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samedi 9 décembre 2017

9 décembre : c'est La Fronde

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Le 9 décembre 1897, jour de la sainte Léocadie, le premier numéro de La Fronde de Marguerite Durand voyait le jour.
Une date à marquer d'une pierre blanche.
Elle n'est pas la première femme à disposer de son organe de presse, néanmoins elle faisait mouche avec le concours, pour ce premier numéro, de Marie-Anne de Bovet, Séverine, Clémence Royer, Sorgue, Marie Krysinska, May, Pauline Kergomard, Maria Pognon, Claire de Pratz, E. Girard-Imbert, Harlor et Raquette.
Le premier feuilleton littéraire proposait la lecture de Lèvres Closes de Daniel Lesueur, une dame elle aussi.
La titraille du journal donnait aussi la date du calendrier révolutionnaire. N'est-ce pas parlant ?
Il y a cent vingt ans des femmes clamaient à juste titre leur révolte.



jeudi 12 novembre 2015

O Tempora, ô jeunesse !

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Tandis que L'Arbre vengeur annonce la réédition d'Augustus Carp, l'indépassable chef-d'oeuvre de Sir Henry Howarth Bashof (1880?-1961), brillamment traduit par Eric Weissberger, Belford usant de leur collection Vintage - spécialisée dans la réédition de traductions rendent le jour à une merveille de roman humoristique anglais.
C'est l'auteur de Bernard et Bianca, Margery Sharp (1905-1991) qui a inventé le personnage de Cluny Brown, jeune fille pas trop jolie, orpheline dotée d'un oncle plombier londonien et d'une personnalité singulière, candide mais sans affèterie. Faute de "trouver sa place" en ville, elle se retrouve "placée" pour le coup, mais en tant que femme de chambre dans une demeure aristocratique rurale. Son destin va s'y nouer au milieu d'une société cosmopolite charmante.
Superbe évocation d'un féminisme natif, Margery Sharp donnait en 1944 un personnage formidablement délicieux à toutes les femmes désireuses d'exprimer leur liberté...

Les fêtes approchent, vous avez là une idée cadeau parfait offerte par l'Alambic.


Margery Sharp Les Aventures de Cluny Brown, traduit de l'anglais par Yves-Gérard Dutton. - Paris, Belfond, 2015, 372 pages, 15 €

jeudi 9 octobre 2014

Cécile Brunschvicg, la féministe "d'abord"

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Membre du gouvernement sous le Front Populaire, Cécile Brunschvicg a milité durant près de quarante ans au sein du mouvement féministe réformiste. Affiliée au Parti radical à partir de 1924, directrice du journal La Française à partir de 1926, pacifiste, elle a lutté tout au long de sa vie pour les droits sociaux et politiques des femmes.

Presque inconnue du grand public, elle demeure dans les manuels d’histoire une des trois premières femmes françaises à avoir fait partie d’un gouvernement sous le Front Populaire, comme sous secrétaire d’État à l’Éducation nationale. Pourtant c’est au sein du mouvement féministe réformiste où elle a milité près de quarante ans de 1908 à sa mort que Cécile Brunschvicg a acquis son statut et ses compétences de femme politique. Au sein des deux principales associations de son époque, la section Travail du Conseil national des femmes françaises et l’Union française pour le suffrage des femmes, qu’elle a présidées toutes deux, elle a milité sans relâche pour l’égalité des sexes. Directrice du journal La Française, membre du Parti radical, pacifiste, mais aussi engagée dans les questions sociales, elle n’a eu de cesse d’agir sur tous les fronts pour la promotion des idées féministes et l’amélioration de la condition féminine. C’est par l’angle du féminisme que nous avons choisi d’aborder la vie et les nombreux engagements de cette femme qui se définissait elle-même comme « Féministe d’abord ». Sans être une biographie traditionnelle au déroulé chronologique, cette étude permet d’appréhender les combats et les idées de Cécile Brunschvicg, sa conception de l’égalité des sexes, mais aussi sa lutte pour les droits sociaux et les droits politiques.




Cécile Formaglio Féministe d'abord : Cécile Brunschvicg (1877-1946). - Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2014, 334 p.-10 pl. 22 €


lundi 12 décembre 2011

Aline et Ali, par A. Léo

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Caroline Granier, que les Alamblogonautes connaissent déjà, nous annoncent la parution d'un ouvrage d'André Léo (Victoire Léodile Béra, 1824-1900), fameuse militante féministe et écrivain notoire, Aline-Ali, un roman de 1869, intéressant à plus d'un titre.
Luttant avec Louise MIchel, André "Coupons-le-câble" Léo fut une romancière, une journaliste et une essayiste socialiste qui fonda en 1868, soit un an avant la publication de son roman à la Librairie Internationale, la "Société pour la Revendication des droits des femmes". Membre de la Commune, elle connut l'exil et un relatif effacement des mémoires.
Le samedi 17 décembre 2011 prochain, à 15h30, aura lieu une présentation à la bibliothèque La Rue, par C. Granier et Alice Primi, deux des instigatrices de cette réédition.


