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mardi 3 octobre 2017

A vos timbres (une souscription autofictive)

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L'Arbre vengeur lance une grande souscription pour recevoir chez vous, avant Noël, l’intégrale de l’Autofictif (L’Autofictif ultraconfidentiel) d’Eric Chevillard à paraître mi-janvier en un fort volume relié.
Dix ans de séries de trois billets quotidiens, une aventure littéraire au long cours sans équivalent, que L'Arbre vengeur fête avec fierté en éditant cet ouvrage luxueux à tirage limité.
Pour le recevoir chez vous, orné d’une dédicace de l’auteur et pour certains d’un petit dessin, il vous suffit d’adresser un chèque d’un montant de 34 € (29 € le livre + 5 € de participation aux frais de port) en mentionnant le mail, les noms et adresses du destinataire (et en précisant bien qui en est le dédicataire), à l’adresse mentionnée ci-dessous :
La souscription sera close le 10 décembre.
Ne tardez pas trop, l’auteur a le poignet fragile et ne dédicacera pas plus d’une centaine de volumes. Ceux-ci seront réservés par ordre d’arrivée des règlements.
Si vous avez des interrogations contact@arbre-vengeur.fr
Dernière précision : l'offre est valable pour la France uniquement.


L’Arbre vengeur
23, rue Binaud
33300 Bordeaux.



dimanche 21 février 2016

Renoncer à sa radicalité

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L'écrivain qui désire être largement lu doit renoncer à sa radicalité. Ce qui est contraire au mouvement même de la création. Or cette loi amère — si tu veux réussir, renonce — ne frappe pourtant que les artistes. Demandera-t-on à Usain Bolt de ralentir pour être plus facile à suivre ?




Eric Chevillard L'Autofictif doyen de l'humanité. Journal 2014-2015 — L'Arbre vengeur, 256 pages, 15 €

vendredi 10 janvier 2014

Monsieur Albin mushe, l'Autofictif poursuit

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Dans la grande famille (1) des Plume, Songe, Teste, Dézert et autres mâles solitaires qui mâchonnent, rêvassent, arpionnent, s'emballent, délirent ou temporisent - qu'ils songent à La Rose de Thuringe, au temps qui passe ou à leur Fauteuil vert -, il est un nouvel arrivant nommé Albin Bis.
Publié au même catalogue que Lucien Suel ou Jean-Louis Bailly, il s'est inventé un personnage comme on s'invente une île imaginaire ou une république de fantaisie, afin de "prendre en marche le réel. En sortir aussitôt par la métaphore" et tracer un journal doux, pensif, nuageux, drôle souvent, où le détachement alterne avec l'observation du monde, au lieu-dit Le Glémand, par exemple, où passent les autorails comme les bus sur la place Saint-Sulpice.
Le personnage d'Albin Bis est millénaire, et il paraît qu'il est mort. Il n'en est pas tout à fait convaincu lui-même, notamment parce qu'il est capable de faire le musher et de tirer "sur la bride. Riquita, son dernier escargot d'attelage, est encore bien impétueux"...

On le sait, l'écriture d'un blog pousse à l'introspection ou au fantasque débridé. Tout l'un ou tout l'autre. Pensées choisies versus épopées dingues. L'Autofictif d'Eric Chevillard doit bien en dire quelque chose quelque part, lui qui dans son sixième volume de journal à paraître donne toujours des signes de vie cérébrale très encourageants. il faut dire que l'exercice du billet de blog quotidien fatigue vite les moins alerte...
« En fait, dit l'Autofictif chevillardien, c’est assez simple, il y a les écrivains qui se complaisent dans le réel, qui fourrent leurs phrases dedans, qui en rajoutent une couche ; et les écrivains qui prennent le réel dans les rets tranchants de leurs phrases afin de le retailler à leur guise.
« Les premiers sont inutiles, possiblement nocifs (cette dose de réel encore pourrait être celle de trop) et ils ont la préférence des critiques de la presse (les journalistes aiment le réel tel qu’il est comme le boutiquier les rossignols de son fonds de commerce) et de la majorité des lecteurs qui souvent ne conçoivent que ce qu’ils perçoivent… mais les seconds ourdissent dans leur coin une terrible vengeance. »


Albin Bis Albin Saison 1, cent épisodes. - Mugron, Éditions Louise Bottu, 124 p., 14 €

Eric Chevillard L'Autofictif en vie sous les décombres. Journal 2012-2013. - Talence, L'Arbre vengeur, 240 p., 15 €

(1) Il ne peut s'agir de fraternité, et surtout pas élective.


