquel le Préfet maritime eut le privilège de servir de go-between, nous nous en voudrions d’oublier de signaler ces textes qui seront probablement les derniers publiés du vivant de Caradec.
Nous ne nous faisons aucune illusion sur les inédits qui paraîtront désormais, il y en aura un jour prochain. Pour le moment, et c’est très bien, il reste à découvrir ces “Treize à la douzaine” (+ 1), dans l’une des deux meilleures revues françaises, poèmes adressés à tous, à Pascal Pia, à André Bureau, à la gidouille et aux “classes dangereuses” de 2012… Spécimen :

Voyage

Je sais voyager dans une valise
et je n’ai pas besoin d’avion supersonique
pour filer tout droit vers les oasis de palétuviers
où roucoulent d’une voix mourante
chairs roses chairs flasques chairs molles
vahinés des vahinés tout n’est que vahinés
(…)


Au même sommaire, quelques noms dont les alamblogonautes sont familiers :

Choses graves et moins graves
François Caradec Treize à la douzaine, plus un en quatrième page de couverture
Joe Ryczko Calembredaines
Michel Ohl Foire aux livres plein champ
Fabrice Marzuolo L’humain enragé
Francis Giraudet Livre more
Dominique Monteil La liance du village
Ferruccio Brugnaro Deux poèmes, traduits de l’italien jpar Jean-Luc Lamouille et Béatrice Gaudy
Victor Ruiz-Huidobro Calembredaines
Jean-Pierre Levaray Nouvelles de l’usine
Eddy Soric Le devin du ciel
Jean-Claude Cagnion Repas & saveurs d’enfance
Jan dau Melhau Sous un regard, une lettre à Zo d’Axa
Jean Lécuyer Lettres à sa femme et à Zo d’Axa

Chroniques et anachroniques
Joël Cornuault Brève enquête autour du graveur Poyet
Jean-François Dubois Nouveaux limonaires (7)
Jean-Pierre Ohl “lelivrepapa” de Michel Ohl
Philippe Geneste Deux grands Suédois (Eyvind Johnson, Harry Martinson)
François Mary Lectures & relectures (Gustave Roud, Marie Noël, Jean Sénac, Georges Haldas)
Philippe Geneste L’oeuvre en cours de Jean-Pierre Levaray
Guy Bordes, François Mary, Philippe Geneste & Pierre Ziegelmeyer Gazette critique (Psalmanaazaar, Du Laurens, Albert Humbert, Michel Millet, Ernestine Chasseboeuf, J. Barine, Bruno Fuligni, Thierry Maricourt, Denis Ballu, Joël Vernet, François Ascal, Claude Carrey, Robert Piccamiglio, Catherine Leprince, Cécile Wajsbrot, Philippe Billé, Jacques Antel


Plein chant (n° 83-84, “Choses graves et moins graves”, printemps-été 2008)
208 pages (denses), 18 euros Abonnement 4 numéros : 40 euros 16120 Bassac
05 45 81 93 26

vendredi 14 novembre 2008

Je n'ai pas été violé par une boulangère (entretien avec François Caradec)

Caradec1998.jpg © e.d. 1997.



Il y a onze ans, François Caradec nous donnait un entretien où il s’ouvrait sur quelques points importants de sa vie, de ses goûts et de son travail. Rappel.



Excellent connaisseur de la littérature Belle-Époque, François Caradec explore depuis vingt ans la biographie de nos grands écrivains. Après Lautréamont et Allais, il détaille dans une nouvelle édition les étranges alchimies de Raymond Roussel.

