L'Alamblog

Accueil | Contre-feux, revue littéraire | Les espaces de l'édition indépendante| Avec les copains

Mot-clé - Enrique Serna

Fil des billets - Fil des commentaires

mercredi 4 juin 2008

Enrique Serna est à Paris

Serna1.jpg


Ceux qui voudraient avoir la chance de croiser de visu le Mexicain Enrique Serna auront assez de malice pour se trouver ce soir au Mercure, 84 rue de Pixérécourt (Paris 20e).

Le Préfet maritime fera le déplacement en souvenir des formidables nouvelles d'Amours d'occasion et de ce mémorable numéro de Brèves (n° 71)

A bon entendeur...


Rappelons aux oublieux ce qu'en disait l'Atelier du gué, son éditeur :

Enrique Serna est un écrivain redoutable.
D'emblée, il nous embarque, nous montre l'envers de l'âme humaine, et ses nouvelles sont autant de miroirs qu'il nous fait traverser avec bonheur.
Ces onze histoires d'hommes et de femmes, jetés sur la scène du grand théâtre qu'est la mégalopole de Mexico, explorent avec truculence le décalage qui sépare leurs désirs et la réalité de leur quotidien. Dans une ville grouillante, bruyante, explosée... où planent la drogue, l'alcool et le sexe, la vie pousse les personnages dans des situations extrêmes, cocasses, extravagantes ou vers les replis de la marginalité.
Ce livre est une comédie des passions. Enrique Serna allie le regard féroce du satiriste et la verve de l'écrivain picaresque. Il sait magistralement rendre leur part d'humanité à ces blessés de l'amour. Chaque nouvelle est un petit bijou de construction dont la mécanique conduit constamment à la surprise et aux chutes au vitriol.
Nouvelliste, Enrique Serna est un maître.
Né en 1959 au Mexique, Enrique Serna a fait ses études à la UNAM, l'université de Mexico. Il a obtenu le prix Mazatlàn de littérature. Récemment, Gabriel Garcia Màrquez, dans le magazine Cambio, le reconnaissait comme l'un des auteurs mexicains à lire cette décennie.


Enrique SERNA Amours d'occasion, nouvelles traduites de l'espagnol (Mexique) par Marie-Ange Brillaud. - Villelongue-d'Aude, Atelier du gué, 2004, 213 p., 20 euros

sernai.jpg
La Peur des bêtes, roman traduit de l'espagnol (Mexique) par François Gaudry. - Paris, Phébus, 2006, 258 p. 19, 50 euros ; Paris, Le Seuil, 2007, 307 p. coll. "Points roman noir".

jeudi 15 février 2007

Sous le signe de Botul


Tout à nos recherches damourézikiennes, nous faîllimes ne pas prêter attention au monde qui nous entoure.
C’eût été truffe : la bobine qui me sert de table basse a le sourire, les cormorans déménagent grave sous le soleil doux, le merle des îles est de retour et nous le fait savoir (une photo bientôt), la mer est à peu près étale et les pirogues se dispersent chaque matin aux trois azimuths que nous offrent l’horizon. C’est bath.
Plus bath encore cette vidéo de Joyce et Beckett en pleine “conversation” transmise par le nostromo dubeaumonde, les derniers billets du blog du Copain de Doisneau consacrés à Gaston Chaissac et Romi, avec de très belles images, et la campagne tabagique de La Boîte à images.
La vie est belle sous les tropiques.

P. S. Transmise par la malle-poste internautique, cette coupure du Canard enchaîné signée Frédéric Pagès, qui nous fait rudement plaisir. La belle occasion de vanter à nouveau les vertus des deux superbes livres de Bienvenu Merino, Diarrhée au Mexique dont nous eûmes, souvenez-vous, l’occasion de vous parler naguère, et du Mexicain Enrique Serna, Amours d’occasion : des nouvelles caustiques au poil. La Mauvaise fille, elle, est là : .

vendredi 1 septembre 2006

Informations variées (Antonin Artaud, Daniel Defoe, la presse française d'aujourd'hui, Jean Denoël, Enrique Serna et les Collagistes, etc.)

Vous n’aurez pas de mal à trouver ça : demain, Les Lettres françaises publieront un dossier consacré à la chanson, sujet illustré sous forme d’enquête par des plumes encore non sues. Faute d’en savoir plus pour l’heure, et bien heureux de savoir qu’elles existent toujours, ces Lettres françaises, on va y aller voir et, pour ce faire, agir comme suit : repérer un débitant de presse, lui demander L’Humanité, payer la chose, l’emporter. Encarté dans le dit journal : Les Lettres françaises et son dossier monté par le dumasien Claude Schopp. C’est pourtant pas compliqué.