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mardi 18 décembre 2012

L'Arbre vengeur déchire en 2013

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Avec Sortie du Brouillard de l'inconnu Henri Beugras, L'Arbre vengeur entame fièrement une très belle année 2013 pour marquer le clou de sa première décennie.
En 2013, on aura l'occasion de découvrir Leonard Merrick et de lire Arnaud Legrand, tout en poursuivant la lecture d'Eric Chevillard (avec piment) et d'aborder la nouvelle collection consacrée à la littérature belge, L'Arbre à clous, si vous ne l'avez pas encore fait. Avec L'Homme qui pourrissait de Jean-Claude Bours, par exemple.

En ce qui concerne la collection L'Alambic, attendez-vous à une sacrée surprise. (Elle vous sera annoncée prochainement.)
Un indice ? L'auteur en question est mort à la guerre.


Mais tout d'abord, à propos du livre ressuscité d'Henri Beugras qui paraîtra à la mi-janvier, cette précision de l'éditeur :

Certains livres disparaissent corps et biens sans que leurs auteurs y puissent rien, engloutis par le passage impitoyable du temps qui charrie des romans par milliers. Et puis, miracle de quelques mois, certains réapparaissent et dissipent les brumes infernales qui les entouraient. Nous espérons que notre réédition du Brouillard, un roman absolument méconnu signé d’un certain Claude Henri, aura droit à quelques instants de lumière lors de sa réédition en janvier 2013. Son auteur, Henri Beugras, le signa sous pseudonyme au début des années 60, puis se fit oublier. C’est aujourd’hui un octogénaire vif qui, un demi-siècle plus tard, sourit de voir ressortir du brouillard son unique roman, fable noire et inquiétante qui met en scène un quidam égaré dans une ville dont on ne s’échappe pas sinon en se noyant. Farce intrigante, Le Brouillard ne donne aucune solution, ne moralise pas, il se contente d’inquiéter et c’est la plus belle et la plus vivace de ses qualités. Il sortira au cœur de janvier, un bon mois pour quitter l’anonymat.

jeudi 23 avril 2009

M. Chevillard invité à mourir chez Nodier (s. d.)





Lot 322 de la vente Alde-Paris du 20 avril dernier :


Charles NODIER (1780-1844). L.A.S., samedi soir, à M. Chevillard ; 1 page in-4, adresse.

vous devez dîner demain chez moi, autre agonisant, avec de bonnes gens que j’ai besoin de vous montrer. (…) Si toutefois vous souffrez encore, c’est une raison de plus pour venir, dût-on vous apporter. Il n’est pas permis à Chevillard de mourir à Paris ailleurs que chez Nodier. Je ne vous donnerai pas un bien bon lit, mais nous avons couché quelquefois plus mal, et vos gardes-malade ne vous laisseront à regretter que ce dont rien ne peut tenir lieu au monde, ce qu’on aime par dessus toutes choses …







lundi 29 décembre 2008

Pour partir un peu (B. Traven, Joël Cornuault, Alain Jugnon, Léo Barthe & Jacques Abeille, Félix Vallotton, B. S. Johnson, Eric Chevillard, Joël Roussiez, Walt Whitman)

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La saison est aux tempêtes dans notre région du monde. Afin d’éviter tout drame, nous avons choisi de nous retirer dans les grottes des hauts de l’île.
Vous devinez comment cela se passe : les enfants raffolent de ses incartades où la routine est rompue par les adultes eux-mêmes ; ils croient à un immense pique-nique, et ils n’ont pas tort. Instruit par Kenneth Grahame dans ses deux volumes de souvenirs d’enfance, L’Âge d’or et Jours de rêve (t’excite pas, Toto, ils sont disponibles), nous savons qu’il ne sert à rien de chercher à nous adresser aux enfants un invoquant un ordre supérieur qui leur échapperait. Rien ne leur échappe d’essentiel.
Les adultes quant à eux rechignent, râlouillent et ronchonnent. C’est le diable si j’arrive à les faire grimper quelques kilomètres avec un panier à provisions et un sac à dos. Manquerait plus que je leur demande de prévoir aussi des bouquins ! Et j’use cependant de toutes mes prérogatives de préfet maritime. Rien n’y fait : la partie de campagne n’émeut pas l’adulte. A peine la coercition… Heureusement que les ados nous refont les Stooges et le MC5 à la nuit tombée dans les grottes qui sonnent bien, et beaucoup. C’est très tribal tout ça. Certains dessinent sur les parois. Ne manque que le mammouth.
Pour le reste, quelques livres dans mon sac, et hop, sur le side-car. Les singes adorent le trajet pétaradant.
Parmi ces livres, le nouveau Roussiez dont les maindesingonautes ont pu déguster plus qu’un fragment grâce au flair de Louis Watt-Owen ; un Vallotton noir ressuscité avec des illustrations ; des traductions de Whitman par Cornuault (le meilleur traducteur de l’Américain, sans conteste) ; la suite de la fresque de jacques Abeille (versant érotique en l’occurence) ; un nouveau B. S. Johnson (avons-nous bien parlé de Chalut ici ?), et surtout la traduction intégrale (enfin) du Trésor de la Sierra Madre de Traven : les éditions Sillage font la preuve qu’elles ont ouvert leurs ailes. Nous les saluons une fois encore ici. Elles dament le pion à certains “grands éditeurs” qui ont édité à cinq reprises un livre incomplet en masquant soigneusement le fait, comme le caractère d‘“adaptation” du dit produit (ça c’est “10/18”), sans l’ombre d’une pudeur.
N’oublions pas les pensées malicieusement décalées d’Eric Chevillard issues de son blog (le cousinage avec Julien Grandjean est frappant). Quant à Alain Jugnon, c’est Alain Jugnon dans un exercice dédié à Jean Paulhan (à suivre).