Un lecteur tout terrain

Ses affinités avec Alphonse Allais sont légendaires. Outre qu’il dispose d’une identique moustache blanche et d’un profil ressemblant, François Caradec possède cet air de sérieux qui cache mal un sourire naissant. Ce vaillant érudit dont les livres ont acquis le statut de références est aussi la modestie incarnée. Intarissable lorsqu’il lui est offert d’évoquer Allais ou Jarry, il passe sa propre personne sous silence. Ce que nous ne lui permettrons pas puisqu’il est un guide rare, un authentique découvreur de talents… posthumes il est vrai. Grâce à lui, Gabriel de Lautrec, Eugène Mouton ou Eugène Chavette bénéficient d’un retour de flamme, le cachet Caradec faisant foi.
Membre de l’Oulipo, pataphysicien, François Caradec fait à la fois figure de chercheur très sérieux et de bon vivant aguerri. Son intérêt pour le spectacle populaire (Le Café-concert, 1848-1914, Hachette 1980 ; Fayard, 2007), la bande dessinée, l’argot ou les pastiches (La Farce et le sacré, Casterman 1977) l’ont conduit au coeur de littératures en jachère que nul universitaire ne fréquentait. Ainsi vit-on paraître un essai de philosophie canine sous forme de délicieuse “bande dessinée en prose” (Nous deux mon chien, Horay 1983) ou de sagesse bistrophilique (Les Compagnie des zincs, Ramsay, 1986 ; Seghers, 1991 ; Climats, 2000) ! Collaborateur des Cahiers Lautréamont et de Bizarre, il était destiné à s’interroger sur la magie de Raymond Roussel, ses fameux rails en mou de veau et autres vers joueurs de cithare… Et puisqu’en 1946 Jean Ferry destinait “Roussel au paradis”, visite au purgatoire.

