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Mot-clé - François Caradec

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dimanche 9 octobre 2011

Lemice-Terrieux, par Hugues Le Roux

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Paul Masson, dit Lemice-Terrieux (1849-1896), fut le plus grand mystificateur de son temps.

Depuis la publication de l'Encyclopédie des farces et attrapes et des mystifications, dirigée par Noël Arnaud et François Caradec, Josué Seckel a poussé (dans un récent numéro de la Revue de la Bibliothèque nationale dont nous parlions récemment) ses investigations assez loin pour éclairer quelques faits rapportés par les 'témoins' de l'époque à l'aide de documents inédits.

On prête toujours beaucoup aux riches, et notamment aux riches d'imagination.

Vous trouverez ci-dessous un article d'Hugues Le Roux qui était resté méconnu jusqu'ici et dont le Préfet maritime revendique la retrouvaille (il était lancé, le farceur, dans la recherche d'une chronique d'Henri Roorda... tout mène à tout).

Ad usum bibliophilou.



Voir aussi sur Livrenblog, à qui nous empruntons le portrait placé ci-dessus, un ensemble d'articles sur la fin du roi des mystificateurs.

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jeudi 22 septembre 2011

Jacques Yonnet écrit à Noël Arnaud (farces, attrapes, mystifications)

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L'histoire de l'Encyclopédie des Farces et attrapes et des mystifications, ce chef-d'oeuvre de bon esprit (malice et érudition) dirigé par François Caradec et Noël Arnaud puis publié par la maison Pauvert en 1964, a été retracée un peu dans le numéro de la Revue de la BnF consacré aux mystifications.

Parmi ses nombreux collaborateurs, Jacques Yonnet, dont nous proposons ci-dessous un fragment programmatique qui en dit long sur le caractère général de l'entreprise.



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mardi 12 avril 2011

Quelques portraits

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Dans sa grande générosité, Livrenblog nous offre quelques portraits cueillis dans un numéro du Rire de haute époque.


Les museaux de George Auriol ou de Jean Goudezski ne se voient pas si souvent...




Et toujours auriol_george_42_contes.jpg
George Auriol 42 contes mêlés de typographie et de notes de François Caradec. - Bassac, Plein Chant, 2004, coll. "Type-Type", 248 pages, couverture à rabats en quadrichromie, 1000 exemplaires sur Gardapat 13 des papeteries du Lac de Garde (Italie) 25 €

mardi 23 novembre 2010

L'autre visage de Paul Achard

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Paul Achard, s'en souvient-on, était un journaliste, un écrivain et un homme du spectacle vivant du siècle dernier.
D'abord secrétaire de rédaction des Annales africaines d'E. Mallebay, à Alger, il monte au début du siècle à Paris où il entame une carrière de journaliste.
Il progresse vite et se trouve, dans les années trente, parmi les signatures du magazine Voilà aux côtés d'André Salmon, Pierre Hamp, Léon-Paul Fargue, Luc Durtain, etc.
Bien sûr, il entreprend parallèlement d'écrire des livres, des chroniques du temps et des romans dont plusieurs ont un certain retentissement. Mes Bonnes ou Ia !, par exemple, qui lui vaut des problèmes durant l'Occupation ; il est vrai qu'il prévenait, un peu après Simone Weil, du dangers de l'expansionnisme nazi. Et pour la fine bouche, on peut également signaler que, à l'instar de M. Boulgakov ou de F. Caradec, il s'intéressait assez aux chiens pour les faire exister en littérature dans son tout premier livre, Nous, les chiens.
Bel homme, caboteur des rues de la capitale, Paul Achard aurait été reconnu plus aisément sans doute si un certain Marcel Ferréol n'avait opté durant les années 1920 pour un pseudonyme un rien embarrassant... En devenant Marcel Achard, bientôt académicien et auteur préféré des comiques de certaine émission radiophonique, il jetait sans trop s'en préoccuper un peu d'ombre sur Paul Achard.
La prochaine réédition de La Queue par les éditions Mille et une Nuits vous apportera plus de lumières à son propos.
A suivre donc.

jeudi 21 octobre 2010

Deux catalogues (François Caradec et Marie Morel)

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Deux catalogues m'échoient le même jour. Ce sont les petits hasards qui facilitent la vie du blogueur... Comment résister à l'appel de la bibliographie ?