Un raccourci court de court au sujet des… Lettres françaises : ici et une monographie informée

La livraison des Nouvelles Hybrides que nous annoncions il y a quelques semaines vient de sortir. Et, nom des dieux, elle est plus impressionnante encore que ce que nous vous en disions ! Menée par le docteur en tératologie poétique Etienne Cornevin, lequel est un brin de la filière Ubu, elle offre un aperçu particulièrement riche sur le collage, art de notre temps puisque nous en sommes au postmodernisme obligatoire et que le cut-up en est manifestement l’un des vecteurs primordiaux Depuis Jiri Kolar jusqu’aux Français Guillaume Dégé et Vincent Puente. Imaginez un peu une revue (en papier la revue !) imprimée en quadrichromie, largement, typographiée idem et nourrie des travaux du dit Cornevin, LE spécialiste des livres monstres.
Etienne Cornevin serait-il le Philomneste Junior de notre époque ? Hum ? On ne serait pas loin de le parier.

A propos de cette revue funambulesque, roborative et… belle : ici

Tandis que nous adressions quelques exemplaires gracieux de la Vie de Daniel Defoe par Philarète Chasles dans les locaux des éditions Fayard & Cie, nous eûmes le plaisir de discuter avec Danièle Granet, journaliste économique bien connue, qui signait, elle, le fruit de l’enquête de deux ans qu’elle a mené avec Catherine Lamour : Médiabusiness, le nouvel eldoraro, où il est dit des choses incroyables. Et qui vont être incroyablement reçues par le monde assis de la presse. Du bazar, ou du silence obtus, en perspective. Le livre sortira le 20 septembre, nous en reparlerons dès que nous aurons eu le temps d’en lire un peu plus. Franchement… Allez, avouons-le, les esprits ouverts s’y trouveront des affinités de pensée.
A suivre.

Dans le même temps, nous en profitâmes pour nous apercevoir que les mêmes éditions Fayard disposaient déjà de la biographie d‘Artaud par Florence de Mèredieu (Artaud, Mèredieu, c’est à n’y pas croire…). Nous en citons ce fragment d’un brouillon de lettre du Momo à Claudel, dit Cloclo, datée du 10 novembre 1947 :

Mr Jean Denoël vient de me donner connaissance de la lettre que vous lui avez écrite et où vous lui dites que vous renoncez définitivement et pour toujours à écrire dans une revue qui a publié les élucubrations d’un aliéné.
Et oui petit cloclo ayant passé 9 ans dans les asiles d’aliénés de France, je suis par définition grammaticalement parlant et par principe le type même de l’aliéné.

Si cela éclaire une nouvelle fois d’un jour triste le triste Claudel, cette petite citation a le mérite de mettre en évidence le nom de Jean Denoël.
De qui ? De Jean Denoël, l’homme présent dans la plupart des biographies d’écrivains français du siècle dernier (à égalité avec Jean Variot), sur lequel les lumières sont des plus minces. A quand une biographie de l’ombreux Jean Denoël, médecin, membre discret du comité de rédaction de la revue Fontaine, personnage influent de la maison Gallimard - et ce d’autant que son influence ne s’enfermait dans aucune fonction établie -, frère de l’éditeur Robert Denoël, fondateur et président des Amis de Max Jacob, proche d’Edmond Charlot, de Florence Gould, d’André Gide ou d’André Suarès, etc. ?

N’oublions pas, enfin, que les nouvelles éditions Phébus promettent pour tout bientôt le polar du Mexicain Enrique Serna, La Peur des bêtes. Pour en savoir beaucoup plus long, sachez qu’il y a là un auteur à découvrir, que dis-je, un MAESTRO.
Son premier livre, un recueil de nouvelles, Amours d’occasion, a paru il y a peu aux éditions l’Atelier du Gué, et franchement, elles sont radicales. Il n’est peut-être pas indifférent d’annoncer que la bête noire de Serna, hormis la flicaille et les politicards, sont les intellectuels. Et il n’y va pas avec le dos de la cuillère à pot. Comme ça tombe bien ! C’est ça qu’on aime.


Philarète CHASLES Vie de Daniel Defoe. Notes et postface par Eric Dussert. - Paris, Mille et une nuits, 96 p., 2,50 €

Etienne CORNEVIN (dir.) Nouvelles Hybrides. N° 5, août 2005, 20 €

Danièle GRANET et Catherine LAMOUR Mediabusiness. Le nouvel Eldorado. - Paris, Fayard, 418 p., 22 € EN LIBRAIRIE LE 20 SEPTEMBRE !

Florence de MEREDIEU C’était Antonin Artaud. - Paris, Fayard, 1086 p., 35 €

Enrique SERNA Amours d’occasion, traduit par Marie-Ange Brillaud. - Villelongue d’Aude, Atelier du Gué, 216 p., 20 €