Qu’est-ce qui justifie une nouvelle édition de votre biographie de Raymond Roussel ?
La première version a été publiée en 1972. Depuis j’ai ruminé. Cela fait vingt-cinq ans de lectures en plus, de relectures, d’idées. D’autre part, la Bibliothèque nationale a reçu en 1989 des cartons de déménagement déposés par une entreprise de garde-meubles. Ce don consistait en manuscrits inédits et on y a trouvé les états successifs de tout ce qu’a publié Roussel. Pour son premier roman en prose, les Impressions d’Afrique, on arrive à suivre tous les états successifs. C’est rarissime. Sur le plan biographique il y a les papiers de sa mère, de son frère, toute la correspondance qu’il a reçue, environ cinq cents lettres, une valise entière de photos… J’ai publié un volume de 400 pages où j’aurais pu en faire dix.
Face à cette masse de documents qu’elles ont été vos difficultés ?
La difficulté a été de faire vivre quelqu’un dont je connais maintenant beaucoup trop de choses. Je sais par exemple le nom de sa nourrice et j’ai sa photo. Je savais aussi par des gens de sa famille et par Michel Leiris qu’il avait été victime de chantages. J’ai pu en trouver des traces. On comprend que ce garçon multimillionnaire qui aurait pu se passer de service militaire par les relations de sa mère a été au contraire protégé par l’armée. C’est, comme on le sait, une grande famille… Mais il y a longtemps que j’ai perdu le contact avec cette entreprise.
Vous révélez également la “méthode” de Raymond Roussel
En fait, il utilise le calembour et plus précisément l’homophonie. Tout est double ou circulaire chez Roussel. Dès son premier roman en vers La Doublure. Ça peut sembler un jeu mais il l’emploie systématiquement dans toute son oeuvre…
Son oeuvre se génère elle-même ?
C’est un serpent qui se mord la queue. La Doublure forme une boucle, L’Étoile au front également. Le manuscrit d’un inédit intitulé “A la Havane” permet de s’apercevoir qu’il sort des Nouvelles impressions d’Afrique. Son oeuvre allait continuer.
Comment obtenait-il un tel détail de descriptions dans un livre comme La Vue ?
On a une surprise en voyant les manuscrits de La Vue. Ils donnent des précisions infinies au point qu’on se demande comment il a pu intégrer ça dans des alexandrins. Simplement, il commençait par aligner des rimes. Les rimes ont dicté des vers qui ont dicté la description. Le monde réel n’existe pas. Il n’a rien de décrit, c’est le monde qui s’est écrit. Ses paysages sont nés d’un système simple.
N’est-ce pas la marque d’une grande névrose ?
Il recourt à ça pour retrouver son équilibre. Comme chez Mallarmé, tout doit finir par un livre. Le monde de Roussel est un monde lisible. On doit tout lire, chaque lettre, chaque mot, chaque phrase.
C’est effrayant de constance !
Il ne peut pas arrêter. Lorsqu’il voyage en bateau il se réserve des moments pour descendre à terre. Le reste du temps il s’enferme dans sa cabine et il travaille. Au fond, je ne lui reprocherai qu’une chose, c’est d’avoir écrit son livre posthume Comment j’ai écrit certains de mes livres parce que tout le monde se rue là-dessus alors que c’est son oeuvre qu’il faut lire. Il dit lui-même qu’il y donne des recettes pour des écrivains futurs. Ce sont des recettes d’écriture, pas de lecture.
Ce livre ressemble plus aux tentatives théoriques d’Antoine Albalat ?
Tout à fait. Chose qu’avait notée Jarry : il est toujours dangereux d’écrire les théories avant les oeuvres. Il est beaucoup plus intéressant d’écrire les théories après. Il aurait dû écrire Comment je vais écrire certains de mes livres. Car il est évident qu’il découvre des procédés, des machines à fabriquer du texte en avançant d’une oeuvre à l’autre.
Quels sont les points communs de Lautréamont, Roussel, Allais, Willy ?
Leur point commun c’est que j’avais envie de lire leur biographie et que ces livres n’existaient pas. La seconde raison c’est qu’ils sont des poètes. Alphonse Allais est un très grand écrivain et l’on refuse de s’en apercevoir parce qu’il est humoriste. On peut être humoriste, romancier, poète, ce ne sont jamais que différentes branches de la littérature. Un autre point commun tient au mot qui est leur respiration. Willy m’a intéressé parce que plus je faisais de recherches, plus son nom apparaissait. On en disait énormément de mal. C’est vrai qu’il était un négrier.
Négrier au flair très sûr. Il a utilisé la plume de Jean de Tinan…
C’était un excellent rédacteur en chef. S’il n’avait pas fait de corrections sur les manuscrits de Colette, elle ne serait pas ce qu’elle est devenue. Il faisait des suppressions très astucieuses qui ont fait apparaître le style de Colette, il l’a fabriquée.
Dans vos recherches, comment procédez-vous ?
Je relis les oeuvres complètes pour y dénicher des informations biographiques… Pour Willy, ça a été très dur parce que tout n’est pas bon et puis il a fallu lire Colette. Ca me tombe des bras! Son style, c’est du sirop de groseilles, sirop d’orgeat avec des girandoles et des astragales. C’est ce qu’il y a eu de pire dans le déchet du symbolisme. De la mauvaise littérature.
Comment la distinguer de la bonne ?
En le disant simplement. Je dis que c’est de la mauvaise littérature. Je ne crois pas à la littérature qui se tire à plus de trois mille exemplaires. Il y a trois mille personnes qui aiment la littérature et qui ont le temps de lire. Depuis cinquante ans ce nombre n’a jamais augmenté.
Plus on connaît Allais ou Roussel, moins on en sait sur François Caradec.
Vous ne connaissez pas encore ma date de décès?
Et non, mais voici l’occasion de combler quelques lacunes : vous êtes né en 1924 à Quimper, et depuis?