D'autant que la plaquette de Marie Morel et l'ouvrage de Patrick Fréchet (44 pages au compteur, ça n'est donc pas une plaquette) sont le fruit de patients travaux.
Ceux de Patrick Fréchet, pour commencer, qui accumule depuis des années les informations sur les publications de François Caradec avec une patience de moine et une opiniâtreté de... bibliographe. Caradec n'ayant jamais été trop disert sur ses titres de gloire, et moins encore sur le détail de ses publications qu'il savait pléthoriques, il a fallu à Patrick Fréchet croiser les indices et suivre des pistes ténues pour retrouver la trace d'écrits plongés dans l'océan de périodiques souvent défunts. Depuis 1944 et le premier article du jeune Caradec sur les "Journalistes en uniforme" (Lettres françaises, n° 35) jusqu'à ses contributions de 2009 aux travaux de l'Oulipo ou des Amis de Valentin Brû, c'est le panorama le plus complet possible à ce jour des travaux du savant Caradec. Et nous aurons l'occasion de reparler du dernier item de cette bibliographie, une somme de 950 pages rassemblant l'essentiel, ou la totalité, nous n'avons pu vérifier pour l'instant, de ces textes intitulée Entre miens. D'Alphonse Allais à Boris Vian (Flammarion, 2010).

Marie Morel, de son côté, donne sous couverture plumée le catalogue des livres qu'elle a illustrés ou publiés — en complément du nouveau numéro de sa revue Regard consacré à "l'assembleur" Gérard Cambon. On y trouve Les Rougets d'André Pieyre de Mandiargues aux côtés du poème Clitoris de Fernando Arrabal dont les éditions du Renard pâle donnent des versions toujours différentes, toujours plus originales. Ça frétille !



Patrick Fréchet Contribution d'apparence bibliographique à l'étude de l'œuvre de François Caradec. — Tiré à part de la revue Histoires littéraires n° 43 (2010), édition originale réimposée, portrait photographique inédit en frontispice, 44 pages, 25 € auprès de la librairie Patrick Fréchet.

Marie Morel Catalogue des livres de Marie Morel. — Le Petit Abergemont (Place de l'Eglise, 01260), Marie Morel, 2010, 16 p. et Regard, petite revue d'art, n° 109, septembre 2010, 3 euros.

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mercredi 14 avril 2010

François Caradec lauréat du prix de l'Humour noir (1960)

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lundi 9 novembre 2009

L'eau à la bouche

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Claude Duneton est un malin, il ne s’y est pas trompé en chroniquant tout récemment la nouvelle édition de Mots de table, mots de bouche, le dictionnaire de Claudine Brécourt-Villars consacré au lexique du manger et du boire.

Très largement documenté (chez Emile Zola, Henri Duvernois ou François Caradec, dans les grands ouvrages de la gastronomie, tel le Nouveau traité de cuisine de Menon de 1739, ou dans les chroniques d’autrefois), ce livre de référence (à prix imbattable) qui manquait gravement à notre bibliothèque nous a déjà suggéré quelques tentatives culinaires. Ce qui, sur notre île, n’est pas la moindre des choses, même si l’échec est parfois au rendez-vous.

De la crêpe suzette, du blanc-manger, du marengo, des gaudes, ce Dictionnaire étymologique et historique du vocabulaire classique de la cuisine et de la gastronomie nous apprend tout en y joignant le plaisir des vocables précis — et parfois rares — tout en excitant l’imagination des papilles.
Saviez-vous qu’un biscuit est la version moderne de “bescuit” rencontré dès le XIIIe siècle signifie “cuit deux fois” ? Qu’un “financier” est un hommage aux “héros de la gastronomie” ?
Pour le gratin et la gribiche, je vous laisse découvrir seuls.

Désormais, grâce à Claudine Brécourt-Villards, nous ne consulterons plus la carte en ignare, et nous n’en serons que plus audacieux. Ainsi, nous n’hésiterons plus à commander une escalope de veau à la Foyot. Même si Tailhade y perdit un oeil. Mais c’est une autre histoire…



Claudine Brécourt-Villars Mots de table, mots de bouche. Dictionnaire étymologique et historique du vocabulaire classique de la cuisine et de la gastronomie. — Paris, La Table ronde, 440 pages, 10 euros


Dans la même collection, la reparution du livre de Raymond Dumay, De la gastronomie française, devrait séduire les vivants. Du reste, les deux font la paire.
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vendredi 4 septembre 2009