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B. TRAVEN Le Trésor de la Sierra Madre. Traduction de Paul Jimenes. — Paris, Sillage, 319 pages, 19,50 euros

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Walt WHITMAN Quatre rameaux de novembre. Traduits par Joël Cornuault. — Librairie La Brèche, 2008, 32 pages, 6, 90 euros.

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Joël ROUSSIEZ Nous et nos troupeaux. — Versailles, La Rumeur libre, 63 pages, 10 euros

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Léo BARTHE (Jacques ABEILLE) Le Cycle des Contrées IV. Chroniques scandaleuses de Terrèbre. — Ginkgo, 141 pages, 15 euros

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Alain JUGNON Encyclique anale. Vous n’aurez plus jamais mal. — Lyon, Parangon/Vs, 128 pages, 8 euros


A paraître en janvier

Eric CHEVILLARD L’Autofictif. Journal 2007-2008. — L’Arbre vengeur, 2009, 255 pages, 15 euros (la couverture est reproduite en tête de ce billet)

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B. S. JOHNSON Albert Angelo. Traduit par Françoise Marel. — Quidam, 184 pages, 20 euros

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Félix VALLOTTON La Vie meurtrière. — Phébus, coll. “Libretto”, 207 pages, 10 euros

vendredi 16 novembre 2007

Eric Chevillard blogue itou (autoportrait avec chien de myope)

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Il avait un site, il a un blog.
Il publiait sous couverture arte povera, il prend des couleurs.
Serait-ce le printemps d’Eric Chevillard ?
Son nouvel opus, Dans la zone d’activité, fruit d’une collaboration avec l’imaginative graphiste Fanette Mellier, responsable de la deuxième série de La Main de Singe, remarquée, souvenez-vous, a tout pour se laisser remarquer : estampage de la couverture, papiers de garde en couleur (et plusieurs), foliotage inhabituel, papier “à la Alechinsky” (pour dire vite), etc.
Et parlons des écrits proposés, mais oui, qui s’inscrivent dans ce registre court et malicieux que nous reconnaissons avec plaisir. L’esprit et le style Chevillard sont bien là. On ne s’inquiète donc pas que, sur sa lancée, Eric Chevillard diffuse sur son blog intitulé L’Autofictif des textes courts où il est question de chien de myope… A fréquenter dare-dare, sans crainte de subir quelque autofiction égotiste : Eric Chevillard est un ironiste et un vrai fictionneur.

Fragments apéritifs :

Affligé depuis toujours d’une vision un peu courte, je viens de faire l’acquisition d’un chien de myope – les chiens de myope se recrutent parmi les animaux désireux de devenir chiens d’aveugle mais qui ont échoué de justesse aux tests de sélection. Je lui demande d’ailleurs peu de choses et n’ai recours à ses services que lorsque je me rends au cinéma voir un film en version originale (il me lit les sous-titres).


Je viens de comprendre l’utilité des réverbères dans la nuit : s’ils n’étaient pas là, on ne les verrait pas et alors bien sûr on s’y cognerait sans cesse.


Ma compagne est enceinte. Du coup, on me demande souvent si je préfère avoir une fille ou un garçon. En toute franchise, cela m’indiffère. Si c’est une fille, je la serrerai contre mon cœur puis je la coucherai dans son berceau ; si c’est un garçon, je l’envelopperai tout aussi tendrement dans une couverture avant de le déposer sur les marches d’une église.



Eric CHEVILLARD Dans la zone d’activité. — Chaumont, Dissonnances/Pôle Graphisme, 2007, “fictions (des livres bizarres)”, 28 doubles pages imprimées sur papier réglé (à la mode comptable), sous feuillets de couleur rose, bleue, verte et jaune (façon chemises), cousu (façon cousu), couverture imprimée et estampée (motif toile d’araignée), 25 euros.

D’autres images, d’autres informations chez Louis D. P. Watt-Owen
Fanette Mellier 104 rue Alexandre Dumas 75020 Paris 01 42 52 40 60
Dissonances, 7 rue de la Santé 75013 Paris 01 43 25 89 05
Pôle Graphisme Les Silos 7/9 Avenue Foch 52000 Chaumont 03 25 03 86 82