Je suis d’une génération difficile, celle qui a eu seize ans en 1940 et vingt ans en 1944. J’ai passé ma jeunesse sous l’Occupation. J’ai été obligé d’abandonner mes études à un moment où on se faisait rafler trop facilement, je suis devenu typographe. Je me suis retrouvé déporté du travail dans un camp où j’ai réussi après un séjour d’un mois à Berlin à me faire rapatrier comme malade. Ce sont les choses impossibles qui sont faciles dans ces époques-là. J’ai voulu trouver du travail à la Libération mais on m’a demandé si j’étais libéré des obligations militaires, Alors je me suis engagé. Vous voyez, tout ça est parfaitement vulgaire. Vers 1945-1946, je suis redevenu typo et j’ai continué à fréquenter la librairie de Maurice Saillet, l’associé d’Adrienne Monnier, où j’ai connu Pascal Pia, Queneau, Leiris, Nadeau… et Peillet !
Vous avez dirigé la collection des “Classiques du rire” chez Garnier, quels autres éditeurs vous ont employé ?
Dunod, une maison très chouette où l’on pouvait vraiment apprendre son métier puisque les livres n’avaient aucun intérêt. Pour finir j’ai été directeur littéraire. Si c’est un titre. Auparavant j’ai été dans des services de fabrication, de publicité, de vente, j’ai fait du porte-à-porte, j’ai visité les libraires comme représentant, j’ai été emballeur. j’adore faire les paquets.
Vous avez dirigé d’autres collections ?
J’ai collaboré aux “Guides noirs” chez Tchou et dans la dernière maison où j’ai travaillé, Horay, des collections de guides. Avec Pierre Horay nous nous sommes amusés à faire des bandes dessinées, les Little Nemo notamment.
Vous n’avez jamais travaillé avec votre ami Éric Losfeld ?
Très curieusement non. J’ai collaboré avec Pauvert mais jamais avec Losfeld. A cette époque, il était rue du Cherche-Midi et à côté Chérel tenait un magasin d’antiquités et de curiosités, la Lanterne magique. Les éditeurs avaient pris l’habitude d’y faire des cocktails de lancement. Le boulot du père Chérel qui avait un petit bar d’un mètre de long consistait à planquer des bouteilles. Les cocktails avaient lieu le vendredi soir et on vidait ce qui restait le lendemain.
Votre rôle au sein de l’Oulipo et du Collège de ‘Pataphysique, vos relations avec Queneau et André Blavier dénoncent-ils votre goût de la mystification ?
Oui, j’ai été attiré par les pastiches et les canulars. J’ai cherché à comprendre comment ils fonctionnent ou tombent à l’eau. Aujourd’hui les gens ne savent plus les monter, ça ce voit tout de suite. J’ai beaucoup de respect pour Romain Gary. Son ouvrage posthume Vie et mort d’Emile Ajar est admirable.
À propos de pastiche, les éditions du Limon annoncent la parution de votre Catalogue d’autographes rares et curieux, de quoi s’agit-il ?
Je suis très amateur de catalogues de libraires de livres anciens et également de certains auteurs dont on sait qu’une lettre a disparu, ou un texte autographe. J’ai donc créé les pièces manquantes, des documents très intéressants !
Quel est votre statut au sein du Collège de Pataphysique ?
Je suis régent. A une époque, Jean Ferry avait souhaité que ma femme soit satrapesse, ce qui m’aurait permis d’être satrape-consort. Il estimait que cela manquait au Collège. Mais dans la hiérarchie il y avait des positions anti-féministes.
Quels sont les obligations du régent ?
La régence est un enseignement. Le régent doit enseigner une matière. A vrai dire, on devient régent parce qu’on a apporté quelque chose à la pataphysique. J’ai eu ainsi la régence de Colombophilie parce que j’ai écrit un livre sur le dessinateur Christophe (pseudonyme de Georges Colomb, NDLR), ensuite je suis devenu régent Toponome et Celtipète pour mes recherches sur Jarry et la Bretagne et même régent d’Alcoolisme éthique !
Comme Allais vous plaidez pour la vie drôle ?
Je ne suis pas un rigolo. Je suis un anxieux mais il n’y a aucune raison de prendre les choses au tragique. Au fond, je suis un écrivain manqué. J’aurais voulu être romancier mais je me rends compte que je n’aurais pas pu : il n’y avait pas d’inceste dans ma famille, je n’ai pas violé de petite fille, je n’ai pas été violé par une boulangère quand j’avais quinze ans. Vous voyez, j’ai manqué tout ça.
Vous vous sentez trop normal ?
Trop oui. Pendant la guerre, j’ai reçu les bombardements sur la figure à Lorient et quand ce n’était pas à Lorient c’était à Berlin… Et puis je crois que je ne peux pas écrire de roman parce que je ne peux pas vivre avec un personnage que je ne connais pas. Au fond, le premier livre sur Roussel je l’ai écrit pour voir le plus souvent Michel Leiris.
Dans La Compagnie des zincs, vous célébrez les bistrots, hauts-lieux de fraternité. Quelle est la genèse de ce livre ?
Je me suis aperçu dans les cafés que je devenais sourd d’une oreille. Alors j’ai voulu reconstituer des histoires de bistrot en m’astreignant à utiliser chaque fois une procédure de narration différente. Pendant longtemps j’ai été un grand pilier de zinc et j’étais très gêné. Vous savez, lorsqu’il y a dix personnes au zinc, ça fait vingt conversations! Une sorte de bouillie.
Vous avez dit à propos de Gabriel de Lautrec et Jean Goudezki “Je me suis pris pour eux d’affection et j’ai voulu vous la faire partager”. Cela reste votre programme ?
Bien sûr. Je lis beaucoup et quand un livre me plaît j’ai envie de le faire lire. Il y a un livre de Louis Dumur qui a tellement voyagé que je ne sais plus où il est : Un coco de génie, best-seller 1900 dont parle Léautaud dans son journal. Mais rien à faire, personne n’en veut. Peut-être parce que certains livres sont trop subtils et qu’ils réclament une lecture lente. On a perdu l’habitude de lire doucement. On roule plus vite en série noire.