Les inventions foutraques de Gaston de Pawlowski

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Gaston de Pawlowski (1874-1933) fait parler de lui. Ca n’est pas la première fois puisque, depuis 1962, ses deux ouvrages majeurs reparaissent de temps en temps, pour le plaisir des lecteurs avisés et soucieux de se colorier les idées grises.
En 1962 d’abord, la collection Présence du futur avait rendu vie à son ouvrage majeur, le Voyage au pays de la quatrième dimension (1912 ; 1923) qui influença tant Marcel Duchamp, donc l’art du siècle dernier, en mettant en fiction la relativité mathématique, avant Einstein, dans la continuation du Grec Zénon d’Elée (1).
Puis, en 1973, vint feu François Caradec, qui dépoussiéra judicieusement les inventions nouvelles les plus fameuses du chroniqueur humoristique (Balland, 1973 ; rééd. 1977). Enfin, ses Paysages animés (La Bibliothèque, 2003), d’autres chroniques préfacées par Eric Walbecq qui revivifièrent le destin posthume du fameux Gaston.
La parution d’une nouvelle sélection d‘“inventions nouvelles” jovialement foutraques - mais parfois aussi très politiquement incorrectes (les femmes, les Allemands et les Provençaux en font les frais) -, éclaire ce que fut l’esprit joyeux des années 1910. Fruits généreux d’une rubrique où le rédacteur en chef de Comoedia, personnalité pipole de son temps, fourbissait ses papiers les plus dépeignés pour amuser le lecteur, les Inventions nouvelles et dernières nouveautés (E. Fasquelle, 1916) préfiguraient l‘Encyclopédie des Farces et Attrapes et des mystifications” que Noël Arnaud et François Caradec publieront un demi-siècle plus tard.
Etonnant chroniqueur, Pawlowski savait être un auteur délicieux, comme les lecteurs de Bizarre purent s’en apercevoir avec La Faillite de la science, ou bien ses contemporains tête-en-l’air, qui tentèrent de se procurer sa fameuse baignoire à entrée latérale, qui vaut bien les rails en mou de veau de Raymond Roussel ou le mètre élastique de Gabriel de Lautrec. Témoin des bizarreries de son temps ainsi que de ses vanités, Pawlo semble avoir digéré et l’influence de ses amis Allais et Willy, et celle d’un célèbre Irlandais, comme on le verra, même si en cette année 1916, l’humour et l’esprit ne vont pas plus loin que le bord oriental des tranchées… C’est que la guerre contre les “Boches” est à son comble : les inventions guerrières de Pawlowski sont nettement patriotiques… En général, Pawlowski savait prendre des accents burlesques et swiftiens. Et s’il n’est plus question de manger les enfants, vous verrez que l’on se trouve, par extraordinaire, fort près parfois de notre réalité d’aujourd’hui. Une dégustation n’ayant jamais fait de mal à personne, en voici donc quelques morceaux :


Le Vampire vinivore est un petit appareil fort simple, inspiré du « vacuum cleaner » et qui permet de récolter, par succion, le jus d’une vigne sans prendre la peine inutile de cueillir les grappes. C’est un procédé rapide, économique, et qui enchante nos vignerons.

Nous sommes heureux de signaler aux personnes peu fortunées le nouveau dentier élastique pour familles pauvres. Ce dentier, composé de rente-deux dents artificielles, est monté sur de fausses gencives en caoutchouc rouge. Il peut être utilisé alternativement par les membres d’une même famille ayant des bouches de grandeurs différentes. Suivant les nécessités du jour, les visites à faire, les démarches à entreprendre, le dentier passe de bouche en bouche et s’adapte exactement aux besoins de chacun.

Devant l’encombrement toujours plus grand des statues érigées dans Paris, le Conseil municipal à décidé de faire élever quelques statues-types en redingote, à cheval ou dans un fauteuil, avec tête et inscription mobiles. Suivant le goût du jour, le grand homme sera changé et la concession du monument ne sera accordée que pour dix ans. Ajoutons enfin que les souscripteurs n’auront à payer que les frais de la tête et la location du corps.