Voici le résumé qui nous est proposé de son roman - que nous n'avons pas eu la chance de lire encore :

Paris, années 1850. La jeune et charmante Aline de Maurignan s'apprête à épouser l'aimable et fortuné Germain Larrey, quand cette idylle est brutalement interrompue par les révélations de Suzanne, la sœur aînée d'Aline. Désespérée par ses propres malheurs, qui lui ont ouvert les yeux sur l'assujettissement des femmes, elle exhorte sa cadette à ne pas se marier afin de préserver sa liberté et sa dignité.
Dotée d'un caractère ferme et indépendant, Aline se voue dès lors à une quête idéaliste : vêtue d'habits masculins, elle voyage sous le nom d'Ali, cherchant à vivre librement, à égalité avec les hommes. Le travestissement engendre des confusions riches d'enseignement : entre Ali/ne et Paolo, des sentiments troubles voient le jour, mais le retour d'Aline à son identité féminine n'apporte pas de solution : comment poursuivre une relation nouée entre égaux, dans une société où les rapports entre hommes et femmes reposent sur une inégalité fondamentale ? De désillusions en renoncements, l'héroïne choisira finalement de dépasser sa révolte personnelle pour se vouer à un engagement social et politique collectif.
Un siècle avant l'invention du concept de genre, le personnage d'Ali/ne démontre que les identités sexuées sont des constructions culturelles, historiques et profondément politiques. Par ce roman d'apprentissage et d'amour, qui relève à la fois de l'écriture engagée et de la littérature utopique, André Léo cherchait à éclairer ses contemporain-e-s sur le système patriarcal, mais aussi à interpeller l'ensemble des démocrates sur la question de l'émancipation. Aujourd’hui encore, cette étrange fiction nous met face aux contradictions de notre société concernant les rapports entre les sexes et nous invite à réfléchir aux moyens de notre propre émancipation.

André Léo Aline-Ali. Réédition présentée et annotée par Cecilia Beach, Caroline Granier et Alice Primi. - Association André Léo-Publications Chauvinoises, 2011, 184 pages, 20 €


Bibliothèque La Rue
10 rue Robert Planquette
Paris 18ème (métro Blanche ou Abbesses)

Et, pour information, un classique de la pensée hors-barrière, discours prononcé en 1871 au congrès de la pais de Lausanne, qui constitue, selon Michelle Perrot, l’une des rares irruptions d’une présence et d’une parole féminine en des lieux qui leur étaient jusque-là interdits. Léo y rappelle l'indissociabilité des principes d'égalité et de liberté et dénonce les politiques fondées sur l'ignorance des masses... Voilà qui nous évoque quelque chose, non ?

André Léo La guerre sociale, présentée par Michelle Perrot. - Le Pré-Saint-Gervais, Le Passager clandestin, 2011, 75 pages, 7 €



Le Passager clandestin
c/o Nicolas Bayart
71 Rue André Joineau
93310 Le Pré-Saint-Gervais

vendredi 25 juin 2010

Et vive le feu !

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Le 16 septembre 2010 reparaîtra Avec le feu, le grand roman de Victor Barrucand, musicien, journaliste et familier de Félix Fénéon, avec lequel il conçut les articles qui ont inspiré la manière des Nouvelles en trois lignes.

Dans ce livre injustement oublié durant un siècle, un vaste panorama de l'anarchie intellectuelle et pratique est mis en mot. Cela commence au tribunal où tel avocat porte un "pantalon à la crotte", cela se poursuit avec un pauvre gars de flic en planque le jour de Noël, et cela se finit, fort métaphysiquement, au bord de la Méditerranée après l'exécution d'Emile Henry - on raconte du reste que Fénéon et Barrucand ont participé à la rédaction de sa fameuse déclaration lors de son jugement...

Des scènes d'anthologie en pagaille, un point de vue informé sur chacune des différentes thèses anarchistes (individualistes, collectivistes, terroristes, etc.), des personnages à clefs, un amour malheureux pour une féministe farouche, un compositeur génial mais ignoré, bref, un livre aussi important que Le Voleur de Darien.

Seuls ceux qui ne l'ont pas lu oseront vous dire le contraire.



Victor Barrucand Avec le feu. Préface du Préfet maritime. - Paris, Phébus, coll. "Libretto", 208 pages, 11 €