Propos recueillis par Éric Dussert
(Le Matricule des Anges, n° 20, juillet-août 1997).
Cet entretien ne peut être reproduit sans autorisation.

On trouve des hommages à François Caradec sur le blog de Fornax et Livrenblog.

jeudi 13 novembre 2008

François Caradec n'est plus


C’est un triste jour. François Caradec nous a quittés ce matin.
Le Monde devrait publier un avis et puisque nous bataillons ferme sur l‘Encyclopédie des Farces et attrapes ces jours, nous vous apporterons quelques-unes des lumières dont nous disposons sur ce grand personnage, qui fut dès l’après-guerre une personnalité singulière.

Les amateurs d’Ouliperies en savent quelque chose, mais aussi les lexicolutineurs, les sectateurs d’Allais, de Lautréamont, de Vian, du Collège de ‘pataphysique et autres sujets circonvoisins. Il était le dernier d’une génération de lettrés bienveillants et joyeux, voire farceurs, qui nous auront poussé aux lectures divergentes, Michel Décaudin, André Blavier, Noël Arnaud et quelques autres.

Rappelons que son roman, Le Doigt coupé de la rue du Bison, rompol aux échos très autobiographiques, vient de paraître.
Vraiment, c’est un sale, sale jour.


Les obsèques auront lieu au cimetière du Montparnasse, jeudi prochain à 15 h.

mardi 4 novembre 2008

François Caradec use du rompol

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Il fallait s’y attendre : lorsque François Caradec écrit un roman noir, ça n’est pas pour le placer sous la bannière désormais galvaudée du “polar”.
Non, lorsqu’il écrit un roman noir, François Caradec réinvente avec le concours de Léo Malet le “rompol”.
Pour n’en avoir encore parcouru que quelques pages, nous nous garderons bien d’émettre un avis sur Le Doigt coupé de la rue du Bison. Mais nous avons l’appétit développé car il est aisé de pressentir quels jeux joyeux nous réserve ce premier rompol. Et un rompol, que l’on a, incidemment, placé sous la protection de Boris Vian, dit Bison ravi si l’on se souvient bien. Sachons encore que le doigt coupé a été trouvé dans les années 1950 et que le récit dure douze mois.
Sur notre île, nous allons saluer dignement cette nouvelle invention de l’auteur du Dictionnaire des gestes, un fameux personnage à moustaches cher à notre coeur et à notre esprit.



François CARADEC Le doigt coupé de la rue du Bison. — Paris, Fayard, 234 pages, 16 euros.

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