A signaler, dans les jolies créations qui peuvent constituer un gracieux cadeau d’étrennes, le nouveau silencieux pour dames, en soie rose chatertonnée, qui s’adapte exactement sur la bouche et est vendu, prêt à être posé, dans un élégant emballage. Ce silencieux est analogue à celui que l’on emploie pour les voitures automobiles. Il évite tout bruit, toute discussion, toute conversation fatigante, sans empêcher pour cela la dame qui le porte de dire tout ce qui lui plaît. Le silence le plus absolu est obtenu, et c’est là l’essentiel. Le silencieux pour dames préserve, l’hiver, des grippes, des maux de gorge. Il se rejette élégamment sur l’épaule, comme un boa, et son élégance séduira toutes les femmes. Ajoutons, à titre documentaire, qu’il existe une variante du silencieux pour dames : le rustre silencieux pour hommes. Mais on nous dispensera d’en parler dans ce recueil entièrement consacré à la science, aux élégances et au bon goût.

On s’est étonné, récemment, de voir la préfecture de police repousser les nouveaux revolvers à viseur lumineux, cependant si pratiques, puisque le rayon électrique indique exactement sur la cible l’endroit où la balle va frapper. Cet ajournement fut le résultat d’une regrettable erreur. On ne sait pourquoi les expériences ont été faites, en effet, par des agents, non pas sur des cibles ordinaires, mais sur des poissons, que le rapport ne désigne pas d’une façon plus explicite. En raison sans doute de la réfraction de l’eau, les résultats ont dû être négatifs. Espérons que de nouvelles expériences viendront remettre au point ces premiers essais défectueux que l’on avait confiés par erreur au service des moeurs.

Signalons avec plaisir la nouvelle robe secrète à double agrafage pour dames du monde, que lance un grand couturier parisien, pour sa seule clientèle. Cette nouvelle robe s’agrafe normalement dans le dos, comme la plupart des autres robes, mais elle possède sur le côté un second système d’agrafes, entièrement dissimulé sous un minuscule galon. Cette robe est destinée à donner toute satisfaction à certains maris soupçonneux qui désirent, le matin, agrafer eux-mêmes la robe de leur femme, pour la dégrafer eux-mêmes le soir et constater ainsi que rien n’a été modifié dans la journée aux petites combinaisons fantaisistes qu’ils ont cru devoir apporter personnellement dans l’agrafage. La nouvelle robe permet, grâce au second agrafage, de ne rien changer aux dispositions prises et donne ainsi satisfaction à tout le monde. C’est là un innocent subterfuge, analogue au double allumage si apprécié des automobilistes, et qui sera bien accueilli de tous. Il mettra quelque union, cette année, nous en sommes convaincu, dans la plu- part de nos ménages parisiens.

Une des reines de l’élégance londonienne a bien voulu m’écrire pour me signaler une nouvelle mode qui sera lancée cette année par les clubmen anglais. il s’agit du tuyau de poêle à clé. Ce chapeau est exactement construit comme les tuyaux de poêle ordinaires mais il est muni d’une clé modératrice. La clé, dont la poignée est placée sur le côté, permet à volonté d’aérer l’intérieur du chapeau a haute forme, en faisant simplement tourner le fond sur son axe. Gela permettra à nos élégants de conserver cette coiffure un peu lourde par les temps les plus chauds sans en être incommodés.




Gaston de Pawlowski Inventions nouvelles et dernières nouveautés. Choix et présentation d’Eric Walbecq. - Bordeaux, Finitude, 128 p., 13,50 euros.


(1) Deux rééditions ont paru en 2002 et 2004, la première aux éditions de L’Autruche guatémaltèque, succursale d’une petite maison bien connue (dans une édition d’E. Walbceq qui joint au volume un dossier de correspondance), la seconde présentée par Jean Clair aux éditions Images modernes. Voir les superbes illustrations de ce livre par Léonard Sarluis sur Livrenblog.



Pour mémoire, vous trouverez ci-dessous le sommaire des Inventions nouvelles d’origine.

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mardi 4 août 2009

Lectures d'été : François Caradec

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Un recueil posthume de contes, saynètes, nouvelles par l’historique Oulipien, qui n’était pas que cela.
Des surprises pour se rafraîchir et s’assouplir l’esprit.


François Caradec Entrez donc, je vous attendais. - Paris, Mille et une nuits, 158 pages, 4 euros

mardi 9 juin 2009

Bibliographie lacunaire des Presses littéraires de France (François Caradec was here)

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Il est notoire que François Caradec était typographe. Il a tout naturellement travaillé dans l'imprimerie. C'était juste après la guerre, du côté de Massy, à l'imprimerie des Presses littéraires de France, maison bien oubliée qui va néanmoins laisser des traces dans l'histoire littéraire.

Grâce à François Caradec, ou à cause de lui...

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